‹ Manuel grammatical à l'usage des compositeurs typographes, ou LesChapitre 6 sur 44 · SUBSTANTIFS QUI H'ONT PAS DE SINGULIER · texte numérisé non relu

SUBSTANTIFS QUI H'ONT PAS DE SINGULIER

accordailles.

bestiaux.

affires.

bornes (limites)

aguets, alentours.

broussailles.

broutilles.

ancêtres.

brucelles.

anifeles.

catacombes.

appas.

confins.

armoiries.

décombres.

arrérages.

denticules.

arrhes.

dépens, doléances.

assises (séances).

besicles.

entrailles.

éphémérides.

errements.

fiançailles.

fonts.

frais (dépenses).

funérailles.

bardes.

ides.

latrines.

mânes.

matériaux.

matines.

mœurs.

mouchettes.

nationaux.

nones.

obsèques.

pleurs (•).

prémices.

prémisses.

prolégomènes.

ténèbres.

thermes.

vitraux. — eic.

§ il. — BBfl AmTICLBS.

On appelle articles les petits mots le, la, les. Le sert pour le masculin, la pour le féminin, et les pour le pluriel des deux genres. Exemples :

art. mase. «inf. art. fém. siog. art. mase. pi.

art. fém. pi.

LB mérite, la vertu, lbs enfanté, lbs femmes.

Les mots au, aux, du, des, mis pour à le, à les, de le, de les, sont appelés articles composés.

On remplace par une apostrophe les lettres e et a de l'article devant une voyelle ou un h muet (') : V amour, l'âme, V homme; excepté devant les adjectifs de nombre un, onze, onzième, et les mots otit^ yacht, yatagan, yole, yucca : le onze, le oui, la yole, le yucca, etc.

USAGE DE l'article.

On emploie l'article devant les substantifs communs pour en déterminer la signification, et on supprime l'article, en le remplaçant par le mot dCf qu'on nomme préposition, devant les substantifs pris dans un sens indéterminé ('). Exemples :

Sens déterminé :

L'eau de la mer Baltique,

Dans cet exemple, on emploie l'article (/a), parce que le sulutanlif mtr est déterminé par le mot BeUtique, qui désigne posilivement de quelle mer il s'agit.

Sens indéterminé :

L^eau DB mer,

lei, an contraire, on supprime l'arlicle, le sabstanlif mer étant pris dans une aeeeption vague et indéterminée où rien n'inqnelle mer il s'agit.

dique

{*) Pleur s'emploie aussi au singulier, mais très-rarement.

(t) On nomme voyelles les lettres a,e, i, o, u, y. — i.a lettre h est mutHe on tupirèt : elle est muette quand elle ne se prononce pas, eomme dans heureux; elle est aspirée quand elle se prononce fortement , eomue dans : fo haine, le héroe.

(S) La subsuntif a une signification déterminée : i* quand il désigne tout un genre , eomme : Dieu créa le$ hommee, c'est-à-dire tous le» hommeê; 2" quand il désigne une espèce, une partie complète du genre, une totalité de choses qui se ressemblent: Lee honunes noirÊ, c'est-à-dire une partie de tous les hommes, ceux qui sont noirs ; 3* quand il désigne un Individu particulier , comme : Le roi de» Belges, e'esl-à-dire eeloi seulement des Belges , et oon pat un roi quelconque.

iO

DES ARTICLES

Sens déterminé :

Un épisode de i.* histoire grscque.

Avec l'crtide (/'), le substantif histoire étant déterminé par l'adjectif grecque.

J'ai lu un grand nombre bbs fables d'Ésope,

Il reste peu un fruits qu'on a cueillis.

Une tabatière de i.*ot qui vient d'Espagne.

Une table du marbre qu'on tire de Carrare.

Emploi de l'article, les mots fahle», fruits^ or, , marbre, étant déterminés par les mots d'Esope, on'on a cueillis, qui vient d'Espagne, qu on tire de Carrare.

Sens indéterminé :

Un tableau n'histoire.

Sans l'ariicle, puisqu'on ne désigna pas l'espèce d'histoire; par eonséqnent , sens indéterminé.

J'ai lu un grand nombre m fables.

Il reste peu db fruits.

Une taJbatière v'or.

Une table db marbre.

Suppression de l'article, les substantifs fables, fruits, or, marbre, n'étant spécifiés par aucun autre mot.

Lorsque le substantif est précédé d'un adjectif, on écrira également avec ou sans l'article :

Avec l'article :

Il s'est servi DU ghand papier qui était au magasin.

Sans l'article :

On n'a employé que DE boh papier à cet ouvrage.

Cependant on emploiera toujours l'article devant Tadjectif dans les mots : beaux -arts, belles -lettres y Jeunes gens , petits -maîtres , petites-maisons (hôpital où Ton soigne les fous), etc., parce que, dans ces mots composés, l'adjectif et le substantif ne forment qu'une seule expression. On écrira donc : L'Académie des belles-lettres; des jeunes gens; hes jeunes personnes; etc., et non pas l'Académie de belleslettres; DE jeunes gens; etc. Mais si ces expressions étaient précédées d'un nom collectif (*), autre que bien et la plupart, on supprimerait l'article , et l'on écrirait : Une foule de je\ jeunes personnes.

On écrit encore , après le mot pas :

î jeunes gens ; beaucoup de

Avec l'article, quand la phrase est interrogaiive :

N'a-t-il PAS de h' argent ?

N'a-t-il PAS de h' esprit ?

Sans l'article, quand la phrase n'est pas intcrrogative :

Il n'a Pif vt'argent.

Il n'a PAS D'esprit.

On met toujours l'article après les mots bien et la plupart : Bien DU chagrin, bien de la peine, bien des pays; la plupart des jeunes gens.

On supprime généralement l'article devant les noms communs de titres d'ouvrages. Exemples : Bulletins de l'Jcadémie; Chroniques belges; Préface; Introduction ; etc.

M) Voir, k la page 3, ce que c'est qu'un nom eolleclif.

hE L'ADJECTIF. Il

RÉPÉTITION DE l' ARTICLE.

L*artiele doit être répété ayant chaque substantif. Exemple : L'homme laborieux aime le travail et le silence. Il est donc fautif d^écrire : Les père et mère de cet enfant; le$ lettres, paquets et argent doivent être affranchis. La grammaire exige : Le père et la mère de cet enfant; les lettres, les paquets et V argent, etc.

Remarque. — L'Académie s'écarte quelquefois de cette règle , et l'usage admet aujourd'hui : Lbs seizième et dix-$epiième siècles; lbs tomes I et II.

On répète encore Tarticle devant les adjectifs qui ne qualiGent pas

le même substantif. Exemple : La grande et la petite maison sont

vendues; mais on dira bien sans répéter l'article : Le vieux et brave

' soldat, parce que vieux et brave qualifient tous deux à la fois le

substantif soldat.

On emploie les articles le, la, les, devant les mots mieux, moins, plus, lorsque ces mots expriment une comparaison, car alors il y a un substantif sous-entendu. Exemple : De toutes ces damss , votre saur est m plus affligée, c'est-à-dire la dame plus affligée que les autres; mais on met le, qui forme avec les adverbes plus, mieux, moins, une locution adverbiale, quand on veut exprimer un état, une qualité portée au plus haut point. Exemple : Nous ne devons point nous décourager, lors même que nous sommes le plus accablés de travail, c'est-à-dire accablés au plus haut point.

§ III. — DB e.'abjbctif.

V adjectif esi un mot qui exprime une qualité donnée aux personnes ou aux choses. Ainsi dans les expressions : homme courageux, femme aimable, chapeau blanc, grand arbre, les mots courageux, aihable, BLANC, GRAND, marquent les différentes qualités attribuées aux substantifs homme, femme, chapeau, arbre. Ces sortes d'adjectifs sont appelés adjectifs qualificcUifs.

Outre les adjectifs qualificatifs , il y a aussi des adjectifs qui servent à déterminer les substantifs auxquels ils sont joints et qui, pour cette raison, sont appelés adjectifs determinatifs. Nous en parlerons plus loin.

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