Statuts de
Pierre-Paul Dubuisson, demandant la continuation de la pension de cent livres que le Roi Disait à défunt son mari, on lit que : « la place de seul relieur et doreur du Roy a été conférée (après la mort « de Dubuisson) au nommé La Ferté relieur » (J).
Enfin, les Listes de 1770-76 nous donnent les noms de :
Pierre-Louis La Lerté, rue des Carmes, reçu Maître le 6 Juillet 1761; et de:
Joseph-Louis- Antoine La Lerté, rue des Amandiers, reçu Maître le 3 Mai 1773.
LA GRUTHUYSE (Louis de Bruges, Seigneur de). — Descendant de Jean de Bruges, cet amateur dont le goût pour les livres était très délicat, avait rassemblé une magnifique bibliothèque, la plus importante de l’époque après celle des ducs de Bourgogne. Il la céda à Charles VIII avec lequel il fut en relation pour les affaires de son pays.
Après la mort du Sire de la Gruthuyse, en 1492, Louis XII fit effacer sur les manuscrits les armes du premier possesseur et les remplaça par celles de Lrance. Cette intéressante bibliothèque fut réunie par lui à Blois à celle de son père, et plus tard transportée à Lontainebleau, par Lrançois Ier, en 1544.
LANIÈRE (fermoirs a). — Avant d’arriver au principal sujet de cet article, je tiens à expliquer sommairement comment les Romains étaient parvenus à tirer quelque parti d’un art qui était alors à sa naissance. Les reliures qu’ils confectionnaient n’étaient pas aussi mauvaises qu’on pourrait se l’imaginer. D’après les spécimens que je donne à la page suivante, on peut constater que l’aspect de leur travail était agréable et que l’exécution ne manquait pas d’une certaine régularité. On se rend compte surtout du caractère très pratique qu’avait toujours tout ce qu’ils produisaient.
Les cahiers étaient cousus sur de gros nerfs, formés de parchemin roulé. Le plus souvent, on en mettait quatre, dont les deux des extrémités, c’est-à-dire à l’endroit des coiffes, tenaient heu de ce qu’on a depuis appelé tranchefiles. Ces quatre nerfs étaient dissimulés et logés au moyen d’entailles pratiquées dans des ais ou plateaux de bois, amincis et unis avec soin du côté du dos. Les relieurs de ce temps taillaient ces ais un peu plus grands que le volume sur les trois sens de la tranche, comme cela se fait encore aujourd’hui avec nos cartons, mais d’une manière plus sensible, pour obtenir les châsses destinées à préserver les feuillets de l’ouvrage. Le côté du dos était excepté de cette dernière opération, et le plateau, légèrement aminci en biseau, venait se
1. Bibliothèque Nationale. — Recueil Anisson-Duperron. Ms. FR. n° 22118.
mêler avec sa rondeur. Cette manière de procéder nous montre qu’à cette époque, on ne connaissait pas ce que nous appelons le mord.
C’est, à mon avis, ce qu’il y avait de plus défectueux. Car lorsqu’on ouvrait le livre, le dos semblait se casser et perdre de chaque côté la partie de sa surface, qui aurait dû être réservée pour loger l’épaisseur des plateaux. Aussi, c’est généralement par là que la reliure se détériorait le plus vite. En très peu de temps, la peau se cassait complètement à l’usage. Cette peu ingénieuse façon de faire les dos s’est continuée jusqu’au xve siècle.
La couverture était alors généralement de peau de porc ou de truie parcheminée; le veau brun n’apparut que plus tard.
Afin d’obtenir le livre fermé, on réservait tantôt en hauteur, tantôt dans le sens de la tranche de devant, dans l’angle supérieur du second côté, une large lanière de ce même parchemin, avec lequel on avait couvert le volume. Cette lanière tournée autour du livre, le maintenait et servait de fermeture.
D’après une des deux gravures cicontre (*), on voit que le ligator, pour préserver sa reliure, avait soin de la décorer de gros clous cabochons en métal, posés au centre et aux angles de chaque plat. Cette précaution était encore en usage au xvie siècle (1 2).
A cette époque, les relieurs employèrent aussi, pour tenir leurs livres fermés et en bon état, une espèce de fermoirs à lanière, mais disposés d’une toute autre façon que ceux dont je viens de parler. Cette fermeture était indispensable pour les manuscrits en peau de vélin, qui avaient une tendance à se gonfler à l’air, en produisant des gondolages de nature à altérer sérieusement les peintures qui décoraient l’ouvrage. Ces lanières n’étaient donc pas seulement un ornement de plus à la reliure, mais bien une précaution nécessaire à la conservation du livre. Elles étaient presque toujours au nombre de deux par volume. Un des plateaux recevait le bouton, logé dans l’épaisseur du bois ou carton et arrêté à environ un centimètre du bord, par un ou plusieurs petits clous. De l’autre côté, prenait la lanière de cuir qui traversait le carton et y était fixée par
1. Ces gravures sont tirées de l’ouvrage : Nolitia utraque cum Oricntis tum Occidentis ultra Arcadii Honoriique Cœsarum tempora , etc. — Basilcce iff2.