Voir ce nom et celui de Nicolas Eve
Le goût des livres se ressentit fatalement des agitations de cette période: et ce qui nous est resté de ce temps-là, est assez pauvre au point de vue de la quantité et de la valeur artistique.
J’emprunte à la Bibliothèque Nationale le spécimen que je donne, et qui a appartenu à Henri IV (I). L’ensemble en est riche, mais la composition des lignes n’a rien de grandiose: elle manque d’invention et d’originalité. Ce volume de format in-folio (0,36x0,24) est couvert en maroquin rouge du Levant; le bord est orné d’un semé de petites fleurs de lys, coupé de temps à autre en hauteur comme en largeur, par un H couronné et par un HDB également j, couronné, dans un cartouche à fond de mosaïque vert olive. Ce semé est bordé de chaque côté par des filets et un dessin courant, qui encadrent L(Z1 aussi le milieu et les coins, coupes brusquement en losange. Au centre du plat, sur un fond de mosaïque vert olive, se trouvent les grandes Armes de France et de Navarre accollées, entourées d’un champ de feuillages à petits fers, sur mosaïque citron ou havane. Les coins présentent à leur milieu, qui est de fond citron, les mêmes chiffres H et HDB couronnés et sont également entourés, sur maroquin vert olive, d’un feuillage pareil à celui du motif qui reçoit les Armes.
Quoiqu’il nous soit resté peu de reliures de cette époque et de celles provenant de la bibliothèque du Roi, j’ai trouvé qu’il existait de 1592 à 1396 un Relieur ordinaire de Sa Majesté du nom de Georges Drobet (2 3); d’après les spécimens que l’on trouvera plus loin, on verra qu’en 1592 ce relieur, qui était également libraire, était établi à Tours. En 1596 il exerçait à Paris: sous cette date, j’ai pu rencontrer une ancienne reliure exécutée par lui.
Le successeur de Georges Drobet en la qualité de Relieur du Roy lut Clovis Eve (3) qui travaillait encore sous Louis XIII, en 1627.
1 . Un in-folio. Jean de Pineda : De rébus Salomonis regis, Lyon, 1609. N° 443 de l’Exposition de la salle Mazarine.