‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 50 sur 360 · L. PiNGAUD. L’Invasion austro ^prussienne. Paris · texte numérisé non relu

L. PiNGAUD. L’Invasion austro ^prussienne. Paris

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De Valmy à Jemmapes, il y a toute la différence entre une lutte pour la défense du sol national et une victoire dont la conquête est l’objet et le prix. La conquête sans doute n’est pas dans les desseins, d’abord, de la République et de ses chefs : mais les généraux la désirent, et leurs troupes en font une nécessité pour le gouvernement qui les emploie. Les ministres se résignent par politique à laisser les vainqueurs de Valmy occuper la Belgique. (( Il faut, dit Rolland, faire marcher les milliers d’hommes que nous avons sous les armes aussi loin que les porteront leurs jambes. Autrement ils nous couperaient la gorge. )> « Le retour des soldats nous perdrait, conclut Clavière. » Les considérants de l’arrêté du 24 octobre qui propose au patriotisme à V habileté des la conquête des frontières

rhénanes trahissent les mêmes préoccupations. Si la guerre recommence, et doit décider des destinées de la Révolution, c’est par la volonté des généraux, par la peur des républicains.

Ces motifs, d’ailleurs, on les dissimule. La Convention, comme l’Assemblée qui l’a précédée dans cette voie, n’avoue pas cette guerre de conquête, ni les motifs qui l’y déterminent. Elle se propose et présente à la nation et aux armées une tâche plus haute, où l’intérêt n’a point de part. Les peuples. Niçois, Brabançons, Bataves, Allemands de Mayence ont fait appel à sa justice et à sa puissance. Elle s’est déclarée, à la voix de Danton, « le tribunal d’insurrection des

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