Begxt (Jean
cine et accoucheur , de
chmurgîe de Péterabo
la maison du Roi , el
employé successivemenl
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d'Allemagne et du roi d'Angleterre ; il finit par se fixer à Pétersbourg. Il y publia , en 1809, le Nouveau Guide des mères ; et, en 1810, un Traité complet d' accouchement , et de muladies des fem,m>es et des enfans ; ce dernier ouvrage est écrit en français et en russe. Né en 1771; mort en 181 3. LiervaL
36. Bendier (Claude), docteur de Sorbonne et chanoine de Saint-Quentin , est auteur d'une rie de Saint- Quentin , et d'une Défense des principales prérogatives de sa ville natale. Mort en 1697. Saint-Quentin^
37. Benezet (Antoine), célèbre philantrope, vit le jour dans la même ville que le fougueux Babeuf. Né d'un religionnaire réfugié , qui l'emmena d'abord à Londres et ensuite à Philadelphie , il embrassa les principes des Quakers; et il devint un des premiers et des plus ardens défenseurs de la liberté des Noirs. Il publia en leur faveur divers ouvrages , dont un était, en 1788, à sa quatrième édition. C'est par ses soins que fut fondée , pour leur instruction , à Philadelphie, une école à laquelle il sacrifia sa santé et sa fortune : il lui légua le peu de biens qu'il a laissés. Lorsque dans la guerre de 1756, le gouvernement britannique déporta, de l'Acadie dans la Pensylvanie , un grand nombre de* familles françaises , elles trouvèrent dans leur compatriote un protecteur zélé ; et grâce à la chaleur de ses sollicitations , il se forma , pour les secourir , une contribution volontaire dont il fut nommé l'agent. Ses obsèques furent honorées d'un grand concours de personnes de tous les rangs et de tous les partis. Un
oi&cier de l'armée américaine y dit publiquement : 9 j'aimerais mieux être Benezet dans ce cercueil , que » Washington avec toute sa gloire. » Né en 1 7 1 5 ; mort en 1784. Samt-Quentin,
38. Bernard ou Bernered, d'abord religieux de St- Crépin- le -Grand, en devint abbé vers 1164. On le voit figurer y comme arbitre , dans les grandes affaires de son temps. Il gouverna le diocèse de Soissons pendant l'absence de Hugues de Ghampfleuri. Les princes le consultaient; et les peuples , quand il paraissait en public 9 se pressaient sur son passage. Au milieu de tant d'honneurs , sa simplicité ne se démentit jamais : il n'était pleinement heureux , que lorsqu'il pouvait passer quelques jours dans la solitude d'une chartreuse. Désigné par un Jégat , comme l'un des membres du clergé de France les plus dignes de la pourpre romaine , il en fut décoré au concile de Latran de 1179 , par Alexandre III; et il venait d'être nommé évéque de Trieste, quand il parvint au terme de sa carrière. Il est révéré comme saint. Mort en 1181. Soissons.
39. Bernard de Laon , l'un des habiles docteurs de son temps , fut d'abord abbé de Foigny. Son mérite le fit appeler ensuite à la dignité d'^bé de Glairvaux et dégénérai des Bernardins. Mort en i358. Laon,
40. Berthe ou Bertrade , reine de France , fille d'un comte de Laon , dût sans doute à des qualités brillantes son union avec Pépin; et peut-être faut-il expliquerleur mésintelligence par l'élévation de son caractère.
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Ce qui est certain , c'est qu'elle avait beaucoup d'ascendant sur ses deux fils ; qu'elle en usait , pour étouffer leurs différends ; et qu'elle fut toujours très-consîdérée de Charlemagne, quoiqu'elle eut improuvé son divorce avec Ermangarde. Voil^ de grands préjugés en faveur de cette princesse. Morte en 783. Laon.
41 • Berthelemi (Jean-Simon), peintre d'histoire distingué : il excellait dans le genre du plafond. Il était le seul peintre de cette commission qui , non sans courir de grands dangers , avait rapporté d'Italie en France tant de chefs-d'œuvre des arts , dont la perte fiit la * violation d'un traité solennel. Né en 1 743 ; mort en vi 8 1 1 . Laon.
42. Bertille (Sainte). Lorsque, vev& 766, la reine B^thilde fonda le monastère de Ghelles , elle eut à
' 4:)œur que, dès sa naissance , cette maison brillât d'un ^ lustre qui y fit accourir en foule les viciées animées du désir de se consacrer à Dieu, Le succès dépendait du choix de la première abbesse. Elle jeta les yeux sur Bertille , jeune religieuse d'une famille considérable des environs de Soissons. Son espoir ne fut pas trompé. Bertille, qui gouverna Ghelles, pendant près de cinquante sgis , y fut le modèle de toutes les vertus , dont ses leçons enseignaient la pratique ; et elle vit la pieuse Bathilde elle-même se ranger sous sa direction. Morte en 702 ou 704. Le Solssannais»
43. Bertrand de Laon. Ses talens militaires lui procurèrent , en Espagne , avec un comté, la main d'une
des filles d'Alphonse le Batailleur , roi d'Arragon, Il partagea la mauvaise fortune de ce prince 5 la bataille de Fraga , où il perdit la vie en 1 1 34* Laor{,
44* Besitis(L.), chevalier romain, remplit de grands emplois dans la Gaule , à la satisfaction générale. Les trois provinces gauloises honorèrent sa mémoire , par un monument dont Tinscription a été recueillie par Gruter. Le Fermandois.
45. Beuvelët (Matthieu), prêtre de la communauté de Saint-Nicolas du Chardonnet. Il se distingua par le lalent de la parole dans les conférences publiques qu'il fit à Paris , et par les ouvrages solides qu'il composa pour Hnstruction des ecclésiastiques. Quelques-uns ont eu plusieurs éditions et ont été traduits dans plusieurs langues» Né en n 624 ; mort en odeur de sainteté en i656. Marie,
46. Bezons (Jacques Bazin de) , maréchal de France , ehevalier.des ordres du Roi , gouverneur de Cambrai , etc. , était fils d'un intendant de Soissons. Cherchant des périls et de la gloire dans une autre carrière que eelle de ses pères , il alla faire ses premières armes en Portugal et dans l'expédition avantureuse de Candie. Le règne de Louis XIV ouvrit à son zèle belliqueux un vaste champ , où il ne nous est pas permis de le suivre. Bornons nous donc à dire qu'à Steinkerque et à Nerwinde il commandait des corps de réserve qui firent des merveilles; qu'en 1702, Vendôme lui donna le commandement de Mantcoie , et mit sous ses ordres
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rarmée du bas Pô ; qu'en 1707, il seconda le maréchal de Tessé à l'affaire de Sainte-Catherine et à la levée du siège de Toulon ; qu'en 1710, il contribua puissamment , sous les ordres du duc d'Orléans , à la prise de Tortose; qu'il arrosa de son sang la plaine de Senef et les bords de la Secchia , et qu'en 1716 la prise de Landau fut son dernier exploit. Il avait reçu le bâton de maréchal en 170g. Il fut du conseil de régence sous la minorité de Louis XV, et mourut en 1733, comblé d'honneurs et d'années. Soissons.
47. BiET (René), abbé régulier de Saint-Léger de Soissons. On a de lui une savante Dissertation sur la véritable époque de l'établissement fixe des Francs dans les Gaules , et l'Eloge du maréchal d'Estrées (Victor-Marie). Il n'est point vrai que le maréchal vécut encore , quand ce tribut lui fut payé dans l'académie de Soissons dont il était protecteur. Il avait cessé de vivre en décembre 1737 ; et l'éloge est de 1738. Biet mourut en 1767. Soissons,
48. BiLLY (Jacques Prunay de) , abbé de St-Michelen-Lermeji Savant dans le grec et l'hébreux , il s'est fait un nom par des traductions latines de plusieurs pères Grecs. Né en i535; mort en i58i, Billy-sur-Ourcq.
49. BiLLY (Jean Prunay de), frère du précédent, et son successeur dans son abbaye , est auteur d'une histoire des sectes et hérésies , et de quelques traductions. Mort en i585. Bilfy-sur^Ourcq.
mSTORlQUE. .191
5o. BiLLY (Geoffroy Pnmay de), frère (lesprécédens, évêque de Laon. Savant comme ses frères , et traducteur de quelques ouvrages de dévotion, il est plusconnu par le rôle qu'il a joué dans les troubles de la lîgue. Il était alors abbé de Saint-Vincent de Laon, où la sainte union n'avait pas de plus ardent promoteur. Il ne s'occupait d'ailleurs que d'augmenter son temporel par toutes les voies imaginables , réduisant ses moines à plaider contre lui , pour arracher de modiques pensions , et leur donnant l'exemple du mépris de la régularité. Il fut condamné par arrêt à rétablir solennellement , au bruit des cloches et aa son de l'orgue , un prieur claustral qu'il avait chassé de la maison. Tel était le malheur des temps , que , pour récompenser la défection d'un tel homnle , Henri IV crut devoir le nommer à l'évéché de la ville qu'il avait scandalisée par ses écarts. Il est juste d'ajouter qu'on ne dit point que sa conduite ultérieure ait déshonoré l'épiscopat. Mort en 1615. Billy-sur-Ourcq.
. 5i. Bléviixe (N...) , peintre sur verre, s'acquit beaucoup de réputation , dans un temps où les bons peintres étaient encore rares en France. Il vivait dans le seizième siècle. Saint-Quentin..
52. Blois-Chàtillon (Charles de) , comte de Guise.. Célèbre et malheureux concurrent de Jean de Montfort pour le duché de Bretagne, il joignit à un grand courage , des mœurs douces et une piété sincère. Ses droits étaient les meilleurs ; et Jeanne de Bretagne , sa femme , ne le cédait à aucune des héroïnes qui paru-
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reni à cette époque sur la scène du monde. Ce sont rarement les plus dignes que l'aveugle fortuae favorise. Mort en i564. Guise.
55. Blondel (François) , conseiller d'état, maréchalde-camp , professeur royal d'architecture, est auteur de plusieurs ouvrages estimés , parmi lesquels il faut distinguer son excellent Cours d'architecture. Nul n'avait plus de droit que lui de traiter les règles de cet art. Son magnifique arc de triomphe , appelé la Porte de Saint-Denis, le place au nombre des plus grands architectes. Il y avait préludé par la restauration des portes Saint-Antoine et Saint-Bernard. Il fut employé à des négociations importantes* Il fut choisi pour enseigner au Dauphin , fils de Louis XIV , les belles lettres et les mathématiques. Il exerça d'une manière distinguée plusieurs emplois militaires, tant sur terre que sur mer ; et l'art de la guerre dut quelques perfectionnemens à ses inventions et à ses écrits. Les artistes lui ont quelquefois donné le surnom de grand. Né en 1617 ; mort en 1686. ' Ribenwnt.
54. Blondel (Benoît), lieutenant d'infanterie. L'héroïsme n'est point l'apanage exclusif des grades supérieurs. Le 2^msii 1796 , Blondel défendait avec un faible détachement une redoute attaquée par les Autrichiens , et il avait déjà perdu beaucoup de monde : «qui m'aime » me suive , dit-il; à la bayonnette ; il n'est rien de » tel pour faire trembler ces gens-là » . A ces mots , il s'élance sur le parapet , franchit le fossé , et se précipite avec sa troupe sur l'ennemi qi^ se retire dans
le plus grand désordre. Atteint de plusieurs balles , l'intrépide Blondel expire peu d'instans après. fVitge.
55. BoBON y fils de Mommolin et qualifié de duc , était un des principaux ministres de Ghtlpéric , roi de Soissons. On le voit» en 5S4 » à la tête d'une ambassade chargée de conduire en Espagne Rigonthc , fille de ce prince , laquelle était destinée pour épouse au roi Kécarède. Soissons.
5& BosECiisiLE» frère du précédent ^ jouissait , comme leur père y de la confiance de Cbildebert , roi d'Austrasie> et fut revêtu par lui d'emplois importans. Envoyé en ambassade à Constantinople , il se vit dans l'obligation de relâcher à Carihage ; et il y fut tué dans une émeute qu'il s'efforçait d'appaiser. Mort en 590.
SoUsons.
57. BomN (Jean), conseiller de François» fils de France et duc d'Anjou , secrétaire de ses commandemens » maître des requêtes de son hôtel et son grand maître des eaux et forêts » puis procureur du roi du présidial de Laon. Grand publiciste , il est considécé , dans son livre de la République, comme le précurseur de Montesquieu. Grand orateur » sa mâle éloquence en fit l'oracle des premiers états de Blois. Ceux qui désirent de plus amples détails sur la vie et les ouvrages de cet homme c^èbre , peuvent consulter l'histoire de Laon » et ma notice historique publiée dans le magasin Encyclopédique de Fan 9. Né en i53o; mort en 1596.
Laon.
58. BoNNAiRE ( Jean-Gérard ) , maréchal-de-canip. Entré au service dans un bataiUon de volontaires en 1 79a , il s*éleva par son courage et ses faits d'armes au grade d'officier général. Il n'était que colonel , lorsque , vivement attaqué le 5o décembre iSio^ au pont d'Albadoy par le général portugais Silveyra , il le battit complètement. Il se signala depuis au siège de Bayonne où il fut grièvement blessé.. Né en 1771 ; mort en i8i6. Corcy.
59. BouGHAVANNE (Antoine de Baycucourt de), Tundes chefs du parti calviniste en Picardie. L'histoire le cite parmi les principaux officiers de l'armée de Gondé à la bataille de Saint-Denis, et comme l'un des deux auteurs de la surprise de Soissons en 1567. Il était seigneur de Quiney.
60. Bourbier (Pierre-Louis-André) , colonel de dragons, marchait à grands pas vers les premiers honneurs militaires , lorsqu'il fut moissonné à la fleur de Tâge dans les champs d'Eylau. Il y avait déployé une valeur brillante , et quand il expira , il venait d'en recevoir le prix , par sa nomination à un régiment de la garde. Le gage des plus belles espérances ne servit qu'à orner un tombeau. Né en 1774 ; mort en 1807. Marie.
61. Bourbon (Louis de), cardinal, évêque deLaon» On a dit de lui (c'est un anglais qui parle) que ses vertus l'auraient fait remarquer, même dans la condition la plusobscure. Né en 1490; mort en 1557. ' LaFère.
HISTOUIQUE. 195
62. Bourbon (Antoine de), roi de Navarre. Vaillant, comme son fils , il mourut d'une blessure reçue au champ d'honneur. Né en i5 18; mort en iSGa. ]aa Fève.
63. Bourbon (Charles de) , cardinal , homme simple, dont l'histoire ne peut taire le nom , à cause de son vain titre de roi de la ligue , qu'il n'avait pas brigué. Mort en 1 694. Ld Fère,
64* Bourbon (Charles de) , fils du premier prince de Condé , cardinal et archevêque de Rouen. Avant les seconds états de Blois , il fut fait chef des -conseils du Roi. Il s'en montra digne par son attachement à la bonne cause. Mais après la mort d'Henri III , l'ambition lui ayant tourné la tête, il avait formé un tiers parti catholique , pour se faire déclarer Roi. Il eut été singulier de voir à la fois deux cardinaux , chacun pour son propre compte , disputer le trône à l'héritier légitime. La conversion de Henri IV fît évanouir le projet de celui dont il s'agit ici , et qu'il ne faut pas confondre avec son oncle le roi de la ligue. Pour Ten distinguer , on le nommait le cardinal de Vendôme. Il aima les lettres, et fut lié particulièrement avec l'historien de Thou , qui lui a «dressé une belle ode latine sur les malheurs de la JPrance. Né en i562; mort en i594« Gandelu,
65. Bourbon (Marie de), sœur du roi de. Navarre, était destinée à embellir un trône. Le sort lui envia cet honneur. Elle fut moissonnée dans sa fleup, après avoir été accordée à Jacques V , roi d'Ecosse. Née en i5i5; morte en i558. • La F ère.
66. Bourbon (Louise de) , sœur du cardinal Louis , fut d'abord abbesse d'Orîgny , et ensuite de Fontevrault. Elle gouverna sagement cette dernière maison pendant plus de quarante ans , et réforma douze monastères de son ordre. Née en i495; morte en iSjS. La Fére,
67. BouRNONYiLLB (Enguerrand de) , l'un des guerriers les plus distingués du parti Bourguignon , et un des cavaliers les plus accomplis de son temps. Il commandait dans Soissons , quand Charles YI prit cette yUle en 14^4» ^^ sa mort fut jugée nécessaire pour faire rentrer les rebelles dans le devoir. Son corps reçut la sépulture à Marie , où il avait apparemment son domicile , et où il possédait une partie du territoire sous le titre de fief de Bournonville. Marie,
68. BouTEiuusR (Jean) , conseiller au parlement de Paris» La Somme rurale, ou le grand Coustum,ier général de pratique civil et canon, qu'il écrivait en i52 2 , eftt un livre doublement précieux. Comme ouvrage de jurisprudence 9 il fait connaître les plus anciennes règles de notre droit coutumîer. Comme traité de procédure» c'est le premier monument de la forme de procéder dans les tribunaux de France. Le Fepmundois^
6g. Brat (Guillaume de) , cardinal , était doyen de la cathédrale de Laon , lorsqu' Urbain lY » voulant honorer cette église » le fit entrer dans le sacré collège. Yersé dans toutes les sciences qu'on cultivait de son temps , il avait soutenu dignement la réputation de l'école fondée par lA Anselme et les Raoul. On dit
qu'il assista à l'élection de -sept papes. Il ne mourût donc qu'après 1281 , sous le pontificat de Martin IV.
Laon.
70. Breyal (Jean-BaptIste-Sébastien) , l'un des plus habiles violoncellistes de son temps , obtint de grands succès au concert spirituel , par la justesse et la qualité du son |.Ie fini et la grâce de l'exécution. Il existait peu de musicpie élémentaire et concertante » quand il lui consacra ses compositions nombreuses. Elles furent Techerchées de tous les amateurs. Le feu roi dfe Prusse lui en témoigna sa satisfaction , par une lettre que sa famille conserve. Il habita le département les dix dernières années de sa vie. Né en 1764; mort en iSsS.
CoUigis.
71. Brulart (Gilles), seigneur deGenlis ,^tait , en 1609, secrétaire d'état en survivance de Pierre, son père. Genlis.
72. BuRiDAN (Jean-Baptiste), commentateur des coutumes du Vermandois. Mort en 1 655.. Guise.
73. Bussy-Castelnau (Charles-Joseph Pâtissier, marquis de) , lieutenant-général des armées. Il commanda en chef les forces de terre et de mer , au-delà du Cap deBonne-l^spérance; et il obtint dans l'Inde de brillans succès. La France accueillit , par d'unanimes acclamations, l'arrêt du 3 août 1767, qui jugea en sa faveur le procès que lui fit essuyer la compagnie des Indes. Né en 1718; mort en 178$. Anctenville.
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74. Caignart de Marcy {Paul-Henri) , conseiller au bailliage de Saint-Quentin » se rendit recômmandable par Tutilité de ses vues et par de grands sacrifices dont il ne recueillit pas le fruit. C'est lui qui a commencé le canal de jonction de la Somme avec l'Oise , auquel un homme puissant donna son nom après l'avoir forcé de lui en céder l'entreprise. C'est aussi lui qui conçut la première idée et rédigea le premier projet d'un canal de jonction de la Somme à l'Escaut. Mort vers 1760»
Saint-Quentin,
75. Cambronne (Jean-Paul Le Marchants , de) lieutenant-colonel d'infanterie , chevalier de S. Louis. On jugera d^a valeur de cet officier par sa conduite à la bataille d'Oudenarde. Il mena trois fois à la charge le bataillon qu'il commandait. Il tua de sa main quatre hommes qui s'attachaient à lui. Il arracha , avec la vie , un drapeau français à un officier allemand , et le défendit ensuite contre une troupe d'Anglais , de manière à se faire admirer du duc de Vendôme. Louis XIV, à qui ce général fit l'éloge du brave Cambronne , témoigna le désir de le voir. Mort vers 1720. Laon.
76. Cardon (Jean) dit de Craonne et non de Craon , habile canoniste« Il signala son zèle pour l'extinction du schisme d'occident, en allant , en iSgG , notifier à Benoît XIII , dans Avignon , comme procureur de l'université de Paris, un appel au futur concile des censures de ce pape Jrrîté de ce qu'elle opinait pour la cession. Craonne.
HISTORIQUE. l'99
77. Carlier (Jean) , facteur d'orgues. Cet artiste à beaucoup perfectionné Hnstrument magnifique sur lequel il exerça son talent. Il en a laissé une belle preuve par la construction de l'orgue de Saint-Denis. Il vivait dans le seizième siècle. Laon.
78. Gàuchon de Mavpas (Claude) y de la même famille que le Pierre Cauchon qui condamna Jeanne d'Arc » mériterait par sa fidélité, s'il étaî| plus connu, d'effacer la tache que ce trop fameux évêque de Beauvais a faite à leur nom. Il était abbé de Saint>Jean de Laon pendant les troubles de la ligue ; et , sans se laisser ébranler par l'exemple du clergé de cette ville , il maintint ses religieux dans l'obéissance au roi légitime. Il se retira avec eux au village de Crandelain , et, en 1691 , il j soutint un siège contre les ligueurs qui le réduisirent à capituler , et exigèrent une somme considérable qu*il fallut (layer comptant. Mort en i5g8. Laon.
79, Caulaincourt (Jean de) , l'un des guerriers qui se signalèrent à la défense de Saint^Quentin , en 1 557» De belles franchises lui furent accordées , pour lui et les siens , en récompense de sa conduite , par lettres patentes du 19 novembre ihb'j* CaulaincourU
80* Caulaincourt ( Jean-Gabriel- A-uguste de), général de cavalerie distingué , servit avec éclat en Allemagne, en Italie , en Espagne , en Portugal. Il se couvrit de gloire au passage du Tàge en 1809 ; et il trouva une mort honorable à la bataille de la Moskwa , en enfon*çant les bataillons russes , à la tête de sa division. Né en 1777; mort en 1812. CaulaincourU
81. CfissikHES (Jean de)> remplissait avec distinction, sur la fin du quatorzième' siècle , la charge d'avocat général au parlement de Paris. * Cessières.
Sa.ClHAHf EAUX (Guillaume de) ,évêque deLaon, tenait un rang distingué dans le conseil du Roi , et fut chargé de négociations importantes.. Mort en 1 444* LMon.
85. Ghamfeaux (Gérard Lévesque de ), seigneur de Verneuii-sous-Couci et d'Orinville , habile diplomate. Rien de plus connu que le triumvirat littéraire des trois frères Burfgny, Pouillyet Ghampeaux. Logés ensemble dans leur jeunesse , ils consacrèrent quarante millcécus à se composer une bibliothèque , et ils embrassèrent avec toute l'ardeur de leur âge l'universalité des connaissances humaines. Leur zèle fut secondé par plusieurs savans qui se réunissaient chez eux , et du nombre desquels étaient Fontenelle , Le Gourayer, Tournemîne et Longjuerue. Ghampeaux savait le grec, l'hébreu, l'arabe : les principales langues de l'Europe luiétaientfamilières; et chez lui l'érudition se cachait sous les dehors d'un esprit aimable et d'une élégante urbanité. Il n'en fallait pas tant pour briller dans la diplomatie à laquelle il se voua : il s'y fit un nom historique 4ans des postes que dédaignaient les hoînmes de cour. La France, en 1 746 , avait intérêt de détacher de Marie-Thérèse , le roi de Sardaigne , Gharles-Emmanuel. Ghampeaux était alors résidant de Franc^ à Genève; il négocia avec un plénipotentiaire piémontais; et il le fit avec tant de succès , que des préliminaires avantageux à son pays furent arrêtés pour servir de base à une paix défi-
IIlSTORIQtTE. 201
nitive. Cette convention devait être ratifiée d^ins un bref délai. Le ministre d*Argen$on crut qu'il n'était point de la dignité d'un grand Monarque de se piquer d'exactitude avec un petit souverain dépouillé d'une partie de ses états. La ratification étant arrivée cinq jours trop tard , celui qui l'apportait reçut pour réponse que toute négociation était rompue. D'Argenson fut renvoyé : mais la France ne recouvra point l'utile allié que lui avaient ménagé les talens de Champeaux. On reconnut ses services par un passe-droit qu'il eut la noble fierté de ne pas supporter. Il se démit de la place de ministre plénipotentiaire près les princes et états du cercle de la basse Saxe : et il vint vivre en philosophe dans sa terre de Verneuil. Un dernier trait achèvera de le peindre. Il avait été lié avec Voltaire , et il n'avait point hésité à rompre avec lui , quand son ami Fontenelle eut à se plaindre des traits satyriques du grand poète. Né la même année que ce dernier , il mourut comme lui en 1778 , à l'âge de 84 ans.
Femeu il-sous- Couci, 84. Champfleury (Hugues de), évéque de Soissons et chancelier de France. Les recueils diplomatiques contiennent des preuves nombreuses du zèle qu'il apportait aux affaires de l'état , et de la grande influence qu'il y exerçait. On voit par une lettre d'Adrien IV , qu'il avait eu la principale part au traité que conclurent , en 11 58, Louis-le-Jeune , et Henri II , roi d'Angleterre. Il eut des ennemis qui étaient parvenus à le noircir dans l'esprit de Louis-le-Jeune , et à le faire suspendre de ses fonctions de chancelier. Mais cette disgrâce ne
dura point. Mort en 1175. Soissons,
85. Cha.ntecla.ir (Claude-Narcisse de Vouges de), colonel d'artillerie, chevalier de S. Louis, officier delà Légion d'honneur > décoré de l'aigle de Cincinnatus. L'armée française lui doit son artillerie à cheval ; il en avait puisé l'idée en Prusse. Des infirmités précoces l'empêchèrent de parvenir aux premiers honneurs de son arme. Mort à l'âge de 70 ans , en 1819. Soissons,
86. Charles de France, duc de Lorraine, compétiteur de Hugues Capet. Prince plus brave qu'habile , dont la ruine mit fm , dans les murs de Laon , à la dynastie Carlovingienne. Il vivait dans le dixième siècle. Laon»
87. Charlevoix (Pierre-François-Xavier de) , jésuite, s'est acquis une juste réputation, comme missionnaire, comme voyageur et comme historien. Né en 1682; mort en 1761. Saint-Quentin.
88. Charost (Armand- Joseph de Béthune, duc de), comte de Rouci , pair de France , a vu rendre à ses vertus une justice, que rarement elles obtiennent dans des temps de discordes civiles. On admira unanimement sa philantropie généreuse ; et ceux même dont il ne partageait pas les opinions politiques , ont loué en lui le digne descendant de Sully. Voyez-vous , disait Louis XV , cet homme de si peu (V apparence : on ne se douterait pas qu'il vivifie trois de mes provinces. En visitant un hospice dont il était administrateur , Charost y prit la petite vérole qu'il craignait et qui lui fut fatale. En lui finit la succession toujours héréditaire des comtes de Rouci. Né en 1728; mort en i8oo. Rouci.
HISTORIQUE. 3o5
89. Chateau-Porcien (Gui de), évêquede Soissons. 1» Il y avoit , dit Joinville , un moult vaillant homme » en notre est qui avoit nom messire Jacques (Gui) 9 du Châtelet , évesque de Soissons , lequel , quand il » vit [que nous en revenions vers Damiette , et que » chacun s*en vouloit revenir en France, il aima mieux » demeurer avec Dieu , que de s'en retourner ou lieu 9 dont il estoit né. Et se alla fraper luy seullet dedans » les Turcs , comme s'il les eust voulu combattre tout » seul. Mais tantost l'envoyèrent à Dieu; et le misdrent » en la compagnie des martyrs. » Mort en i25o.
Soissons,
90. Chateau-Thierri (Gautier de),évêque de Paris. A l'éclat de la naissance par laquelle il appartenait aux anciens seigneurs de Chateau-Thierri , il joignit le mérite du savoir. Il était chancelier de l'église et de l'université de Paris , quand il fut élevé sur le siège épiscopal de cette ville. Mort en laSo. ChâteaurThterrû
91. Chatillon (Guide), seigneur de Fère,f3s du connétable Gaucher. Utile par sa sagesse à l'état et au Roi qui l'avait admis dans ses conseils ; il fut cher à ses vassaux par sa bienfaisance. Il dut l'être surtout aux habitans de Père, pour qui il fit disparaître les dernières traces de la main-morte. Mort en i362. Fère-^n-Tardenois.
92. Chatillon (Jean-Charles), brigadier des armées du Roi. Ce Châtillon-là , de garçon menuisier ; devint officier général. Il va sans dire , qu'il dut à de belles actions et à de rares talens , une fortune militaire , qui, pour le temps , était une espèce de prodige. Il y sem-
blait prédestiné par le beau nom qu'il tenait du hasard et par un extérieur qui ne le démentait pas. Né en 1719; mort en 1786. Crécy-sur-Serre,
93. Gh£RGH£Mont (Jean de) , trésorier de l'église de Laon, devint, d'avocat au parlement de Paris, clerc du Roi , ou secrétaire d'état , et chancelier de France. Il fut un des commissaires pour le traité de paix fait avec l'Angleterre, le 3i mai 1 525, et pour celui du 3i mars de l'année suivante. Gharles-le-Bel le nomma l'un de ses exécuteurs testamentaires. Il tint les sceaux sous les règnes de Philippe-le-Long , Gharles-le-Bel et Philippe de Valois. Mort en i328. Laon.
' g4* Chérébert ouCaribert, roi de Paris, qui était Fun des quatre fils de Clotaire L *' , et même l'aîné , suivant l'opinion commune , naquit , ainsi que ses frères , dans le temps que son père était roi de Soissons. Son règne ne fut que de quatre ans ; et comme îl n'y fit preuve que de mauvaise foi et d'incontinence, sa brièveté ne dut laisser aucuns regrets. Les trésors de son père étaient restés dans Paris ; il s'en empara et ne sut point les défendre. Ses trois frères se liguèrent contre lui , le dépouillèrent de sa capitale et d'une partie de ses états , et eurent ensuite la générosité de l'y rétablir. Quelque dissolues que fussent les mœurs de son temps , il poussa le scandale de l'impudicité plus loin qu'aucun prince de sa maison. Il rompit avec sa première femme, pour épouser la fille d'un artisan. Celle-ci avait une sœur religieuse , qu'il arracha de son cloître , pour la lui substituer; et il avait déjà remplacé
cette dernière par la fille d'un berger ; quand la mort vint interrompre le cours de ses divorces. Il ne laissa point, de fils de ses quatre mariages ; et son royaume de Paris fut partagé entre ses frères. Mert en 567.
Soissons,
95. Chevalier de Vesle (Pierre Nicolas-Ânnibal ), d'une famille qui avait donné , en i474 » un lieutenantgénéral au bailliage deVermandois , fut colonel d'infanterie , chevalier de S. Louis et lieutenant de Roi de La Mobile. Chargé d'un commandement important sur les bords du fleuve ' découvert par son compatriote Marquette , c'était à lui qu'était confié le soin de défendre la Louisianne contre les incursions des Sauvages. Il fit mieux ; il lejur fit chérir le nom français. Il ne quitta la Louisianne , que lorsqu'au grand regret de cette colonie toute française , l'Espagne en prit possession , en vertu d'un traité de novembre 1762. Ses services furent reconnus par des pensions accordées , tant à lui qu'à ses deux jeunes fils. Né vers 1705 ; mort en 1 787. Laon.
96. Chilpéric , roi de Soissons > était le plus jeune des fils de Clotaire I.®'. Il fut aussi le plus ambitieux. Aussitôt après la mort de son père » il s'était mis en possession de Paris , dont il voulait faire le siège de ses états : il en fut chassé par ses frères , et contraint de se contenter du royaume de Soissons , que le sort lui assigna. Une longue suite d'injustices , de violences et de crimes qui remplissent le cours de sa vie , l'a fait surnommer le Néron et VHérode de la France. La passion , qu'il conçut pour Frédégonde , le porta à répudier sa première femme. Une seconde , qui était sœur de Bru-
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nehaut , périt par un a^assinat , dont Frédégonde fut accusée , parce qu'elle en recueillit le fruit. De là la haine mortelle que se portèrent ces deux reines fameuses , et dont Brunehaut fut la victime. Du moment que Frédégonde partage le trône de Ghilpéric , ce prince , devenu l'Instrument d'une femme aussi méchante et plus habile que lui , ne figure plus dans l'histoire que comme un scélérat subalterne; et s'il tombe à son tour sous le fer d'un assassin , on veut que sa mort ait été commandée par Frédégonde, qui ne voulait point d'obstacle à la liaison criminelle qu'elle avait formée avec un seigneur de sa cour. On ne devinerait guère que Ghilpéric eut des prétentions littéraires , et qu'il voulut introduire quatre nouvelles lettres dans l'alpjiabet. Mort, à l'âge de quarante- cinq ans, en 584. Svissons.
97. Ghoiseul (César , duc de), pair et maréchal de France , comte du Plessis-Praslin , fds de Ferri et d'Anne de Béthune , dame d'Ostel. Le bâton de marechai de France fut le juste prix des services de ce grand homme, qui se distingua par un talent particulier pour l'attaque des places; qui fit briller sa capacité partout où il commanda; qui à la gloire d'avoir vaincu Turenne, à Rethel , joignit le mérite d'une inébranlable fidélité à ses devoirs dans les troubles civils ; dont enfin le génie n'était pas moins propre aux négociations qu'à la guerre. Né en iSgS ; mort en 1675. Ostel.
98. Ghoiseul ( Gaston-Jean-Baptiste de ) , comte d'Ostel , lieutenant-général des armées, commandant des armées de France et d'Espagne dans le duché de Man-
toue , neveu du précédent. Il se distingua, sous le règne de Louis XI Vy par une foule de faits d'armes, et fut blessé mortellement à la bataille de Cassano , lorsqu'il y combattait avec avantage , quoiqu'ayant déjà la main fracassée d'un coup de feu. Né en 1659 ; mort en 1705.
OsteL 99. Clact (Baudouin , seigneur de), vidame de Laon* Lorsqu'en 1276 , Philippe-le-Hardi perdit son flfs aîné par une mort qui passa pour l'effet du poison , et dont Marie de Braiiant , sa seconde femme , fut accusée , il se laissa persuader de recourir au devin , pour savoir ce qu'il en était. » Il y avait dans le royaume, ditMézerai,. » trois faux prophètes , le vidame de Laon , un moine » vagabond et une béguine; et La Brosse (chirurgien » et favori de Philippe) les avait embouchés , pour avan- » cer quemies discours qui pussent altérer l'affection » que le roi avait pour son épouse. » C'est la béguine que Philippe envoya consulter; et il en résulta que La Brosse fut pendu comme calomniateur. Ce trait historique fait le sujet d'une tragédie qui vient d'être mise au théâtre , sous le titre de Marie de Brabant, Belleforest , qui écrivait trois siècles plus tard , assure que le vidame s'était joint aux accusateurs de la Reine.^ Mais Guillaume de Nangis, auteur contemporain , de qui l'on tient le récit de cet événement , ne dit rien de semblable. Il se borne à peindre le vidame comme un hypocrite , qui pratiquait des maléfices , et dont l'extérieur mortifié accrédita l'opinion qu'il était favorisé d'inspirations divines. Il n'y a , dans tout cela , de cer^ tain, que la crédulité du siècle et la diffamation historique du vidame , qui mourut avant i3ok Clacy^
loo. Clément (Jean), doyen delà faculté de médecine 4^e Paris , et premier médecin ou archiatre de Charles VI. Des rivaux jaloux prétendirent que s'étant fait ordonner prêtre , une constitution d'Honorîus III ne lui permettait plus d'exercer Tart de guérir. La question fut soumise à Benoît XIII , qui décida qu'un des plus beaux devoirs de l'humanité n'était pas incompatible avec le sacerdoce. Il vivait dans les quatorzième et quinzième siècles. Marie.
101. Clotaire II, roi de France. Né roi de Soissons et dans les murs de cette ville , ce fils de Frédégonde en eût la cruauté et le bonheur. La fortune réunit pour lui les trois monarchies dans lesquelles la France avait été partagée de son temps ; et par là s'éteignît le second et dernier royaume de Soissons4ÉPé en 584 > mort en 628. , Soissons.
102. CoLtMELLE ( Gérard ), était uu des hommes les plussavans de l'université de Paris. On a de lui un com mentaire estimé du livre d'Aristote De interpretatione. On lui doit en outre une bonne édition des œuvres de Paul de Venise. Mort en 1429. Laon.
io3. CoNDÉ (Louis de Bourbon- Vendôme , premier prince de), tîge héroïque d'une maison féconde en héros. C'est à sa voix que les réformés coururent aux armes ; c'est lui qui fut leur premier chef. Il avait , avec de graves injures à venger, upe grande ambition à satisfaire ; et la religion ne fut qu'un voile , dont il se couvrit , pour allumer la guerre civile. Gardons-nous
d'excuser ses torts : mais plaignons la fin tragique d'un prince spirituel , aimable et généreux. Chacun sait comment , après avoir fait des prodiges de valeur à Jarnac , il fut massacré de sang froid après la bataille ; action barbare , sur laquelle un vers de la Henriade , qui est dans toutes les bouches , a imprimé une ' flétrissure ineffaçable. Né en i53o ; mort en i56g.
La F ère,
1 04. CoNDORCET ( Marie - Jean - Antoine - Nicolas de Caritat , marquis de) , de l'Académie française, secrétaire de l'Académie des sciences , et député de l'Aisne à la convention , fut à la fois géomètre , littérateur et politique ; et il mérite d'être étudié sous ces (rois points de vue.
Gomme géomètre , il fut compté parmi ceux qui ont illustré le dix-huitième siècle dans les hautes sciences. Son début y fut brillant. Il était à vingt-six ans adopté par l'Académie dont il devint le secrétaire. Les recueils de toutes les Sociétés savantes auxquelles il était agrégé , s'enrichirent de ses mémoires ; celle de Berlin lui décerna un prix sur la théorie des comètes. Cependant on ne le met plus aujourd'hui sur la même ligne que les Euler et les d'Alembert. La faute en fut peut-être moins à son génie qu'à son ambition. En courant après plusieurs ^ genres de gloire , il laissa échapper celle qu'il aurait pu atteindre.
C'était le temps d'une révolution fâcheuse dans la république des lettres. Séduits par l'exemple de Fontenelle , et plus encore par les sucCès de Buffon, les savans voulurent entrer en partage des palmes littéraires. Ils se flattèrent même de perfectionner la
aïo GALERIE
littérature , en y faisant dominer l'es'^rlt philosophiquCr Elle leur dut au contraire l'accélération de sa décadence, parce qu'ils substituèrent les abstractions aux images , c'est-à-dire , ce qu'il y a de plus capable de décharner le style , à ce dont il reçoit le mouvement et la vie. Gondorcet ne fut pas. le moins ardent à se précipiter dans une lice où ses talens ne l'appelaient pas. Il déploya , dans les éloges des académiciens , la prodigieuse variété de ses connaissances. Mais son style plus négligé que naturel , souvent entortillé , quelquefois même obscur, était peu propre à y répandre cette espèce d'intérêt dont le genre est susceptible ; il ne soutient pas la comparaison avec celui de Fontenelle. Les vies de Turgot et de Voltaire offrent tout ce qu'on peut louer et reprendre dans la manière de Gondorcet. Il s'est plu à développer son système favori de la perfectibilité indéfinie dans VEsquisse dCun Tableau hîs* torique des progrès de l'esprit humain, Get ouvrage, fut composé avec le seul secours de sa mémoire , et lorsqu'il avait , pour ainsi dire , la tête sous la hache , des bourreaux. Si l'idée en est chimérique, elle est du moins le rêve d'un philantrope et le vœu d'une ame élevée.
En politique , ses principes étaient républicains» L'ami de Franklin , l'écrivain qui avait défendu l'indépendance des colonies américaines , devait être un des chauds partisans de la révolution française. Il rédigea pour le peuple la Feuille villageoise , en société avec Gerutti. Put-il croire à sa plume taillée pour la métaphysique , le pouvoir d'initier la multitude ignorante à la théorie du contrat social ? Au reste , an
homme de son caractère devait rester étranger aux excès de la démagogie. II fut du nombre de ceux qui ne votèrent pas la mort de l'infortuné Louis XVI : et quand , par un silence , ou prudent , ou pusillanime » il pouvait éviter d'être proscrit , il manifesta hautement son indignation contre les prescripteurs : c'est de lui que sont ces deux beaux vers :
» Ils m'ont dit : choisis d'être oppresseur ou victime. » J'embrassai le malheur , et leur laissai le cripie. »
Mis hors la loi par la faction des régicides , il avait trouvé un asyle dans Paris. La crainte de compromettre une amie généreuse l'en fit sortir, et le livra aux satellites des tyrans révolutionnaires. Jeté dans un cachot , on l'y trouva mort le lendemain. II s'était empoisonné , pour se dérober au supplice. Né en 1 743 , mort en 1794- Ribemont.
io5. CoNDREN (Charles de) , d'une ancienne famille, qui vraisemblablement avaiH possédé le village d'où elle tirait son nom , contribua beaucoup à propager l'institut de l'Oratoire , et fut le second général de cette illustre Congrégation. II serait difficile de dire ce qui dominait chez lui du mérite ou de l'humilité. II fallut lui faire violence pour lui faire accepter d'abord et conserver ensuite le généralat, auquel il avait été nommé en son absence : il refusa les archevêchés de Reims et de Lyon , ainsi que le chapeau de cardinal. Ses talens ne se bornèrent pas à gouverner sagement son ordre : ils. furent souvent utiles à l'état. Plus d'une fois il réconcilia Louis XIII et Gaston , son frère ; et il fit admirer à Richelieu son habileté dans des négocia-
lions difficile». Madame de Chantai disait , « il semble • que Dieu ait donné François de Sales pour instruire > les hommes , et qu*0 ait £dt le P. de Ccndren pour 9 instruire les anges. > Né en i588 ; mort en 1681.
f^auxbuin,
106. CoKFLAXS (Eustache L** de), de FiDustre maison de Brienne, vicomte d'Ouchy, chevalier de Tordre du Roi , capitaine des gardes du corps de Charies IX. Il se distingua à la retraite de Meaux , où il défit un corps de reltres , et à la bataille de Saint-Denis , où il servait en qualité de maréchal-génà^ des camps et armées , Castelnau dit qu'il était froid et sage , et l'un des plus hommes de bien de son temps. Le brevet de maréchal de Frapce allait lui être expédié, lorsqu'il mourut en 1 574. Ouehj-le-Château.
107. CoNFLARS (Gilles de) , seigneur d'Armentîères , que de Thou nomme mal-à-propos des Ursins , était frère d'Eustachc IL II défendit , à l'âge de vingt ans , en 1 589 , la ville de Senlis , où il s'était jeté en forçant les lignes des assiégeans, et il y soutint deux assauts, contre l'avis du gouverneur et des officiers de la garnison ; ce qui donna aux troupes de Henri IV le temps de délivrer la ville , après une action chaude , où l'ennemi fut complètement défait. Le jeune Gonflans fut tué peu après , au siège d'une petite place. Ouchy-U-Château.
108. Gonflans (Gharlotte-Jouvenel des Ursins, épouse d'Ëustache II , de) , se distingua, entre toutes les femmes de son temps , par sa piété , son esprit et son savoir. Sa paraphrase sur l'épître de S. Paul aux Hébreux ,
niSTOlUQUE. 2l3
lui a mérité beaucoup d'éloges. Malherbe lui a adressé plusieurs pièces de vers. Son mari , frère du précédent ^ fut lieutenant-général des armées , chevalier des ordres du Roi , gouvernjeur de Saint-Quentin et député aux seconds états de Blois. Elle mourut en i646.
Ouchy-le- Château.
109. CoRDEMOY (Louis-Gérard de) , abbé de Ferrières, fds de l'historien et historien lui-même, a continué l'ouvrage^ de son père depuis Hugues Gapct. Né en i65i; mort en 1722. Lépine^aux-bois.
110. CoTTK (Louis) , oratorien. Ce physicien s'est occupé principalement de la météorologie ; et on pourrait le regarder comme le créateur d'une science , dont les élémens jusqu'à lui ne consistaient guère qu'en des observations éparses et des apperçus incohérens. On lui doit , outre son grand traité de météorologie , beaucoup d'ouvrages élémentaires sur différentes branches de la physique et de l'histoire naturelle , sur l'agriculture , sur là meunerie et la boulangerie , etc. Né en 1740; mort en 181 5. Laon,
111. CoTTiN (Henri-Daniel), négociant. C'est servir , c'est honorer sa patrie , que de briller dans une profession qui l'enrichit. Aussi applaudit-on à cet édit de 1767 , qui promit tous les ans des lettres de noblesse à deux des commerçans les plus distingués. Imitons sa sagesse , en donnant ici une place à l'habile citoyen de Saint - Quentin , qui le premier , entre tous les négocians français , fut jugé digne de cette faveur. Né en 1714; mort depuis 1772. Saint-Quentin.
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1 1 2* Cou CI (Thomas , dit de Marie , sîre de) , guerrier célèbre , intrépide champion de l'aristocratie féodale , et Tune des plus fortes têtes de son temps. Les écrivains ecclésiastiques se sont plus à noircir sa mémoire : et il a fait des dons considérables à TEglise ; et il est l'auteur de la loi de Vervins, de ce monument de justice et de raison , dont la sagesse frappa tellement tous les esprits, que nombre de seigneurs , même ecclésiastiques » l'adoplèrent, quand ils voulurent se montrer généreux envers leurs vassaux. Mort en ii3o. Couci-le-Château.
II 5. Gbuci (Raoul, ou plutôt Renaud Châtelain de). Par sa valeur , ses poésies et surtout ses amours , il a peut-être contribué plus qu'aucun autre de sa maison à immortaliser le nom de Couci. Ses amours sont le sujet de ses vers : il les a chantés avec une sensibilité et une grâce que n'a point fait disparaître l'extrême vieillesse du langage. De Laborde a fait imprimer en 1781 , avec une traduction élégante, les poésies de l'amant de Gabrielle de Vergy, lequel naquit vers 1 1 60 et mourut en 1 1 9 !• On s'est accoutumé à l'appeler Raoul , en le confondant avec le chef de sa famille ; et cela vient de ce qu'ils périrent à la même croisade.
Couci-le- Château.
114. Couci (Engucrrand III , sire de). Et ce fameuse Couci , a dit avec raison l'auteur de Zaïre , en citant celui que son siècle a surnommé le Grand , et à qui l'on veut que le trône ait été proposé durant la minorité de S. Louis. Mort en 1 242. Couci-le-Château.
11 5. Couci (Robert de), seigneur de Pinon, frère
HISTORIQUE. 2l5
d'Enguerrand III , fut maréchal de France , dans un temps oii il n'y en avait que deux ou trois , et où l'on ne mettait pas de différence entre cette dignité et celle de connétable. Il se signala à Bouvines avec ses frères. Mort vers i244« Couci-le-Château.
11 6. Gouci (Raoul II, sire de), fils d'Enguerrand III. Il s'était déjà montré digne de son père dans la campagne de 1242, quand il accompagna S. Louis dans sa première croisade. 11 fut tué à la Massoure , en défendant , avec une valeur héroïque , le brave et imprudent comte d'Artois. L'histoire ne sépare jamais leurs noms. Mort en 1 25o. Couche-Château.
117. Couci (Raoul III , de), seigneur deMontmirel, troisième fils de Guillaume , sire de Gouci, et l'un des plus vaillans hommes de son temps. Il se signala par des faits d'armes extraordinaires la veille de la bataille de Poitiers , aux sièges de Melun et de Paris , et partout oii il y avait du péril. Mort vers iSgo.
Couci-le-Château.
118. Gouci (Enguerrand VII , sire de) , maréchal de France. Sage politique , habile guerrier , aussi grand et plus puissant qu'Enguerrand III , il refusa l'épée de connétable , pour la faire donner à Glisson. Mort en 1397. Couci-le-Château.
119. GouRHÉNiL ( Nicolas -Bernard-Joachim --Jean Belzais de) , second préfet du département de l'Aisne et chevalier de la Légion d'honneur. Il était magistrat , administrateur, et l'oracle du pays qu'il habitait.
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quand la révolution éclata. Il fut membre , dans le nouvel ordre de choses , de l'Assemblée constituante , où il était l'organe du comité des monnaies; du Conseil des cinq cents , où il marqua par un excellent rapport sur les abus de l'administration des hospices de Paris; et du Corps législatif qui lui décerna les honneurs de la présidence. Littérateur plein dégoût» il fut aussi un agronome éclairé , et le prouva par d'heureux essais et par des mémoires rédigés avec soin. Appelé à la préfecture de l'Aisne , il y apporta toutes les qualités qui font prospérer l'administration et chérir l'administrateur. Victime du zèle qui l'animait , cet homme de bien succomba , avant le temps ^ à l'excès du travail. Les regrets unanimes des administrés raccompagnèrent au tombeau. Quel éloge vaut celui-là ? Il mourut âgé de 55 ans, en i8o4* Laon.
1 20. Couturier (Nicolas-Jérôme Le) , chanoine de St-Quentin , fut prédicateur du Roi, et obtint de brillans succès dans les chaires de la capitale. On a de lui plusieurs discours , éloges et panégyriques. Né en 171 2; mort en 1778. Saint-Quentin.
121. Crahaille (Antoine , seigneur de) , et en cette qualité premier baron du Valois , passa pour l'un des vaillans hommes de son siècle; virnobilis et strenuuSs dit Meyer. Sa fin fut déplorable et mérite d'être citée. Il tomba , en i434 9 dans les mains des Bourguignons, quand ils prirent d'assaut le fort de Saint-Vincent de Laon, où il commandait; et le féroce Jean de Luxem-
bourg le fit charger de chaînes et Tcmmena à Rupelmonde , où il lui fit trancher la têle. tramaille.
12». Gbaon (Pierre de), sire de Rosoy, est tristement femeux par ses prodigalités» par la dissipa tion des sommes qui lui avaient été confiées pour le duc d'Anjou marchant à la conquête de Naples , par ses liaisons adultères avec Isabelle de Rouci (voyez Flandre) , et surtout par Tassassinat du connétable Glisson. Il se qualifiait maréchal de France , dans un dénombrement de i388. Bosay-sur-Serre.
isS. Graon (Simon de) , vidame de Laon et seigneur de Glacy. Neveu de Pierre , le vidame de Laon a laissé une réputation plus honorable. Il est cité à la tête des braves qui périrent dans les champs d'Azincourt.
Clacy*
124. Grommelin (Armand), G'est lui qui créa les fabriqués de linon à Saint-Quentin, 011 il vint s'établiren 1579, et qui , à cet effet » introduisit la culture du lin dans le pays : service éminent et qui lui assure une place distinguée parmi ceux dont l'industrie a été utile à l'état. Saint-Quentin,
1 25. Grommelin ( Isaac-Matlhieu ) , dé l'académie de
Dijon» descendait du précédent. Son Encyclopédie été-
mentaire , résumé des connaissances les plus variées ,
peut être mise avec fruit dans les mains de la jeunesse.
Ses mémoires écrits d'un style vif, et semés d'anecdotes
piquantes, offrent une lecture agréable. Né en 1730;
mort en 181 5. Saint-Quentin,
2l8 GALERIE
126. Danbau» ou plutôt Dagneau (Jean) , ditle capitaine Goujon , brave guerrier /qui eut la gloire de faire prisonnier le célèbre Talbot à la bataille de Patay. Une branche de sa famille transplantée à Laon» pendant les troubles de la ligue , y a produit beaucoup d'hommes de mérite dans les différentes carrières de l'église , de l'épée et du barreau. J'en citerai deux. Gyr-Abraham Dagneau de Richecaurt parvint ^ par des talens éprouvés et par de loqgs services ^ aux grades de colonel et de directeur d'artillerie. Marc - Antoine Dagneau de Richecaurt , son fils , servit dans la même arme : une action d'éclat lui mérita la croix de S. Louis à vingt-^inq ans. Mais des infirmités précoces bornèrent son avancement aux grades de lieutenant-colonel et de sous-directeur. Le capitaine Goujon vivait dans le quinzième siècle. Marie.
127. Defer (Nicolas), géographe du Roi. On a de lui un traité de géographie et un grand nombre de cartes qui lui firent une belle réputation. Né en 1646; mort en 1720. Le Soîssonnais*
I s8. Delalain (Nicolas^GIaude) , orientaliste, voyageur et diplomate^ Il était en route pour le Mogol , après avoir obtenu de la Perse les privilèges les plus étendus pour la France , lorsqu'il mourut de fatigue. Tavernier a donné la relation de son ambassade ; et Chardin avait promis de publier les mémoires qu'il a laissés. Mort en 1667. Laon.
Ï29. Delal£U (Louis-Auguste Legraild), chevalier de la Légion d'honneur et correspondant de l'institut. Poète facile , écrivain pur et criminaliste profond , il a marqué sa place parmi les publicistes par ses Hecherches sur la justice criminelle et le jugement par jyiréss ouvrage couronné en 1789 , par l'Académie des belleslettres, et publié depuis sa mort. Né en 1755.; n^ort en 1819. Le Nouvion.
i5o. Dblangy (Christophe)» fut d'abord receveur des aides à Laon , où il était né d'une ancienne et honorable famille que j'ai vu finir. Il acquit ensuite de grands biens dans la finance. Il n'y a là rien qui n'arrive tous les jours , et je ne parlerais pas de lui , si son nom ne se rattachait à une anecdote curieuse. Il avait épousé la fille de Beaumarchais > trésorier de l'épargne; et il eut avec lui des démêlés au sujet do la dot de sa femme. Le beau-père se plaignit de son gendre à Henri IV , qui un jour gronda celui-ci , en le prenant par la barbe. Delancy » qui ne se croyait aucun tort , en fut teltement humilié , que de dépit il se. rasa. Cet exemple » que les dames approuvèrent, ne tarda pas à être suivi généralement. On a vu l'usage de laisser croître sa barbe renaître sous François I.** à l'occasion d'un fait qui se passa dans le département de l'Aisne. On voit maintenant que l'abandon en est dû à unhomnle né dans le même département. Delancy est la tige des marquis de Rare. Laon.
i3i» DBLABBR£(Jean),^r6ot*efi^^ théologal de Laon, habile théologien » dit Dupin , sage et modéré dans ses
sentimdns , net et précis dans ses expressions. Son talent pour la chaire le fit choisir par le Roi , pour aller prêcher contre Thérésie de Luther en i544 et i54â* Mort en iSSj. . Laon.
1 32. Dblatour (Maurice-Quentin) , célèbre peintre de portraits et fondateur de l'école gratuite de dessin de sa ville natale. Né en ijoS; mort en 1788. St-Quentùi.
i33>. Dblvincourt (Pierre-Nicolas) , docteur en théologie , chanoine , archidiacre et vicaire général de Laon. Il fut secrétaire d'ambassade à Rome. On lui doit un Traité de la perfection ecclésiastique , un Manuel ecclésiastique dç discipline et de droit , et la traduction de trois ouvrages italiens de Segneri* Né en 1720; mort en 1795. Montcomet,
i34* Dbmousti£r (Gharles-Âlbert). Ce poète » qui descendait de Racine par son père » et de La Fontaine par sa mère > est auteur de jolis poèmes » de plusieurs comédies qui ont réussi» et des Lettres à EmUie sur la mythologie. Ce dernier ouvrage eut une vogue dont il y a peu d'exemples. Les* ouvrages de Demoustier accueillis , à leur apparition , avec une grande bienveillance , sont jugés aujourd'hui avec une sévérité excessive. Un point sur lequel l'opinion n'a point varié 9 c'est l'amabilité de son caractère. Né en 1760; mort en 1801.
FilUrs-Cotterêts.
i35. Denisart (Jean-Baptiste) 9 procurftr au chfitelet
de Paris , est auteur d'un dictionnaire de jurisprudence,
dont sept éditions en dix-sept années attestent le. succès
étonnant. C'est le premier livre de cette espèce qui se soit fait lire des gens du molBe. Né en 1712; mort en 1765. * Yron.
i56. Desbhery (Jacques-Philippe), baron , adjudantcommandant , ofGcier de la Légion d'honneur , etc. A la valeur qui lui procura ses premiers grades , cet officier joignait des talens variés et des manières aimables qui le firent employer dans l'état major de l'armée et dans la diplomatie. Il plut et réussit dans les missions dont il fut chargé à Madrid et à Gonstantinople ; on l'y décora des ordres de Galatrava et du Croissant. Il avait été frappé de dix coups de stylet dans les premiers troubles de Madrid : il trouva une mort honorable dans les combats d'Arcis-sur-Aube. Né en 1775; mort en i8i4* % Boue.
idj. Désiré (S.), naquit de parens illustres dans un lieu du Soissonnais appelé Saurcy ou Sauoy , qui n'existe plus depuis long-temps, et qui devait n'être pas^ sans importance , puisqu'un ancien historien le qualifie à^ Oppidum , et qu'un concile y a été célébré en 5 90. Désiré était le plus jeune de trois frères. L'aîné nonmné Didier f fut, dit-on, morne et martyr. Dtetu/onTi^ y le second , qui était garde des trésors royaux , c'est-àdire 9 surintendant des finances , fut assassiné par des ennemis que son élévation lui avait faits. Le plus jeune, dont il s'agit ici , fut plus heureiyc : il acquit la confiance de Clotaire I.", sans exciter la jalousie des grands à qui il sut au contraire se rendre agréable. Il fut archevêque de Bourges et chancelier du Royaume.
Glotaire l'employa dans de grandes affaires : on cile une mission diplomati^e dont il le ohargea en Espagne. Désiré est peint quelque part comme un personnage d'un grand sens » d'une éloquence insinuante , et de l'afTabilité la plus douce : on ajoute que la nature Payait favorisé d'un extérieur avantageux. II mourut en 554* Saurcy.
1 58. Desjtabdins (Jean) , Hortensifis, premier médecin de François I.". Il mourut subitement au lùilieu de ses parens et de ses amis , avec qui il célébrait son jour natal. Sa grande réputation lui a long-temps survécu. Mort en i547. Laon.
iSg. Desjardins (Nicolas), principal du collège de St- Quentin , auteur de poésies latines et fraliçaises , est surtout recommandable par une édition des oraisons de Gicéron » enrichie de notes et de dissertations savantes , dont une mort prématurée ne lui a permis ^ publier qu'un premier volume in-4.*. Né en 1682 ; mort en 1738. Saint-Quentin*
' i4o. Deslandes (Pierre Delà unay ) , chevalier de l'ordre de S. Michel , et célèbre directeur de la manufacture royale de Saint-Gobain. Cette magnifique usine, dont le département de l'Aisne s'enorgueillit à juste litre , est restée , malgré la perte de son privilège exclusif , le plus parfait établissement de ce genre qui existe dans aucun pays. Elle a du une partie de sa splendeur aux talens de Deslândes , qui en avait singulièrement amélioré les procédés , et qui y fivait établi une dis-
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cipHne acboiirablé. J'ai indiqué, dans la chronologie historique, les grands et utiles accroissemens qu'elle reçoit depuis quelques années. Its sont tels que , de long-temps du moins , elle n'aura point de rivale , surtout pour les glaces du plus grand modèle. Deslanctes, né en 1722, est mort' en i8o3. Saint-Gobain.
1 4 1 • DcsMABETS (Jean) , (ils d^iin procureur du Roi du présidial de Laon , fut nommé intendant de la généralité de Soissons , en i665, et devint ensuite conseiller d'état. Il avait épousé une nièce de Golbert ; mais il dut à son mérite, autant qu'à cette alliance, les emplois auxquels il est parvenu. En veut-on une belle preuve ? II eut la principale part à l'éducation politique du sage ministre dont l'article suit. Laon.
142. Desharets (Nicolas) , fils du précédent , contrôleur général des finances , petit-neveu de Golbert ,. et le plus habile de ses successeurs. Si Saint-Simon , qui le haïssait , n'eut abusé de son crédit pour l'écarter du ministère^ il aurait épargné à la France les calamités du système. Né en 1648; mort en 172t. Soissotw,
143. Desh ARQUAI s (Jean) , homme habile dans tes af&ires et savant dans le droit canon , fut secrétaire de rassemblée de Livourne , dans laquelle fut résolue , en i4o8 , la convocation du concile de Pise. II parut ensuite dans le concile avec honneur. Montaigu.
i44« Desmovlins ( Camille ) , avocat , homme de lettres et député de l'Aisne à h Convention nationale ,
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est un de ces hommes dont le sort et le renom sont également déplorables. Agé de vingt-sept ans , lorsque la révolution éclata » il en seconda Tessor de toute Tardeur de cet âge et de toute la fougue de son caractère. C'est lui qui , le premier; prêcha 1 insurrection dans Paris y et fit retentir le cri atuc armes dans le jardin du Palais royal. C'est lui qui le surlendemain dirigea la multitude » quand elle fit Tessai de sa force par la prise de la Bastille. C'est encore sous sa conduite , que plus tard un nombreux attroupement alla signer , au champ de Mars , la demande de la déchéance de Louis XYL Son fanatisme révolutionnaire ne con-. naissait pas plus de bornes que la licence de sa plume. Il prépara par ses sarcasmes la chute de Brissot et des députés de la Gironde. Il osa prendre le titre de Procureur général de la lanterne , forfanterie atroce , par laquelle il accrédita lui-même les imputations non prouvées dont on charge sa mémoire. Ses yeux se dessillèrent enfin. L'humanité reprit ses droits sur un cœur susceptible de toutes les impressions. Peut-être faut-il faire honneur de cette conversion politique à une belle et vertueuse épouse qu'il adorait. Quelle surprise il dut exciter , quand on l'entendit défendre Arthur Dillon avec une chaleur et une persévérance qui soulevèrent contre lui le club des Jacobins I et combien l'étonnement dut s'accroître ; quand l'auteur des Révolutions de France et de Brabant se mit à écrire Le vieux Cordélier ! Il comparait , dans cette dernière feuille , le gouvernement révolutionnaire à celui de Tibère » et il y attaquait « avec Içs armes de l'invective et du ridicule , Saint'Just qui en avait combiné l'organisation. Il n'y
avait aucune sûreté pour lui dans cette nouvelle rou.te. Saint-Just » dont il avait dit qu'il portait^a tête comme un saint eacrement » et qui avait répondu qui! il la lui ferait porter d'une autre manière , l'implacable Saint- Just tint trop bien parole. Il le dénonça comme mo(f^r^; il le fit décréter d'accusation , comme contre-révolutionnaire : c'était l'envoyer au supplice. Sa femme qui lui doniia , jusqu'au dernier moment , les marques périlleuses du plus tendre intérêt , . loin de toucher des tigres , devint aussi leur victime. Un historien a dit , en parlant des proscriptions de Rome, que la fidélité fut admirable chez les femmes , et qu'il n'y en eut point chez les fils : uxorum. fldes fuit summ^s ftliorum, nuUa. La France a cet avantage sur Rome, qu'elle a droit de s'appliquer la première partie de l'observation , et de ne pas se reconnaître dans la seconde. Outre ses feuilles périodiques y Desmoulins a laissé plusieurs ouvrages, parmi lesquels il suffira de citer i.® son Histoire des Brissotins , ou Fragmens de l'histoire secrète de la révolution et des six premiers mois de la République» Cet écrit , dont une traduction anglaise a eu deux éditions à Londres, £^it partie de la collection des Mémoires relatifs à la révolution; 2.® une traduction de YAloîsia , qui parut peu avant sa morjt. Né en 1762; mort en 1794* Guise»
145. DiviTiAG, roi du Soissônnais. Avant les Romains, un peuple étranger avait déjà porté ses armes en Angleterre , et y avait fondé une colonie. Celui qui osa tenter une pareille entreprise , habitait apparemment les cotes , et avait l'habitude des dangers de la mer. Non :
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la gloire en appartient aux Soissonnais , dont le territoire compreq^it une grande partie du département de l'Aisne. César a immortalisé le chef de cette antique expédition» en le nommant. C'est Divitiac. Il vivait un siècle avant Jésus-Christ. Le Soissonnais.
146. DoRiGNT (Michel) » peintre et graveur. Il était élève de Youet , qui l'estima au point d'en faire son gendre. Quel que fut son mérite » on peut dire que ses deux fils y aussi peintres et graveurs-» furent ses meilleurs ouvrages. Né en 1617; mort en i663.
Saint^Quentin.
147 • DoRHAY ( Claude ) , chanoine régulier de la congrégation de St-Jean-des-Yignes , est auteur d'une histoire de Soissons et d'autres ouvrages historiques. Mort en 1671. Guis^.
i48. DfiBîJX (Robert !;•*, dit de) et surnommé le Grand , était fils de Louis-le-Gros. Il devint comte de Braine par son mariage avec Agnès de Baudement. Ce prince belliqueux fut » dans sa jeunesse,» d'^un caractère inquiet et turbulent. C'est lui qui » au retour de la croisade , entreprit , en 1 149 > d'ôter la régence à Sugcr. Il devint ensuite un des plus fermes soutiens de l'état y dans les guerres que Louis-le- Jeune, son frère , eut à soutenir contre le roi d'Angleterre. L'histoire loue en lui le bienfaiteur des pauvres et le protecteur des gens de lettres, il mourut à Braine, en 1188. Braine.
149. Dreux (Robert II, de) comte de Braine , fils du précédent. Ses contemporains admiraient sa sagesse ,
sa constance dans l'adversité , et sa force prodigieuse. Il commandait l'aile gauche à la bataille de Bouvînes. Mort en 1218. Braine.
iSo. Dreux (Philippe de)^ évéque de Beauvais, frère du précédent y eut part à tous les grands évènemèns militaires et civils de son temps. Rien n'est pins célèbre que le caractère belliqueux de ce prélat. Rien n'est jJus connu que la manière dont il combattit à Bouvines.On sait moins que ce prélat était ami des lettres , et qu'il légua à son église une nombreuse collection de livres. L'évêque se reconnaît mieux à ces derniers traits. Mort en 1217. Braine.
i5i. Dreux (Henri de) » ou de Braine» archevêque de Reims , fds de Robert II. Ce n'était pas une nouveauté, au treizième siècle , que de sanglans démêlés » entre le clergé et le peuple, pour les franchises municipales. Cent ans auparavant , la même cause avait produit à Laon les plus terribles 'effets. Mais plus puissant et "plus heureux que Gaudri , Henri de Dreux triompha des efforts réitérés des Rémois; et l'inutile interoession du sage Louis IX n'aboutit qu'à donner ^plus v^éclat au succès de l'inflexible archevêque. Mort en 1240. Braine^
i52. Dreux (Pierre de), ou de Braine , dit Màuclerc, duc de Bretagne, frère du précédent. Grand capitaine , politique habile et génie remuant , il joua un rôle principal dans tout ce qui se fit de son temps , même après son abdication. Il est la tige des derniers ducs de
Bretagne. Quand il eut remis son duché à son fils , il ne se qualifiait plus que Pierre de Braine » chevalier. Mort en isSo. Braifie»
i53. Drogon ouDebux, premier abbé de St-Jean de Laon, fonda dans ce monastère^ une école qui produisit des hommes recommandables. Sa réputation le fit appeler à Rome» en ii56 » par le pape Innocent II , qui le nomma cardinal et évêque d'Ostie. II est resté de lui un sermon et quelques ouvrages de piété. Il mourut en ii58. Laon,
1 54. Dubois ( Pierre-Alexis) , vicomte d*Anizy et de Gourval , seigneur de Pinon » Ghavignon , etc. , conseiller du Roi en ses conseils » président au parlement de Paris. Le service d'une section du parlement » dite les Requêtes du palais , qui connaissait par attribution , en première instance » de certaines affaires » était le noviciat des nouveaux conseillers. Les présidons d'une jeunesse inexpérimenté^ avaient le devoir spécial de la diriger , de l'instruire , de la façonner aux mœuris graves de la magistrature. Aussi n'achetaient-ils pas leur titre » comme les présidons à mortier. Le Roi les choisissait parmi les magistrats désignés par la voix publique. Ils étaient pris d'ordinaire dans le sein du Parlement. Mais lorsqu'on 1726, une présidence de la première chambre vint à vaquer » on alla chercher Dubois dans le grand conseil , où il passait pour une des meilleure^ têtes. Pendant les trente-huit ans qu'il vécut depuis « il se montra constamment digne du choix dont le prince l'avait honoré. Le château de Pinon , regardé comme
Tun des principaux ornemens du pays , est son ouvrage. C'est son petit-fils » le baron deCourval , qui en a dessiné les jardins avec une élégance et un goût remar- . quables. Le président Dubois, né en 1690, est mort en ijG/lh Pinon»
1 55. Dubois (Antoine) , général de division. Parvenu promptement au grade de général^ il se signala à la bataille de Fleurus , où il commandait une division de cavalerie. Il servit d'une manière aussi brillante en Italie p dans la belle campagne de 1 796, et frappé d'un coup mortel à la bataille de Roveredo » ses dernières paroles reçues par le général en chef, furent le souhait de vivre assez pour apprendre l'entière défaite de l'ennemi. Guise.
i56. DuGARNB de Blangy (Jacques-Joseph) , membre de la société d'Agriculture de Paris. Quelques ruches placées dans son domaine de Blangy , lui ayant fait naître l'idée de s'occuper sérieusement des abeilles 9 leur éducation devint son étude favorite. Un ouvrage utile 9 et qui a le mérite d'être à la portée des intelligences les plus vulgaires , fut le fruit ^e ses observations et de son expérience : il a pour titre Traité de l'édur cation économique des Abeilles. Deux éditions prouvent l'accueil qu'il a reçu du public. Il a donné encore deux autres ouvrages qui ne sont pas sans intérêt pour les cultivateurs. Il était né en 1728. Il mourut^ en i8ifi«
Hirson.
157. DuGLos-DuFRESNOY (Gbarles-Nicolas) , notaire à Paris. Homme de goût » il se plut à encourager les
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artistes. Excellent citoyen , il fit prêter h TEtat , eh 17S8. six millions par le corps des Notaires dont il était syndic. Versé dans les matières de politique et de finance , il traita , dans dés ouvrages lumineux » les questions qui occupaient le plus les esprits. Son écrit sur la représentation du tiers-état eut deux éditions. Il eut le malheur de vivre dans un temps où de belles qualités étaient des crimes capitaux. Il expia les siennes sous la hache révolutionnaire. Né en 1754^ mort en 1794. MontcomeU
i58. DuDONy chanoine de l'église de Saint-Quentin^ fut employé avec succès à une négociation qui avait pour but de rétablir la bonne intelligence entre Hugues Capet et Richard I.""' , duc de Normandie. Il plut beaucoup à Richard qui le combla de présens ; et par reconnaissance 9 il écrivit l'histoire des premiers ducs de Normandie. Sa narration est entre-mélée de vers et de prose; et les modernes lui reprochent d'avoir écrit en romancier plutôt qu'en historien. Il ne vivait plus en 1026. Saint-Quentin»
iSg. DuFOT (A^ne-Amable Augier), médecin, est auteur de plusieurs ouvrages sur la médecine , la physique et la littérature , dont la biographie universelle donne la liste. Né en i735; mort en 1776. Soissons^
160. DuGLAs (Jean) 9 seigneur d'Arrancy > capitaine de cent hommes d'armes , chevalier de S. Michel et gouverneur de Soissons , était à la fois homme de guerre et homme d'état. Il fut chargé de l'ambassade de Venise
HISTORIQUE. 23l
dans un temps où elle était d'une grande importance. Il avait épousé la veuve du maréchal de Bois-Dauphin. Les Duglas d'Arrancy étaient une branche de Tillustre Maison écossaise* de ce nom « et descendaient d' Archambaud Duglas , duc de Touraine et maréchal de France ^qui fut tué ^ en 14^4 » à la bataille deVerneuiL Jean vivait dans le seizième siècle. Arraruy.
161. Dumas (Alexandre Davy de la Pailleterie ). , général de division. Il fut surnommé le Codés français^ pour avoir ^ à Brixen » arrêté seul sur un pont qu'il importait de défendre , tous les efforts de là cavalerie ennemie. D'autres traits d'un pareil héroïsme ont signalé la carrière de cet illustre guerrier , qui commanda quelque temps en chef l'armée des Alpes et celle du Tyrol» et qui n'eut à se louer, ni de la fortune qu'il ne recherchait pas^ ni d'un gouvernement qu'il servait sans le flatter. Né en 1662; mort en 1806.
Villers-Cotteréts.