‹ Manuel historique de la question du Slesvig; documents, cartes, pièces justificatives et renseignements statistiques, publié sous la direction de Franz de JessenChapitre 4 sur 102 · TÉMOIGNAGE DES MONUMENTS RUNIQUES SUR LA NATIONALITÉ DU SLESVIG · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGE DES MONUMENTS RUNIQUES SUR LA NATIONALITÉ DU SLESVIG

LORSQtr'Erik Pontoppidan, il y a de cela plus d'un siècle et demi, i écrivait dans le premier tome des Mémoires de l'Académie des Sciences, — alors nouvellement fondée, — son traité bien connu sur »le sort de la langue danoise, son état passé et présent dans le Jutland méridional ou principauté du Slesvig*1, il devait se contenter de l'observation suivante au sujet des monuments runiques de cette région : «Quant a ma troisième preuve de l'antiquité et de l'usage général de la langue danoise en Jutland méridional, je voudrais la tirer des monuments bien connus qu'on appelle les pierres runiques; mais je n'en vois malheureusement qu'un seul qu'on puisse citer en toute sécurité: savoir celui qui se trouve dans le bailliage d'Aabenraa .... sur le champ de Haverslund*. Après avoir reproduit l'inscription de cette pierre1, Pontoppidan continue ainsi: >La dite inscription peut se rapporter soit au roi Rolf surnommé Krakc .... soit au célèbre chef normand Rollo, Rolf ou Gange-Rolf . . . ., ou peut-être encore à quelque personnage des siècles postérieurs s' appelant Herr Ulf, Wulf ou Oluf, lequel a pu être non pas un roi ni un chef guerrier, mais simplement un homme de bien de la contrée : cène question importe peu, dès lors que l'emploi de la langue danoise est établi par les lettres runiques ou gotiques, lesquelles sont communes aux trois peuples du Nord et ne dépassent pas les limites de leur idiome Avant Pontoppidan, C. Danckwerth, dans son écrit intitulé »Newe Landesbeschrei-

1 Titre danois: >Det danske Sprogs Skixbne Og forrige saavelsom nœrvierende Tilstand udi Sender-Jylland cller Farstendommet Slesvig<. Inséré dans : «Skrifter, som udi det Kiebenhavnste Selsltab af Lœrdoms og Videnskabers Elskerc ère fremlagte og oplasste i Aarene 174} ogi744*,I. Copenhague 1745, p. ss etsuiv.

• Nous reparlerons plus loin de la pierre de Haverslund (p. 35 — yf).

bung der zwey Hertzogthûmer Schleswich vnd Holstein* (i6$2, in-fol., p. 74), avait déjà mentionné la pierre de Haverslund comme le seul monument runique qu'eût fourni le SIesvîg, alors que dans les autres provinces danoises on avait trouvé beaucoup de ces »pierres parlantes* '.

Les choses ont bien changé depuis Danckwerth et Pontoppidan ; une foule de monuments runiques inconnus de leur temps ont été mis au jour dans toutes les parties du vieux royaume danois: mais nulle part on n'en a trouvé relativement en aussi grand nombre que précisément dans le Jutland méridional: non seulement cette région nous fournit plusieurs de nos runes les plus remarquables au point de vue historique, mais nous y rencontrons plus que partout ailleurs en Scandinavie une collection variée de monuments runiques depuis la période la plus reculée jusqu'à la plus récente, avec des représentants de la plupart des périodes intermédiaires.

Avant d'essayer de donner un aperçu général de ces monuments, je me permets de renvoyer, pour la discussion de certains points de détails, à mes travaux antérieurs sur le même sujet, savoir: Die runenschrift, Berlin 1887; D0BEFONTEN iÀkirkebyKirke, Copenhague 1887 ;S0nderjyllàndshistoriske rumemindesm£RKER (Programme de l'Université de Copenhague à l'occasion de la fête des noces d'or de LL. MM. le Roi et la Reine), Copenhague 1892; De tyske runemindesm,erker, Copenhague 1894 (tirage à part de »Aarbager for nord. Oldkyndighed og Historié*); De danske runemindesmsrker, I. De historiske runemindesm^rker, Copenhague 1895, II. Rukestenene i Jylland og pà 0erne, Copenhague 1899 — 1901.

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