U Art de la Reliure en France
3. Tiré du Guide des Corps de Marchands et des Communautés des Arts et Métiers , Paris, 1766. — Introduction historique.
Cela est prouvé par la transaction conclue entre Philippe-Auguste et l’Évêque de Paris, en 1222, en vertu de laquelle le Roi consent à ce que l’Évêque ait désormais, dans le Parvis de la Cathédrale, un sujet de chacune ou de la plupart des professions qui étaient alors établies à Paris, pour jouir par eux des mêmes privilèges et immunités, dont jouissaient les domestiques et officiers de ce prélat. C’est ce qu’on a appelé depuis, les Bourgeois de l’Évêque. Il est certain que, dans le nombre de ces corps d’état, il devait exister des enlumineurs et des orfèvres qui faisaient également l’office de relieurs ; malheureusement il ne nous est resté aucun nom connu.
BOYET (Luc-Antoine). — Un relieur célèbre du nom de Luc-Antoine Boyet exerçait à Paris, de 1680 à 1733. Je suppose que c’est celui dont on parle, lorsqu’il s’agit de déterminer à qui appartient la paternité des premières reliures en maroquin doublé (*), orné d’un commencement de dentelle. Les documents authentiques sont rares et ce serait s’avancer beaucoup que d’affirmer sans réserve quoi que ce soit ayant trait à cet artiste. Je me bornerai donc à rapporter d’abord ce que j’ai trouvé dans la Vie du Comte d’Hoym (1 2 3 4) de M. le Baron Pichon, où il est fait mention de différents comptes, et principalement d’une somme de 840 livres pour reliures payées à Boyet de 1725 à 1732. Je donnerai de plus quelques citations recueillies dans divers auteurs. Ainsi, Fournier dit que : « Boyet travaillait pour Longepierre (3), dont les Reliures étaient en « maroquin uni portant au milieu, aux angles et dans chaque entre-nerfs, le signe de la Toison « d’or, que cet amateur avait pris pour marque distinctive. Il a aussi relié en partie la belle bi- « bliothèque du trésorier M. Bellanger. Le libraire Gabriel Martin, renommé par ses catalogues « intéressants, rédigeant en 1740 un de ses meilleurs, celui de ce M. Bellanger, trésorier-général « du sceau de Lrance, écrivait au sujet des volumes de cette collection : La condition en est très « belle; la plupart sont en maroquin ou en veau, dorés sur tranches, de la Reliure du célèbre Boyet, « Relieur du Roy. » — A l’appui de cette dernière citation, j’ai trouvé aux Archives Nationales, sur le Registre du Secrétariat d’Estat de la Maison du Roy (4), ce titre de Relieur du Roy, mentionné à la date du 23 Août 1733 sur le Brevet donné au sieur Padeloup qui succéda en cette qualité à Luc- Antoine Boyet.
Le 28 Janvier 1696, Fléchier écrivait à l’abbé Robert, en le chargeant de payer la copie qu’il faisait faire des procès-verbaux du Clergé : « Il y a même un tome des procès-verbaux qui est rare, et x qu’on veut me vendre, que je vous prie aussi de vouloir payer, soit pour le livre, soit pour la reliure