EsTRÉES ( Jean !.•* d'), grand maître de TArtil
lerîe. L'histoire le représente comme un guerrier des plus intrépides et un grand preneur de villes. Il avait perfectionné la fonte des pièces d'artillerie. Né en i486; mort en 1571 , et enterré à C oeuvres,
1 75. EsTRÉES (Antoine d' ) » vicomte de Soissons , gouverneur de l'isle de France » et grand maître de l'Artillerie 9 fils du précédent. Il se signala aux batailles de Saint-Quentin et de Moncontour » au siège d'Amiens » à la défense de Metz et de Noyon , etc. Mayenne qui s'était vanté de prendre cette dernière ville, où d'Estrées commandait » y employa trois semaines , y ruina son armée , et y perdit l'occasion de secourir Paris. Mort depuis iSgg. Cœuvres.
176. EsTRÉES ( François- Annibal I.", duc d') maréchal de France , fils du précédent. Ses longs et glorieux services , sous trois rois » dans les armées et dans les ambassades , lui méritèrent la pairie et le premier des honneurs militaires. Il fit la' fonction de connétable au sacre de Louis XIY. On a de lui des mémoires. Né en 1675 ; mort en 1670. C oeuvres.
177. ÉSTRÉES (François-Annîbal II, duc d') , fils du précédent , vicomte de Soissons y lieutenant-général des armées , ambassadeur extraordinaire à Rome ofl il mourut. Tout en maintenant les intérêts de la France , il se fit tellement estimer dans son ambassade » que le Pape voulut qu'après sa mort on lui rendit les honneurs dont les princes jouissent à Rome» Né en i634 ; mori en 1672. Coeuvres,
178. EsTRÉES ( Jean II, comte d' ) , vice -amiral , maréchal de France, et vice-roi de T Amérique, frère des précédens. Il servit d'abord avec éclat sur terre, et s'illustra, ensuite dans le commandement des armées navales. Il écrivait un jour a je voudrais avoir payé de » ma vie la gloire que Ruyter vient d'acquérir* » Voltaire , en citant ce trait « ajoute, que d'Estrées méritait que Ruyter eut ainsi parlé de lui. Mort en 1707.
Coeuvres.
17g. EsTRÉES (César d'), cardinal et évéque deLaon , frère des précédens. Il brilla dans le Clergé , dans les ambassades , à TAcadémie et h la Cour. L'église de France lui dut la paix de Clément IX , et la ville de Laon son hôpital. Né en 1628; mort en 1714*
Coeuvres.
180. EsTRÉES (Victor-Marie, duc d'^, vice-amiral , gouverneur de Bretagne , et maréchal de France , en ménoie temps que Jean , son père , se distingua comme lui dans les deux services de terre et de mer , et fut un des hommes les plus remarquables de son temps. Son amour pour les lettres et la variété de ses connaissances l'avaient fait adopter par les trois Académies : et celle de Soissons l'avait choisi pour son protecteur. Né en 1660; mort en 1737. Coeuvres.
181. EsTRÉES (Jean d'), évéque de Laon, neveu et successeur du cardinal. Eminemment doué de toutes les vertus pastorales , ce prélat se rendit recommandable par des établissemens utiles. Les mesures qu'il prit , pour soulager la misère de ses diocésains, dans la disette
HISTORIQUE. aSy
de 1693, furent jugées par LouîsXIV, dignes d'être proposées pour modèle à tous les archevêques et évêques du Royaume. Né en i65i; mort en 1694» Laon^
183. EsTRÉES (Gabrieile d') , fille d'Antoine. Le nom de la belle Gabrieile semble s'associer naturellement à celui de Henri IV, qui allait lui faire partager son trône , quand elle lui fut ravie par une mort subite et inexpli-cable. On pardonnait sa haute faveur à d'aimables et obligeantes qualités. La part qu'elle eat à la conversion de Henri , peut faire excuser ses faiblesses. Ce glorieux témoignage lui est rendu par Siilly lui-même , dans ses économies royales , par ce grave Sully qui n'aimait pas Gabrieile ; qui doute de sa sagesse au temps où elle n'était pas encore la maîtresse de Henri ; qui va même jusqu'à faire soupçonnep qu'un autre que ce prince , donna lé jour à l'enfant reconnu pour le premier fruit de leurs amours. Née en 1671; morte en 1599.
Coeuvres»
i85. Favereaxj ( Charles-François-Léger ), lieutenant-général des armées , entra au service , comme simple canonnier , en 1 779. Sa valeur et ses talens le firent arriver au grade de capitaine , dans un temps qii il était rare que l'officier de fortune y parvint. Il eut moins de peine à devenir général de division et inspecteurgénéral de l'Artillerie de la marine , quand il n'y eut de privilège que pour le mérite. Il avait un commandement en Bretagne, à l'époque où Carrier y exerçait ses
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fureurs. Sa fermeté déroba des victimes au farouche proconsul. Plusieurs émijgrés lui durent aussi leur salut. Il commandait l'arsenal de Paris lors de la révolution du 9 thermidor; et il eut une part incontestable au succès de cette fameuse journée^ en refusant deTartillerie et des munitions à Henriot» et en défendant Tarsçiial contre la populace du faubom^ St-Antoine. Le Moniniteur a rendu à sa belle conduite la justice qui lui était due. Napoléon, qui ne l'aimait pas , le mita le retraite en 1801 y et le laissa dans un profond oubli. Son zèle pour la cause royale l'en fit sortir , quand Louis XYIII descendit un moment du trône : la croix de S. Louis fut la récompense de sa fidélité. L'honneur , dont Napoléon négligea de lui donner l'étoile , est le seul héritage qu'il ait laissé à ses six enfans , parmi lesquels trois marchent sur ses traces dans la niéme carrière que lui. Né en 1760; mort en i8a5. Chauny.
184. Faultré (Jacques ) , avocat. Savant jurisconsulte , il eut une grande part à la rédaction des dernières coutumes du Yermandois. Excellent citoyen , il a bien mérité de l'humanité et de la patrie , lorsque » malgré l'opposition des ligueurs , il fit ratifier la capitulation de Laon conclue avec Henri IV , en 1594. Laon.
i85. Fay ( Godemar de). Egalement propre aux.armes et aux affaires , on le voit, tantôt capitaine général des frontières de Flandres , tantôt bailli de Vitry, de Chaumont , de Vermandois , etc. , et soutenant toujours dignement l'honneur d'une famille qui a produit un vice-chancelier et trois grands panetiers. Si cependant
on en croit quelques historiens, il aurait combattu mollement les Anglais au gué de Blanquetaque , la veille de la bataille de Grécy. Le chagrin d'un grand désastre arrivé à la suite de cette action , ne les a-t-il pas rendus injustes à son égard ? Il vivait dans le treizième siècle. Le Fermandois^
186. Fat b'Athies (Claude de), marquis de Gllly, lieutosant-générat des armées , commandant de Tordre* de S. Louis 9 Keutenant-général dè^ la haute et basse Marche, etc. ,de la même famille que le précédent. LeS' honneurs auxquels il parvint furent le prix d'une Ion gue suite de services glorieux. Citons quelques faits. Sa brillante conduite à la bataille d'Almanza , le fit choisir pour en porter ta nouvelle à Lbui» XIV , qui le nomma lieutenant - général. On sait que dans laguerre de- la succession d'Espagne 9 Louis XIY avaitr envahi la Savoie , après avoir iait désarmer les troupesde Yictor-Amédée qu'il regardait comme un auxiliaire mfidèle*^ Pour le représenter dans un pays oit on le haïssait » et aune époque où ses armes étaient mialheureuse» partout , il fallait un homme aussi sage que ferme , et dont la réputation militaire imposât. Le choix tomba sur Cilly, qui le justifia pleinement. Il commandait encore en Savoie, lorsqu'on 1713, la paix d'Utrecht en» procura la restitution à Yictor-Amédée. Dans la guern» de 1719 contre l'Espagne,, la part qu'eut Gilly à la prise de Fontarabie et de Saint-Sébastien, fut récompensée par le gouvernement de la première de ces deux places. Un corps de dix-sept bataillons «et de vingt et un escadrons^, fut ensuite laissé sous ses ordres pour
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couvrir les opérations du maréchal de Bervick. Il allait faire en Allemagne » malgré son grand âge » la campa^ gne de 1734 » sous le même maréchal » lorsqu'une blessure grave » causée par une chute de cheval » mit un terme à ses travaux militaires. Il mourut » |âgé de 80 ans 9. en 1738. Cilly*
187. Fayel (Aubert ou Eudes de) «L'horrible festin de Thieste dut être le modèle de celui de Gabrielle de Vergy; et TAtrée français n'a pas moins de célébrité que celui de la Grèce. Il vivait encore en 1 24o*
Fayet aujourd'hui FajeU
188. Vkhix de Valois ( S. ) , partage avec Jean de Matha la gloire d'avoir fondé l'un des ordres religieux qui honorent le plus l'humanité. Se dévouer à toutes les fatigues et à tous les périls pour rompre les fers des Chrétiens qui subissent le plus dur esclavage chez les Infidèles , tel est le vœu que font les Trinitaires ou Mathurins. Quel philantrope mérita mieux de ses semblables y que les deux amis , qui en conçurent l'Idée noble et généreuse dans la sollitude de Gerfroy ! Api^ès qu'ils l'eurent ; réalisée y en s'associant de nombreux disciples » Jean alla résider à Rome en qualité de supérieur général de l'ordre de la Rédemption des captifs ; et Félix resta dans la maison chef-lieu de Gerfroy » comme ministre ou supérieur particulier. Il y mourut presque nonagénaire, en I2i3. Cerfroy.
18g. Ferrand (Matthieu) , chanoine de St-Quentin » succéda, en i32g , à Jean de Gherchemont, dans la dignité de chancelier de France. Il en fut privé peu
HISTORIQUE. â4l
après; mais on ne tarda pas à la lui rendre; et il parait qu'il la conserva jusqu'à sa mort. La prébende de St- Quentin est le seul bénéfice dont il ait été pourvu. Il est naturel d'en conclure que c'était un homme simple et désintéressé. Mort en i354« Saint^Qttentin.
190. Fi'RE- James ( François ^ duc de ) , évêque de Soissons. Aucune des qualités d'un grand évêque ne lui manqua». et l'histoire ne laissera point tomber dans l'oubli le courage avec lequel il exigea , dans Metz , au- nom de la religion ^ un des sacrifices les plus pénibles qu'elle puisse imposer à un jeune roi. Né en 170g ; Qiort en in6^. Soissons.
igi. Flamin (Claude) » abbé régulier de Guissy- On eut à nommer , çn 1790 , l'évêque » que la constitution du Clergé donnait au département de l'Aisne. Le village de Trucy semblait cacher alors » à tous les regards , un homme que la révolution venait d'arracher à son cloître , et que la renommée égalait aux pasteurs de la primitive Eglise. Cet homme était l'abbé de Cuissy ; et ce fut lui qui réunit les suffrages d'une assemblée , qu'on a peinte quelque part , commB un ramas de mécréans; Il n'accepta point : l'humilité » d'accord avec ses principes , dicta sa réponse. Sa figure , que la maigreur et la noblesse semblaient s6 disputer , était celle d'une tête d'étude : on eût dit le S. Jérôme du Dominiquiti. Sa converçation.était spirituelle , agréable , enjouée même , et assaisonnée de quelques grains d'une malice innocente. Le plus austère des hommes en était aussi le plus tolérant. Il partageait avec les pauvres le peu que
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la révolution lui avait laissé. Ah ! si la piété se montrait .toujours sous des formes aussi aimables^ ! Né en 1719; mort eu 1798. Wassigny.
19s. Flande£( Jeamiede)» était d'un âge mûr; elle était veuve depuis dix-huit ans d'Ënguerrand lY , sire de Gouci : elle jouissait de tous les avantages que pouvaient lui procurer une haute naissance , un rare mérite y et une grande fortune : le génie .dont elle était douée pour les affaires , lui assurait une grande autorité dans la Flandre où eUe s'était retirée depuis son veuvage , et où l'histoire lui donne beaucoup de part aux guerres qui se rallumèrent de son temps entre les Flamans et les Français. C'est du sein de toutes les pompes qu'elle s'arrache tout-à-coup pour se consacrer à Dieu y et venir, en 1329» prendre le voile dans l'ab^ baye du Sauvoir. Elue abbesse en i33i , Jeanne gouverna sa communauté avec sagesse , édifia le pays par ses vertus , et s'y concilia tous les cœurs» Aussi les regrets furent-ils universels , quand sa vie fut abrégée par les fatigues d'un voyage que l'intérêt de sa maison lui commanda. Un beau mausolée en marbre noir» qui lui avait été érigé dans son église ,- a péri sous le marteau du vandalisme. Morte en i334« Laon.
195. Flandee 9 ( Isabelle de Rouci , femme de Louis de) , septième fds d'un marquis de Namur , fut l'opprobre d'une famille illustre. Fille et unique héritière de Robert II , comte de Rouci , elle lui causa un déplaisir doJQt il mourut , en se faisant enlever par un oncle maternel f pour épouser un jeune homme , qui n'avait à
lui apporter que son nom. Dégoûtée do lui » après quatorze ans de mariage , elle tenta de rompre leurs noeuds par une accusation d'impuissance » et n'y put réussir* Elle eut recours alors à un autre expédient , pour lui ôter le titre et les honneurs de comte de Rouci : elle se fit autoriser à vendre ses terres , pour payer ses dettes. Elle en reçut le conseil de l'homme le plus pervers de ce temps -là , qu'elle avait pour amant : c'était Pierre de Graon (voyez Craon) qui l'aidait à . dissiper un des plus beaux patrimoines. Isabelle disparait depuis i385. Il serait heureux pour sa mémoire , que les ténèbres de l'oubli couvrissent sa vie entière.
Rouai.
ig4. Flavigny (Balthazarid de ) , d'une famille qui^ en i384 » avait dans la personne d'Etienne » un chevalier d'honneur du Roi » signala sa valeur et sa fidélité par sa belle défense de Nesle contre le duc de Mayenne» et trouva 9 en i5g2y une mort honorable au siège de Rouen. Laon.
195. Fla VIGNY ( Valérien de ) , professeur d'hébreu au collège de France » petit-fils du précédent. Fameux par sa profonde connaissance des langues savantes » et par son ardeur pour la controverse » il semblait vouloir rappeler 9 dans les disputes théôlogiques , que la guerre était l'élément de sa famille. De lourds érudits n'avaient pas beau jeu avec un tel adversaire : armé de rech^erches savantes et curieuses , il s'escrimait contre eux avec un génie plein de feu. Son style vif , souvent caustique» toujours pressant» tenait plus de l'impétuosité d'un jeune homme» que de la gravité d'un docteur.
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J'ai fait connaitres. dans l'histoire de Laon, les principaux sujets sur lesquels s'est exercée sa plume belliqueuse. Mort en 1674* Laon*^
196. Flavigny (César-François» vicomte de) , lieutenant-colonel de dragons » de la même famille que le précédent. Il a fait passer dans notre langue les lettres du conquérant du Mexique, et un ouvrage sur l'histoire naturelle et la géographie de TEspagne. Né vers 1 740 ; mort vers i784. Craonne.
197. Flavigny ( Louis- Aga thon » comte de), vicomte de Renansart , joignit aux qualités du guerrier , k science des affaires. La révolution le trouva maréchalde-camp et ambassadeur dans l'une des cours d'Italie. Il mourut vers 1800. Renansart.
198. Flavigny (Charles-François , comte de) , maréchal-de-camp, qu'une biographie a confondu avec César-François, a écrit sur l'art militaire, en homme qui en entendait aussi bien la théorie que la pratique. Mort en i8o3. • . Charmes.
1 99. Flavigny (Alexandre-André , baron de) , chevalier des ordres de S. Louis., de la Légion d'honneur et de Ste Anne de Russie , descendant de Balthazard. Les Flavigny , doués de différons mérites , se tfouyent dans toutes les carrières ouvertes aux familles distinguées. Celui-ci parvint d'abord au grade de chef de bataillon dans l'arme de l'Artillerie. Revenu de l'émigration aussitôt que la tempête révolutionnaire fut calmée -, il se
▼oaa aux fonctions administratives ; et il fut maire de Laon , sous-préfet de Soissons , et préfet dé la Haute- Saône et de ia Haute-Vienne, Partout il se fit remarquer par un coup d'œil prompt» un esprit juste et des idées élevées. Partout il plut par les grâces de la politesse et cette dignité de représentation , sans lesquelles rhomme le plus capable risque de paraître déplacé dans un beau poste. Né en 1 768 ; mort en i8i6. Laoru
200. Flavy ( Guillaume , second fils de Jean , sire de) » fut d'abord gouverneur de La Père , et ensuite de Gompiègne; et s'illustra par la défense de cette dernière ville contre les Anglais et les Bourguignons. Nos meilleurs historiens ont vengé sa mémoire du reproche d'avoir facilité la prise de la Pucelle. H vivait dans le quinzième siècle. FlavyAù-MarteL
201. Fondeur ( François ) , professa d'abord les humanités au collège de Laon » et fut ensuite curé d'une paroisse de cette ville. On lui doit un Dictionnaire historique des villes, îles, royaumes , régions, montagnes , fleuves, etc. , divisé en deux parties , dont la première contient les mots latins et français » et la seconde les mots français et latins. Ge dictionnaire géographique , publié en 1680» et formant un mince în-4.*, est le premier qui ait paru en français. Fondeur a donné à son ouvrage le mérite d'unef utilité locale , en y comprenant beaucoup de bourgs et communes du pays » qu'on chercherait vainement dans d'autres dictionnaires. Il est encore auteur d'une rela-
tion latine de la peste dont Laon fut afQigé en 1668. Il est mort figé de 62 ans , en 1682. La Capelle.
202. FoNDEUB (Glaude-Joseph) , de la même &mille que le précédent /fut d'abord procureur au parlement de Paris , ensuite président de l'administration centrale du département de l'Aisne , et en dernier lieu greffier en chef de la cour d'appel de Paris. Il a été l'un des commissaires impériaux pour la rédaction du Code de procédure civile» publié en 1806; et comme il était le seul de ces commissaires qui fut profondément versé dans tout ce qui appartient aux formes de la procédure» on doit te regarder comme ayant eu la plus grande part au travail qui a préparé l'un des principaux monumens de la législation actuelle. Aurais-je tort de croire qu'en coopérant ainsi à un ouvrage de la plus haute importance , il a bien autant honoré son pays , que celui dont on louerait quelques productions d'une littérature agréable ? Mort à l'âge de 61 ans , en 1812.
La Capelle,
203. Fontaine (Pierre de), bailli de Vermandoîs , eut une grande part à la naissance de notre droit français. Li livre la Retgne , dont il est auteur » et qui est le premier ouvrage de pratique que nous ayons , est un corps de doctrine formé d'après les établissemens de S. Louis , les lois romaines et les usages de l'ancienùe Jurispi:udence française. Joinville dit que S. Louis se servait de lui pour ouïr les plaids de la porte, recevoir les requestes et faire droiet aux parties, II vivait vers 1 270. Fontaino-en-Vermandois*
204. FoTJCAUDikBE ( Pierre-Paul de Laulne , sîeur de la) , est ce brave officier qui , commandant royaliste à Grépy » se distingua , soit en enlevant beaucoup de places aux ligueurs , soit en défendant Crépy avec une grande valeur contre le chef de la ligue* Mort depuis i6oo. Le Laonnoism
205. FouQUELin ott FoucHiTi (Antoîue), auteur d'une réthorique qu'il composa pour Mario Stuart , et d'un commentaire sur Perse» vivait dans le seizième siècle. Chauny.
20& FouQUiER-TiNviLLE (Antoine-Queutin) , accusateur public près le Tribunal révolutionnaire. Quel autre nom réveille de plus horribles souvenirs ? Né en 1747 ; mort en 1796. Héroud.
207. FoY (Maximilien-Sébastien) » lieutenant-général » grand officier de la Légion d'honneur » et représentant du département de l'Aisne à la Chambre des députés» a réuni deux genres de gloire » qui en font un des hommes les plus illustres du temps où il a vécu. Comment être court» quand le sujet est si abondant ? Essayons de vaincre cette difficulté. Foy était capitaine d'artillerie à dix-huit ans. Il osait gémir » alors » devant l'exécrable Lebon^ des flots de sang dont la France était inondée : il fut incarcéré à son tour; et sans le 9 thermidor , la hache révolutionnaire coupait le germe des plus belles espérances. Je le vois » peu de temps après» déjà connu par de brillans faits d'armes» remporter» dans le Tyrol » à la tête d'une avant-garde » un avantage
considérable sur les Autrichiens. Il était colonel depuis quelques années » quand don mérite le fit choisir pour porter ai^ Turcs des conseils et des secours : heureusement les leçons du génie ne pouvaient fructifier chez un peuple ennemi de toute instruction. Général de brigade , il est chargé 9 au siège d'Oporto , de sommer la ville d'ouvrir ses portes : il y court risque de la vie. Horriblemept maltraité par les Portugais » il est dépouillé de ses vêtemens et jeté dans un cachot ; il ne parvient à s'échapper , qu'à la faveur de l'attaque livrée à la ville par les Français. Général de division , il prend, sur le champ de bataillé de Salamanque , le commandement en chef de l'armée vaincue ; et il en assure la retraite jusqu'aux rives du Douro» contre tous les efforts de l'enn^tni*. Après la déplorable journée de Yittoria , c'est encore lui qui en borne les funestes effets. A la tête de vingt mille hommes qu'il rassemble, il bat les Espagnols qui formaient la gauche de l'armée victorieuse ; il défend le terrain pied-à-pied contre les Anglais; il ne leur cède la position de Tolosa qu'après une action : sanglante , et il repasse la Bidassoa , sans: laisser au pouvoir de l'ennemi , ni un homme , ni un canon j ni un fusil. Il quitta le champ de bataille, le 27 février 1814» atteint de sa quatorzième blessure , qu'on croyait mortelle. Il en reçut une dernière à Waterloo. D'après cette faible esquisse des principales circonstances de sa vie militaire , on n'est pas étonné , sans doute , d'jBUtendre dire à Napoléon , dans ses entretiens de Sainte-Hélène , que Foy était un des quatre généraux à qui il destinait le bâton de maréchal. Il faut maintenant envisager Foy sous un tout autre
aspeci : ne royons plus du guerrier que rAnréole de gloire » dont ses exploits environnent Tôràteur. II disait au3( électeurs dont il obtint les suffrages : « Quand il 9 faudra combattre à la tribune pour les intérêts des » contribuables et pour les droits fondés par la révo- 9 lution et consacrés par la charte» mes compatriotes » jugeront si l'énergie du champ de bataille m'a aban- » bandohné. » Quelle promesse a jamais été mieux tenue? Mais aussi que de moyens de la bien remplir ! L'instruction la plus vaste » une mémoire toujours prêté à en offrir les trésors ; l'abondance des expressions » la pureté du goût dans leur emploi ; cette sensibilité de l'ame qui » remuée par les passions » réagit par elles sur un auditoire ; une imagination enfin capable de tout peindre^ de tout animer » de tout créer; telles sont les qqalités qui constituent le grand orateur ; telles sont celles qu'on admirait dans le député de l'Aisne* 11 semble qu'on doive sentir , dans l'éloquence d'un guerrier valeureux, l'impatience de dompter tout ce qui résiste. Quintilien caractérisait celle du vainqueur de. Pompée par ce qu'il appelait mm Cœsaris , l'énergie de César. L'énergie fut aussi ce qui dominait chez Foy. On rend justice à l'orateur judicieux dont la logique est lumiiieuse : on rend les armes à l'orateur puissant » qui , au lieu de raisonner froidement , vous passionne. C'est pelt cette puissance de la parole que Mirabeau était redoutable; et depuis lui, Foy est peut-être le seul qui l'ait possédée. Je crois entendre encore le Démosthène constituant lancer les foudres db son éloquence, lorsque, fi^ppant un ministre de la justice d'un trait accusateur , Foy s'écrie : et que sa peine soit de
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jeter les yeux 3 du sortir de cette enceinte , sur les statues de l'Hôpital et de d'Aguesseau. Ses discours , la plupart improvisés , sont dans les mains de tout le monde. Tous sont empreints d'un grand mérita oratoire ; tous déposent \ non-seulement de l'élévation » mais aussi de la souplesse d'un talent qui s'exerça sur tousles sujets avec le même bonheur. Sans parler delà guerre qui » dira-t-on» fut son élément » les adeptes en politique y en administration » en finances » en législation civile et même en droit ecclésiastique» ont été surpris des lumières qu'y répandait un homme étranger» suivant eux» à toutes leurs doctrines. Et cet homme était encore orné de toutes les vertus. Et nul n'a » mieux que lui » réalisé la définition de l'orateur donnée par Gicéron. Sa perte laisse la tribune veuve du plus éloquent défenseur des libertés publiques. Quelle preuve plus solennelle et plus touchante des regrets de la France entière » que ce concours inoui de toutes les classes des habitans de la capitale qui honora ses obsèques ; que cette souscription^ sans exemple chez nous , qui a pour but de dédommager ses enfans de la modicité d'un patrimoine dont l'accroissement ne l'occupa point I Sa carrière fut » à la vérité » trop courte pour nous I qu'y manque-t-il cependant pour qu'elle ait été cornplette? la mort a attendu» pour le frapper» qu'il fut à Tapogée de la gloire à laquelle il bornait le prix de ses travaux. Né en 177a; mort en i8a5. PUkon.
S08. Framboisière (Nicolas-Abraham de la) » médecin de Henri IV et de Louis XIII » et professeur de. médecine au Collège royal , a laissé de nombreux
HISTORIQUE. s5l
oavrages sur la médecine et sur d'autres matières. On les a réunis en un yolume. in-folio. Mort vers i65o.
Guise.
fiogé Fbançois db France » fils de Henri II, duc d'Anjou et de Brabant» prince de Château-Thierri , joua un assez grand rôle dans les troubles de France et des Pay^-Bas , et fut celui des prétendans de la reine Elisabeth dont elle flatta le plus les espérances. Ce prince , suivant de Thou» « était changeant^, vif, affai ble > magnanime » éloquent , magnifique , ambitieux » et inquiet. » Il fallait ajouter yindicatif et sans foi , coDome Catherine de Médicis sa mère» qui cependant ne l'aimait pas. La mort qui l'enleya dans Château-Thierri^ à la fleur de son âge » fut un événement heureux pour la France. Elle ouvrit le chemin du trône à Henri IV. Né en i554; mort en i584* ChéUeau-Thiern.
810. Frêdegonde, reine de France. Bonheur» talens, méchanceté» tout est grand chez cette femme célèbre. Fille d'un paysan du Soissonnais (de pago Suessionensi y dit un ancien chroniqueur cité par Dormay) » elle s'éleva jusque sur le trône» où elle fit admirer la vigueur et détester les foriaits de son gouvernement. Née vers 546; morte en5g6. Le Soissonnais •
su. Fbovagb (Pierre) » jésuite et supérieur général des missions du Levant. Zélé missionnaire et savant orientaKste » il a travaillé » avec une activité infatigable» à éclairer les esprits et à diriger les âmes. Il eut une grande part au succès du Concile provinc^l tenu en 1756» pour la réformation des abus qui s'étaient glissés
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parmi les Maronites. Son zèle lui inspira le dessein d'établir une imprimerie arabe dans un monastère de TAnti-Liban. II avait fait venir de Rome des caractères et des ouvriers ; et non content de donner le mouvement à tout » il cotnposa les ouvrages et les traductions qu'il voulait répandre parmi les Arabes. . On a peine à concevoir qu'au milieu de ses travaux apostoliques , tant de livres aient pu sortir de sa plume. Louis Frùmage , son frère » mort en 1757, à Tâge de 85 ans » était auteur d'un très-bon commentaire sur la coutume de Yermandois , qu*il avait destiné à l'impression. On a souvent regretté que cet ouvrage soit resté inédit par Tincurie de sa famille. Le P. Fromage, né en 1678, mourut en 1740. Laon*
212. Gaillard (Gabriel-Henri), de l'Académie française et de celle des inscriptiohs. Ecrivain instruit , judicieux, élégant; de grande^ et belles compositions lui assurent un rang distingué parmi les historiens. Les plus célèbres sont les deux histoires , l'une do la rivalité de la France et de l'Angleterre , l'autre de la rivalité de la France et de l'Espagne. On lui doit aussi beaucoup d'autres ouvrages d'un autre genre. Si , mettant de côté l'auteur, on veut «avoir ce qu'était rhomme; Gaillard fut l'intime ami du vertueux Maiesherbes. Mé en 1726; mort en 1806. * 0$uL
2f5. Galba. Quand nos pères firent une première ligue , pour défendre leur indépendance attaquée par
HISTORIQUE. s5&
les Romains y tqus les peuples du département de TAisne^ s'epipre^sèrent d^y entrer; et le générai de la confédération fut choia parmi eux d^une voi^i^ unanime. Quel fut ce générûl? Galba, roi du Soissonnais. Quelles qualités {ui méritèrent la confiance universelle? sa justice^ et sa ^gesse. Cet éloge n^est pas suspect ; il vient d'un enntE^mr. Et quel est cet ennemi ? le plus grand des hommes. Il n*est point de héros qui n'enviât l'hommage rendu par César aux vertus de Galba. Le Soissonnais*
9 14> Gallois (JeanrFrançois) , capitaine d'Infanterie- Pourquoi ne descendrais - je pas quelquefois dans les rangs inférieurs de l'armée ^ pour y recueillir de cestraits de bravoure qui honorent le pays ? César , que \e viens de citer ^ a bien daigné lui-même délivrer des brevets d'immortalité à de simples soldats. Blessé le â4 octobre 1796 » le capitaine Gallois fait seul mettre bas les armes à cinquante Autrichiens. Go vaillant homme trouva depuis une mort honorable dans les champs de MaringOy le i& avril 1800. Saint-MicheL
s 1 5. Gaudri 9 évêque de Laon , est fameux dans Thisloire de l'établissement des Communes , par sa haine pour cette institution > et par la mort déplorable qu'elle lui attira. Il était né pour la guerre et non pour Tépiseopat. Il avait acquis de la gloire en 1 106 , à 1^ journée de Tinchebrais , ou il combattit dans l'armée du roi d'Angleterre » dont il était alors le chapelain. Ce fut lui qui y ilt prisonnier le duc Robert de Normandie. Pourquoi méconnut - il sa vocation ? Mort en 1112.
Soissons*
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21 6* Gautier de Goincy , prieur de Vie-sur- Aisne et ensuite de Saint-MédarddeSoissons , l'un de nos plus anciens poètes. Le langage de ses poésies les fait juger antérieures à celles de Thibaut , comtQ de Ghampagne. Son poème sur Sainte Léocade , contient une satyre sapglante des mœurs du clergé de son siècle. On sait de lui que , de son temps > l'abbaye de Saint-Médard possédait un biau librairie, c'est-^-dire , une riche bibliothèque; il est à croire qu'il contribua à l'augmenter. Né en 1177; mort en 1233. Coincy.
217. Gautier de Mortagne, évêque de Laon, soutint la renommée de l'école de cette ville. Sa gloire serait plus pure» sans son démêlé avec le, vénérable Barthelemi y qu'il accusa durement d'avoir sacrifié les biens de son église à la dotation de l'abbaye de Prémontré ; et qui remontra avec douceur que de faibles libéralités y par lesquelles il avait contribué à l'établissement d*un ordre utile à la religion , ne méritaient pas qu'on en fit tant de bruit. Mort en 1074* Laon.
218. Gâtant ( Nicolas-Antoine) » inspecteur-général des ponts et chaussées. L'idée du canal de Saint-Quentin y conçue par un homme de génie , ne pouvait être exécutée que par un homme d'un talent supérieur. On en chargea Gayant » que recommandaient des constructions importantes. Né dans le département de l'Aisne , il semblait appelé naturellement à la direction de cette magnifique entreprise. De grands obstacles étaient à vaincre : il en triompha; et les vingt-trois dernières années de sa vie employées à créer et à perfectionner un
monument d'une utilité égale à sa hardiesse , lui ont acquis le droit d*y attacher son nom. Mort en i8s4>
Bautor.
21 g. Genlis (Aubert V dUangest, sire de) , dit te Grand. Sa famille était déjà une des plus distinguée du Yermandois , à qui elle avait donné des baillis dans le siècle précédent y lorsqu'il en «rehaussa le lustre par les actions qui lui. valurent le surnom de grand. Il courut avec un égal avantage les deux carrières des armes et de l'a politique. Après s'être signalé dans toutes Tes guerres de son temps , il fut un des trois négociateurs qui pacifièrent TArtois » où étaient survenues de violentes difficultés entre la comtesse Mahaut et les* Nobles. Mort vers 1329. Genlis*
S80. Gbnlis (Adrien d'Hangest, sdgneur de) , fut chamheHan du Roi , gouverneur dû Louvre et grandéchanson de France : il mérita ces titres par sa valeur et ses talens* Il avait suivi Gharks VIII à la conquêtedu royaume de Naples. Ge prince 9 à son départ d'Italie» l'y laissa sous les ordres du duc de Montpensiér ; et b>rsque Naples fut rendu par capitulation » et qu^il fut stipulé que, pour garantie cb son exécution , les cinq phis fkmeux capitaines de l'armée française seraient livrés au roi Ferdinand, Genlis fut l'un des cinq^ otages; chose qui ne fut pas sans péril pour ces illustresguerriers , puisque le manque de foi de leur général' donnait le droit à Ferdinand de leur ôter la vie. Genlisreçut des deux rois Gharles Vlli el Louis Xtl , des grâces pécuniaires dont apparemment il avait besoin poursoutenir la représentation qu'exigeaient de grands em-
plois. On sait combiçQ Louis ^11 était ménager de l'argent; levé sur fe peuple : les libéralités , qu'obtinrent de lui ceux que leurs charges appelaient à sa cour , sont des preuves non équivoques 4'iinportans services rendys à Tétat. Genlis mourut en iGSs» Genlù*
221. Genlis (François d'Hangest » seigneur de ) , était un des principaux chefs du parti protestant. Ce fut lui qui» en 1567 , fit prendre les armes aux calvinistes de^ sa. province 9 et qui s'empara de Soissons et de plusieurs autres places. Il commaçldait, à la bataille de Saint-Denis , un des trois corps de l'armée du prince deCondé. Mort en iSGg. GenlU.
222. Genlis (Jean d'Hangest» seigneur de), grand maître de Tartillerie de France , frère du précédent. Engagé dans le même parti que son frère , il y joua aussi un rôle considérable. C'était , dit de Thou » un hommed'uneprudence et d'une vertu singulières. Aussi fut-il chargé , en 1570» d'aller à la diète de Spire » solliciter son appui en faveur des protestans. Deux fois il conduisit des secours aux insurgés des Pays-Bas; et deux fois il fut accablé par des forces supérieures , qui marchèrent contre loi , du n^pips en dernier lieu , sur des avis donnés par la çpur de France » dont cependant il avait l'aveu secret. Tom^ié au pquvoir des Espagnols » il fut étranglé dans son lit en 1572. Genlis.
223. G^BARD de Laon „ étfdt philosophe , orateur et poète. Ses çontemporaips » qui , à la vérité , n'étaient guère compétens pour en juger » disaient de lui qu'il
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égalait Aristote , Çicéron et Virgile. Il vivait à la belle époque de Técole dç Imu , et 4çit être coippté parmi ceux à qui elle dut m( renommée. Hort en 1 188. La<m*
s 24» GiBAijn de l4aon p fondateur et premier abbé de La Chancellade, jetait en 11S9 les fondejnens de Tégli&e de cette maison » dont les cénobite^ étaient des. chanoines ré;gi|liers de Saint-Âugustin. Laanm
s s 5. Gbbvais de Tournai , chanoine de Soissons , traducteur des,principauiL orateurs grecs » de TEnéïde de Virgile et de Libanius , vivait dans le seizième siècle. SoUspns.^
826. Gervi'n (S.) , abbé de Saint-Riquier » théologien savant et versé dans les lettres grecques , prédicateur fameux et professeur d'éloquence sacrée , eut aussi de l'habileté pour .les affaires. Il fut chargé d'une légJEftion dans l'occident » et ce fut vraisemblablement par le pape Léon IX , qui le reconnaissait pour son allié. Il jouit d'une haute considération auprès du roi de France y Philippe I.*', et de Guillaume le Conque* rant 9 roi d'Angleterre. Mort en 1074. Laon*
337. Gbrvin» neveu du précédent» lui succéda dans l'abbayè de Saint-Riquier. Mais un seul bénéfice ne suffisant » ni à ses prodigalités 9 ni à son ambition y, il employa des moyens peu canoniques , pour se faire nommer évêque d'Amiens. Il eut le tort de manquer d'égards pour ses moines, et l'imprudence de se brouiller avec ses chanoines. Les premiers dénoncèrent Tirré-
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gularité de sa conduite au Pape^cpii lui ota soa abbaye. Les seconds , soit par les dégoûts dont ils l'abreuvèrent, soit par la menace de le faire déposer juridiquement , lui arrachèrent son abdication que sa mort suivit de près. Il parait , au reste , que les reproches les plus graves qu'on lui fit , ne tombaient que sur les vices de son gouvernement temporel. S'il n'eut pas les vertus de son oncle , il en eut les talens. Il réussit , comme lui , dans l'éloquence de la chaire : il l'enseigna même avec éclat; et de son école sortirent des prédicateurs fort vantés dans leur temps. Mort en i loa. Laonv
528. Gilbert (S.) , fut d'abord chanoine du chapitre de Saint-Quentin j sa patrie; il passa ensuite à l'archidiaconé de Meaux; et bientôt après il fut plac4 tout d'une voix sûr le siège épiscopal de cette ville. Il fut le premier des évêques de France qui divisa les biens de son église en deux menses , l'une épiscopale , l'autre capitulaire. Cette mesure avait été désirée par son chapitre à qui elle donnait le droit de disposer des revenus de son lot , sans le concours de l'evéque. Gilbert fut estimé des grands , et vénéré dé ses diocésains. Sa vie a été écrite. Ses vertus l'ont &it placer au nombre des Saints. Il mourut en 1009. Saint-Quentin.
529. Gisèle, abbesse de Notre-Dame deSoissons » était fille du roi Pépin. Avant de prendre le voife , elle avait été demandée en mariage par le fils aîné de l'Em^ pereur grec, Constantin Copronyme. Un historienmoderne fait d'elle un bel éloge en peu de mots » quand il dit qu'elle fut fort aimée de Charlemagne , qui l'honorait comme une autre mère. Soissom*
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s3o. GoBERT de Laon , a composé un ouvrage qui a pour titre De mta ctertearum. Ce livre eit cité par Sanderus , théologien du seizième sièclet Nous n'avons pu vérifier dans quel temps Gobert vivait. Laon*
sSi. GoBiNET (Charles)» docteur de Sorbonne et principal du collège du Plessis. On lui doit plusieurs ouvrages consacrés à l'instruction de la jeunesse des deux sexes , et toujours bons à consulter , quoique le langage en ait vieilli» Né en i6i3; mort en 1690.
Saint'Queniin^
sSs. GoDABD (Jean) , lieutenant-général du bailliage de Ribemont» est auteur d'une tragédie et d'une comédie , ainsi que de plusieurs autres ouvrages , dont la liste se trouve dans la Biographie universelle. Ses poésies obtinrent quelque succès dans le temps où elles parurent, puisqu'elles ont eu deux éditions. Les frères Par* fait n'ont pas oublié Godard dans leur histoire du théâtre français. Né en i564; mort depuis 1624* RibemonU
233. GoHiEB (Jean-Baptiste), professeur de l'art vétérinaire et membre de plusieurs sociétés jsavantes. Il est sorti de sa plume des ouvrages savans et plusieurs fois imprimés sur l'art qu'il pratiquait , et qu'il professa avec la plus grande distinction à Lyon et à Paris. Né en 17^6; mort en 1819. Brangeê.
234* GoNDEBAiJD OU GoMBAVD , rcligieux-bénédictin de Tabbaye de Saint-JMédard de Soissons. Louis-le- Débonnaire était captif dans ce monastère. Trois fils dénaturés lui avaient arraché la couronne ; et un con-
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ciliabule de prélats rebelles avait consacré cette dégra*^ dation impie. Touchéa du malheur de leur prince , deux simples religieux entreprennent d'y ipettre un terme ; résolution héroïque » si Ton comp^i^ |a faibiç&se de ceux qui la conçurent à la puissance de ceux contre qui elle était dirigée. Taiidis que T^n clos deux cénobites » veste «oprè^ de i*l^llgus.^ prisoniiier , réclaire ^ur des machinations dontlebutét^tde lui faire prendre l'habit monastique , l'autre ( c'était Gondebaud ) prépare au dehors une rérolution qui doit changer la face des ai&ires. Lothaire , l'aîné des trois fils , affectait un ton de supérioi^ité qui choquait ses frères* Gondebaud fomente habilen^ent ce germe de discorde; il expose le mécontement des peuplés; il fait parler la nature et la reli* gion. A sa voix le repentir pénètre dans le cœur de Louis et de Pépin; et les sujets fidèles ne craignent plus de faire éclaiçr leur indignation. Une armée myarehe au secours du vieil empereur; ses fers tombent; et il r^ooiônte sur son trône. Soyons plus justes que Mé^e- * rai , envers l'abbaye de SaintrMédard. Elle fut innocente du mal coounjs dans ses murs ; et on doit lui faire honneur du remède que deux de ses religieux y apportèrent. Soissons.
235. GoHNBLiEU ( Jérôme de ) , jésuite. Habile prédicateur f a composé de nombrQux ouvrages ascétiques. On lui attribue généralement , et quelques-uns lui contestent , la traduction du livré de l'Imitation qui est entre les mains de tout le ncionde. Né en i64o ; ùiort en 1715. Soissom*
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256* GoNtRAN , roi de Bourgi^ne » était un des quatre fils deCIotaireL*'. Ilefi serait Falaé dafiè le sptéme de l'historien qui le répute roi de ta France entière » et veut que les royaumes de ses frères n'aient été que des apanages. Il serait aussi le Téritable fondateur du régime féodal , s'il était certain que c'est lui qui institua l'hérédité des bénéfices militaires. Pacifique et peu actif, il fut le premier des Monarques français qui fit la guerre par ses généraux , ce qui n'empêcha point ses sujets » tout belliqueux qu'ils fussent , de l'appeler notre bon roi Goutran. On lui à donné aussi le titre de Saint dans quelques martyrologes : en cela le cleihgé acquittait la dette de la reconnaissance envers lo prince sous le règne et sous les yeux duquel les évoques assemblés à Mâcon 9 en 585 , décidèrent que la dîme était une dette qu'on ne pouvait refuser , sous 'peine d'excommunication. Méritait-il cependant l'épithète de bon? était-il digne «dès honneurs de l'apothéose , Celui qui fit lapider un de ses vassaux^ pour avoir tué un taureau sauvage dans les forêts royales, et qui , à la prière •d'une de ses femihes , fit enterrer ses deux médecins arec die ? Mort à l'âge de 68 ans , en 5g3. Soissons. '
fi57. GotGB l( Etienne-Ântoine-François) ^ secrétaire de la société d'agriculture de Laon. L'agriculture lui doit l'importante découverte de l'utilité des terres pyritOHahimineuses , Vulgairement appelées Cendres nuire$j employées comme engrais. Né en 1738; mort en 1779*- « Laon.
^38. Gouge de Gessières (François-Etienne) ydela
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même famille que le précédent » était avocat du Roi au présidial de Laon. Il est auteur de quelques poésie» fugitives et de trois poèmes , dont un (l*Art iV aimer) a obtenu un succès attesté par plusieurs éditions. Un second a pour titre VEdueation , et le troisième Uê Jardins d'agrémens , ou les Géorgiques françaises. Ces ouvrages ne sont pas sans mérite ; mab les deux principaux ont le malheur d*avoir été surpassés. Mort eh 1789. Laon.
23g. GouaELOT ( Jean-florimond ) » d'abord simple soldat , avait obtenu , dans Tancien régime » le grade de lieutenant de grenadiers et la croix de S. Louis. Quand la révolution eut éclaté» sa valeur , son expé* rience et ses services l'eurent bientôt fait arriver au généralat de brigade. Mort en 1 794* Ori^
240. Geanbin (Martin) professa la • théologie en Sorbonne pendant plus de cinquante ans avec éclat. Le traité qu'il en a laissé passe pour un des meiUeurs ouvrages de ce genre. Né en i6o4; mort en 1691.
Saint-X^wntin*
241* Grégoire YIII, élu Pape en 1187 » avait commencé par être religieux de l'abbaye de Saint-$fartin de Laon. On a loué sa science , son éloquence , son zèle 9 son esprit conciliant et ses mœurs exemplaires. Il eut à peine le temps de faire concevoir les plus belles espérances de son pontificat. Il mourut » après un règne de deux mois » qu moment où il venait de réconcilier les républiques de Gênes et de Pise. Laon.
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'24 2* CrtJi de Laon , qui est le même que Cilles ou €uyard de Laon y aprè$ avoir été chancelier de Féglise et de l'université de Paris » devint évêque de Cambrai. C'était un des plus fameux théologiens de son temp^ : il signala sa science et son courage, contre les doctrines relâchées des ultramontains , au concile de Lyon que présidait Innocent IV. Il est auteur 4'un traité De officitsdivinis 4ive ecelesiasticis. Mort en 1 246. Laon.
243. Gui de Laon » aumônier du Roi et trésorier de la Sainte-Chapelle, a bien mérité des lettres, et de la province, en fondant à Paris le collège de Laon. Il avait aussi donné à Téglise de cette dernière ville de quoi entretenir un maître de musique et six enfaas de chœur, à qui l'on faisait faire des études. De ces deux établissemeng sont sortis des hommes qui ont marqué dans l'église , la littérature et les arts. Gui mourut de iSsS à iSâS. Laon»
d44« GuiBEBT , abbé de Nogent, passe avec raison pour un des meilleurs écrivains et des historiens les plus utiles de son siècle. De ses deux principaux ouvrages, l'un intitulé Gestorun% dei per Francos , décrit les évènemens de la première croisade. Dans l'autre , qui a ^pour titre De vitâ suâ, il raconte ce qui s'est passé sous ses yeux dans le pays. Son'récit ne se lit pas sans intérêt , parce qu'il n'est pas écrit sans passion. Car il est trop vrai que, pour remuer les esprits, il &ut se passionner soi-même. C'est là qu'on trouve des détails si curieux sur l'établissement de la commune de Laon. L'auteur était bien dans la disposition requise
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pour les retracer avec chaleur > lui par qui Tinstitution des Communes est traitée de. nouveauté détestable, nôvtifn ae pesstntuln fiomen : et pourquoi ? j^arce que , dit-il 9 « c'est un état de choses dans lequel Thomme » de condition servlle rachète , par ua ëeul paiement » annuel y tous les devoirs de la servitude, expie ses 9 délits par une amende légale , et se tî^uvè débhàrgé » des exactions de toute espèce auxquelles les serfi » sont assujettis. )> Puissamment raisonné sans doute ! Né en io55; mort en i^24< Nogent-êous-Couei.
s45. GviLLAUMB de Grépy » était engagé dahs Tétat ecclésiastique; et avait» comme cbûtre dé Saint-Quentin, tout droit de justice et de seigneurie dans un quartier de la ville qu'on appelait le détroit d'Auguste : il le céda aux maire et échevins , moyennant une rente annuelle de quatorze livres. Il fut secrétaire des rois Philippe-le-Hardi et Phîlippe-le-Bel : ce dernier prince réleva , eiA 2g3 , à la dignité de chancelier. En i sg6 , il donna sa démission à cause de son grand âge; mais elle ne fut acceptée , qu'à condition qu'il continuerait d'assister k l'examen des comptes et aux séances du Pariement ; ce qui prouve le C&s qu'on faisait de son mérfte. II conserva même > depuis son abdication , le titre de clerc du Roi , c'est-à-dirê , de secrétaire d*état. Il vivait encore en 129g. Crépy.
246. GtiLLAUÉB de Laon , jurisconsulte » et anteur d'un commentaire sur les Clémentines , vivait dans le quinzième siècle* Laon.
s47* Guillaume ^e Soissons, professeur de l'université de Paris. Dans son Traité de la nature de l'hammej il a marqué par la singularité et la nouveauté de ses opinions. Il vivait dans le douzième siècle.'
Soissons.
248. Guise (Claude de Lorraine," premier duc de)> tige illustre d'une race d'hommes qui tous ont recueilli l'héritage de son héroïsme , de son ambition et de sa taille majestueuse. Son lieu d'adoption fut sans doute celui dont il prit le nom , auquel il attacha son principal titre , et qui fut le chef-lieu de ses domaines. Né en i499> mort en i55o. Guise,
!i49> Haganon» principal ministre de Charles -le - Simple^ Charles se soutint contre les factieux, tant qu'Haganon fut à Ih tête des affaires* Sa perte suivit de près le lâche sacrifice de cet habile conseiller. Des écrivains superficiels ont élevé des doutes sur sa capacité : les historiens les plus judicieux ont vengé sa mémoire. n se déroba aux persécutions de ses ennemis, en entrant dans le clergé , et il devint évêque de Chartres. Il niourut on 942* - * Laon.
260. HÂNGAKD (Denis), docteur en théologie, d'abord chanoine et ensuite doyen de Laon , était un savant hdténiète et l'un des ornemens de l'université de Paris, dont il fut recteur. Digne neveu de Jean Hennuyer , il ne prit aucune part aux excès de la ligue, et mérita
Teslime de Henri IV , qui le récompensa de sa fidélité ,
en le nommant au décanat de la cathédrale de Laon , en i6oi. On lui doit l'édition de iSyS , revue et corrigée , de Thistoire ecclésiastique de Nicéphore » et la première traduction française de l'histoire Tripartite. Il a laissé aussi des mémoires pour l'histoire de Laon. Mort en i6o5. Laon,
fi5i. Hangest (.Rogues d'). On retrouve en lui la réunion des mêmes qualités qui venaient d'illustrer Aubert-le-Grand. (Voyez Genlis). Il parut avec éclat dans toutes les grandes affaires de guerre ou de paix sous les règnes de Philippe-le-Long > de Charles-le-Bel, de Philippe de Valois et de Jean. Il fut fait grand panetier en i344 » reçut le bâton de maréchal de France en 1 352 » et mourût peu après. Gsnlis»
252. IJangest (Charles d'), évéque de Noyon. Il fut surnommé le bon Evéque^ et laissa fine mémoire vénérée. Lorsque Calvin qu'il vit naître et qui dut son éducation à la famille d'Hangest , fut pourvu par lui d'un bénéfice et d'une cure , il ne soupçonnait guère quel funeste présent il faisait à l'église catholique. Né en i46i; mort en i528. GefUis*
253. HANGESt (Jean d') ,évêque de Noyon , neveu et successeur du précédent. Théologien , philosophe, orientaliste et homme d'état , le neveu du bon évéque vit ses succès troublés par un incident qui fit grand bruit. Lorsqu'il éjfcait ambassadeur à Rome , il fut obligé de se dérober par la fuite à la contrainte par corps qu'qn allait y exercer contre lui> pour les dettes dans lesquelles
une représentation onéreuse l'atait engagé. Ses créanciers prétendant avoir le droit de le faire arrêter en France y il fallut que le Parlement déclarât leurs poursuites attentatoires aux libertés nationales , à rhônneùr de Fépiscopat , et à là dignité de la pairie. Des mesures de la plus sévère économie assurèrent la lib#*ation de Jean d'Hangest. Quelqu'un a écrit qu'il favorisait secrètement le calvinisme. Une telle assertion ne devait pas être hasardée' légèrement y et ne peut-être admise sans preuve. Né en i5i4; niort en 1677. Genlis.
254 Hangest ( Louis- Auguste Lamy d'), général de division. Maréchal-de-camp avant la révolution » il parvint aux premiers honneurs de l'Artillerie. 1} s'est trouvé à six sièges» à cinq batailles et à nombre d'autres affaires. Il assura , p'ar une action hardie , le sutcès de la journée de Glostercamp. Il dirigea , en 1 792 , le siège de Maè'Stricht; et chargé p^r intérim du commandement en chef dé l'armée , .dans des conjonctures où la fidélité des soldats dépendait tic la conduite du général , il réussit à les retenir dans le devoir. Né en 1731; mort en 181 g* , Wissignieourt.
25S. Hans (Jean de), religieux-minime, était, ejx i56i , le prédicateur le plus renommé de Paris,, par l'érudition et la véhémence des di^ours qu'il improvisait contre les novateurs* « Il semble seul faire tête » à tous les ministres, dit Pasquier : il n'y a jour qu'il » n'ait prêché deux* fois pendant les Avents , d'une » grande facilité de langue et d'esprit, n^oubliant rien » de ce qui fait à notre cause. » De Thou n'en parle
pas aussi favorablement : il le trailo de harangueur séditieux , turhulentus concionator. On était alors dans un de ces . momens où des principes de modération prévalaient à la Cour. Le minime fut enlevé secrètement par ses ordres » et conduit dans les prisons de Saint-G^pi^in. Tout Paris s'émut au premier bruit de cette arrestation. Un grand nombre de notables bourgeois se rendirent aussitôt à Saint-Germain , et réclamèrent le prisonnier d'un ton si menaçant, qu'il fallut le leur rendre^ Sa rentrée dans Paris fut un véritable triomphe. Il y eut le lendemain une grande procession , pour remercier Dieu de sa délivrance , comme d'une faveur signalée. On conçoit que cet incident ne diminua point l'affluence de ses auditeurs. Ses sermons furent tout, aussi courus que ceux du cardinal de Lor- . raine , qui se l'était associé pour prêcher alternativement pendant Toctave de la Fête-D^eu. L'histoire n'a pas eu l'occasion de reparler de lui depuis iS6i. Il était né à Saint-Quentin,
256. Habcigny ( Guillaume de), premier médecin de Charles Yl, qu'il guérit d'une première attaque de sa maladie , la seule dont il ait pu le traiter. Il était regardé comme, le plus habile praticien de son temps. Il laissa sur la médecine , l'anatomie et l'histoire naturelle, des ouvrages inédits qui subsistaient encore d^ns le ^x^ septième siècle. IJi fut le bienfaiteur des villes de Laon etdeNoypn. Mort en iSgS. Laon,
257. Hardouin , est un des -deux bénédictins de Saint-Médard , qu'une vertueuse indigQation suscita
pour la délivrance de Louis -le- Débonnaire , (voyez Condebaud ): Hardouin , lui avait été donné pour chapelain : mais il ne poiiVait le voir qii^en présence de ses gardes. Il trouva cependant moyen de lui faire connatti^ qù*on le trompait , pour le déterminer à se lier par des vœu^. L'espoir, d'un changement de fortune soutint l'infortuné monarque contre l'obsession à laquelle il était en butte. Un soulèvement général éclatant enfin coBtre l'oppression la plus scandaleuse , il recouvra le. sceptre avec la liberté. Hardouin vivait dans le neuvième siècle. Soissons.
fi58. HAnMAND ( Nicolas ), baron d'Abancourt , chevalier de la Légion d'honneur ', et que l'on distingua d'un autre personnage du même nom^ en le surnommant de Château -Jhierrî , exerçait avec talent ' dans cette ville la profession d'avocat , lorsqu'il fut député aux Etats-généraut de 1 789. C'est lui qui rédigea les cahiers
de ses électeurs. On a aussi de lui des écrits sur la cir-
conscription du département de l'Aisne et du district de Château-Thierri. Lors de la création des préfectures , il fut nommé à celle de la Mayenne. Il n'y avait guère de contrée où les troubles de la Vendée eussent exercé une influence pins funeste.^ Harmand y apparut comme un ange de paix. Il gagna les cœurs par l'aménité de son caractère : il rapprocha les esprits par ses manières conciliantes; et son administration sage, active , éclairée , ferma les plaies causées par les discordes civiles. Il emporta les regrets des administrés ,lorsqu'il se retira en 181 3 ; pour jouir en paix de l'estime que ses travaux lui avaient acquise. On court d'au-
ires carrières avec plus d'éclat. Celui qui fait sans briiit le bonheur de ses sembtables , est - il moins digne d'éloges ? Nér en 1 746 ; mort eni 82 1 . Çhâteau-Thierri.
259. Ha'inaut (Jeanne de), femme de^Louis deBlois- €hâtillon , comte de Gaise , n'est pas la moins remarquable des femmes qui se sont illustrées de son );emps par un courage étranger à leur sexe. Elle en donna des preuves brillantes dans plus d'une occasion , et notamment en iSSg, lorsqu'elle défendit Guise contre son père ,• alors allié des Anglais , et qu'elle iGt échouer l'altaque du château. Elle vivait dans lé quatorzième siècle.
Guise,
260. Hédouin (Jean Baptiste) , était chanoine régulier et l'un des professeurs de la mai^n de Prémontré « quand là révolution survint. Plusieurs années avant qu'elle éclatât , M. L'Ecuy , dernier général de Prémontré 9 voulant qu'à l'exeipple des congrégations de Saint-Maur et de l'Oratoire , son ordre marquât aussi dans les sciences et dans les lettres , avait ouvert un court complet d'études à Prémontré : chaque maison y envayait ses jeunes profès ; et il se trouva dans le chef-lieu des sujets capables d'enseigner avec fruit et même avec éclata Hédouin fut chargé de professer la rhétorique , et il prouva qu'on n'avait pas trop présumé de son talent , en faisant paraître , en 1 787 , un traité de sa composition , qui a pour titre Principes de l* éloquence sacrée, mêlés d'exemples puisés principalement dans l'Ecriture sainte , dan^ les saints Pères , et dans les plus célèbres orateurs chrétiens, à l'usage des cours d'études établis dans l'ordre de Prémontré. L'au-
leur ne s'est pas traîné servilement sur les traces de ses devanciers. II y a du neuf dans son énumération des figures. Du reste , ses définitions sont clairçs » ses préceptes judicieux , ses exemples bien choisis, son style ferme et élégant Cette ^réthorique ne doit pas être confondue dans la foule des livres classiques. Elle peut être fort utile aujourd'hui que la chaire , rouverte à l'éloquence sacrée , ne promet de la gloire qu'à de dignes héritiers des orateurs qui l'ont illustrée chez nous. Hédouin est mort il y a peu d'années. Prémontré»
fi6 1. Hédouvillb ( Louis de ) , baron de Sandricourt, chambellan du Roi , capitaine d'Arqués et bailli de Caux. Lorsqu'en 1 5o5 , Louis .XII confia le commandement de »on armée d'Italie à François de Gonzague , marquis de Mantoue, il lut adjoignit, comme lieutenansgénéraux , Sandricourt et le Bailli de Caën. Sandricourt était digne de ce choix : les Italiens eux-mêmes en rapportent une belle preuve. Les Français avaient jeté ur pont sur le jGrarigliano ; et Sandricourt s'était chargé de le défendre avec l'avant-garde que la rivière séparait du corps d'armée. Il fut attaqué par le plus audacieux des généraux espagnols ; et après une action sanglante ^ à laquelle Bayard se trouva , l'ennemi fut repoussé avec une grande perte. Il fallait profiter de ce succès , pour tirer l*armée d'une position mal-sainé, en livrant une bataille décisive. Gonzague s'y refusa» Il avait déjà manqué deux occasions de combattre avec avantage i sa fidélité devint suspecte. Sandricourt 4'accusa de trahison , l'appela même en combat singulier ; et l'Italien se retira prétextant qu'il était malade. ' Peu de jours»
après ses troupes passèrent à l'ennemi : et cette défection eut des suites funestes. On persuada au Roi que Gonzague avait été jinjustement soupçonné; Sandricourt fut exilé , et mourut du déplaisir d'une disgrâce qui lui semblait déshonorante. . Loùi|^ XII , détrompé ensuite par Bayard , donna de^ regrets tardi& à l'un de ses meilleurs^'officiers*
Tout porte à. croire qu'un autre (THédouville, dont l'histoire parle honorablement , appartenait aussi au département de l'Aisne ; c'est celui qui commandait à Crépy-en-Valois , pour. Henri IV, et qu'on a vu, en iSgS, battre la garnison ligueuse deSoissons. Sandricourt mourut en 1 5o4* Le VermandoU.
262. Hédouville (Gabriel-Marie- Joseph , «omte d'), pair de France , lieutenant-général des armées , de la même famille que le précédent. Un heureux assemblage de qualités solides et aimables lui promettait de grands avantages dans plus d'une carrière : il remplit glorieusement cettç destinée. Guerrier sage et instruit , il' s'éleva par de belles actions jusqu'au commandement en chçf des armées. Négociateur habile , un bel extérieur, une politesse parfaite^ et un esprit conciliant facilitèrent ses succès dans les nombreuses missions diplomatiques dont on le chargea. Les temps oùjl a vécu produisirent des renmnmécs plus éclatantes , mais non pas des réputations plus pures que celle du pacificateur de la Vendée* Né en ijSS; mort en 1826. Laon»
263. JlÉNAVT ( Jean- François ) ,. a consacré à des œuvres de bienfaisance une fortune acquise par une loua-
ble industrie. Négociant obscur et laborieux, il secourut les pauvres pendant sa vie , et fit en leur laveur , par son testament , de sages( dispositions , jusqu'à concurrence de cent riiigt-cinq mille francs. On en peut voir le détail dans le supplément du tome dix de la Biographie des contemporains. Quelle gloire plus solide que celle qui ne s'acquiert qu'en faisant des heureux ! Mort en i8s3.
Liesse* 364* Héméré (Claude)^ docteur en théologie et chanoine de Saint-Quentin , a publié plusieurs ouvrages de piétés d'érudition et d'histoire. Ses annales latmeS de Saint-Quentin contiennent des documens précieux pour l'histoire de tout le pays environnant. Né vers i58o; morteni65o. Saint-Quentin,
s65« HBUifUTER DE La MoTH£ ( Charles ),. l'un des meilleurs officiers de l'armée française qui qombattit en ItaKe, sous Louis XII , avait été fait priçondier dans une rencontre , où le duc de Nemours laissa surprendre son arrière - garde. Se trouvant chez le général espagnol à un diner où l'on parla de- la .bravoure ,des nations belligérantes , il consentit que la palme fut partagée entre les Français et les Espagnols : mais il repoussa , comme une injure» toute comparaison avec les Italiens; et lj3 lendemain U répéta le même, propos, devant le général italien Prosper Colonne. On convint alors que la question serait vidée , en champ clos y en présience des deux armées , par un combat à outrance de treize Français contre treize Italiens :. ce combat eut lieu le i3 février i5o3. Les Italiens s^étaient munis de lances d'un pied plus longues que celles des Français :
un d'eux n*en fut pas moins renversé au premier choc' . La maxime 4olu$ an virtus leur avait suggéré une autre précaution > dont Guichardin fait l'aveu : ils. se saisirent d'épieux disposés à dessein ; et s'en étant servis pour assommer les chevaux de leurs adversaires , ils remportèrent une victoire facile sur des cavaliers démontés. Pour excuser leur nise , les historiens de leur nation prétendent -qu'il avait été convenu que chaque partie s'armerait à son gré , dussent les armes ^tre inégales. C'est avouer du moins que , tandis- qu'on disputait de bravoure , leurs champions ne durent » qu'à un stratagème y l'avantage dont on fit alors grand bruit en Italie. Tous y au reste, reconnaissent que La Mothe jouissait d'une grande réputation militaire : il est même , je crois , le seul Français dont ils aient cité le nom.
Saint-Quentin.