‹ Manuel géologiqueChapitre 81 sur 121 · Troisième formation d’eau douce · texte numérisé non relu

Troisième formation d’eau douce

r Argile plastique.

] Lignite.

( Premier grès.

Calcaire grossier.

i Calcaire siliceux.

\ Gypse, avec ossements d’animaux.

1 Marnes d’eau douce.

c Marnes marines du gypse.

] Sables et grès marins supérieurs.

( Marnes et calcaires marins supérieurs.

f Meulières sans coquilles.

\ Meulières avec coquilles.

1 Marnes d’eau douce supérieures.

Jrgiie plastique. Cette argile est ainsi appelée parce qu’elle reçoit facilement et qu’elle conserve les formes qu’on lui donne, ce qui fait qu’elle est d’un grand usage pour la poterie. Elle repose sur la surface inégale de la craie, qui a été dégradée et sillonnée dans diverses directions, de manière à présenter des collines et des vallées, des proéminences et des dépressions qui quelquefois n’ont pas été recouvertes par les terrains d’un âge plus récent ; ou du moins, si ces terrains les ont recouvertes, ils ont été postérieurement entraînés par dénudation Cette argile est diversement colorée; elle est blanche, grise, jaune, gris d’ardoise et rouge. Son épaisseur est très variable, ainsi qu’on peut s’y attendre d’après la nature de la surface sur laquelle elle repose. Au-dessus des couches auxquelles seules le nom d'argile plastique est rigoureusement applicable, on trouve souvent une autre argile, séparée de la première par un lit de sable; elle est noire, sableuse, et contient quelquefois des débris organiques : on y rencontre des lignites, du succin et des coquilles, soit marines , soit d’eau douce. On a remarqué que ce dépôt , considéré en masse , ne contient point de débris organiques dans sa partie inférieure; que, dans sa partie moyenne, il renferme des débris qui appartiennent communément à des animaux d’eau douce, et que dans ses couches supérieures on trouve un mélange et même une alternative de coquilles marines et d’eau douce ; mais que ces dernières deviennent de plus en plus rares, et que les premicies finissent par prédominer. Yoici une liste des débris organiques que l’on rencontre le plus communément dans l’argile plastique

! On trouve à Meudon une brèche composée de fragments de craie réunis par un ciment argileux, laquelle sépare la craie de l’argile plastique.

2 Cette liste des principaux fossiles de l’argile plastique est extraite de la Description géologique des environs de Paris, par MM. Cuvier et Brongniait, édit, de

GROUPE SUPRACRÉTACÉ.

Fossiles d'eau douce.

Planovbis rotundatus (Desh. t. 2. pl. 9. fig. 7 et 8.)

— incertus (Defrance.)

— punctum (Defr.)

— Prevostinus (Desh. t. 2. pl. 9. fig. 9. 10.)

Phys a antiqua (Defr.)

Lymneus longiscatus (Desh. t. 2. pl. 10. fig. 14. 15.)

Paludina virgula (Defr.)

— indistincta (Defr.)

— unicolor (Olivier.)

— Desmarestii (Desh, t. 2. pl. 15. fig. 13. 14.)

— conica (Desh. t. 2. pl. 16. fig. 6. 7.)

— ambigua (Prévost.)

Melania triticea (Desh. t. 2. pl. 14. fig. 7. 8.)

Melanopsis buccinoïdea (Desh. t. 2. pl. 14. fig. 24 à 27, pl 15 fig 3 4 \

— costata (Desh. t. 2. pl. 19. fig. 15. 16.)

JSerita globulus (Desh. t. 2. pl. 17. fig. 19. 20.)

— pisiformis (Desh. t. 2. pl. 1 7. fig. 21 . 22.)

— sobrina (Desh. t. 2. pl. 19. fig. 5. 6.)

Cyroena antiqua (Desh. t. 2. pl. 18. fig. 19. 20. 21.)

— tellinoides (Desh. t. 2. pl. 19. fig. 18. 19.)

— cuneiformis (Desh. t. 2. pl. 1 9. 20. 21 .)

Coquilles marines dans la partie supérieure .

Cerithiumf matun (Sow. pl. 128.)

— melanoides (Sow. pl. 147.) »

— indéterminé.

Ampullaria depressa. minor. (Nation depressa. Desh. t.2. ni. 20 fis 12 13 1 Ostrea bellovacma (Desh. t. 1. pl. 48 et 49. fig. 1 2 ) § ' ‘

— incerta.

V égétaux fossiles.

Exogenites. Indéterminables.

P hy Hites mul tine rais (Ad. Brong. Descript. géol. des Endogemtes echinatus (Ad. Brong, ibid. pl. 10. fig. 1.

env. de Paris, pl. 10. fig. g.

Calcaire grossier. Ce. terrain , ainsi que son nom l’indique est principalement composé d’un calcaire grossier, plus ou moins dur qui est employé comme pierre de construction. Ce calcaire alterne avec des couches argileuses, et il est remarquable par la constance des caractères qu’il présente sur une étendue considérable. Il est souvent séparé de l’argile plastique, qu’il recouvre , par un lit de e. Les debris organiques des couches correspondantes sont généra ement identiques; ceux au contraire qui se trouvent dans des couches differentes, présentent plus ordinairement des différences

■ C'est le Melania inquinata., Def. (Desh. t. 2. pl. 12. fig. 8 el 13. 1. 4(i.)

294 GROUPE SUPRACRETACE.

marquées. Les assises inférieures sont très sableuses, souvent même plus sableuses que calcaires , et contiennent presque toujours une matière verte, disséminée en poussière ou en grains, qui, d’après l’analyse de M. Berthier, parait être un silicate de fer. Ces couches sont remarquables à cause de l’abondance de leurs fossiles. "V oici une liste des fossiles que l’on regarde comme caractéristiques pour les différentes parties de ce dépôt ‘.

Dans les couches inférieures .

Madrepora • au moins trois espèces.

Astrea ; trois espèces.

Turbinolia elliptica (Al. Br. Descr. géûî. pl. 8. fig. 2.)

— crispa (Lam.) (Al. Br. ibid. pl. 8. fig. 4.)

— sulcata (Lam.) (Al. Br. ibid. pl. 8. fi g. 3.)

Reteporites digit ali a (Lam., polipiers. pl. 72. fig. 6-8-)

Lunulites radiata (Lam. ibid. pl. 73. fig. 5-8.)

— urceolata (Lam. pl. 8. fig. 9.)

Fungia Guettardi (Al. Brong. ibid. pl. 8. fig. 5.)

Nummulites lœvigata (Lam.)

— s cabra (Lam.)

— numismalis .

— rotund ata.

Cerithium giganloeum (Lam. Ann. du Mus. t. 7. pl. 14. fig. 1 .)

Lucina Icunellosa (Lam .)(Corbis lamellosa, Desh. 1. 1 . pl. 1 5. fig. 1 . 2. 3.)

Cardium porulosum (Lam.) (Desh. t. 1 „ pl. 30. fig. 1 . 2.)

Valuta cythara (Lam.)

Crassatella lamcllosa (Lam.) (Desh. t. 1 . pl. 4. fig. 15. 16.)

Turritella multisulcata (Lam.)

Ostreajlabellula (Lam.) (Desh. t. 1. pl. 63. fig. 5. 6. 7.)

— cymbula (Lam.) (Desh. t. 1. pl. 57. fig. 8.)

Dans les couches moyennes \

Ovulites elongata (Lam. pl. 71 . fig. 1 1 et 12.)

— margaritula (Lam. pl. 71 . fig. 9 et 10.)

Alveolites milium (Bose, Bullet. deSc. n° 61 . pl. 5. fig. 3. )

Orbitolites plana.

Turritella imbricataria (Lam. Ann. t. 8. pl. 37. fig. 7 à 6.)

Terebellum convolutum (Lam. Ann. t. 6. pl. 44. fig. 3 à 6.)

Calyptrœa trochiformis (Lam.) (Desh. t. 2. pl. 4. fig. 1 à 4.)

Cardita avicularia (Lam.) ( Cardium aviculare, Desh. t. 1 . pl. 29. fig. 5. 6.) Pectunculus pulvinatus (Lam.) (Desh. 1. 1. pl. 35. fig. 15. 16.)

Citheroea nitidula (Lam.) (Desh. t. 1 . pl. 21 . fig. 3 à 6.)

— elegans (Lam.) (Desh. 1. 1. pl. 20. fig. 8. 9.)

Miliolites.

Cerithium.

i Cette liste de fossiles caractéristiques du calcaire grossier est celle qui a été donnée par MM. Cuvier et Brongniart, Desc. ge'ol. des env. de Paris ; 1822, p. 262.

a Presque tous les fossiles recueillis dans la localité si souvent citée de Grignon, appartiennent à ces couches moyennes.

GROUPE SUPRACRETACE

Dans les couches supérieures.

Miliolites .

Ampullaria spirata (Lain.) (Desh. t. 2. pl. 16. 11g. 10. 11.)

Cerith ium tuberculatum .

— mutabile.

— lapidum (Lam. Ann. t. 2. pl. 13. fig. 5 à 6.)

— petricolum.

L ucina saxorum (Lain.) (Desh. t. 1 . pl. 15, fig. 5. 6.)

Cardium lima (Lam.) (Desh. t. 1. pl. 27. fig. 1. 2.)

Corbula anatina (Lam.) (Desh. t. 1 . pl. 7. fig 10. 11. 12.)

— striata (Lam.) (Desh. t. 1. pl. 8. fig. 1 à 4.)

Végétaux fossiles ’.

Naïades. — Caulinites pratensis.

Eqeisétacées. Equisetum brachyodon (Ad. Br. Descrip, gcol. pl. X. fig. 3.) Conifères. — Pinus Francii (Ad. Brong. ibid. pl. XL fig. 1 .)

Palmiers, — Flabellaria parisiensis (Ad. Brong. ibid. pl. VIII. fig. 1. E.) Monocotylédones (famille incertaine.)

Culmites nodosus (Ad. Brong. ibid. pl. VIII. fig. 1, F.)

— Ambigus (Ad. Brong. ibid. VIII fig. 6.)

Dicotylédones (famille incertaine.)

Exogenites.

Phyllites linearis (Ad. Brong. ibid. pl. X. fig. 7.)

— nerioides.

— mucronata.

— remiformis (Ad. Brong. ibid. pl. X. fig. 4.)

— retusa (Ad. Brong. ibid. pl. X. fig. 5.)

— spathulata (Ad. Brong. ibid. pl. X. fig. 6.)

— lancea.

Calcaire siliceux. C’est un calcaire tantôt blanc et tendre, tantôt gris et compacte, pénétré de matière siliceuse, qui s’est infiltrée à travers toute la masse et dans toutes les directions. Il est souvent cellulaite } les cavités sont quelquefois assez grandes, et communiquent entre elles dans tous les sens} leurs parois sont recouvertes par des concretions siliceuses mamelonnées , ou par des petits cristaux transparents de quartz.

Gypse ossifère ( d’eau douce) et marnes marines. — Les roches gypseuses se composent d’une alternative de gypse et de marnes calcaires et argileuses. Au-dessus de cette alternative se trouvent d’épaisses couches de marnes, tantôt calcaires, tantôt argileuses. Ces dernières couches contiennent en abondance des débris de Lymnées et de Planorbes ,• et 1 on a découvert dans leur partie inférieure des feuilles cle palmiers, d une grandeur considérable. Les couches gypseuses sont très remarquables par les ossements qu’elles contiennent , appartenant à des mammifères et autres animaux qui ont disparu de la surface du globe, et que le génie de Cuvier a, pour ainsi

1 D’après M. Ad. Brongniart, Prodrome, etc., 1828.

296 GROUPE SUPRACRÉTACÉ.

dire, rendus à la vie Au-dessus de ces couches, qui, d’après la nature des débris organiques qu’elles renferment , doivent être considérées comme ayant été déposées dans des eaux douces, on trouve une succession de marnes qui , à cause des débris marins qu’on y découvre, doivent avoir été déposées au fond de la mer. Les formations d’eau douce et marines sont séparées par des marnes calcaires ou argileuses , souvent fort épaisses. Les couches de marnes supérieures contiennent un grand nombre d’huîtres , qui , certainement , ont vécu dans les endroits où on les voit maintenant ensevelies 5 car M. Defrance en a découvert , à Roquencourt, qui étaient attachées à des fragments arrondis de calcaire marneux , à la surface desquels on observe quelquefois des cavités percées par des Pholades.

Fig . 37.

Débris organiques des couches gypseuses .

Mammifères. Palœotherium magnum (fig. 37. a.)

— medium .

— eras sum.

— latum.

*— curtum.

— minus (fig. 37, b.)

— minimum.

Anoplolherium commune (fig. 37, c.)

t La figure 37 représente trois des animaux dont les ossements ont été trouvés dans ces couches, suivant les formes que M. Cuvier a jugé qu’ils devaient avoir, et tels qu’il les a figurés. Ossem.Jossiles, t. m, pl. 66.

GROUPE SUPRACRÉTACÉ. 297

Mammifères. Anoplotherium secundarium.

— gracile.

— murinum,

— obliquum.

Chœroptamus parisiensis.

Canis parisiensis.

Coati. ,!

Dide/phis parisiensis.

Sciurus, etc.

Oiseaux.

Reptiles. Crocodile.

Trionyx.

Emys.

Poissons.

Dans les marnes d'eau douce.

Mammifères. Palœotherium aurelianense.

Lophiodon major.

— minor.

— p/gmceus.

Oiseaux.

Poissons.

Coquilles. Cyclostoma mumia (Lam.) (Desh. t. 2. pl. 7. fig. 1. 2.)

Limnœa longiscata,- L. pyramidalis (Desh. t. 2 pl. 10. fig. 14. 15.)

— strigosa (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 1 1 . fig. 1 . 2.)

-- acuminata (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 10. fig. 20. 21.)

— ovum (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 11 . fig. 1 5. 1 6.)

Planorbis lens (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 9. fig. 11. 12. 13.)

Bulimus pusillus j Paludina pusilla (Desh. t. 2. pl. 10. fig. 3. 4.)

Dans les marnes marines jaunes.

Poissons. Plusieurs os.

Coquilles. Cytherea? convexa.

— ? plana.

Spirorbes.

Cerithium plicatum.

Dans les marnes marines jaunes, séparées des précédentes par les

marnes vertes.

Poissons. Aiguillons et palais de raies.

Coquilles. Ampullaria patula? Natica patula (Desh. t. 2. pl. 21 . fig. 3. 4.) Cerithium plicatum.

— cinetum.

Cytherea elegans (Lam.) (Desh. 1. 1 . pl. 20. fig. 8. 9.)

— semisulcata? (Lam.) (Desh. t. 1 . pl. 20. fig. 4. 5.)

Cardium obliquum (Lam.) (Desh. t. 1 . pl. 30. fig. 7. 8. 11 . 12.)

Nucula margaritacea (Lam.)(Desh. t. 1. pl. 36. fig. 15. 16),

Dans les marnes calcaires avec larges huîtres .

Coquilles. Ostrea hippopus (Lam.) (Desh. t. 1 . pl. 51 . fig. 1 . 2. pl. 50. fig. 1 ).

— pseudochama. \

longirostris. f Ostrea longirostris (Desh. t. 1. pl. 51 . fig. 7.

— canalis. } 8. etc.)

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