‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 42 sur 360 · LA FRANGE APRÈS VALMY · texte numérisé non relu

LA FRANGE APRÈS VALMY

la violence et rintrigue avaient étendu depuis cent ans leur domaine, se heurtent et se limitent. Ou le droit était demeuré impuissant, la force et la raison d'Etat interviennent et s’enchaînent elles-mêmes. Le respect des faibles, que la justice conseillait, l’intérêt l’exige, la politique l’obtient.

Ce fut une phase nouvelle dans l’histoire politique de l’Europe, singulièrement favorable à la France, que le moment où les calculs de la politique européenne conlirmèrent, au lendemain de Yalmy, la victoire remportée par le droit et le peuple français sur la force et sur les convoitises des souverains allemands. Les circonstances se prêtaient d’elles-mêmes à la restauration de cet ancien système d’équilibre européen que Frédéric II, en 1740, se vantait d’avoir détruit. Il l’avait été en effet par l’abus de la force et de la raison d’Etat ; pourtant il se reformait^ par une suite du même principe : l’intérêt commun de toutes les puissances à maintenir entre elles une balance pour leur sauvegarde leur imposait, dans une certaine mesure, le respect du droit et des nations. C’est par l’application de ces maximes que la France au dix-septième siècle s’était relevée avec Richelieu. Elle avait l’occasion de les appliquer encore en 1792 au service de sa défense et de sa grandeur, à la condition pourtant de régler ses actes sur les faits, de renoncer à l’imitation servile du passé, ou à des rêves d’avenir chimériques et dangereux.

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