L^ RÉVOLUTION FRANÇAISE ET L’EUROPE
TRADITIONS. INTRIGUES et PROPAGANDE
Le 20 avril 1792, la France déclarait la guerre à l’Autriche, ou plutôt à l’Empereur et à l’empire d’Allemagne. L’initiative des hostilités lui appartenait : il paraissait cependant que ses adversaires, depuis trois mois, l’y eussent provoquée de parti pris. Au mois de janvier, et surtout le 16 février 1792, la chancellerie autrichienne avait adressé à Paris des notes menaçantes, injurieuses pour la nation, qui, communiquées à l’assemblée Jégislative, la déterminèrent à prendre l’offenfeive. « Il faut préférer, disait Kaunitz le 3 mars, que la France nous attaque pour mettre le bon droit de notre côté. 11 faut la mettre dans la nécessité de nous faire la guerre. »
Le motif du conflit, comme le conflit lui-même, semblait bien le fait des souverains allemands : à Pillnitz d’abord et depuis, à Vienne ou à Berlin, ils ne cessaient de menacer la France d’une immixtion dans ses affaires, d’une ligue des princes en faveur de Louis XVI, d’une action diplomatique et militaire de l’Europe contre la Révolution. Sans doute, les révolutionnaires aussi, surtout depuis l’ouverture de la Législative, invitaient les peuples