‹ Manuel historique du département de l'AisneChapitre 2 sur 54 · CHRONOLOGIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

On pourra s'étonner qu'après avoir écrit deux volumes sur l'histoire d'une ville , j'aie essayé de renfermer toute celle du Département dans un espace moindre de moitié. Mais quand je n'eusse pas aspiré , pour ce nouvel ouvrage , à la popularité que son titre sollicite , une autre considération m'aurait fait préférer encore la forme sous laquelle il se présente.

Les annales de Laon m'offraient la matière d'une véritable composition historique. Une variété piquante d'évènemens curieux , des révolutions fameuses dans la succession au Trône et dans la constitution de l'Etat , des usages et des mœurs dignes de fixer les regards d'ua observateur; voilà ce qu'un rare bonheur faisait rencontrer dans l'enceinte d'une ville; et (ce qu'il faut remarquer surtout) voilà ce qui se rattachait à un point central.

Les mêmes élémens d'une narration intéressante se retrouvaient à la vérité dans l'histoire du Département, et même avec plus d^abondance, mais aussi avec un grand désavantage : le centre d'unité manquait. Dans un territoire composé aujourd'hui de fractions de plusieurs pro.vinces qui avaient des seigneurs et des intérêts différens , quel sera le lien commun? où est la capitale où tout vient aboutir ? C'est surtout à une telle contrée que pr

s'appliquer ce que Voltaire disait de la France entière ; que la forme adoptée par le président Hénaut est peutêtre le seul moyen d'écrire convenablement son histoire. Tel est le cadre 'que j'essaie de remplir; je n'aurais eu garde de me hasarder dans une plus vaste entreprise. On doit sentir à mon âge que»* de deux voies qui peuvent conduire au même but » ce n'est point la plus agréable , inais la plus courte qu'il faut prendre.

Cependant j'ai voulu n'omettre rien de ce que l'histoire du pays oiTre d'essentiel. Je note avec exactitude , non-seulement les faits dignes de souvenir, mais aussi ce qu'il y a de plus remarquable dans les usages , les pvogrès de l'industrie et tes monumens locaux : je ne m'interdis que les développemens. Je ne serais pas même Surpris d'être accusé de prolixité par quelques esprits chagrins. Il se pourrait, par exemple, qu'on trouvât superflu ^ au moins en partie , ce que je dîs des anciens établissemens religieux, quoique je ne parle que des évêchés , des chapitres et des abbayes. Mais ceux-là , de quelque œil qu'on les envisage , étaient assez importuns , pour ne les pas laisser .tomber dans l'oubli. Le silence gardé à leur égard offenserait avec raison les lieux qui se glorifient d'en avoir été le siège. N'est-il pas vrai d'ailleurs que la multiplicité des fondations pieuses peut servir à caractériser l'esprit , soit de la région , soit de l'époque où elle se fait remarquer ?

A l'aide de la table qui termine cette première partie, chacun pourra suivre facilement l'histoire du lieu qui Tintéresse*

HISTOllIQUE. 7

AVANT l'^RE CHRÉT^BNIVE.

Dlvîtiac , toi du Solssonnais , fait une descente en Angleterre, et y fonde une colonie. On peut dire du pays où régnait ce conquérant , terra antiqua, potens armis.

Bibrax, ville entre Laon et T Aisne» est attaqué par les Belges 9 que commandait Galba » roi du Soissonnais; il est secouru par les Romains. Cette ville pourrait être Bièvre ou Berrieux , autrefob Bébrieux. Les Belges sont défaits sur les confins du Laonnois , par César, qui £ut ensuite capituler la ville principale du Soissonnais. Le lieu de la bataille est , suivant les uns » Pontavert , et selon d*autres , Juvincourt. Les Yermandois » qui , après la défaite de Galba, s'étaient ralliés aux Nerviens et aux Artésiens , sont vaincus de nouveau.

Les Soissonnais , menacés par les Beauvaisins , sont secourus par César.

Auguste » voyageant dans les Gaules , pose à Soissons la première pierre d'un temple dédié à Isis Myrionime. On peut induire de ce fait que cette ville était , du temps de César, la capitale du Soissonnais, nommée alors JVoviodunum. Ce qui appuie cette conjecture , c'est le nom d'Auguste du Soissonnais, Augusta Sueisionum, que prit Soissons en l'honneur d'Auguste , qui maintint ses anciennes lois. Une antique tradition , rapportée par Guillaume Le Breton , dans sa Philippide, veut que cette ville ait été fondée par des Suèves exilés de leur pays. Saint-Quentin reçoit le nom d'Auguste duYermandois, Augustd ViromandiMrtmw Cette vîUe a 9 ainsi qu*-

8 GHHONOLOGIE

Amiens » la prétention d*être la Samarobrlve du temps de César. Amiens a en sa faveur l'opinion généralement reçue.

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