DEMI-RELIURE MONASTIQUE
( XVI? SIECLE
A Reliure en Mosaïque peinte, exécutée pour Henri II
Paris. — lmp. R. Engkï.mann.
Reliures Mosaïquées. — Cette manifestation de l’art qu’on appelle Mosaïque et qui, par le mélange des couleurs les plus diverses, constitue ce qu’il y a de plus riche en ornementation, tire son origine d’Italie.
Il n’est pas douteux que les ouvriers relieurs qui ont les premiers appliqué ce genre de travail, n’aient eu d’autre pensée que de retracer sur leurs œuvres les magnifiques entrelacs et compositions qui ont fait les splendeurs décoratives de l’ancienne Rome.
C’est encore sous les règnes de François Ier et de Henri II, si féconds pour tout ce qui se rapporte à notre métier, que l’on vit pour la première fois des reliures enrichies de Mosaïques de couleur : et Lyon paraît avoir été l’endroit où leur fabrication était la plus considérable.
Généralement, ces compositions multicolores étaient rendues par la peinture rehaussée de filets d’or. Quant à ce dernier détail, j’ai trouvé à la Bibliothèque Nationale une exception sur laquelle je dois attirer l’attention et qui est la seule que j’aie rencontrée jusqu’ici. La reproduction ci-contre (planche A) est celle d’une reliure exécutée pour Henri IL La combinaison des lignes et des entrelacs, savamment disposée, dénote le génie d’un des Maîtres de cette heureuse époque, et l’exécution de la Mosaïque est traitée, comme je viens de le dire, en peinture, mais entourée de filets à froid ou noirs, ces derniers à l’origine ayant peut-être été d’argent que le temps a ensuite complètement oxydé. Mais après un examen très scrupuleux, j’écarte cette dernière supposition, et je considère comme une rareté la manière dont la reliure en question est traitée. Elle est en veau blanc et recouvre un in-folio (0,35x0,22) : Philonis Judæi in libros Mosis de mundi opificio historicos de legibus eiusdem libri singulares. — Ex bibliotheca regia , Parisiis, ijj2 (I). L’ordonnancement des lignes et des ornements rouges, verts bleu et gris ardoise, qui y sont jetés à profusion, renferme les attributs favoris et toujours employés dans les reliures exécutées pour ce souverain, et qui sont : l’arc, le carquois avec ses flèches et le croissant. Au centre, dans un ovale réservé ad hoc, se voient les Armes de France. Cette reliure peut être considérée comme un des plus importants spécimens du style de l’époque.
On trouvera maintenant (planche B) la reproduction d’une reliure décorée de Mosaïque traitée d’une tout autre manière. Au lieu d’emprunter, comme la précédente, ses procédés à la peinture, la Mosaïque est obtenue par de la peau de couleur différente, amincie, découpée, collée sur le fond et dorée selon les contours du dessin. Ce volume, qui mesure 0,185x0,125, est couvert en maroquin brun et contient: La Sainte Bible, en François. — Lyon, Ijj8 (2). Cette Mosaïque n’est que d’une seule couleur, rouge, pour toute la composition du dessin. L’agencement des