LE PLUS LONG
Les inscriptions runiques nous présentent deux alphabets différents: le plus ancien et le plus étendu, qui comprenait primitivement 24 signes, et le plus récent qui est aussi le plus court et qui, se composant de 16 signes seulement, entra en usage à partir de l'an 800 environ. On a donné à l'alphabet runique le nom de »futhark«, d'après les six premières lettres prononcées à la file. Comme je l'ai démontré tout au long dans >Die runenschrift*, l'alphabet le plus récent et le plus court est sorti peu à peu, par une évolution assez longue, de l'alphabet ancien: celui-ci était à l'origine commun à tous les peuples goto-germaniques , et c'est pourquoi nous le retrouvons aussi dans les inscriptions gotiques et germaniques occidentales, et, — sous une forme un peu modifiée et amplifiée , — dans les inscriptions en vieil
1 -Sonsten findet man keine Ruhnsteine, das ist lapides loquentis, sprechende oder redende Sterne mehr in dem Hemogtuhme Schleszwich, als dicsen eintzigen, da hingegen es in Deiinemarck jhr tint gute Anzahl hat, wie aus D. Olao Worm /u ersthtn-.
anglais. En revanche la transformation de l'alphabet à 24 signes en alphabet à 16 est un phénomène spécial a la Scandinavie, et ce développement, qui est fondé en grande partie sur des modifications subies par la langue au cours des siècles, s'est produit essentiellement à la même époque et de la même manière dans tous les pays du Nord. Lorsque cette évolution fut terminée au début du IX' siècle, les peuples Scandinaves eurent ainsi un alphabet spécialement nordique très différent de l'alphabet général d'autrefois.
Je donne ici les types principaux des deux alphabets avec la transcription en caractères latins, dont je me servirai par la suite:
a. Alphabet runique ancien (le plus long):
ru>fK<XP : N + mJTYJ : T»nrir**w
fuparkgw hnij-pRs tbemlngod
Les 24 signes de cet alphabet se partageaient en trois groupes de huit signes chacun. En ce qui concerne la transcription, je ferai remarquer que, pour des raisons pratiques et typographiques, je rends les signes X, M, t par g, d, b, bien que primitivement, — comme je l'ai montré dans »Die runenschrift«, — ils représentaient des spirantes, même en position initiale, et qu'il serait plus exact de les traduire par g, 8, b. De même le signe <>, que nous représentons par ng, devrait rigoureusement avoir pour équivalent une seule letre (g). Pour le S je me suis abstenu de toute transcription en lettre latine, car la valeur primitive de ce signe ne se laisse pas encore déterminer avec certitude ; dans une inscription germanique de l'Ouest (sur la boucle de Freilaubersheim), le J" se présente avec la même valeur que le I (i) ordinaire (»De tyske runemindesmjerker*, p. 6j). Dans les inscriptions nordiques le Y, — qui a aussi de bonne heure la forme X, — représente le r dérivé du z primitif, et ce R était diffèrent du r (fc).
b. Alphabet récent et plus court:
KhPNRr* : ++I+H : ÎBfTA f u f>a(rk hnias t bml u
De même que les 24 signes de l'ancien alphabet, les 16 signes du nouveau se partageaient en trois groupes dont le premier comprenait six lettres et les deux autres chacun cinq. Pour ce qui est de la transcription, notons que N (a^ représente l'a nasal par opposition a l'a pur (+). De même que l'ancien alphabet distinguait les sons R r et T (ou X) R, de même l'alphabet nouveau a deux signes pour Rr et Ar. Le signe f (dans l'ancien alphabet M) fut remplacé peu à peu par f.
Mais les seize runes du petit alphabet constituaient i bien des égards un instrument insuffisant pour rendre la diversité des phonèmes Scandinaves. Aussi fut-on obligé d'employer plusieurs signes avec des valeurs différentes: Y représenta à la fois lt, g, ng ; + correspondit à a, œ, â, etc. . . A la longue le
besoin d'un clavier plus complet se fit sentir impérieusement, et à la fin du X' siècle on commença à créer de nouvaux signes avec les anciens à l'aide de points ajoutés (runes ponctuées): on eut ainsi i, Y et un peu plus tard R pour désigner les sons e, g et y. Pendant longtemps on se contenta de ce supplément aux seize signes du petit alphabet. C'est seulement assez tard dans le moyen âge que le vieil alphabet runique fut remanié de façon à avoir un signe pour chaque lettre de l'alphabet latin, lequel était alors employé presque exclusivement sans qu'il pût cependant supplanter tout à fait les runes.
Nous allons donc commencer par les inscriptions slesvicoises en alphabet primitif, et nous les rangerons autant que possible dans un ordre chronologique.
Parmi les reliques linguistiques les plus anciennes qui aient été mises au jour dans les régions qu'on peut désigner comme l'habitat des Scandinaves depuis une époque reculée, il faut ranger deux inscriptions en runes primitives découvertes dans la tourbière de Torsbja^rg, paroisse de Sonder Brarup en Anglie. Cette trouvaille, que je reporte au plus tôt à l'an 400 approximativement, nous a fourni une inscription lisible et selon moi tout à fait compréhensible; en revanche les runes fort claires de l'autre inscription doivent contenir des mots très abrégés.
1. BOUTEROLLE DE TORSBJvERG Parmi les diverses bouterolles de fourreaux d'épées, en bronze, que des fouilles mirent au jour en 1859 — 61 dans la tourbière de Torsbjaïrg, une seule portait, par devant et par derrière, une inscription runique que nous reproduisons ici en grandeur naturelle.
Ces deux lignes de belles runes finement gravées, qui ont toutes deux le même caractère et proviennent évidemment du même graveur, sont encore
très nettes et leur lecture ne comporte, à mon avis, aucun doute; toute l'inscription doit se lire:
owlpupewaR niwangemarÏR
Dans la seconde ligne les runes flfl sont incorporées ensemble et réunies dans un seul signe (>binderune*). Je considère comme certain que le signe qui les précède est la vieille rune ing, que je transcris en caractères latins par ng. Les deux traits caractéristiques de ce signe, c'est qu'il est formé par la réunion de deux < opposés l'un à l'autre (<>, <■) mais ne se touchant pas, et que, à la ressemblance du k (<) dans l'ancien alphabet, il est toujours plus petit que les autres signes. Il a perdu sa forme anguleuse pour devenir sinueux : c'est ce qui s'est passé également pour le w (P) dans les deux derniers exemples de notre inscription, Ce détail est donc sans importance. Les formes anguleuses comme les formes arrondies et les formes intermédiaires se présentent dans beaucoup d'autres inscriptions runiques : ainsi nous trouvons le type anguleux sur l'une des pierres de Torvik (Jondal) en Norvège, sur le rabot (deux fois) et le peigne de Vimose, tandis que la boucle de courroie provenant du même lieu a le type arrondi, d'accord avec notre bouterolle et avec le fer de pique de Mûncheberg; il faut y ajouter comme s'en rapprochant de très près la forme présentée par la pierre de Skiâng en Sôdermanland. A côté du type * nous avons aussi le type <■, par exemple sur la corne d'or et sur la pierre de Tanum (Bohuslân). A ces types de la rune ing se rattache étroitement le signe arrondi que nous trouvons quatre fois dans l'inscription de la pierre norvégienne de Tune et qu'on avait aussi toujours interprété comme la rune ing, jusqu'à ce que Vigfusson, dans le «Corpus poeticum boreale« I (1883), p. S72 et suîv., se fût avisé d'y voir un j. Mais sa lecture et son interprétation renferment tant d'erreurs évidentes que, comme tant d'autres fantaisies du génial Islandais, celle-ci eût passé inaperçue si M. Sophus Bugge, dans sa dernière explication du même texte (»Norges Indskrifter med de aeldre Runer*, p. 31 et suiv.), ne s'était rallié i l'hypothèse de Vigfusson et n'avait essayé de prouver en détail qu'il fallait lire un j. Sans doute dans l'inscription de la bractéate de Vadstena, où Y ing et le j sont très différents, ce dernier signe a reçu une forme ($) qui pourait être interprétée comme une modification de la rune ing (<>); mais la bractéate en question a cependant conservé la différence caractéristique entre les deux runes. Bien qu'ici la rune ing soit fermée, elle est cependant, comme le <, plus petite que les autres runes, tandis que le j a la taille ordinaire. La forme que la rune ; a prise sur la bractéate de Vadstena s'explique avec la plus grande facilité par la forme primitive du /', savoir HH, laquelle ne laisse aucun doute, car elle se retrouve à des endroits très différents et très éloignés l'un de l'autre: sur l'inscription en »futhark« de l'agrafe de Charnay (Bourgogne), sur l'une des agrafes de Bezenye (Hongrie), sur le bois de lance de la tourbière de Kragehul et sur la pierre d'Istaby; de
plus c'est cette forme qui, comme je l'ai démontré dans >Die runenschrift* (p. i2i sqq.) remonte directement au G latin. Que sur la bractéatedeVadstena et sur une ou deux autres apparentées à celle-ci, la rune ; ait pris la forme $ au lieu de h, cela est dû certainement à ce que dans les inscriptions sur bractéates le signe H était facilement exposé à être confondu avec le signe S (s) (cf. par ex. la forme de la rune s sur la bractéate de Vadstena et spécialement sur la bractéate séelandaîse bien connue qui porte le no. 57 dans Stephens). Tandis qu'il n'y a pas selon moi la moindre raison de comparer les formes citées plus haut de la rune ing avec le signe j de la bractéate de Vadstena, nous trouvons dans quelques inscriptions un signe qui pourrait à meilleur droit donner lieu a certains doutes d'ordre purement paléographique : je veux parler des formes H sur la pierre de Stenstad, H sur la pierre de Krogstad, et ^r* sur l'agrafe de Fonnâs; tous ces signes ont la même grandeur que ceux qui les entourent. On pourrait hésiter en particulier sur la valeur qu'il faut attribuer à la forme donnée pat l'agrafe de Fonnâs. Mais comme à côté de ce signe la même inscription emploie pour désigner la lettre a le signe b qui dérive de la représentation ancienne (H) de la rune; (cf. Die runenschrift, p. 127), le premier signe doit nécessairement être la rune ing, comme l'admet aussi Bugge dans son explication des inscriptions norvégiennes en runes archaïques. Je considère donc les signes en question sur les pierres de Stenstad et de Krogstad comme étant des runes ing, où le trait caractéristique, conservé depuis les origines, apparaît dans les formes ouvertes.
Si on admet avec Vigfusson et Bugge que les signes de la pierre de Tune ont la valeur de j, on doit en bonne logique attribuer la même valeur a tous les signes des autres inscriptions qui antérieurement ont été lus ng. Pour être conséquent, il faudrait lire / au lieu de ng sur la bouterolle de Torsbjsrg, sur le peigne, le rabot et l'agrafe de Vimose, sur la pique de Mûncbeberg et sur la pierre de Skââng aussi bien que sur la corne d'or et sur la pierre de Tanum : c'est aussi ce que M. Grienberger a essayé de faire pour quelques-unes de ces inscriptions (Arkiv f. nord. Filol. XIV, p. 1 1 s sqq ; Zeitschr. f. deutsche Philol. XXXII, p. 289 sqq.). Mais M. Bugge se refuse lui-même, — et avec raison, — à tirer de pareilles conséquences. Car si nous trouvons sur le bois de lance de Kragehul la rune /' sous la vieille forme H, il n'est pas douteux que cène rune a dû avoir la même forme dans les inscriptions de Vimose et que par suite, dans les dites inscriptions, les signes très différents qu'on a interprétés comme des runes ing ont dû avoir réellement cette valeur.
La seule chose qui pouvait appuyer la dernière lecture proposée par Bugge pour l'inscription de Tune, a dû être le caractère de vraisemblance intrinsèque que semblait présenter l'interprétation fondée sur cette lecture, par opposition à l'interprétation antérieure. Or l'explication proposée par lui se heurte aux plus graves difficultés tant pour le contenu que pour la langue. Je n'hésite donc pas à soutenir que la lecture jest absolument impossible pour
des raisons paléographiques. Il ne fait aucun doute pour moi que l'interprétation ancienne de la rune de Tune comme un ng reste la seule bonne et j'espère qu'on renoncera le plus tôt possible aux tentatives faites pour attribuer la valeur de j à ce signe dans l'inscription en question et dans les autres du même genre.
Après avoir ainsi justifié ma transcription par ng de la cinquième rune de la seconde ligne, il me reste à examiner en deuil la langue de l'inscription.
A la fin des deux lignes nous trouvons des mots bien connus en nordique de l'époque récente: -pewaR est la forme fondamentale de l'anc. nord, -pér, qui s'emploie comme dernier élément de divers noms propres (Hjâlmpèr, Eggpér, StgPir); par la suite ce dernier élément s'abrège généralement en -Oir (Eggitir, Sigâir ainsi que Hamfiir). Quant à pewaR isolé, nous le retrouvons, écrit comme ici, dans l'inscription norvégienne de Valsfjord. La forme pewaR dans ces inscriptions se tient si près de l'état ancien qu'il suffit de remplacer le R par le z original pour retrouver la fonne primitive de toutes les langues goto-germaniques, forme d'où sont sortis le got. pius, l'a. ail. -ito (dans des noms propres), l'a. angl. péow. En gotique et en vieil anglais le mot a le sens d'»esclave, domestique» ; mais dans l'inscription de Valsfjord comme dans les noms propres composés il est certainement employé pour désigner un homme libre; il a sans aucun doute une valeur analogue à celle du mot hœimpegi, hém- Pegi (compagnons de la »mesniee«) dans les inscriptions de l'âge des Vikings, où on l'applique à un personnage de l'entourage immédiat du chef (»hirdmand*, homme de la cour). En français le mot >domestique< avait autrefois ce sens relevé. Sur notre bouterolle pewaR forme le second terme d'un nom d'homme dont le premier terme est écrit owlbu. C'est une notation inexacte et gauche de wolpu-. De même nous rencontrons sur la pierre norvégienne deVatn et dansquelques-unes des plus anciennes inscriptions en runes récentes la graphie rh pour hr (rhu ulfR sur la pierre de Helnaîs, etc.). Cet owlpuou plutôt wolpu- se trouve, avec son o, à un stade phonétique antérieur au got. correspondant vulpus (gloire, seigneurie). Nous reconnaissons aussi le même mot dans Ullr, nom de divinité nordique : en vieux nordique la forme de ce nom devait être Ullpir.
Dans la seconde ligne, mariR est la forme primitive de l'adjectif anc. nord, marr (célèbre), tandis que le mot gotique correspondant est mers. L'ë du got. mers est plus ancien que l'a de mariR; mais en revanche l'i final rejeté par le gotique nous rend compte du changement vocalique (umlaut) survenu dans l'a. nord. marr. — Dans le groupe niwange qui précède on a voulu expliquer n i comme une interversion pour i n = a. nord, i, gouvernant le datif wange, lequel serait ici un nom de lieu correspondant à l'a. nord. vartgr (enclos, campagne, dan. mod. vang). Mais cette interversion me parait tout à fait invraisemblable et on ne saurait la rapprocher de l'interversion ow- pour wo- dans la première ligne, celle-ci étant très compréhensible à cause de l'étroite parenté des deux phonèmes ; je persiste donc, — comme je le
faisais dans «Die runenschrifti, p. 104 sqq. et p. 381, — avoir dans niwange un mot unique au datif, ou à proprement parler un ancien locatif n'ayant pas besoin d'être régi par une préposition pour marquer l'idée de lieu. Du reste on pourrait aussi expliquer l'absence de préposition en disant que le composé NiwangêmârtR comme désignation ou *cognomen* d'Ulltér formait un tout représentant une notion unique, comme c'est le cas en nordique plus récent pour Fitjumskeggi et autres surnoms analogues, où Fitjum était primitivement gouverné par la préposition à. On ne s'étonnera guère que je ne puisse pas indiquer un endroit appelé >Nivang« ; je serais tout aussi embarrassé avec le simple »Vang*.
En vieux nordique toute l'inscription prendrait donc la forme suivante: Ullpér Niwangemarr, c'est-à-dire: »Ulltér, célèbre dans Nivang», ou encore: »Ulltér, l'honneur de Nivang«. Nous avons ici le nom du chef qui portait l'épée dont nous venons d'examiner la bouterolle. Cette épée sur le fourreau de laquelle on avait gravé son nom et un surnom à sa louange a fort bien pu lui être offerte comme épée d'honneur.
2. L'UMBON DE BOUCLIER DE TORSBL€RG Sur un fragment d'umbon en bronze mince, que nous reproduisons ici à
la moitié de la grandeur naturelle, nous voyons gravée sur la face interne
une courte inscription comprenant 6 runes.
Le dernier signe à gauche est un H dans lequel le trait de liaison dépasse quelque peu les deux hastes.
Le signe que nous voyons à côté du H ne peut être qu'un Y, bien que la branche de gauche soit plus petite et plus fine que celle de droite et qu'elle se
trouve placée plus haut sur la haste. Il n'y a donc pas de doute sur la valeur
des signes isolés, et U faut lire:
HTX«I1
Malgré cela l'interprétation de l'inscription entière nous cause les plus grandes difficultés. Si elle contient de vrais mots et non simplement des runes ma-
giques, ces mots doivent être si fortement abrégés qu'il ne sera guère possible d'arriver jamais à découvrir leur sens véritable. De plus on peut se demander s'il faut lire l'inscription de droite à gauche (aisgRh), — ce que semblerait indiquer la forme du 1, — ou de gauche à droite (hRgsia), — ce qui s'accorderait avec l'inscription de la bouterolle; en ce cas l'inversion du 1 s'expliquerait par une négligence, et nous avons de nombreux exemples du même fait sur les inscriptions de bractèates, où par ex. le signe t peut se trouver écrit 1 au milieu de runes orientées de gauche a droite; ou bien encore on se serait servi à dessein de la forme invertie 1 pour indiquer que cette rune n'appartenait pas proprement à l'inscription et était un signe magique: c'est précisément cette rune que nous trouvons le plus souvent employée de la sorte, par exemple dans l'inscription de Lindholm où les runes magiques commencent par un =1 huit fois répété, ce qui, — chose assez curieuse, — s'accorde très bien avec ces mots d'un formulaire islandais usité dans les incantations: Risli eg pér Àsa àtta, Nauâir nlu (cf. Aarboger f. nord. Oldk. og Hist. 1871, p. 185 sqq.). Les runes qui dans l'inscription de Lindholm suivent immédiatement les huit 1 sont trois T, ce qui correspond à l'emploi de Y sur un des bois de javelots trouvés dans la tourbière de Nydam (voir plus bas).
Je m'en tiens donc maintenant encore aux conjectures que j'exprimais au sujet de cette inscription d'umbon dans >Die runenschrifu, p. 148 et n. 1.