‹ Manuel historique de politique étrangère. [Texte imprimé]Chapitre 75 sur 360 · DU DIRECTOIRE · texte numérisé non relu

DU DIRECTOIRE

Tout a été dit sur les défauts de la Constitution de l’an III, compliquée et mal équilibrée, où les Assemblées des Anciens et des Cinq-Cents s’opposent sans moyen légal de régler leurs conflits, où, législateurs cloîtrés, les représentants ne peuvent s’accorder pour juger le pouvoir exécutif, où le Directoire ne peut rien d’ailleurs contre eux, et se divise lui-même en partis hostiles. Ce qu’on n’a point assez dit, c’est que cette situation constitutionnelle a été Teffet de plusieurs intrigues qui, dès le début, ont faussé et dénaturé la loi.

Sieyès est le principal auteur de cette loi, et naturellement on juge l’œuvre par l’idée qu’on se fait de l’auteur. Métaphysicien égaré dans la Révolution pour les uns, (( Newton d’une nouvelle ère politique » pour ses admirateurs, philosophe aux yeux de tous, Sieyès a paru intervenir aux époques décisives pour n’apporter que des principes et des combinaisons de cabinet. Nous pensons qu’on s’est également trompé sur l’homme et sur ses œuvres. Nul n’a mieux que lui, dans toutes les grandes crises de la Révolution, marqué la réalité des situations en des formules qui ont survécu. En 1789 : « Qu’est-ce que le tiers état. » En 1799 : « Il me faut une épée. » — « Nous avions fait la nation. » Talleyrand et Miralieau, qui étaient

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