DU TRAIT D'UNION
La division est appelée trait d'union, Iorsqu*eIIe sert à unir un ou plusieurs mots, pour n^en former qu'un seul substantif^ ou une expression **. Exemples :
un chef-d'œuvre.
un arc-en-ciel.
des biens-fonds.
i c'est-à-dire, vis-à-vis.
peut-être.
On met encore le trait d'union :
1<» Entre le pronom personnel et le mot même : moi-même, toimême, lui-même, nous-mêmes, vous-mêmes;
2» Entre les verbes et les mots Je, moi, toi, nous, vous; il, ils, elle, elles; le, la, les; lui, leur; y, en; ce, on, quand ces mots sont placés après les verbes. Exemples :
irai-jer
suis-moi.
puisses-tu réussir.
tais- toi.
disent-ils.
répondit-elle.
viendrez-vous?
irons-nous ?
donne-le, -la, -les.
allez-y.
donnez-en.
était-ce moi?
que dit-on?
Lorsque les mots il, elle, on, sont mis après un verbe qui se termine par un a ou un 6; on place entre eux un t euphonique, pour adoucir la prononciation :
donne-t-il?
viendra-t-elle?
approuve-t-on?
Quelquefois le verbe est suivi de deux pronoms ou d'un pronom et de Tadverbe y; alors ceux-ci sont également joints par un trait d'union :
flattons-nous-en.
transportez-vous-y. accordez-le-lui.
rends-la-lui.
Remarque. — Lorsque le second pronom se rapporte à un verbe qui suit, il ne doit pas être précédé d'un trait d'union; ainsi l'on écrira : Faites-moi lui parler, parce qu'ici, lui n'appartient pas au verbe /a^fe< , mais au verbe parler qui suit. Cette phrase signifie ; Faites-moi parler à lui.
On ne mettra pas non plus un trait d'union après le t dans va-t'en , comme le font plusieurs auteurs, qui écrivent abusivement va-t-en.
3» Le trait d'union se met aussi avant ou après les mots çà, ci, là C) : de-çà, par-ci, celui-là, là-bas , là-haut , jusque-là , etègament après le mot très : très-bien, très-sage, très-aimable; excepté
(i) Pour le mot là, il y a quelques exceptions; aipsi on écrit: là-deuout, là-de$$u$, et là dedans, là dehors. (Voir plus loin la liste des mots simples.)
quand très est suivi d*un des mots à ou en : très à son aise, très en peine.
4° Il se place encore après contre et non y suivis d*un substantif : contre-amiral, non- valeur, ainsi qu'après les mots arrière, demi, mi, ex, quasi, sous, vice.
50 II sert à réunir les adjeclifs de nombre, comme vingt-deusv, dix-huit, quatre-vingt-dix, etc.
6° Il tient lieu ^ mot jusqu'à dans les citations de pagination , d'année , etc. ; ainsi
Page 1-10 signifie : depuis la première jusqu^ à la dixième page. Année 1830-1853 signifie : depuis l'année iS'50 jusqu'à l'année 1853.
7<* Enfin, lorsque deux adjectifs ou deux subslanlifs qui se suivent ont la même terminaison, on remplace quelquefois par un trait d'union celle du premier mot énoncé, comme dans ces exemples :
Ces figures sont d'une forme ^enla- ou hexagonale; les animaux hifpo- et épicolylédones sont , a peu d'exceptions près , tous symétriques. C'est comme s'il y avait : des animaux hypocorYLÉDOVK3 et eptcoTYLÉuoNBS ; des figures penlaoojiJLLES ou hexaco^khas.
Du rentrage ou de la disposition des vers.
En typographie, on entend pair rentrage la disposition qu'on donne aux vers en les reculant plus ou moins vers la droite, à proportion du nombre de syllabes dont ils sont composés ; c'est-à-dire que le vers qui n'a que dix syllabes sera plus rentré vers la droite que celui qui en a douze; que le vers de dix syllabes aura un rentrage moins fort que celui de huit syllabes, et ainsi de suite.
Pour disposer ou rentrer convenablement les vers, il n'est pas nécessaire que le compositeur connaisse les règles de la versification ; il suffit qu'il puisse distinguer les différentes espèces de vers, c'est-àdire qu'il sache que les plus longs vers sont composés de douze syllabes , que les vers immédiatement moins longs sont de dix , de huit , de sept, de six, de cinq, de quatre, de trois, de deux et même d'une syllabe. En tout dix espèces. (Voir au bas de la page suivante.)
Il s'attachera , en outre , à bien comprendre les deux premières règles que nous allons établir ci-après , parce que c'est de ces règles que dépend uniquement tout le secret du rentrage des vers. Le reste n'est qu'accessoire.
Première règle. — Tout mot qui finit par une syllabe muette non précédée d'un t ou d'un u , suivie immédiatement d'une des voyelles a, e, i, 0, u, ou d'un h muet, comptera une syllabe de moins dans la mesure du vers.
Ainsi , diaprés cette régule, dans le vers suivant, il y a trois syllabes qui ne comptent point : ce sont celles qui sont suivies d'un e .* La rime est une esclave, et ne doit qu obéir.
Il en est de même dans les vers suivants, où les mots se lève, demande, garde, comme, perdent une syllabe, parce qu'ils sont suivis chacun d'une voyelle, le premier de la voyelle e^ le second de la voyelle a, le troisième de la voyelle ti^ et le quatrième de la voyelle o :
Soudain Potier se lève et demande audience; Chacun à son aspect garde un profond silence.
On n'aime plus comme on aimait jadis.
Deuxième règle. — Chaque fois que le dernier mot d'un vers finit par une syllabe muette formée par e, es ou par la terminaison de la troisième personne plurielle d'un verbe, ent, ce mol comptera également une syllabe de moins. Exemples :
Il fallut s'arrêter, et la rame inutile Fatigua vainement une mer immobile.
Orgueilleuse rivale, on t'aime et tu murmurer; Souffrirai-je à la fois ta gloire et tes injures?
Les forêts de nos cris moins souvent retentissent; Chargés d'un feu secret , vos yeux s'appesantissent.
Ainsi les mots inutile, immobile, murmures , injures, retentissent, s'appesantissent , qui terminent ces six vers, finissent chacun par une syllabe muette, et, par conséquent, comptent une syllabe de moins qu'ils n'ont réellement.
Troisième règle. — Les vers les plus longs seront toujours mis à peu près au milieu de la justification ou de la page*, les vers immédiatement plus petits seront rentrés à raison d'un cadratin par syllabe de moins que ces derniers , de sorte que les vers les plus petits , tels que ceux de trois, de deux et d'une syllabe, seront placés à peu près au milieu du vers qui les précède.
Pour l'intelligence des explications précédentes, nous donnerons ici un modèle de rentrage pour toutes les espèces de vers , depuis le vers de douze syllabes jusqu'à celui d'une seule syllabe :
(Les syUabes mises en italiqu$ sont eeUesqai, pour ]es raisons données plus haut, ne doivent pas être comptées.)
Vtrêde a $yllabe$. mort^ viens terminer ma misère cruel/e !
— ife 10 — . . . S'écriait Char/e, accablé par le sort.
— de 8 — La mort accourt du sombre bord.
— de 7 — C'est bien ici qu'on m'appeUeî
— de 6 — Or çà de par Pluton,
— de 8 — Que demande-t-on ?
— de 4 — Je veux , dit Char/e. —
— de 3 — Tu veux ! parie ! —
— de 2 — Hé bien ,
— de 1 — Rien.
Les parties d'un vers coupé par un ou plusieurs interlocuteurs doivent toujours se trouver en ligne. Exemples :
ATHALIB.
Gomment vous nommez- vous?