Hennuter (Jean), aumônier du Roi etévêqae
de Lisieùx , de la même famille que le précédent; avait
-été précepteur du dauphin François , mort en i536,
et d'Antoine de Bourbon , roi /de Navarre. L'histoire
le cite comme s'étant- opposé à l'exécution de l'ordre qui, en 4872, prescrivait le massacre des protestans de son diocèse, a Le Roi (dit un biographe) loin de le 9 blâmer , donna à sa fermeté, les élogeà qu'elle méri- » tait; et sa clémence, plus efficace que les sermons , » les livres et les soldats , changea le cœur de presque » tous les calvinistes. » On sait qu'effecj^ivement Charles IX ne tarda pas à se repentir de l'action ati^ce à laquelle *il av^it été poussé par une intrigue abominable. Un auteur dramatique a fait , de la belle conduilc de son aumônier , le sujet d'une pièce qui a pour titre
Jean Hennuyer , évêque de Lisieux* On a entrepris de reléguer parmi les fables » ce trait justement célèbre et qui honore Tépiscopat. Hennuyer était » dit-on , un adversaire violent des calvinistes : il s'était opposé à Tédlt de janvier i562 » qui leur accordait le libre exercice de leur culte; et c'est en appliquant à l'année 1672 cette opposition de i562 , qu'on aura fait de lui le sauveur des calvinistes de son diocèse. Mais d'abord de ce qu'il se serait opposé à ce qu'on permit en France l'exercice public de la religion réformée , s'ensuit-il qu'il n'ait pu vouloir qu'on épargnât la vie des religionnaires?' Où a-t-on vu que celui qui hait l'hérésie , ne puisse improuver le massacre des héi^tiques ? Il me semble que tout c6 qu^on peut conclure de l'opposition de .1562» en la supposant réelle , c'est que celle de 1572 en sera plus méritoire. Rien au. reste de moins vraisemblable que cette prétendue' confusion de ce qu'on reproche à Hennuyer en i562 , avec ce qu'on lui conteste en 1572. Elle pourrait se Concevoir jusqu'à un certain points si les deux faits étaient de même nature. Mais le simple bon sens la repousse , dès-là qu'ils contrastent tellement , que ceux même qui veulent qu'on les ait pris l'un pour l'autre ^ vont en même teiQps jusqu'à soutenir qu'ils sont inconciliables. Toutes les autres objections , qui ne consistent qu'en des argumens négatifs 5 méritent peu d'être réfutées. Telle est celle qui se fonde sur le silence de l'épitaphe d'Henhuyer; silence duquel on ne peut raisonnablement coujclure que l'une des deux choses suivantes : ou que le beau trait del'évêque de Lisieux n'était pas apprécié à sa juste valeur » ou qu^oa n'osait le propo-
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5(Br à radmiration générale ^ à une époque où la haioc réciproque des deux partis était encore dans toute sa violence. Je ne rois donc rien qui nous autorise h le dépouiller de la gloire tlont il est en possession. Né en 1497 » il d vécu sous sept rois , el est mort en 1678.
Saint-Quentin»
267. Hérigoubt (Julien de) » conseiller au présidial de Sôissons , eut une part principale à rétablissement de Tacs^démio de Soissons , dont il a donné une élégante histoire latine. Mort en 1705. Soissons.
368. HÉBicauRT ( Louis de ) » avocat aiï parlement de Paris , petil^fils du précédent. Savant jurisconsulte et auteur de plusieurs ouvrages de jurisprudence , il est far,»es Lois ecclésiastiques de France, le premier des canonistes français. Personne li'eutplus de simplicité^ plus de douceur y plu6 de vertus*. On n'en était pas moins parvenu à persuader à un ministre , à qui on le peignait peut-être comnie janséniste , de lancer une lettre de cachet contre lui. On n'osa pas. néanmoins la mettre à exécution > sans eu avoir parlé au Régent ;^tant était grande la considération dont jouissait l'illusltro jurisconsulte! La réponse du prince fut que (e^ lettres de oUchet n* étaient pas faites pour un homme tel que M* d'Héricourt ; et il déchira celle qu'on présentait à son approbation. Né en 1687; mort en 1752. Soissons.
269. HfiRMAN^ bénédictin. Son histoire de l'épiscopat de Barthelemi , écrite avec sagesse , est intéressante pour le diocèse de Laon, pendant la période qu'elle embrasse. ïl y parle des hommes et des choses avec
une sagesse que Guibert aurait du imiter. Mort ea ii5i. Laon.
«70. Hervilly (Louis-Charles, comte d'). Quiberon doit rappeler' à jamais des souvenirs touchans de courage et d^infortune. D'Heryilly commandait cette armée de chevaliers que les destins ennemis, et, dit-on aussi, de fallacieuses promesses poussaient vers une iCndéplô- ' rable. Il y scella de son sang son attachement àia cause des Bourbons. Né e^ 1765; mort en 1796. LéchelU.
271. HiMCMAR, évêque de Laon* L'histoire a donné à cet évêque , diversement jugé , une grande importance, en consacrant de Ungues pages au récit de ses démêlés avec Charles4e-Ghauye et Tautre liincmar , son oncle. Les rigueurs exercées sur^a personne , et la réparation qu'il en obtint avec tant de peine , excitent un grand intérêt en sa faveur. Les ennemis de sa lùémoire n'ont voulu voir en lui que l'ecclésiastique françab, défendu contre son souverain . par la cour de Rome. Mort vers 88 1. Laon,
872* HiBSON (Hugues d') » de la fanlillè des anciens seigneurs de ce lieu , fut élu abbé général de l'ordre de Prémontré , après une première abdication de Guil*" ' iaume II. Guillaume eut regret de s'être démia ; et > quoique repoussé par le vœu d'un chapitre, tenu à Soissons , qui se déclara hautement, en faveur de Hugues , il se fit réintégrer par la cour de Rome. U ne tarda pas h sentir qu'on n^ peut gouverner avec fruit des hommes dont on s'est aliéné le^s cœurs : il abdiqua de
nouveau; et le Pape ayant permis qu'on le remplaçât^ Hugues eut la gloire d'obtenir une seconde fois les suffrages de se^ confrères. Il est regardé con^me le fondateur de la bibliothèque de Prémontré : il en augmenta la maison d'édifices construits dans le goût qu'on admirait alors; et il laissa le souvenir d'un gouverilement qui sut encourager les études». et ne fut pas dénué de splendeur* Mort en 1242. Hirson.
. 273. HouiLLiER (Pierre), chanoine de l'église de SoissonSy publia 9 en 1783, un Etat ecclésiastique et civil du diocèse de Soissons, fait avec assez de soin , pour que l'auteur et l'ouvrage ne doivent pas être oubliés ici. La dénomination de PouilU , sous laquelle on a coutume de désigner ce livre , n'en donne qu'une idée fort imparfaite : c'est une véritable statistique ^ telle qu'on a pu la concevoir , à une époque 011 la science ainsi appelée n'était pas encore définie , où même son nom était à peine connu. Cet ouvrage peut toujours être consulté utilement. Pendant le règne de la terreur, Houillier fut jeté dans une dés prisons de Paris , et dbt son salut au 9 thermidor. Il connut aussi la persécution sous le régime impérial. On l'arrêta comme suspect d'avoir composé^ ou au moins répandu , un écrit* réputé séditieux. L'évêque de Soissons , M. de Beaulieu , réussit à lui faire rendre la liberté. Né en 1731 ; mort en 1807» ' . Soissons»
274* HoBDRBT ( Loijiis) 9 avocatanx conseils du Roi, jurisconsulte et historien. Sa ville natale lui doit une histoire gavante. Il avait mission pour un tel travail ,
hii qui , chargé de là défense de Saint-Quentia dans le grand procès dû franc-aleû , avait du fiiire une étude approfondie de ses antiquités. Mort , âgé de 76 ans » en 1789. Saint-Quentin.
S75. HuBT (Jean-Gharjes) , sousH^hef de division a la grande chancellerie de la Légion d'honneur , a écrit d'une manière intéressante sur l'architecture. Un beau trait de luîne doit pas rester dans l'oubli. Dans le temps qu'il était libraire , il avait publié un ouvrage piquant contre le Directoire. On le jeta dans la prison de La Force; on l'interrogea rigoureusement sur le nom de l'écrivain; on le menaça de la mort, s'iL s'pbstinait à le taire. Il fut impénétrable ; et ne dut sa liberté qu'au changement de circonstances. M. de La Gépède ne l'appelait que V ingénieux Huet. Il était neveu du célèbre Legros. Né en 1 762 ; mort en 1 81 1 . MonampteuH,
876.'Huau£s de Saint-Quentin. Les contemporains ont parlé de lui , comme d'un guerrier fameux. Il suivit Guillaume-le-Bâtard à \et conquête de l'Angleterre ; et il fut de ceux dont les services furent récompensés par des concessions territoriales. Il vivait dans l'onzième siècle. . '^ Saint-Qu^entifi*
877. Hugues le Blanc , seigneur de Là Ferté-Milon. Suger , dans la vie de Louis-le-Gros , en parle comme d'un chevalier généreux et magnifique. Il n'était pas moins» renommé pour sa valeur. Enguerrand de Couci n'avait pas négligé de l'appeler à son secours» dans
/ 28o GALERIE
la guerre quil fit à son fils Thomas de Marie. Il Tivoflt encore en 1122. La Ferté^Milan,
278. Hugues , archevêque àc Rouen. Ce savant prélat , éle^vé dans Técqle de Laon , est auteur de plusieurs ouvrages d&.théologîe , de littérature sacrée et d'histoire. Ils sont indiqués par Lelong , qui présume que Hugues était de Tancienne maison de La Bove. Mort on 1 164* Lô Lcumnois,
279. HuMBE&T (Albéric de) , ou de Laon , archevêque de Reims. Ce prélat célèbre dans Thjlstoire des croisades , par son z^e belliqueux » doit figurer avec plus d'éclat encore dans l'histoire des arts. C'est lui qui posa la première, pierre de la superbe basilique de Reims. Mort en 1218. ZiOon,
280. HuMBERT (S.) ^ abbé de l'abbaye de Marolles , en est regardé comme le fondateur , parce qu'elle lui dut la terre de Mézîères-sur-Oise , où il était né , et qu'il avait héritée de ses parens. Sa donation est de 662. Mézières.
281. Jacques de Guise , franciscain , est auteur des annales du Haiïiaut» L'histoire de France lui doit d'utiles éclaircissemens sur ses antiquités > et notamment sur Mérovée et sa descendance. Mort en*)3g8. / Guise»
HISTOBIQUE. 281
383. Jabdel( Claude-Robert) » officier de )a maison du Roi. On doit à cet antiquaire plusieurs ouvrages intéressans pour le pays , notamment la description des tombeaux de l'église de Braine » des recherches sur les antiquités de Braine et de Fère , qu'il publia en 1 766^ et des remarques sur la ville de Braine , insérées dans les nouvelles recherches sur la France. Mort , figé de 79 ans« en 1788. Braine»
sSSr Jean de La Fère , chanoine de Roye , auteur de l'ancien roman qui a pour titre Le riche Homme et le Ladre. Il vivait vers le treizième siècle. Iji Fère.
si84* Jean de Laon , jurisconsulte. Son traité de la puissance ecclésiastique où il établit l'indépendance du pouvoir séculier , est un ouvrage remarquable pour le temps. Aussi fut-il condamné par JeaiTXXII. Il vivait dans le quatorzième siècle. Laon.
s85. Jean de Poilly , aujourd'hui Pouilly , docteur en théologie » l'un des plus habiles prédicateurs de son siècle. Il soutint , dans la célèbre assemblée de i5oi » que les Rois n'ont de supérieur pour le temporel que Dieu seul; et il défendit , en i52o , les droits des évéques et des curés contre les entreprises des moines.
Pouilfy.
s86. Jean de Roquigny était abbé de Clairfontaine, qaand il fut élu abbé-général de Prémontré en 1 247* Il maintint la régularité par de sages réglemens ; il fonda le collège de Paris pour les jeunes religieux qui pouvaient suivre avec fruit les coubs de l'Université ;
2i8â GALEKIE
et par la sainteté de ses mœurs , il mérita d'être inscrit au nombre des bienhsureux. Mort en laôg^
Roquignj,
287. JoFFAEViLLB ( Philbert le Danois» marquis de)» vicomte de Ronchères et seigneur de Fussigny » étai) l'un des meilleurs lieutenans-généraux des armées de Louis XIV : il se distingua surtout dans la guerre de la succession d'Espagne. Lorsque des conseils ile régence furent formés pendant la minorité de Louis XV , il dut à son mérite de prendre place dans celui de la guerre. Fussignj*
288. JovET ( Laurent ) , avocat au parlement de Paris y auteur de quelques ouvrages de jurisprudence. On peut encore consulter avec fruit sa Bibliothèque des arrêts* Il vivait dans le^ dix-septième siècle. Laon.
289. JovET (Nicolas) , chanoine deLaon» fils du précédent. Son histoire de toutes les religions du monde a eu deux éditions. Celle de la maison de Couci ne doit pas être oubliée ici , puisqu'elle est d'un intérêt particulier pour le Département. Mort en 1710. Laan.
290. IsAAc de Laon , évêque de Langres » fameux canoniste. Son recueil de canons a été imprimé plusieurs fois, comme un monument précieux de l'ancienne discipline. Le savant Baluse en a donné une
édition» Isaac vivait dans le neuvième siècle. Laon.
291» IsAAG de Saint-Quentin , était membre du conseil privé, ou ministre d'état sous Philippe L*'. La
preuve s'en tire d'une charte par laquelle le prince approuvait, en iû85 / une fondation du comte de Flandre. Cette charte est souscrite des sept membres du conseil privé , et la signature de Jean de Saîht- Quentin y est placée entre celles du chancelier et du trésorier d'une part , du sénéchal et du chambrier d'autre part. Saint-Quentin.
292. La Bove ( Gobert IV , seigneur de ) dont la maison était une branche de celle de Châtillonsor-Marne , a mérité une place , dans l'histoire , parmi les guerriers qui servirent utilement leur patrie , pendant la prison du roi Jean. Lorsque les états-généraux eurent rejeté le traité honteux auquel .ôe prince , ennuyé de sa captivité , avait eu la faiblesse de consentir à Londres > Edouard III passa la mer avec des forces considérables, et vint mettre le siège devant Jieims , au mois de décembre iSSg. Les habitans étaient bien résidus à se défendre : mais il fallait que des chefs' expérimentés dirigeassent leurs efforts. Gobert de La Boveet quelques autres gentilshommes du pays se mirent à leur tête , et firent éprouver à Edouard une résistance à laquelle il ne s'attendait pas. Toutes ses attaques furent repoussées ; et la mauvaise saison moissonnant ses soldats , il se vit réduit à se retirer. Reims put se flatter alors d'avoir sauvé la France. Il y a lieu de croire que La Bove commandait dans la place sous Gaucher de Châtillon , son parent , et que les rémois , par reconnaissance du service qu'il leur avait renda» lui conféré^
984 '^ 6ALBRIB
reni la charge de Capitaine tU ville. Il est du moins certain qu^elle fut exercée suècessivement par Baudouin f son frère putné » et par Jean Barat , son fik. Goberl V» son petit fils» fut tué à Azincourt* Quant ft lui» il mourut en 1 36g. Son tombeau se voyait dans révisé de Vauclerc » ainsi que ceux de plusieurs personnes de sa famille. La Bi^ve^
«gS. Lacouht (Gervais de) » a laissé une preuve de r utilité des mathématiques » par le livre où il traite d» la fabrique et de l'usage de la jauge destinée à faire connaître ht grandeur et la capacité des vaisseaux circulaifes. Il vivait dans le seizième siècle^ Soîsson».
sg4* La Farb (Etienne-Joseph de)»évêque de Laon. Ce successeur des Adalbéron et des Lecoq , qui fut loin d'égaler leurs talens et qui ne partagera jamais leur célébrité , n'en doit pas moins figurer dans ce catalogue» sinon à côté d'eux» au moins à leur suite. Incapable de gouverner par lui-même » il se livra entièrement aux Jésuites » qui jetèrent le trouble dans la ville épiscopale » et y suscitèrent une persécution violente. Le collège prospérait sous la direction des officiers municipaux. Des séculiers y étaient chargés de l'enseignement : à leur tête brillait l'auteur de V Histoire du Ciel, et du Spectacle de la nature* Les séculiers furent expulsés» malgré l'opposition de la ville; et les enfansde Loyola les remplacèrent en vertu d'une lettre de cachet qu'on renouvelait tous les six ans. Le sémini^ire était confié aux Oratoriens : on le leur ôta » pour le donner aux Nicolaîtes. Il y avait dans le clergé et la
magistrature de la ville beaucoup d'hommes habiles , qui faisaient ombrage aux Jésuites. On les accusa de jansénisme » et des lettres de cachet les arrachèrent à leurs foyers : plusieurs ne revirent point leur patrie. Fiers de ces succès qui cependant à leur gré no faisaient pas assez de bruit , les guides de La Fare en ambitionnèrent de plus éclatans. Ils publièrent» sous son nom 9 une instruction pastoi^ale contre des réquisitoires de l'avocat-général Gilbert^ où ce magistrat censurait une lettre et un mandement sortis de leur plume» comme blessant la doctrine de l'église et les droits deTépiscopat. Péjà la cour des Pairs était convoquée pour délibérer sur ce poléniique incendiaire » lorsqu'il fui supprimé par un arrêt du conseil privé » du 9 septembre 1733. Cette leçon ne corrigea point les Jésuites » pa» plus qu'elle n'éclaira leur aveugle prête-nom. Cinq ans^ après parut une nouvelle instruction pastorale sur l'autorité que Jésus - Christ a donnée à son église^ Nouvel arrêt du conseil» du 11 novembre 1737 . qui la supprime aussi comme contraire à l'autorité du Boi et à la Justice , et comnne tendante à émouvoir les esprits et à troubler la tranquillité publique. Le même arrêt révoque le privilège accordé h La Fare pour l'impression de ses mandemens. Ces écrits follement téméraires lui avaient fait une sorte de réputation » quoiqu'il n'y eut personne qui ^ interrogé par lui s'il les avait lus», n'eut pu» comme Piron » lui r^ondre» et vous Monseigneur. On eut la curiosité de les parcourir : on voulut savoir ce qu'était leur soi-disant auteur fon se le fit montrer. De là le portrait satyriqde qu'en a fait Duclo^ dans ses mémoires. Mort en 1741* Laon^
286 GALEniE
295. LafOxNs ( Claude de ) » avocat et anaotateur judicieux des coutumes de Vermandols, est aussi le plus ancien historien de la ville de Saint-Quentin. Mort en i656. Saint-Quentin,
296. La Foi<}taine (Jean de) , inimitable comme fabuliste et comme conteur , a été trop rarement imité , comme ami courageux d'un ministre disgracié et proscrit. L'auteur du distique suivant a dit de lui avec assez de bonheur^
Dans la fable et le conte il n'eut point de riv^aux : Il peignit la nature et garda ses pinceaux.
Né en 1621; mort en 1695. Château-Tkierri,
297. Lahire ( Etienne de yigno!es y dit ) , seigneur de Vignoles près Gourcelles , l'un des plus célèbres guerriers qui aient défendu la patrie contre l'usurpation anglaise , sous les règnes de Charles VI et de Charles VU. Les héroâ de ce temps-là ^'étaient pas de grands clercs. Lahire, avant de combattre , invoquait l'assistance divine en termes^ un peu familiers. «Dieu, » disait-il » je te prie quQ tu fasses aujourd'hui pour » Lahire , autant que tu voudrais que Lahire fit pour » " toi , s'il était Dieu et que tu fusses Lahire. » Et il cùidait , ajoute l'historien , très -bien parler et dire. Son nom , donné au yalet de ccëur , a rendu son immortalité populaire. Mort en \l\/\^. Fignoles*
298. Laistre (Eustachede), seigneur d'Ecurry-en- Soissonnais , avait été premier maître d'hôtel des re- -quêtes du Roi , et remplissait la charge de premier
HISTORIQUE. ïSj
président de la chambre des comples > lorsque la factioH du duc de Bourgogne lui conféra la dignité de chancelier. Il en fut pourvu à trois reprises différentes y parce qu'il la quittait et la reprenait , selon que les Bourguignons perdaient ou- recouvraient leur influence. C'était un homme altier et pou délicat. Sa conduite avec le Parlement fut despotique : il ne tenait aucun compte des remontrances de cette compagnie , lorsqu'elle se plaignait de la violation de ses droits , ou du mépris de ses usages. Après la mort de sa femme » il se fit clerc » et fut successivement évéque de Beauvais et archevêque de Sens. Il s'était retiré en Flandre» lorsqu'une épidémie l'emporta le 18 juin* i4^o. L'infôme traité de Troyes qui appelait au trône de France' le roi d'Angleterre , avait été signé le s 1 mai précédent. Ne serait-il pas juste de conclure de la retraite du chailce- *lier de Laistre » qu'il refusa d'approuver l'exhérédation du Dauphin ? On pourrait lui pardonner bien des fautes ^ en faveur de cet acte de courage. Ecurrj^
399« Lalarde (Eustache de Bimont ». dit le Capitaine J. L'art de défendre les places a eu des obligations< à ce capitaine expérimenté , ou , conogme parle Brantôme , à ce' vieux routier de guerre ,, qui s'illustra par la défense de Landrecies et de Saint-Dizier. Il avait eu bonne part à la prise de la première de ces villes; et il périt au siège de la seconde. Son corps fut rapporté à Laon , et inhumé dans la nef de l'ancienne eathédrale. Son fils , héritier de sa valeur » se distinguait en Tbiérache * dans la campagne de lâS 1 ^ par la
prise du château d'Appremon.t. Le capitaine Lalandei fut tué en 1 544- htion^
Soo. Lalouettb ( François - Louis) , docteur eu théologie. On lui doit des ouvrages propres à faciliter Tintelligence de TEcriture sainte et à la fixer dans la mémoire. Mort en 1697. laLon*
5oi. Lameth ( (Antoine de) » seigneur de Pinon^ était de son temps le chef d'une maison originaire dçs PaysTBas » et dont le nom se trouve mêlé aux évènemens. de ia ligue » de la fronde* et de la révolution. Il se ren* dit utile à l'état par une capacité pour les affaires , qui ne s'est point démentie dans sa famille. U était employé dans les ambassades sous le règne de François Lf^'y et remplissait avec distinction, en i52i et i52s» une mission des plus délicates auprès des Gantons suis-* ses. Né en 1479; ii^^^ avant i53i. Pinon.
3o2. Lah£tu ( Charles L®' de ) , vicomte de Laon ,
descendait du précédent. Le gouvernement de Côuci
lui donna les moyens de jouer dans la province un assez grand rôle , pour que Henri IV ait cru devoir &ire avec lui un traité particulier en i394« Pinon.
3ô3. Lameth ( François , vicomte de ) , petit-fils du -précédent. Quand l'histoire ne le citerait pas» pour avoir signalé sa valeur en 161 7, au siège de Soissons , il suffirait pour sa gloire de la mention qu'en fait un livre qu'on ne se lassera point de lire. Les mémoires du cafdinal de Retz feront vivre le nom du vicoiçte de Lameth,
9071 pro(^ parent , son intime ami , qui n^ocia son accommodement avec la Cour en 1 655. Pinon.
304. Lambth ( Charles II 9 de)» comte de Bussy » lieutenant-général des armées , était de la même famille (jue le précédent et vraisemblablement son frère. Il avait acquis , sous le règne de Louis XIII , la réputation d'un des meilleurs généraux ; et il avait la promesse du bâton de maréchal , lorsqu'il fut tué| » au siège de La Capelle , en 1637. Pinan.
305. * Lameth (Henriette de Rouci-Sissonne , femme de Claude-François» comte de Bussy). La comtesse de Lanflibth qu'à la cour de Louis XIV on nommait la belle Picarde , était ornée de tous les dons de la nature et de tout ce que peut y ajouter de grâces une brillante éducation. Elle chercha la célébrité dans le scandale ; elle l'y- trouva. Rien de plus connu que son intrigue aveb le marquis d'Albret » dont le résultat fut la fin tragique du dernier rejeton d'une famille illustre. Hénaut , qui a denné à cet événement une importance historique » dit que d'Albret avait été attiré dans une embuscade par une lettre que Lameth avait forcé sa femme de lui écrire. J'ai vu la procédure que les offir ciers royaux de Gouci commencèrent le jour même de la catastrophe. Voici les faits qu'elle constate.
D'Albret » arrivé de la frontière à Ghav^non , de midi à une heure , le 6 août 1678 , en instruisit sur-le-champ la comtesse» par un mot d'écrit. Son message» rencontra dans Anizy » un laquais du château de Pinon , qui passait là par hasard; il lui remit le billet. Ce laquais ,
^QO GALERIE
^ui n'était pas un confident , ne dut pas faire un mys- , tère de sa commission ; et Lameth en pénétra sans^ peine le secret. Son parti est bientôt pris : il suppose une nécessité subite de se rendre à Laon; et après avoir tout disposé pour sa vengeance» il part à cinq heures du soir dans un caresse à six chevaux , afin que personne n'en ignore. D'Albret informé de ce soudain départ , arrive à Pinon vers minuit , armé de ses pistolets. Trois hommes munis d'armes à feu , qui l'attendaient sous une voûte , feignent de le prendre pour un voleur» II s'engage entre eux un combat inégal ; et d' Albret y reçoit la mort , après l'avoir donné à l'un des assaillans. Qu'y a-t-il dans tout cela d'oui l'on puisse induire que. Lameth s'était servi de la main de sa femçoLe, pourfendre à son rival le piège où celui-ci périt sans honneur! D' Albret était avec l'armée du côté de. Gharleville / la belle Picarde lui aura témoigné le désir qu'il put lui consacrer quelques momens; et la lettre qu'elle lui écrivit à ce sujet s'étant trouvée dans ses papiers , on aura supposé , pour rendre Lameth plus odieux» qu'elle avait été écrite par ses ordres. Le public le crut , parce que l'aventure «n devenait plu» romanesque. Le parlement de Paris ne le crut pas : sans cela Lameth lui eûtil paru suffisamment justifié par la preuve de son atibif L'implacable Lameth ne pardonna point à sa femme une infidéUté dont l'éclat retentissait partout ; il l'accusa d'adultère. Elle ne se déconcerta point, c Elle » prétend se justifier (disait madame de Sévigné) et faire » voir clair comme le jour que son mari est impuissant : » et quand on lui dit qu'elle a eu un enfant , elle assure » que ce n'était pas de lui. n
mSTORIQUE. 291
' Henriette de Roucî unît comme Isabelle 'sur qui il semble qu'elle se soit modelée. ( Voyez Flandre). Après avoir fait quelque temps le sujet de tous les entretiens 9 elle tomba dans un oubli si profond , que je n'ai pu découvrir ce que* devint le procès d'adultère et d'impuissance. * Sissonne.
306. La MoBLikBE (Adrien de) y chanoine de l'église d'Amiens » historien et généalogiste » dont les ouvrages» peu estimés pour le style , se recommandent par le mérite de l'exactitude. Mort en lôSg. Chauny.
307. La Personne (François de), vicomte d'Acy. En i58o» il défendit La Fère , pendant six semaines, avec un courage digne d'une meilleure cause , contre une armée florissante , où se trouvait l'élite de la jeune noblesse qui y disputait de magnificence autant que de bravoure; ce qui fit que ce siège fut nommé le siège de velours. -4^» p^ès Soissons.
308. LaPlénotb (N. deLafons, marquis de),~d'une des bonnes maisons du pays , commandait le régiment de Guise , lorsque la ville de Guise soutint le siège de i65o. Il y fit tant de mal aux assiégeans , qu'en se retirant , ils brûlèrent son château de Vadancourt. On ne sait de quelle manière le gouvernement le récompensa de sa belle conduite , et le dédommagea de la perte qu'elle lui fît éprouver. Que du moins son nom passe à la postérité , avec le souvenir de la gloire dont il se couvrit dans cette circonstance. Vculancourt.
Sog. Latacue ( Jacques Reneaume de ) , ancien
capitaine d'infanterie , chevalier de S. Louis , et auteur de quelques ouvrages de littérature^ fit la réputation du journal de Bouillon , intitulé Gazette des gazettes s qu'il rédigea pendant vingt-sept ans. Il coopéra aussi à la rédaction du journal encyclopédique. Son principal titre à la célébrité est son excellebte traduction des Observations physiques et morales sur tinstinci des animaux » par ReijnaruSi, Les notes pleines d'intérêt , dont il a enrichi cet ouvrage » lui assurent un rang distingué parmi les naturalistes. Né en 1735;. mort en 1796. Laan»
3 10. Latilly ( Pierre de ) » d'abord chanoine et ensuite grand archidiacre de Soissons oh il était né» exerça pendant plusieurs années les fonctions de clerc du Roi, c'est-k-dire , de secrétaire d'état. Il fut élevé» en i3i3, aux deux dignités d'évêquede Ghâlons-sur- Marne et de chancelier du Royaume. On sait à quelle violente persécution furent en butte , sous les règnes faibles des fils de Philippe-Ie-Bel , ceux qui avaient joui de la confiance de ce prince. Latilly ne partagea pas , il est vrai» toute l'infortune d'Enguerrand de Marigny: mais l'orage gronda long-temps sur sa tête, comme sur celle de Raoul de Presles. On l'accusa d'avoir donni^ la mort à l'évêque auquel il avait succédé » et même h Philippe-le-Bel » son bienfaiteur : on le jeta dans une prison ; et on ne se pressa point de lui donner des juges» Il en demanda avec tant de force , qu'on le traduisit enfin devant deux conciles successifs^ et que son innocence fut sans doute reconnue. Mort en iSaS. Soissoris*
HISTOUIQUE. 993
Si 1. Laval (Michaut de) » signala son courage et sa fidélité soas les règnes de Jean et de Charles Y , et se distingua» en iSSg, à la reprise des forts de Saponay» de Rouci et de Sissonne. Charles Y Ini donna un témoignage honorable de son estime » en le nommant connétable des arbalétriers de Laon, par son ordonnance du mois d*août 1367 , qui accorde des privilèges à cette compagnie. Il y est dit que la nomination de Michaut de Laval a été faite sur le rapport fait au Roi , de la conduite valeureuse de ce brave citoyen aux trois sièges de i35g« Laon,
Sis. Laurent ( Jean) » notaire , est cité pour un de ceux qui contribuèrent aux progrès de Tart du jardinage , en propageant une culture qui joi^t l'agrément à l'utilité. Les arbres nains ou en espalier étaient peu connus » lorsqu'il en fit sentir les avantages et indiqua les moyens de les faire prospérer , dans un ouvrage ayant pour titre Abrégé pour les arbres nains. Ce livre» qui parut en 1675» est dédié au célèbre La Quintinie.
Laon.
3i3. Laurent de Lionne ( Eustache-Laurent ) , ingénieur des ponts et chaussées , et membre du conseil général du département de l'Aisne. Neveu, élève et coopérateur du célèbre Laurent , il fut nommé après lui directeur, des canaux de Picardie et de la Somme , et il y resta attaché en qualité d'ingénieur , lors même que les idées de son oncle eurent subi une modification considérable. On a de lut un discours sur l'utilité des grands ouvrages auxquels il a eu une part honorable » et une réfutation des difficultés élevées contre le plan'
du canal souterrain de Saint-Quentin. Néen 1750; mort en 1821. Fargniers.
. 3i4* Lebègue (Nicolas), organiste diji Roi, était bon musicien, habile compositeur, et célèbre organiste. Louis XIV ne Testimait pas moins pour sa probité que pour ses talens. Mort en 1702. Laon»
3i5. Le Garlier (Marie-Jean-Françoîs-Philbert*) , maire de Laon. Toute sa vie a été remplie par l'exercice d'emplois importans dans la magistrature , Tadministration et les assemblées législatives. Il fut chargé , pendant un an , du ministère de la police , à la suite d'une mission diplomatique, qui n'a pas été sans influence sur les destinées de la Suisse. Né en 1762 ; mort en 1799* Laon.
3 16. Lecat (Claude-Nicolas), l'un des plus célèbres chirurgiens du diX-huitième siècle. Il a contribué au perfectionnement de son art , par ses expériences £t ses nombreux ouvrages. On a dit de son Traité des sens, que )a partie anatomique était digne de Winslou, et que la partie morale eut^5té avouée par Platon. Né en I700; mort en 1768. BlérancourU
317. Leglerc (Claude) , lieutenant-général du 4)ail' liage de Vermandois , s'acquit une grande réputation dans l'exercice de cette charge, et reçut en i653,
.pour récompense de ses services, des lettres de conseiller d'état ; distinction d'autant plus flateuse , qu'il n'y avait alors presque pas d'exemples qu'elle eut été
accordée li la magistrature du second ordre. Claude Leclerc , dont la iamîlle a donné six lieutenans^énéraux-de suite au siège de Laon , est inort en 1671. iMon.
01 8* Lecoq ( Robert), évêque de Laon » se rendit trop fameux , comme l'un des principaux artisans des discordes civiles , pendant la captivité du roi Jean. L'histoire, oui il joue un rôle si contraire à son état , me dispense du soin pénible de tracer son portrait , et de le suivre dans les détours de sa politique séditieuse. Je lue borne à citer quelques faits moins connus. Avant de parvenir à Tépiscopat , il était avocat du Roi au parlement de Paris; et ses talens lui avaient mérité la faveur de Jean » qui l'employa dans des négociations délicates , et le fit entrer dans le conseil d'état. Ce fut en vain qu'il soufla l'esprit de révolte dans son diocèse : une tentative- qu'il fit en 1 558 » pour livrer Laon au roi de Navarre , n^aboutit qu'à la perte de quelques bourgeois qui furent punis de mort , pour avoif prêté l'oreille à ses propositions. Alors ne trouvant plus de sûreté en France , où son siège fut déclaré vacant , il alla chercher un asyle dans le royaume d'Arragon. Il y obtint , par le crédit de Gharles-le-Mauvais , l'évêché de Galahorre » et y mourut peu d'années après.
Laon.
3 19. Legivre ( Pierre), médecin , est auteur d'ouvrages sur les eaux minérales , qui ont eu plusieurs éditions , et dont un a été traduit en tatin. Né en 1618 ; mort en 1684. Charly^