‹ Manuel historique du département de l'AisneChapitre 27 sur 54 · GALERIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

GALERIE HISTORIQUE

ou

Catalogue des Personnages distingués du Département,

par ordre alphabétique*

JLiA célébrité d'un homme suffit pour illustrer le lieu qu'il habitait. La gloire d'une contrée se fonde principalement sur le nombre des personnages renommés qu'elle a produits. Nos richesses en ce genre sont telles f qu'il est peu de départemens qui puissent les égaler. Il est bon d'observer cependant que j'aurais pu grossir beaucoup la liste qu'on va parcourir. C'est ce dont on se convaincra , en vérifiant » par exemple , combien j'y ai omis de Laonnois , qui sont cités avec honneur dans l'histoire de leur ville. Si l'on m'objecte que j'j ai donné place à beaucoup d'évéques , de chefs d'ordre , d'abbés réguliers. Je réponds qu'un bien plus grand nombre n'y a pas été admis. Ceux-là seuls y figurent , que distingue quelque trait saillant de conduite ou de caractère.

J'ai déjà fait ailleurs une remarque qu'il faut répéter ici. Un homme n'appartient pas seulement au lieu qui Ta vu naître. II peut être réclamé encore , et par celui oh il a été élevé , et par celui où il a choisi sa résidence*

C'est ainsi qu'Urbain IV > Bodio , Mayenne et plusieurs autres sont devenus nos compatriotes.

Des noms tristement fameux viendront par fois opposer des ombres à l'éclat des réputations les plus pures. Presque toupurs c'est l'abus du talent qui produit un funeste renom. Quelle qu'en ait été là cause , il ne nous était pas permis de passer sous silence ceux qui ^ pour l'instruction de leurs semblables , sontcondamnés à une odieuse immortalité. Mais comme chacun a bien assez de ses propres infirmités , je dois , puisque l'occasion s'en présente , relever l'erreur d'une Biographie qui , dans l'article d'un farouche conventionnel nommé Charles Charlier , le fait sortir deLaon» où il n'a jamais été connu.

Il est des hommes, dont la renommée est telle , que leur nom seul réveille le souvenir de leurs actions ou de leurs écrits. Il suffisait de les indiquer. C^est à . quoi je me suis borné le plus souvent. Quant à ceux dont le mérite moins éminent n'est pas environné de . la même gloire , ou dont la réputation ne peut guère franchir les limites du pays dont ils furent l'ornement, j'ai du , sous peine de n'être pas compris , en parler avec quelque détail. Indigné quelquefois de ce que la malignité s'était permis contre des noms illustres , je me suis senti le besoin de repousser des traits injurieux* J'ai cru aussi que le lecteur ne me saurait pas mauvais gré d'expliquer ou de faire ressortir en passant des faits qui peuvent jeter du jour sur notre histoire locale. J'ai tâché toutefois , autant qu'il m'était possible , de ne pas perdre de vue qu'il est de la nature de cet ouvrage d'être toujours laconique.

I. Abbon\ éyêque de Soissons , grand aumônier et chancelier de France. Un trait fera connaître avec ([uelle dextérité il maniait les affaires. Hugues de Vermandois venait d*étre élu archevêque de Reims h l'âge de moins de cinq ans. II s'agissait de faire approuver parle Pape un choix dont il n'y avait pas d'exemple , et auquel Abbon avait eu grande part , comme premier sufiragant de la province. Chargé de cette négociation/ il sut persuader au Pontife quil est des cas où les règles de l'Eglise doivent céder aux conseils de la politique. L*enfant reçut ses bulles» h la charge que , pendant sa minorité» l'évêque de Soissons administrerait le diocèse de Reims. Abbon mourut en gSy. Soissons.

9. Aboville (François-Marie » comte d')» pair de France et lieutenant-général des armées. Il fut général d'artillerie , devint chef de cette arme , et se rendit recommandable par de longs et glorieux services » tant dans la guerre d'Amérique , qu'en Europe. La prise d*Yorck qui termina la guerre d'Amérique , l'immortalisa* Gomwàllis » prisonnier , déclara que c'était au général d'artillerie qu'il rendait les armes. On lui doit l'invention des roues à voussoir. Né en 1730 ; mort en 1819. La F ère.

3. Aboville (Augustin-Gabriel , comte d') , pair de France et maréchal-de-camp , fils du précédent. Il a marché sur les traces de son père , et s'est couvert de

gloire par la défense de Tuy» ainsi qu'à Talavera et ailleurs. Né en 1773 ; mort en 1820. La Fère.

4* AcHERY ( Jean-Luc d') , bénédictin. II a rendu de grands services à l'histoire par ses recherches , ses notes et ses collections » dont la plus, fameuse est le Spicilége. Né en 1609; mort en i685. St-Quentin.

5. Adalbébon 9 évêque de Laon , fameux par ses talenf littéraires 9 ses galanteries , et la part qu'il eut au succès de Hugues Gapet, en lui livrant son rival. Mort en io3o. Laon.

6* ApALGBBy chanoine de Laon et ensuite de Reims. Son dévouement au sang de Gharlemagne et les services éminens qu'il rendit au compétiteur de Hugues Gapet ^ ont valu à son nom une place parmi ceux des personnages célèbres de cette époque. Il était le compatriote, l'ami et le confident de l'archevêque Arnoul » et il fut le principal instrument dont Arnoul se servit pour livrer à son oncle les villes de Laon et de Reims. Aussi partagea-t-il la persécution exercée contre ce prélat.. Je me suis assuré » depuis la publication de l'histoire de Laon 9 qu'Adalger avait été dégradé par le concile de Saint-Basle, en 9g u Laan^

7. ADAMdeGrécy, fut élu abbé général de Prémontré en 1 3o4« Versé , comme on disait alors , dans les lettres divines et humaines , il parut avec éclat au concile de Vienne , où Glément V , touché de son mérite , Im accorda les ornemens pontificaux pour lui et ses suc-

nigTORIQUE. 175^

cesseurs. It n'avait pas sollicité cette distinction^; mais le prix qu'on 7 attacha fait sentir le déclin de l'humitité parmi les enfans de S. Norbert. Un des prédécesseurs d'Adam avait obtenu d'Innocent III > un siècle auparavant , à titre de privilège ^ que le général , et' les autres abbés de l'ordre ne pussent jamais être décorés des marques de la prélature. Il avait peur qu'irs ne se crussent ce que sembleraient annoncer de vaines apparences.. Adam illustra son gouvernement par un succès plus solide. Les abbés d'Angleterre avaient cessé de reconnaître l'autorité du chef de l'ordre. Il eut l'art de ménager leur retour au centre d'unité. L'estime , dont i) jouissait dans l'Eglise , influa puissanmient sur l'issue de cette négociation délicate. Il mourut en tSsg. Crécj.

8. Aguet ( Jean ) » d'une ancienne famille de Laon , devint, en i449» ^^^ général de Prémontré. Les troubles qui désolèrent ta France sous les règnes de Charles YI et de Charles Vif, avaient introduit de grands désordres dans les couvons. Il fallait du courage pour combattre le mal , et de la capacité pour l'extirper. Aguet l'entreprit. Son inébranlable persévérance triompha des obstacles que lui suscitèrent d'indociles religieux , à qui les Grands accordaient une protection scandaleuse. Mort en i459* Laon.

g. Alard ( N.... ) , scdpteur. Cet artiste habile avait enrichi sa ville natale de plusieurs morceaux excellons. U vivait dans le seizième siède.^ St-Quentin,

Page 1