‹ Manuel géologiqueChapitre 91 sur 121 · GROUPE SU P R AC K ET ACE · texte numérisé non relu

GROUPE SU P R AC K ET ACE

( Cuvier), à deux espèces dépendantes du genre Moschus , à une petite espèce de l’ordre des Pachydermes , et à un animal carnivore du genre Fiverra. M. Pentland propose de donner à Y Anthracotherium trouvé dans cette localité le nom d 1 * Anthracotherium silistrense '.

Ces observations suffisent pour faire regarder comme probable qu’il existe dans l’Inde des terrains supracrétacés très étendus.

D’après le professeur Yanuxem et le docteur Morton , les terrains supracrétacés ou tertiaires couvrent, aux États-Unis , des surfaces de pays considérables. Les îles connues sous les noms de Nantucket, Long-Island et Manatthan, les côtes adjacentes de l’état de New-Yorck et de ceux compris sous le nom de Nouvelle Angleterre , nous en offrent la preuve. Ces mêmes terrains sont rares dans le New-Jersey et le Delaware; mais i^ redeviennent abondants dans le Maryland et les contrées plus méridionales. Le dépôt paraît être formé de couches de calcaire, de meulière ( buhr-stone ) , de sable, de gravier et d’argile. Il contient de nombreux fossiles qui se rapportent aux genres Ostrea , Pecten , Area , Pectunculus , Turritella , Buccinum , Venus, Mactra , Natica , Tellina , Nucula , Fenericardia , Chama , Calyptrœa , Fusus , Panopœa , Serpula , Dentalium , Cerithium , Cardium , Crassatella , Oliva , Lucina , Corhula , Pyrula , Crepidula , Perna , etc. Sur 150 espèces de coquilles recueillies dans une même localité du comté de St. -Mary, état de Maryland, M. Say en a décrit et figuré plus de 40 nouvelles a.

Yoici, d’après le docteur Morton, la liste de quelques coquilles fossiles trouvées dans les étages supérieurs des couches supracrétacées du Maryland et des états encore plus au sud , lesquelles sont encore aujourd’hui vivantes sur les côtes des Etats-Unis : — Natica duplicata ( Say ) , Fusus cinereus (Say) , Pyrula carica ( Lam. ) , P. canaliculata (Lam. ), Ostrea virginica (Linn.), O. flahellula , Plicatula ramosa (Lam.), Area arata (Say), Lucina divaricata (Lam.) , Venus mercenaria (Linn.) F . paphia? (Lam.), Cytherea concentrica{ Lam.), Mactra grandis (Linn. ),Pholas costata (Linn.), Balanus tintinnabulum ? (Lam.), Turbo littoreus ? (Linn.), et un Buccinum 3.

Il paraît certain qu’il existe aussi dansl’ Amérique méridionale des dépôts de la même époque ; mais ils n’ont pas été examinés avec

i Pentland, Geol. Trans. A* série, vol. ii.

» Vanuxem et Morton , Journal de V Académie des sciences naturelles de Philadelphie, vol. VI.

3 Morton, ibidem.

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assez de soin pour que nous puissions les comparer avec les terrains correspondants de l’Europe. C’est par la même raison que nous ne pouvons point juger de l’âge relatif des nombreuses formations ignées qui couvrent les différentes parties du globe. Les progrès que fait la géologie ne peuvent manquer de jeter bientôt un grand jour sur l’état de la surface du globle à cette époque , et cette connaissance nous conduira aux plus importants résultats. Mais ce serait apporter de grands obstacles à ces futures découvertes de la science que de se hâter, comme on l’a fait trop souvent, de généraliser des faits locaux, et de mettre en avant de conclusions forcées, principalement quant à l’identité ou à la contemporanéité des dépôts.

Nous ne pouvons terminer cette esquisse des terrains supracrétacés sans ajouter un court extrait des importantes observations du docteur Boué sur ceux de la Gallicie, dans lesquelles il a établi ce fait remarquable, que le célèbre dépôt de sel de PVieliczka appartient au groupe supracrétacé. Ce dépôt a 2,560 mètres de long, 1,066 de large et 281 de profondeur. A la partie supérieure de la mine , le sel se présente en nodules avec du gypse au milieu de marnes 5 on lui donne le nom de sel vert. La masse de sel contient parfois du lignite, du bois bitumineux, du sable et des fragments de petites coquilles brisées. A la partie inférieure , la marne devient plus chargée de sable , et l’on trouve même des lits de grès dans le sel. Au-dessous, on rencontre un grès de couleur grise, assez grossier, qui contient du lignite et des impressions végétales , avec des veines et des couches de sel. Dans la partie inférieure de ce grès, on observe une marne calcaire solide , contenant du soufre , du sel et du gypse } au-dessous de cette marne se trouve un schiste alumineux et argilo-marneux. D’après les fossiles et diverses autres circonstances, le docteur Boué regarde ce vaste dépôt de sel comme faisant partie d’une argile supracrétacée salifère ou muriatifère, subordonnée au grès (mollasse)} le plus généralement, les argiles marneuses ne sont qu’imprégnées de sel, ou muriatifères; et de vastes dépôts de sel, tels que ceux de Wieliczka, de Bochnia, de Parayd en Transylvanie, et de quelques autres localités, sont beaucoup plus rares \

Action volcanique pendant la période supracrétacée. Nous avons \u qu il était déjà très difficile de fixer l’epoque à laquelle se rapportent certains produits de volcans éteints. Cette difficulté reste toujours aussi giande a mesure que l’on descend dans la série géologique.

1 Boué, Journal de Géologie, tome 1, 1830.

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car Faction volcanique paraît avoir été en jeu pendant de longues périodes de temps , sur les mêmes points , ou au. moins sur des points très rapprochés. Le fait même de l’intercalation de roches volcaniques entre des couches d’origine aqueuse dont on connaît jusqu à un certain point l’époque de formation , ne suffit pas toujours pour autoriser à en conclure celle de ces roches ; car nous ne sommes nullement certains qu’elles n’aient pas été intercalées après coup au milieu des terrains de sédiment, par des injections dont, si elles ont eu lieu , il serait très difficile d’assigner la date. C’est ainsi que l’époque de la première action volcanique de l’Etna nous paraîtrait remonter, à travers la série des temps, jusqu’au commencement de la formation des terrains supracrétacés, sur lesquels on voit reposer beaucoup de masses d’origine ignée.

Dans le centre de la France , parmi les nombreux volcans éteints qui donnent à ces contrées des caractères de géographie physique si remarquables , il y en a plusieurs dont on peut assigner 1 époquerelative avec assez de certitude. Ainsi la masse volcanique du plomb du Cantal paraît avoir crevé , relevé et fracturé les calcaires d’eau douce du Cantal, que MM. Lyell et Murchison considèrent comme l’équivalent des dépôts d’eau douce du bassin de Paris, du Hampshire et de F île de Wight.

Yoici la liste des débris organiques trouvés dans ces terrains d’eau douce du Cantal.

Une côte d’un quadrupède analogue à Y Anoplotherium ou au Palœotherium .

Des écailles de Tortue ,• des dents de poissons.

Potamide Lamarckii -, Lymnœa acuminata ,* L. columellaris $ L. fusiformis ,• L. longiscata ; L. inflata ; L. cornea : L. fabulum j L. strigosa ,* L. palustris antiqua ] Bulimus terebra ,* B. pigmeus • B. conicus ; Planorbis rotundatus ; P cornu j P. rotundus ; Ancylus elegans.

Char a medicaginula $ graines ( Gyrogonites ) et tiges; bois carbonisé.

11 est à remarquer que cette courte liste nous présente huit ou neuf espèces identiques avec celles du terrain d’eau douce supérieur du bassin de Paris, et cinq ou six 1 avec celles du terrain d’eau douce inférieur du même bassin. Il paraît donc que nous pouvons fixer la date relative de l’apparition des roches ignées du plomb du Cantal à une époque postérieure aux dépôts des terrains d’eau douce de Paris et de l’île de Wight.

i Lyell et Murchison, sur les dépôts lacustres et tertiaires du Cantal, etc. Ann. "des Sc. nat., 1829.

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Quant à la date relative des roches ignées de l’Auvergne , il résulte des travaux de MM. Croiset et Jobert, que la montagne de Perrier , au nord-ouest de la ville d’Issoire (Puy-de-Dôme), présente deux étages ou terrasses, dont la première a environ 25 mètres audessus de la vallée de l'Ailier, tandis que la seconde s’élève jusqu’à la hauteur de 200 mètres. La base de la montagne est une masse granitique que recouvre une épaisseur considérable de calcaire d’eau douce. Sur ce calcaire reposent des couches nombreuses de cailloux roulés et de sable, dont une est remarquable par la grande quantité de débris de mammifères qu’elle renferme. Le tout est couronné par une masse de matières volcaniques.

MM. Croizet et Jobert ont reconnu environ trente couches audessus du calcaire d’eau douce , tant dans cette localité que dans la contrée environnante, et ils distinguent dans cet ensemble quatre alternatives de terrains d’alluvion et de dépôts basaltiques. Trois de ces couches contiennent des débris organiques. Les deux premières font partie du troisième dépôt d’alluvions anciennes qui succéda à la seconde période volcanique-, la dernière appartient à la quatrième et dernière époque de ces anciennes alluvions. La montagne de Perrier ne présente qu’une partie de ces couches dont la série géologique a été établie d’après des observations faites dans toute la contrée.

La principale couche ossifèVe a environ 3 mètres d’épaisseur. On peut la suivre sur une étendue considérable, au pied de la montagne de Perrier, et on la retrouve de l’autre côté de la vallée de la Couse. Elle contient, d’après MM. Croizet et Jobert, une très grande quantité d’espèces fossiles-, savoir: 1 Éléphant , 1 ou 2 Mastodontes , 1 Hippopotame , 1 Rhinocéros , 1 Tapir , 1 Cheval, 1 Sanglier , 5 ou 6 Felis, 2 Hyènes , 3 Owrs, 1 Canis, 1 Castor , 1 Loutre , 1 Lièvre, 1 Rat d’eau, 15 Cerfs et 2 Bœufs. Ces divers débris appartiennent à des individus de tout âge, et ils étaient pêle-mêle les uns avec les autres. Ces os ne paraissent pas avoir jamais été roulés, quoique souvent ils soient brisés et parfois rongés. Au milieu d’eux se trouvent mêlés de nombreux excréments de carnivores , qui paraissent encore occuper leur place première. Les auteurs cités en ont conclu que ces débris n’ont point été transportés hors des lieux où vivaient ces animaux , et que les lignites que l’on trouve au milieu de ces lits sont les restes de la végétation qui formait la nourriture d’une grande partie de ces animaux.

Dans les sables d’eau douce , les argiles et le calcaire de la contrée qu’ils regardent comme ayant été recouverte par les premières coulées basaltiques , MM. Croizet et Jobert ont observé les espèces

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de fossiles suivantes : 2 Anoplotherium , 1 Lophiodon , 1 Anthracotherium , 1 Hippopotame, 1 Ruminant, 1 Canis, 1 Martre, 1 Lagomys , 1 1 ou 2 Tortues 1 Crocodile , 1 Serpent ou Lézard ,

3 ou 4 Oiseaux (on trouve des œufs parfaitement conservés); Cypris faba , Helix , Lymnœa , Planorhis , Cyrena 9 des Gyrogonites , et autres débris végétaux. Il est -à remarquer que M. Bertrand de Doué avait déjà observé, peu de temps auparavant, les restes d’un Palœotherium dans un terrain semblable, au Puy, en Velay, et que le terrain d’eau douce de Volvic contient des ossements d’oiseaux

M. Bertrand de Doué décrit un gîte d’ossements au milieu et audessous des roches volcaniques, près de Saint- P rivât -T Allier (Velay). La découverte de ce gîte est due au docteur Hibbert. M. Bertrand de Doué l’a visité avec M. Deribier, et y a observé la série de couches suivantes, en commençant par la plus élevée : a , troisième et dernière coulée de laves basaltiques ; b , seconde coulée, épaisse de 4 mètres; c, cendres volcaniques grisâtres formant une couche de 2 à 4 décimètres de puissance ; d , scories et tufs agglutinés, couche épaisse d’un mètre ou davantage, à la partie supérieure de laquelle les ossements ont été découverts; e, le plus ancien plateau de laves basaltiques. Les ossements de la couche d se rapportent au Rhinocéros lepthorinus , à VHyœna spelœa , et un grand nombre à au moins quatre espèces de Cervus non déterminées.

L’état broyé de ces os , et leur distribution irrégulière sur un espace horizontal peu étendu , ont fait penser au même auteur que ce lieu était jadis habité par des hyènes, qui y trouvaient sans doute la meilleure retraite que pût leur fournir la nature de la contrée, et qui y entraînaient leur proie, ainsi que cela paraît avoir eu lieu pour la caverne de Kirkdale : on a observé que la coulée de lave , qui a recouvert la couche de cendres au milieu desquelles se trouvent ces ossements , ne les a que très peu altérés.

M. Bertrand de Doué ne considère point les terrains de détritus de cette contrée comme produits par des eaux qui en auraient apporté les matériaux d’une grande distance, mais comme dus à une succession de causes locales, les détritus dont ils sont formés provenant uniquement des roches du voisinage. Il pense que la disposition actuelle des vallées latérales du bassin de l’Ailier (la vallée où Ton a découvert les ossements est de ce nombre) est absolument la même qu’elle était pendant l’état d’activité des volcans

i Croizel et Jobert, Recherches sur les ossements Jossiles du département du Puy-de-Dôme, et Ann . des Sciences naturelles, tome xv, 1828.

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voisins, et il fait remarquer combien il est difficile d’établir des rapports chronologiques entre l’époque à laquelle se sont éteints les volcans du Yelay et celle où ces animaux dont nous trouvons aujourd’hui les restes ont disparu de nos climats

M. Robert a décrit le gisement dans lequel on a trouvé de nombr eux ossements a Cussac (Haute-Loire). Des couches marneuses sans aucun fossile reposent sur les masses granitiques qui forment la base du sol. A Solhilac , ces marnes sont recouvertes par des marnes argileuses de 2 à 3 pieds d’épaisseur, qui contiennent des paillettes de mica, des grains de quartz, des cendres volcaniques, un gravier de basalte et des empreintes de graminées. On y a aussi trouvé des squelettes entiers Aurochs , d’une espèce de Daim inconnue et autres ossements. Sur cette marne argileuse reposent des couches d’un sable volcanique de deux ou trois mètres d’épaisseur, mêlées de petits cailloux basaltiques et granitiques, et contenant des ossements plus ou moins brisés de Ruminants et de Pachydermes. Au-dessus viennent des alluvions d’une plus grande solidité, formées du même sable volcanique, renfermant de gros blocs basaltiques et granitiques non arrondis, des géodes de fer hydraté et des ossements qui paraissent avoir été exposés à l’air avant d’être enveloppé 5 le tout est cimenté par de l’oxyde de fer : et on voit souvent des couches d’un sable ferrugineux alterner avec ces dépôts d’alluvion ou les recouvrir. A Cussac, M. Robert a découvert dans ce sable ferrugineux des ossements appartenants aux animaux suivants : Elephas primogenitus • Rhinoceros lepthorinus • Tapir arvernensis; deux espèces de chevaux ; sept espèces de bêtes fames, à deux desquelles il donne les noms de Cervus solilhacus et C. dama polignacus ,* Bos urus ; Bos velaunus , et Antilope . Le même auteur rapporte ces ossements à une époque plus reculée que ceux de Saint-Privat et de la montagne de Perrier 5 il en attribue 1 enfouissement a un cataclysme local par lequel les animaux ont été surpris tout à coup. Il explique ainsi la présence de squelettes entiers d’individus jeunes et vieux trouvés à Solilhac, circonstance que ne présentent pas les gîtes ossifères de Saint-Privat et de Perrier, où les ossements paraissent avoir été transportés par des animaux carnivores, dont les restes se trouvent maintenant mêlés avec ceux de leurs proies a.

Le docteur Llibbert pense que les couches inférieures du terrain supracrétacé du Yelay se sont déposées au fond de lacs d’eau douce.

1 Berlt and de Doué, Edi/i. Journ. of Science, vol. 11, new series, 1830.

2 Robert, Bulletin des Sciences nul. et de Géol., octobre 1830.

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Ce dépôt s’est continué pendant un long espace de temps, comme l’indique son épaisseur, qui s’élève jusqu’à 450 pieds. Il a enfoui les restes des Palœotherium et Antracotherium , les coqudles terrestres et d’eau douce et les végétaux qui existaient alors. Ce dépôt ayant cessé, le sol se couvrit postérieurement de forêts marécageuses qui se peuplèrent d’animaux, et les dégradations ordinaires du sol de la contrée donnèrent lieu à de nouveaux dépôts, où furent enfouis une partie des végétaux et des minéraux alors existants. Les ossements paraissent avoir appartenu à différentes espèces de Cerfs , dont plusieurs étaient d’une très haute taille, a des animaux du aenre Bos , au Rhinoceros lepthorinus et à YHyœna spelœa. A cette époque commencèrent les éruptions volcaniques par différentes bouches, vomissant des trachytes et surtout des basaltes, tantôt traversant le dépôt d’eau douce, tantôt le recouvrant de laves. Pendant ces convulsions volcaniques, certains points étaient encore recouverts d’une riche vegetation qui a ete ensevelie au milieu de produits volcaniques, comme on l’observe à Collet, à Ronzal et en d’autres localités , où des matières végétales , encaissées dans une argile noire carbonifère, et accompagnées de sable ferrugineux, alternent avec des masses roulées de trachyte , de phonolite et de basalte , ou avec des cendres volcaniques. Pendant toute la durée des éruptions, le cours des eaux a éprouvé de grands changements; les coulées de laves en traversant les lits des torrents , et leur fermant tout passage, ont donné lieu à des lacs, au fond desquels se sont produits des composés minéraux et des mélanges de roches tout particuliers. Les grandes dimensions et les angles arrondis oe beaucoup de fragments de basaltes paraissent attester l’action de puissants courants d’eau sur certains points. Ces causes de destruction violente semblent avoir cessé au bout d’un certain temps, et alors les gros blocs de transport ont été recouverts par des sables et des argiles en couches régulières, comme on peut le voir près de Cussac. C’est à cette époque qu’ont été enfouis dans ce même lieu des animaux du genre Bos et des Cerfs de taille gigantesque. Postérieurement, le pays paraît avoir été habité par des Hyènes, qui, comme celles de la caverne de Kirkdale, sortaient de leur retraite pour chercher leur nourriture, et y rentraient ensuite avec leur

proie 1 .

Dans ces divers points de la France centrale, tout tend à prouver l’apparition de nombreux volcans immédiatement après le dépôt

i Hibbert, On the Fossil Remains of the Velajr; Edin. Journal of Science , yol. in, 1830.

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du terrain d’eau douce, si étendu dans cette contrée, l’action volcanique s’étant ensuite prolongée pendant un laps de temps plus ou moins long, jusqu à une époque comparativement récente.

Si, en quittant la France centrale, nous nous dirigeons, soit vers Aix, soit vers Montpellier , nous trouvons des restes de volcans, qui probablement sont à peu près de la même époque que ceux de 1 Auvergne. Beaulieu , près d’Aix, est, depuis de Saussure, une localité connue de tous les géologues.

UEspagne, V Italie et Y Allemagne nous présentent différents terrains ignés, qui paraissent devoir être rapportés à la période pendant laquelle se formaient les terrains supracrétacés. Toutefois les terrains volcaniques de l’Espagne sont encore peu connus ; mais ceux de l’Allemagne et de l’Italie , et principalement de cette dernière contrée, ont depuis longtemps fixé l’attention des géologues.

Les monts Euganéens, au sud de Padoue, présentent des masses de trachytes et autres produits volcaniques qui doivent être rapportés à la période supracrétacée -, car on les voit en plusieurs points reposer sur le terrain dit Scaglia, qui est l’équivalent de la craie. Le docteur Daubeny rapporte que l’on trouve le trachyte associé à du basalte au Monte V enda. Suivant le même auteur, il existe à la colline de Belmonte , dans le Vicentin, un petit ruisseau bordé d’escarpements qui présentent cinq dikes basaltiques , disposés de manière à faire croire au premier abord à une alternance réelle entre le calcaire et le basalte. On observe encore beaucoup d’autres dykes basaltiques dans cette même formation, à Chiampo, à Valdagno et à Magre; mais les roches en contact ne sont point sensiblement altérées 1 2 . Toute la contrée est recouverte par un dépôt étendu de porphyre pyroxénique, qui repose, soit sur la craie, soit sur des terrains plus anciens, dont il a rempli toutes les dépressions. La partie supérieure de ce porphyre a une structure amygdaloïdei! est recouvert par une série de couches calcaires alternant avec d’autres couches de fragments de basalte, de sables volcaniques et de lave scoriacée. Cet agrégat de substances volcaniques, et de même les dépôts calcaires, renferment des débris organiques et en sont souvent entièrement remplis ». Ainsi les poissons fossiles du Monte Bolca , depuis si longtemps célèbre , proviennent des couches calcaires de cette formation. A Ronca, on compte six couches calcaires qui alternent avec autant de couches de produits volcaniques dont la plus inférieure est un basalte cellulaire.

1 Daubeny, Descriptions of Volcanos .

2 Ibidem .

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M. AL Brongniart a publié le catalogue suivant des coquilles et des zoophytes qui se rencontrent dans les couches du Vicentim principalement à Ronca , à CcLStelgowibevto , au al Sangomui et à Montecchio 'inaggiove. Nous désignerons ces differentes localités par leurs lettres initiales l.

Nummulites nummiformis (Defr.) R. Nassa Caronis (Al. Br. pi. 3, fig. 10.) R. Bulla Fortisii ( Al. Br. pl. % fig. 1.) R. Cassis striata (Sow.) (Al. Brong. pl. 3,

Helix damnata (Al. Br. pl. 2, fig. 2.) R. fig- 9.) R. ^

Turbo scobina (Al. Br. pl. % fig. 7.) C. G. — Thesæi (AL Br. pl. 3, fig. 7.) R.

— Asmodli (AL Br. pl. 6, fig. 2.) R. — Æneœ (AL Br. pl. 3, fig- 8.) R. Mono douta Cerberi (AL Br. pl. 2, fig. 5.) Murex angulosus (Broc.) Diverses partie

Y. S. du Vicenlin.

Turritella incisa (AL Br. pl.2, fig. 4.) R. — tricarinatus (Loin.) Vieentm.

— asperula (AL Br. pl. 2, fig- 9.) R. Terebra Vulcani (AL Br. pl. % fig. \ I .) u.

— Archimedis (AL Br. pl. % fig. 8.) R. Cerithium sulcatum (Lam.) Var. Ronca-

— imbricataria (Lam.) R. nûm. (AL Br. pl. 3, fig. 23.) R.

Trochus cumulans (Al. Br. pl. 4, fig. 1.) — multisulcatum (Al. Br. pl. 3, fig. 14.) K.

ç çr — undosum (AL Br.) R.

— lusacianus (Al. Br. pl. 2» fig. 6.) C. G, — combustion (Defr.) (AL Brong. pl. 3,

Solarium umbrosum (Al. Br. pl.2, fig.) R. fig. 17.) R.

Ampullaria Vulcani (AL Br. pl.2, fig. 16.) — calcaratum (AL Br. pl. 3, fig. 1o.) R. p — bicalcaratum (Âî. Brong. pl. 3, fig. 16.)

— penM«û(DefrO(Al.Br.pl.2.flg.l7.)R. R. etc.

— obesa (Al. Br. pl. 2, fig. 19.) MM. et C.G. — Castellini (AL Br. pl. 3, fig. 20.) K.

— depressa (Lam.) R. — Maraschini (AL Br. pl. 3, fig. 19.) R.

— spirata (Lam.) V. S — corrugation (Al. Br. pl. 3, fig. 25.) R.

— cochlearia (AL Br. pl. 2, fig. 20.) C.G. — saccatum (Defr.) R.

Melania costellata (Lam.) Var. Roncana — ampullosum (Al. Br. pl. 3, fig. 18.) C. G, (AL Br. pl. % fig. 18.) R. et V. S. — plicatum (Lam.) (Al. Brong. pl. 6, fig.

— elongata (Al. Br. pl. 3, fig. 13.) C. G. 12.) R.

— Sygü (AL Br. pl. 2, fig. 10.) R. — lemniscatum (Al. Br. pl. 3, fig. 24.) R.

Nerita conoidea (Lam. et AL Br. pl. 2, — stropus (AL Br. pl. 3, fig. 21.) C. G.

fig. 22.) R. Fusus intortus (Lam.) Var. Roncanus,

— À cherontis (AL Br. pl. 2, fig. 13.) R. (AL Br.) R.

— Caronis (Al. Br. pl. 2, fig. 14.) C. G. — Noce (Lam.) R.

Nalica cepacea (Lam.) Vaf de Chiampo. — subcarinatus (Lam.) (AL Brong. pl. 6,

— epiglottina (Lam.) R. fig. 1.)R.

Conus deperditus (Broc.) Var. Roncanus — polygonus (Lam.) (AL Brong. pl. 4, (AL Br. pl. 3, fig, 1 .) R. fig- 3.) R.

— alsionus (Al. Br. pl. 3, fig. 3.) R. — polygonatus (AL Br. pl. 4. fig. 4.) R.

Cyprcea amygdalum (Broc.) R. Pleurotoma clavicular is (Lam.) M. M.

in fl ala (Lam.) R. Pterocerus radix (Al. Brong. pl. 4, fig. 9.)

Terebellum obvolutum (Al. Br. pl. % fig. C. G.

453 p. Strombus Fortisii (Al. Br. pl. 4, fig. 7.) R.

Voluta subspinosa (AL Br. pl. 3, fig.) R. Rostellaria corvina (Al. Br. pl. 4, fig. 8.) R.

— crenulata (Lam.) V. S. — Pes-Carbonis (Al. Br. pl. 4, fig. 2.) R.

— afflnis (Broc.) (Al. Br. pl. 3, fig. 6.) R. Hipponyx cornucopiœ (Defr.) R. Marginella phaseolus (AL Br. pl. 2. fig. Chama calcarata (Lam.) C. G.

2L) R, Spondylus cisalpinus (AL Brong. pl. 5,

— eburnea (Lam.) R. et V. S. fig. 1.) C. G.

i Al. Brongniart, Sur les terrains de sédiment supérieur du Vicenlin »

Ostrea. R.

Pecten lepidolaris? (Lam.) R.

— plebeius? (Lam.) R.

Aca Pandoris (Al. Br. pi. 5, fig. H.) C. G. Wytilus corrugalus (Al. Brong. pi. 5, fig 6.) R.

— edulis? (Linn.) R.

— antiquorum (Sow.) R.

Lucina scopulorurn (Al. Br.)R.

— gibbosula (Lam.) R.

Cardita Arduini( Al. Br. pi. 5, fig. 2.)C.G.

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