CHET, LES
Elzèviers , étaient assez fiers de leurs travaux, pour signer leurs reliures, comme ils signaient leurs éditions.
A cet effet,
r— -te. 1
briquer, pour estamper le cuir, des marques matrices en cuivre analogues à celles qui étaient employées pour la typographie.
Nous reproduisons ici une reliure sortie des ateliers de Robert Macé.
Cette reliure ne porte pas de marque d’imprimerie ; elle offre simplement s 0 n nom mélangé à la décoration. Elle est en veau brun estampé à froid, et con-
tient un recueil de dissertations sur la médecine. Au centre, la Vierge, agenouillée devant le Père Eternel, est couronnée par un ange.
Au bas de cette composition, est gravé le nom de R. Macé (!).
Le tout est entouré d’une légende religieuse, telle que les relieurs en employaient au xvc siècle, et par laquelle ils se plaçaient sous la protection d’un Saint ou de la Vierge, comme l’indique celle de R. Macé : Tota Pulchra es amica mea et macula non est in te.
Des filets à froid complètent cette décoration.
Ce fut chez lui que Christophe Plantin fit son apprentissage de relieur (1 2 3 4 5).
MAGNYEN (Joseph). — Le testament de Joseph Magnyen, que j’ai trouvé aux archives de la Seine (’), nous indique qu’il était maître relieur à Paris, en 1758. Il demeurait rue des Sept- Voies, paroisse de Saint-Étienne-du-Mont. Son testament fut reçu par Maître Bellanger, le 22 juin de la même année.
Entre autres dispositions, il « donne et lègue au Sieur Cripê, compagnon relieur, la somme de deux cents livres une fois payées » .
Il fit partie de l’Assemblée des 14, 1 5, 16 et 17 janvier 1749, qui autorisa les quatre gardes en charge à obtenir des lettres patentes, pour les nouveaux statuts (*).
MAGNYEN (Simone-Françoise Coipeau, femme de Joseph). — Outre le nom de son mari, le testament (’) de cette dame qu’elle déposa le même jour que lui, chez Maître Bellanger, nous fait connaître deux autres noms de relieurs : i° celui d’ANTOiNE Jullien, maître relieur à Paris, qu’elle avait épousé en premières noces; 2° celui d’un sieur Jean-Jacques Lepage, maître relieur, mentionné dans divers codicilles établis de 1760 à 1763. Elle lègue au sieur Lepage une somme de 720 livres, pour lui rembourser deux billets dus : l’un par les époux Maréchal, sœur et beau-frère de son premier mari ; l’autre par elle-même.
MARNEF (Jérome de). — J’ai retrouvé de ce libraire, qui, comme ses confrères du xvi° siècle, s’était adjoint un atelier de reliure, deux fers différents dont il se servait pour marquer les travaux qui sortaient de cet atelier.
Je les donne ici en fac-similé.
Ces fers, sans être la reproduction exacte de la marque qu’il avait adoptée pour mettre sur