‹ Manuel historique du département de l'AisneChapitre 28 sur 54 · G«AL£IIIE · texte numérisé non relu

G«AL£IIIE

10. Albéric de Laon , archevêque de Bourges, run des plus sarans disciples d\4nselme« II eut part aux grandes affaires de son temps. S. Bernard , Vincent de Beauvaisy et tous les contemporiains , ne parlent de lui qu^avec beaucoup d^éloges. Mort en i44i« Laon*

11. Amerval (N... d')9se distingua , en i557, à la défense de Saint-Quentin contre les ligueurs. Son nom a pris place jdans l'histoire » sous la plume du judicieux de Thou.« Le Fermandois*

12. Ancienville (Claude d*), chevalier do Tordre As S. Jean de Jérusalem et pannetier ordinaire du Roi. L'habileté dont il fit preuve, comme homme de* mer » lui valut le généralat des galères , sous le règne de François I.*'. Mort vers i542. Ancienville.

i3. Anselme de Laon, doyen de l'église de cette ville, et l'un des beaux caractères des temps où il a vécu. Chef de l'école de Laon qu'il a illustrée , il est regardé aussi comme le fondateur de l'université de Paris. On accourait à ses leçons de toutes les parties del'Europet et l'on était estimé savant par cela seul qu'on avait étudié sous le Docteur des docteurs : c'est ainsi qu'on le surnomma. Il formait les évéques et refusa de le devenir. Mort en 1 1 1 7. Laon*

i4* Anstrude (Sainte), seconde abbesse de Notre- Dame de Laon, se rendit célèbre par sa piété, son courage et son savoir. Laon offrit de son temps le spectacle unique d'une femme qui , rivalisant de science avec

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les maîtres les plus habiles » attirait à ses leçons un concours nombreux d'auditeurs. Anstrude vivait dans le septième siècle. Laon.

iS. ARMBNTiàBES (Louis de Gonilans^ marquis d' ), vicomte d'Ouchy , maréchal de France , chevalier des ordres du Roi » gouverneur des trois évêchés , etc. , servit avec distinction dans toutes les guerres du règne de Louis XY. Il fut blessé à la bataille de Guastalla : il se trouva à la prise de Prague , et à la fameuse retraite dentelle fut suivie. En Alsace > en Flandre , il se signala partout où l'on combattit. Ce fut lui qui fut chargé de porter au Roi la nouvelle de la victoire de Raucoux. La guerre de sept ans ouvrit une nouvelle carrière à aet talens. Il contribua au succès de la journée d'Hastenbeck. Il prit Munster , après une vive résistance de la part de la garnison qui resta prisonnière. Deux mois après » il en fit lever le siège à l'ennemi. Il ravitailla la place menacée d'un second siège, en présence de ce même ennemi qu'il fit reculer. La fortune se lassa enfin de le servir. L'ennemi revenu une troisième fois à la charge^ se retrancha si bien qu'il ne put être délogé que de deux postes , et que Gonflans ne parvint qu'à procurer une capitulation honorable à la garnison. Né en 171 1 ; mort en 1774* Armentières.

16. Abnoul , fils naturel du roi Lothaireet archevêque de Reims , a joué un grand rôle dans la révolution qui a détrôné les Garlovingiens. ^eveu de Charles de France , il avait du épouser chaudement son parti ; il l'avait rendu maître des deux villes de Laon et de

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B«iDs. Hugues Capet, qui ne lui pardonnait pas les services reodus à Charles , fit prononcer sa déposition dans un concile , et l'enferma dans la même prison que son oncle, Gerbert , sur qui Arnoul avait emporté rarcbevêché de Reims , pouvait .devenu Pape , Taban^ donner à son triste sort. Mais- il- est si fadie , et en même temps si beau de se montrer généreux dans U prospérité , qu'une ame élevée iie manque guère de se procurer cette jouissance. Sylvestre II oublia les grie6 de Gerbert , et il exigea que son ancien compétiteur fut rendu à la liberté et à ses fonctions. Des mœurs douces et des qualités aimables-fàisaîent chérir Arnoul; elles finirent par le mettre en faveur auprès du roi Robert, qui lui conféra la dignité de ehancelier. Il est prouvé, par un titre de iei'9> que «'était Arnoul qui alors enétait revêtu. Mort en losS. Laon^

17. Arnoul (S.) évëque de Soissons. Les vertus épiseopales ne sont pas sa seule recommandation auprès de la postérité. Il y joignait les talens d'un négociateur habile. Deux fois il alla en Flandre rétablir la paix entre le comte et les barons , une première comme envoyé du Pape , une seconde à la prière de la noblessed'Astembouig oii il avait fondé une abbaye. Mort en 1087. Soisttmi-

18. AutouL de Laon , est cité par ses eonten^raiiM comme un des eavans les plus renommés dans U'p Sophie divine et humaine. 11 fut un des fondateurs t la secte des Nominaux. Il vivait en 1087.

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19. Atbby (Jean-François), docteur de Sorbonne , abbé de Moncetet prieur de Saint-Martin de Laon. Il fut Mvant biblit^raphe et l'un des derniers ornemens de l'ordre de Prémontré. Sa libéralité envers les paurres, lea encouragemens qu'il |M«diguait aux artistes et aux meilleurs ouvriers du pays , une magnifique bibliothè- ' qne ourerte par lui au public . et qu'il ne cessa d'enrichir de livres rares et de superbes éditions , tels sont les bienfaits qui le firent honorer et chérir de son vivant , et qui doivent perpétuer sa mémoire dans une ville dont il gouverna trente années la plus opulente maison religieuse. On lui doit la balustradequi orne aujourd'hui la bibliothèque communale do Laon. Hort en 1787 , Igé de 68 ans. Laon,

ao. Atrt (Richard d') ou de Lattre, parent du roi de Navarre , peut être parce qu'il appartenait à la femille des comtes de Soissons, où il naquit, fut élu , en i363 , abbé de Saint-Germain-des-Frés. Son gouvernement ne fût pas moins remarquable par sa sagesse que par sa durée. Il releva son église tombée en ruine : et secondant les dispositions de Cbarles V, pour la sûreté de Buris , il fortiGa sa maison d'une enceinte de nouvelles murailles , de tours et de fossés. Mort en 1387. • Soiitongt

SI. AvBUT (Adam), seigneur de Lislet, alla servir de

son épée le^ ennemis de la Hollande , s'éleva , par ses talens et sa valeur, au grade do lieutenant-général dans le» armées de l'archiduc Albert, et perdit la vie à U bataille de Meuport, le 3 juillet 1680. LUtet.

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82. AuBERT (Jean) , abbède Samt-Remi de Sens , et conseiller interprête du Roi pour la langue grecque* Ce savant helléniste a ouvert la carrière aux doctes éditeurs des pères de l'Eglise. On lui doit une bonne édition et une traduction latine non moins estimée de S. Cyrille d'Alexandrie : une partie de la ^traduction de S. Ephrem est aussi de lui. Mort en i65o. Laoru

23. AuBRY duBoschet (Charles-Louis), se fit connaître comme un profond calculateur par plusieurs ouvrages sur les mathématiques , sur les terriers , sur les nouveaux poids et mesures. Il avait ouvert Un cours public de calcul sur le système décimal. Membre de l'assemblée constituante , il eut beaucoup de part à la nouveUe division du royaume , et publia quelques écrits remarquables sur cette matière importante. L'amour du lieu natal le portait alors à soutenir que La Ferté- Milon devait être chef-lieu d'un département» et tout au

moins d'un district. Quelle dût être sa douleur» quand il le vit déchu au point de n'être pas même chef-lieu de canton I Né en 1746 ; mort en 1820.

La Fêrté-Milofu 24* AvESNES (Jacques d') , sire de Guise» a été comparé à Nestor pour la prudence » à Achille pour la bravoure» à Régulus pour la fidélité à ses engagemens. C'est par lui que Philippe- Auguste obtint la cession du comté de Yermandois. Il était un des plus illustres capitaines de la croisade de 1190. Il fut tué h la bataille d'Antipatride » en 1 igi » après des prodiges de valeur.. Guise*

niSTOKlQUE.

s5. Babeuf ( Frapçoîs,-Noël ) , jourDaliste. Que le plus fougueux des démagogues ait été constamment en guerre avec les Jacobins, c'est ce qu! peut paraître incroyable; et c'est le double rôle que joua BabeuC Il passe pour le créateur de la dénomination de terroritte. Il osa, dans te-Tribun du peuple, àédamer violemment contre la tyrannie directoriale; etle Directoire le fit condamner à mort comme conspirateur. Il avait publié , en 1790 , avec un autre écrivain , un ouvn^ intitulé Cadastre perpétuel. Né en 1764; mort en 1797. Saint-Quentin.

s6. Ballard (Antoine], général de division et maire de Guise> II s'éleva par sa bravoure ; il se retira sans fortune. 11 avait été fait ' colonel sur le champ de bataille de Jemmapes. Les évènemens de Véronne , d'avril 1797 . ont rendu son nom historique. Né en 1761 ; mort en iSss. Cuite.

97. Bab (Robert de ) était l'un des ministres e généraux de Charles VI , qui érigea pour lui le c de Marie. Il perdit la vie , en 1 4 1 5 , à (a bat d'AzÎDCOurt , ob il commandait l'arrlÈre-gardc. Mai

a8. Bakibelehi de Bourgogne, dit di', Vi pins illustres évêques de Laon , et BiÈclo. Mort vers Ii58.

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29. Baudouin, d'abord apocrisiaire ou archi-chapelam sous le règne de Robert , devint ensuite chancelier de France. Ses propriétés étaient Voisines de Saint- Quentin. Il en détacha la terre de Senercy, pour la donner à Tabbaye de Saint-Pri:c. Mort rers io8o.

Le Vermandois.

So. Bazoghes (Gervais de) , de Tillustre maison de Châtillomr sur - Marne , fut de la première croisade ; et sa râleur le fit choisir pour prince de Galilée, entre plusieurs illustres prétendans , comme le plus capable de défendre ce petit état contre leâ Sarrasins. Après avoir remporté sur eux des victoires signalées» il eût le malheur de tomber dans une embuscade. Ils rejetèrent toutes les offres qu'on fit pour sa rançon , et le massacrèrent inhumainement. Mort en 1117. 'Bazoches.

3 1. Bazoches (Gérard de), évêque de Noyon, était de la même famille que le précédent. Un trait suffira pour faire apprécier son caractère. En 1222, les échevint de Noyon firent emprisonner un serviteur du chapitre. Il est permis de croire qu'ils en eurent un motif plausible, puisque les écrivains favorables au chapitre n'ont pas jugé à propos de le faire connaître. Grand bruit au sujet de cet acte d'autorité. Les chanoines crient à la violation dç leurs privilèges : ils frappent d'excommunication les officiers municipaux : ils lancent un interdit sur la ville. Chacun prend parti au gré de ses affections et de ses intérêts i et le trouble est au comble. Gérard verra-t-il d'un œil tranquille cette lutte scandaleuse? Non : il va se montrer le digne successeur du généreux Baudry , de qui les habitansde Noyon avaient

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reçu leur charte, plus d'un^siède auparavant, ns'éiance au milieu dés combattans. Aux accens de sa voix pastorale y les passions se taisent : les esprits se calment* La liberté est rendue au captif; et le chapitre consent à révoquer ses anathèmes. Gérard ne jouit pas longtemps du fruit de son zèle. Au bout de quelques mois, sur un prétexte quelconque , frivole apparemment , puisqu'on Ta encore dissimulé » le chapitre rompit le traité de paix: il revint contre un accommodement qui ne le vengait pas ; et TafTaire fut portée devant Tavchevêque de Reims et les évêques de Beauvais et de Senlis , qui rendirent leur sentence en issS. Une transaction librement consentie fut toujours regardée comme irrévocable : les trois pontifes méconnurent ce principe. Ils imposèrent à la Commune une grosse amende , et condamnèrent ses officiers à des réparations humiliantes. Ce n'est pas ainsi que le sage Gérard s'y prenait pour faire aimer le ministère évangélique. Un moyen de faire ressortir le mérite d'une action dont la générosité plaît , consiste à lui en opposer une autre dont le spectacle aiOige. Gérard avait un frère^évêque comme lui , et que je m'abstiens de désigner autrement. Je lis dans le Gallia Christiana que ce frère assista, en 1239, au supplice de cent quatre-vingts Bulgares condamnés à être brûlés vife. Et puisque j'en retrouve ici Tocassion , je citerai , comme une nouvelle preuve de la rigueur atroce qu'on exerçait dani le pays contre les hérétiques et les soi-disant sorciers^ un fait dont j'acquiers en ce moment la connaissance. Sous la minorité de Louis XIII , à ce qu'il parait , on fit périr dans les flammes , une prétendue magicienne ,

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pour avoir tenlé, à Faide d'un crapaud baptisé j d*ôter la vie h un fermier , contre qui son propriétaire , habitant de Soissons , venait de perdre un procès. Gérard mourut 9 jeune encore , en 1228. Bazoches*

32. Beauhont (Jean-Louis-Ghrétien Carrière» baron de) 9 général de division^. Né pour la guerre Jl ae put être détourné de sa vociation par un respectable magistrat » son oncle et son tuteur » sous les yeux duquel il fut élevé. L'Egypte » la Syrie , Flrlande » et toutes les contres de l'Europe , où nos armes pénétrèrent , fiirent tour-à-tour le théâtre de sa bravoure. Citons deux ou trois exemples de ce qu'il fit à la tête d'une brigade. En 1807 9 il culbuta un corps de dix mille hommes qui marchait de Pillau sur Dantzick. En 1808 » il mit en déroute la droite de l'ennemi à Medellin , et lui fit six mille prisonniers. En î8og, il remporta un avantage non moins signalé sur une forte avant-garde en avant d'Alcabon. Il avait été fait chef d'escadr,on sur le champ de bataille d'Aboukir » et colonel sur. celui de Marengo. Gros a fait de ce preux une des principales figures de son beau tableau de la bataille d'Aboukir. Beaumont succomba aux fatigues de la dernière camr pagne de Saxe. Né en 1771 ; mort en i8i3.

Beaumont-enSeins.

33. Beffroy (Louis-Etienne), fut officier d'infanterie ,. administrateur du département de l'Aisne , membre de la Convention et du Conseil des cinq cents, administrateur de l'hôpital militaire de Saint-Denis , avocat au tribunal de Laon, et chef d'institution à Liège. Dans le long séjour qu'il fit ^ la campagne , il 0'était

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livré à des occupations agricoles , et il serait injuste de passer sous silence les preuves qu'il donna de ses connaissances agronomiques , d'autant plus qu'elles résultent d'expériences faites dans le Laonnois. La société d'agriculture de Laon ayant proposé des questions sur la culture de la vigne , po^r sujets des prix qu'elle devait décerner en 1788 et 1789 , Beffroy fut déclaré vainqueur dans les deux concours. Il a depuis

fait imprimer des Observations sur la culture de la vigne et sur l'art de faire te vin. Né en 1754» <K)rt en i825. Laon.

54« Beffbotde Régnt (Louis- Abel), dit le Cousin- Jacques , frère du précédent. Poète , prosateur et musicien , le sobriquet sous lequel il se fit connaître , dit assez quelle espèce de réputation il ambitionna. Il l'obtint par une foule de productions , qui coulent toujours d'une plume facile , et brillent souvent d'une gaieté originale. Leur vogue cessa , ^uand les évènemens pol* tiques ne permirent plus de goûter les jeux d'une imagination folâtre. On a quelquefois expliqué par là l'éloignement du Cousin-Jacques pour les idées nouvelles. Il vaut mieux croire qu'il lui fut inspiré par les excès qu'il avait prévus et dont il fut témoin. Né en 1757; mort en 1811. Laon,

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