RELIURE AUX ARMES DE LOUIS XIV
dont l’origine remonte à Henri III et dans lesquels on ajoutait des enchevêtrements de petits fers rinceaux d’une extrême finesse. Le Semé était encore en usage, surtout dans les reliures fabriquées pour le Roi.
C’est à partir de ce moment, que l’on rencontre une très grande quantité de reliures ornées des Armes Royales et qui, cependant, n’étaient pas toujours destinées au souverain. Les collèges royaux, par exemple, avaient le droit de décorer leurs prix avec les Armes de France, tantôt seules, tantôt accollées avec les leurs propres.
On trouvera, dans la seconde partie de cet ouvrage, l’historique des Relieurs célèbres sous Louis XIV, qui sont: Antoine Ruette; Le Gascon qui a relié la Guirlande de Julie offerte à Mademoiselle de Rambouillet; Du Seuil, Boyet père, Bernache, Louis-Joseph Dubois, sans oublier Florimond Badier (*) dont je donne un très important spécimen de reliure doublée, remplie de petits fers sur les plats et intérieurement. On voit par cette nomenclature que, par rapport aux régnes précédents, l’art de la reliure commençait à prendre des développements considérables : et cette marche ascendante n’a fait que continuer sous Louis XV et sous Louis XVI. Parmi les principaux amateurs de ce temps, signalons le cardinal Mazarin et J. -B. Colbert, le grand ministre. François-Henri de Montmorency-Luxembourg eut également le goût des livres et des reliures, ainsi que la marquise de Chamillard, femme du ministre de la fin du règne de Louis XIV. Ses reliures sont aujourd’hui d’une certaine rareté.
Je donne ici le fac-similé d’une reliure ayant appartenu à Louis XIV, prise à la Bibliothèque Nationale dans l’exposition de la salle Mazarine (1 2). Elle recouvre un volume in-40 de La Chambre, Le Système de l’Ame: Paris, 1664, en maroquin rouge. La décoration principale se compose de compartiments faits au filet formant bordure et remplis au milieu comme dans tous les points saillants, d’une quantité de petits fers rinceaux poussés çà et là, dans le but