‹ Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliuresChapitre 107 sur 173 · Annuaire Valade pour · texte numérisé non relu

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LE FEVRE (Hemon). — Le relieur qui mêlait ce nom à des décorations estampées à froid, était contemporain d'ANDRÈ Boule (r). Décrire la composition des ornements de ses reliures serait refaire la description qui a été donnée pour l'autre artiste, car la plaque du martyre de Saint Sébastien, adoptée par A. Boule, servait également à Hemon ou Edmond Lefevre. Il n’y a qu’une simple substitution de noms dans la bande du bas. Le sujet du milieu et la bordure gothique sont identiquement les mêmes, sur l’une et l’autre reliure.

Le volume que revêt le fac-similé ci-joint est un in-8° (1 2 3) : Dialogus seraphicæ ac divœ Catharinæ de Sans cum nonullis aliis orationïbus. 1496 (goth.), couvert en veau brun estampé à froid, portant de chaque côté le même sujet et le même ornement.

LE GASCON. — J’entreprends de parler ici d’une personnalité des plus importantes dans l’art de la reliure, mais dont jusqu’ici aucun document officiel n’est venu nous confirmer l’existence. Elle nous est cependant attestée par des écrivains sérieux, tels que : le savant Peiresc, Tallemant des Réaux, etc., etc. Depuis des années, que dis- je? depuis plus d’un siècle et demi, tout le monde a cité et cite encore Le Gascon comme le premier Maître du règne de Louis XIV. D’où vient donc que jusqu’ici personne n’a pu présenter la plus faible preuve à l’appui des travaux qu’on lui attribue? C’est que, pour moi, ce nom n’appartient à personne, ou plutôt constitue un sobriquet qu’un relieur remarquable de l’époque a reçu de ses contemporains, et qui s’est perpétué jusqu’à nos jours.

Il est évident que celui qui a produit toutes ces magnifiques décorations à compartiments remplis de petits fers, était un maître de grand talent. Pourquoi son vrai nom est-il resté ignoré jusqu’à ce jour? Et pourquoi aussi ne reporterait-on pas toute cette gloire, qui en réalité n’appartient à personne, sur le nom de celui-là seul qui a signé des décorations identiquement pareilles ? Je veux dire Florimond Badier (3), dont j’ai parlé plus haut, et dont la Bibliothèque Nationale possède un véritable chef-d’œuvre. Mais le monde est ainsi fait, qu’il se complait le plus souvent dans une erreur avérée, et qu’il se laisse vivre indéfiniment sur des conventions, par le seul motif qu’elles datent d’une époque plus ou moins ancienne.

C’est ainsi que dans la famille du duc d’Uzès, où est encore actuellement conservé le fameux manuscrit de Jarry : La Guirlande de Julie, le nom de Le Gascon qui passe pour en avoir fait la reliure, s’est transmis de génération en génération, quoiqu’on ne puisse alléguer aucune preuve comme celle qui résulterait de la signature du relieur ou d’un état de dépenses indiquant le prix

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