Les diverses feuilles
Il s'est produit au cours des temps des changements souvent assez importants dans les conditions de rédaction et de propriété des journaux mentionnés ci-dessus.
Lorsque C. A. Willemoës quitta le 2 mars 1870 la rédaction du Flensborg * Avis pour se fixer à Mogeltender, le directeur du journal, GustavJohanvseh, en devint aussi le rédacteur en chef. Mais Johannsen ayant été élu vers la fin de 1881 député de la Chambre allemande, il passa le 1" juillet 1882 la rédaction de son journal à J. Jessen, autrefois professeur à l'»écoleréale« de Haderslev, actuellement député : les autorités allemandes avaient enlevé à ce maître l'autorisation de continuer à enseigner dans son établissement privé. L'année suivante M. Jessen devint également propriétaire du journal; et deux ans plus tard, le t" juillet 1885, il prenait en outre la direction du Vestslesvigs Tidende: M.P.Skovr0y, jnsque-là rédacteur en chef de cette dernière feuille, alla s'établir à Tender comme collaborateur local des deux journaux réunis. Cet état de choses dure encore.
Dans les premières années de 1870 — 80, le fondateur de Dybb0l-Posten m à Sonderborg, l'avocat Pingel, céda son journal à un consortium, mais continua la rédaction jusqu'au Ier juin 1S75, date où elle passa aux mains- de M. Joh's. Moldt, ancien commissaire départemental, lequel prit en outre le journal à bail le Ier janvier 1884 et continua dès lors à cumuler les fonctions de directeur et de rédacteur en chef.
Le fondateur de Hejmdal à Âbenrâ, H. Màtzen, vendit le Ier octobre 189) son journal a M. H. P. Hànssek (de Norremwlle), alors secrétaire de la > Ligue Htj des électeurs du Nord-Slesvig«, actuellement représentant au Landtag. M. IIanssen prit en même temps la direction et la rédaction du journal. Pour pouvoir le développer et étendre son champ d'action, M. Hanssen le céda le i" avril 1900 à une société d'actionnaires, mais il se fît nommer président de la dite société et continua a être à la fois directeur et rédacteur en chef de > Hejmdal*.
Le propriétaire deModersmaalet àHaderslev, H.A.SABROE,venditle i" avril 1900 cette feuille à la société par actions dite »Modersmaalet« (»La Mo* langue maternelle*), et en même temps l'ancien rédacteur de «Dannevirke- Freja<,M. M.C. Mathiesen, prit la rédaction du journal »Modersmaalet<. Le 20 juillet de la même année, la société indiquée ci-dessus acheta aussi *Dannevirket et »Freja« ; mais c'est seulement au début de 1903 qu'elle entra en possession de ces deux journaux (voir plus loin). L'année suivante, M. Màthiesen, dont la vue s'affaiblissait et qui entendait difficilement, se vit contraint par ses infirmités de quitter le poste de rédacteur en chef; après quoi M. N. Svendsen, jusque-là collaborateur de ■ Hejmdal*, prit le I" avril 1904 la direction et la rédaction du journal.
Mais ce sont >Dannevirke< et »Freja« qui ont subi le plus de vicissitudes. Trois ans après leur fusion, le rédacteur eu chef Hjort-Lorenzen fut déclaré D"" sujet non-prussien par les autorités de police, et dut quitter le pays pour éviter l'expulsion administrative, après quoi il vendit les deux feuilles en 1878 à un vétérinaire nommé Bj0rnshauge, lequel résidait à Âbenrâ: néanmoins il conserva aux journaux la résidence de Haderslev, et en confia la direction et la rédaction à son frère, le licencié J. J. Bj0Rnshauge, qui avait été depuis le fusionnement secrétaire de la rédaction chez M. Hjort-Lorenzen. Après la mon ■ de J. J. Bjornshauge, survenue le 13 février 1891, la rédaction fut confiée à un ancien professeur de l'école «réale* de Haderslev M.M.C.Mathiesen, qui collaborait aux deux feuilles depuis le i" juillet 1882. Mais le propriétaire, lequel était toujours le vétérinaire Bj0rnshauge, ayant réfléchi qu'il ferait de meilleures affaires en donnant à ses journaux un caractère moins nettement danophile, remercia aux environs de Noël 1899 son rédacteur Mathiesen, qui ne voulait pas se prêter à cette évolution, et le remplaça par la fille d'un député danois, M™e Wudenradt, née Krabbe. Or la nouvelle rédactrice, bien que Danoise de naissance, ne craignit pas de pousser l'évolution au point de prendre pour programme la défense des principes administratifs du gouverneur prussien M. von Kôller. Les débats d'un procès jugé à Flensborg le 3 oc-
tobre 1904 ont révélé par la suite qu'en 1900 le gouvernement prussien était prêt à verser 75.000 marks pour permettre à M™' Wildenradt-Krabbe l'achat du »Dannevirke«, mais que le versement de la somme n'eut pas lieu à ce moment parce qu'on ne trouva pas toutes les garanties nécessaires. Comme conséquence naturelle de la nouvelle attitude anti-danoise de >Dannevirke- Frejac, ces journaux perdirent en peu de temps la plupart de leurs abonnés, et même, après que M. Bjorkshauge eut (ait faillite, ils cessèrent complètement de paraître le ij septembre 1900. Cependant une société financière d'Àbenrâ, la «Banque populaire du Nord-Slesvig«, en qualité de propriétaire hypothécaire des deux feuilles, les avait vendues dès le mois de juillet à la société par actions » Modersmaalen ; mais ni M. Bjornshauge ni sa rédactrice n'avaient voulu les livrer; lorsqu'ils arrêtèrent la publication sans avertissement préalable, trois Allemands (les deux directeurs et le rédacteur en chef du journal allemand de Haderslev), s'emparèrent aussitôt des deux titres de ces feuilles en les déclarant à l'administration des postes, et c'est seulement après un procès de deux ans avec ces trois messieurs que la société >Modersmaalet< se vit reconnaître le droit exclusif aux titres des journaux. Depuis le 17 janvier 1 903 , on a pu commander »Dannevirke« et »Freja* à la maison d'édition de *Mo dersmaalet*, qui les fait imprimer avec le même texte que ce dernier journal.
j. Revues.
Outre les journaux politiques quotidiens mentionnés ci-dessus, les Danois du Nord-Slesvig ont encore une revue, un almanach, deux journaux du dimanche et deux journaux spéciaux ou techniques. 1 Le revue intitulée Sonderjyske Aarbeger (» Annales slesvicoisesc) et dont le but est de traiter avec l'ampleur nécessaire toutes les questions relatives au Slesvig du Nord, commença à paraître en 1889. Elle fut lancée par trois directeurs: MM. H. P. Hanssen (de Norremolle), alors secrétaire de la «Ligue des électeurs du Nord-Slesvig», aujourd'hui rédacteur en chef et membre du Landtag, P. Srau, propriétaire à Bukshave, ancien membre de la diète provinciale, et Gustav Johanhsek, alors représentant au Reichstag et au Landtag. La revue, qui parut d'abord 4 fois l'an par livraisons de 5 feuilles, puis 2 fois l'an par livraisons de 10 feuilles, a décrit dans une série d'études variées le sol, les populations, les langues, le passé et les souvenirs du Sonderjylland, a commenté par des aperçus politiques et statistiques la lutte des Nord-Slesvicois pour la conservation de la langue et de la civilisation danoises, et fourni en outre des renseignements sur d'autres nationalités et conflits de nationalités présentant des analogies avec ce qui se passait dans lejutland méridional. Après la mort de M. Gustav Johannsen (2 j octobre 1 901), le secrétaire de la» Ligue pour la défense de la langue danoise en Nord-Slesvig,* M. Nikolaj Andersen d'Àbenrâ, licencié en mathématiques, prit sa succession comme co-directeur et rédacteur responsable de la revue.
En ce qui concerne l'almanach de la Ligue pour la défense de la langue (Sprogforeningens Almanak), se reporter à ce que nous dirons plus tard au sujet de cette association.
Le plus ancien des journaux du dimanche, le Nordslesvigsk Sflndags- J blad, destiné à fournir aux Slesvicois de bonnes lectures instructives et récréatives dans la langue maternelle, fut fondé en 1876 par un instituteur, A. C. C Holdt de Flensborg, dont l'école »réale« privée venait d'être fermée l'année précédente par les autorités prussiennes. A partir de l'automne 1880, ce journal fut divisé en deux parties, l'une populaire et l'autre religieuse. Dans les premières années, il parut simplement sous la forme d'une feuille hebdomadaire indépendante; mais depuis le commencement de 1881 il fat en outre rattaché à certains journaux quotidiens («Flensborg Avis*, >Dybbol- Posten* et >Dannevirke-Freja«), et depuis le I* avril 190; il ne paraît plus séparément mais constitue un supplément gratuit à » Flensborg Avis* et à »Dybbel-Posten*. Ses directeurs et rédacteurs ont été successivement: MM. A.C.C. Holdt tout seul jusqu'en 1878 puis aidé jusqu'à sa mort (1885) par son collaborateur C. F. Monrad; Monrad seul, jusqu'à sa mort, survenue eu 1889; R. P. Rossen, secrétaire de la rédaction du «Flensborg Avis*, jusqu'à 1901 ; Madame Helga Skrumsager de Toftlundgaard près Redding jusqu'à 1905; et depuis cette date, A. Svensson, collaborateur de *Flensborg Avis*. — L'autre journal, intitulé Modersmaalets Sendagsblad, n'a commencé d'exister qu'il y a deux ans; il a été rédigé d'abord par M. R. Thomsem, pasteur d'Eglise libre àHaderslev, jusqu'à sa mort (190;) et depuis par M. M. C. Mathie» sen, ancien rédacteur de >Dannevirke-Freja' ; il est annexé comme supplément hebdomadaire gratuit au journal quotidien »Modersmaalet«.