Un in-8°, Bibliothèque Nationale, fond grec, n
mort par ses bourreaux, Sainte Irène, veuve du martyr Castulle, vint alors secrètement l’enlever et le soigna chez elle, où il se guérit complètement; ce n’est que plus tard, que le même empereur, qui l’avait cru mort, le fit rouer de coups jusqu’à ce qu’il eût rendu le dernier soupir. Ceci se passait en l’an 288 de notre ère. Cette composition est complétée par un Ange, qui vient poser sur la tête nimbée de Saint Sébastien une couronne de gloire. Sainte Irène était aussi une fervente chrétienne; elle mourut en l’an 304, victime des persécutions de Dioclétien, qui la fit brûler vive. Sur notre reliure, elle est représentée nimbée, tenant d’une main la palme du martyre et de l’autre un livre ouvert. Ce détail indique, sans aucun doute, que malgré l’édit de l’empereur qui avait formellement interdit aucun livre traitant de la religion chrétienne, notre sainte avait rassemblé chez elle tous ceux qu’elle avait pu se procurer, pour les méditer. C’est cette désobéissance aux lois qui la fit arrêter et mettre en prison.
La miniature est entourée de trois côtés par une bordure composée de fleurons, de feuillages gothiques et de la légende suivante: tout se passe fors aymer dieu; le côté du bas porte la signature du Relieur : julien des jardins. Cette décoration est d’un grand style et tout, le nom, la légende, aussi bien que le dessin, dénote un travail français. Elle est encadrée d’une quantité de filets poussés à froid dans les deux sens, qui se croisent horizontalement et verticalement. Voir la reproduction ci-contre.
DESPREZ (François). — En 1556, François Desprez (*) prenait le titre de: Commis à relier les livres de la Chambre des Comptes.
DOREURS SUR CUIR. — Fournier (1 2 3) nous dit que « sous Henri II, les plus célèbres « doreurs sur cuir étaient Jehan Foucault et Jehan Louvet, qui logeaient en l’hôtel de Nesles « en 1557, et doraient le cuir sans être aucunement relieurs. Les Relieurs leur confiaient la « décoration de leurs travaux. »
Le règne de Louis XIII vit fleurir deux artistes Doreurs qui lurent Pigoreau et Balagny (3). A ce sujet, j’emprunte encore au même auteur la citation suivante : « Pigoreau était Doreur « sur cuir, mais non Relieur; il excellait jflus qu’aucun autre dans l’art de la Dorure à petits « fers. Il avait adopté comme enseigne : au doreur. U11 arrêt, en date du 20 mars 1620, le fit « recevoir Maître avec un sieur Balagny. » A partir de ce moment, les Doreurs travaillèrent jflus spécialement avec les Relieurs et ne formèrent, pour ainsi dire avec eux, qu’une seule et même