Collection Léon Gruel
ISORÉ (les), ou YSORÉ. — Ce nom esc celui d’une famille de maîtres relieurs, qui ont exercé dans la seconde moitié du xvmc siècle. Je l’ai trouvé mentionné plusieurs fois dans des actes notariés, des placards ou le livre des règlements et statuts de i 760.
Dans une délibération (‘) de la communauté des maîtres relieurs et doreurs de livres de la Ville et Université de Paris, des 14, 1 5, 16 et 17 janvier 1749, qui autorise les quatre gardés en charge à obtenir des lettres patentes sur les nouveaux statuts, nous trouvons le nom de Isorè-la-Grive.
Louis Isoré et Thomas Isoré firent partie de l’Assemblée de la communauté des maîtres relieurs en date du 20 mars Ij5i, qui décida d’interdire aux maîtres de faire aucun apprenti pendant l’espace de dix années, permettant pour y suppléer de faire des alloués (1 2).
Nous retrouvons le nom de Louis Isoré et celui d’un Pierre Isoré dans l’Assemblée de la Communauté, qui eut lieu pour la communication des nouveaux statuts et les approuva.
D’après un acte de vente et un bail, nous voyons que Estienne Ysorè (ou Isoré), à défaut de notoriété commerciale, puisque nous n’avons trouvé de lui aucun travail, jouissait d’une certaine fortune, ce qui était rare dans le métier : car le 21 octobre 1770 (3 4), il acheta d’une dame Chabrier, Vve Grognet, par devant le notaire de la Prévôté et Châtellenie d’Issy et de Vaugirard, trois quartiers et un quarteron de terre en cinq pièces plantées de vigne, moyennant la somme de 270 livres.
Il demeurait à Paris, rue des Carmes, paroisse de Saint-Hilaire, mais il avait à Vaugirard une maison de campagne; et ces actes nous apprennent encore que, par un bail en date du 12 octobre 1783, il loue à un nommé Mathieu Gabriel Baron, boulanger et débitant en vins, une boutique et arrière-boutique, moyennant la somme de 3oo livres de loyer pour chacune desdites trois, six et neuf années. Il était donc dans une situation très aisée, par rapport à ses confrères.
Je le trouve mentionné sur les annuaires Valade de 1 782 et 1789, parmi les maîtres qui 11’ont pas payé le droit de réunion. Sa réception de maîtrise y est indiquée au i3 juillet 1761.
D’après le tableau de la Confrérie royale du Saint-Sacrement et de Notre-Dame-de-Grâce, érigée en l’église de Saint-Hilaire du Mont, de l’année 1772, Estienxe Ysorê, est mentionné comme membre et administrateur en charge de la Confrérie. Il fut élu le i3 avril 1766. On le retrouve encore sur la liste de cette Confrérie, en 1776 et sur celles de 1784, 1786 et 1790 ('),