DES MEMBRANES MUQUEUSES
appliquer des sangsues à Tanus. Ces moyens réussissent le plus souvent; on peut y joindre radmiuisîralion de l’aloès à l’interieur.
GENRE V. Hématurie^
Synonymie. Hœmaturla , Sauvages , Linnæius , Vogel, Sagar ; JJæmorrhagia ex urinariis viis 3 Hoffmann ; Pisseïiient de sang.
Prédisp. et causes occas» Vieillesse , suppression du flux hëmorrhoïdal, de toute autre hémorrhagie ou d’une saignëe hahituelie. Quelquefois excès de bonne chère et de boisson ^ vie sédentaire interrompue par un exercice violent. — Etat pléthorique , équitation trop fréquente , usage intérieur des cantharides , de la térébenthine, de la Sabine; contusion sur la région des reins , effort pour soutenir des fardeaux.*
Symptômes. Ils varient suivant l’espèce de cause occasionnelle. — L’hématurie dépend-elle d’un état de pléthore et de l’équitation , le sang qui sort avec Eurine est pur et abondant. Cet écoulement se déclare soudain et revient par intervalles, sans être accompagné de douleurs dorsales. — Tient-elle à l’abus des médicamens employés contre les calculs rénaux, la douleur et l’hémorrhagie augmentent par l’usage de ces moyens , et diminuent lorsqu’on les suspend. — Est-elle produite par l’usage des cantharides, elle est accompagnée d’une ardeur vive et d’un priapisme violent. — Est-elle due à une chute ou à une contusion , on éprouve une vive douleur dans la partie affectée.
Ils varient aussi suivant le siège de l’hémorrhagie. ^ Lorsqu’elle tire son origine des reins, on éprouve
i5A HEMORRHAGIES
des anxiétés, le refroidissement des mains , des dou'^ leurs aux lombes et au pubis , qui ne cèdent pas au cathétérisme, si le sang s’est coagulé dans les uretères. — Lorsque l’hémorrhagie provient de la vessie urinaire , on éprouve un sentiment de pesanteur et du gonflement au pubis, des envies fréquentes d’uri-^ ner, un sentiment d’ardeur à l’anus et de prurit au gland, de la constipation. — L’hématurie de l’urètre se reconnoît à une douleur qu’on rapporte à un des points de ce canal.
L’hématurie est le plus ordinairement passive, et sa durée souvent très-longue.
Traitement» Si l’hématurie est l’effet d’une irrita-^ tion causée par un calcul rénal, on donne des mucilagineux et de doux laxatifs, parce que la constipation augmenteroit l’irritation existante. Si cette hémorrhagie est passive , on donne les acides et les astrin» gens a l’intérieur, et on applique des compresses imbibées d’eau froide sur la région lombaire, sur î’hypogastre, le périnée, la partie interne des cuisses.
GENRE VI. Hémorrhagie utérine^
I®. Ménorrhagie.
Synonymie, Menorrhagia,Skv\2\.Q,v,s ^ Linnæus, Vogel j Metrorrhagia , Sagar ^ TJteri hœmorrhagia immode rata ^ Hoffmann.
Prédisp» et causes occas» Les plus fréquentes sont une vie sédentaire , un régime trop nourrissant, l’interruption d’une autre hémorrhagie ou d’une saignée habituelle, l’abus des liqueurs alcooliques, un exercice violent ou les secousses d’une voiture pendant la
DES MEMBRANES MUQUEUSES. ï55 -menstruation , une frayeur, un emportement de co-ière, des attaques d’hystérie.
Symptômes. Sentiment de tension et de gonflement dans les hypochondres , douleurs gravatives et compressives autour des lombes , refroidîssement des membres , pâleur de la face, fréquence du pouls, ardeur vive à l’intérieur, constipation , ensuite écoulement de sang par le vagin , ou rétention de ce liquide dans l’utérus.
2°. Aménorrhée.
Synonymie. Amenorrhea, Vogel; Djsmenorrhea , Lin>snÆus, Sagar; Menorrhagia dijfîcilîs , Sauvages.
Prédisp. et causes occas. Très- variables. Plé^ thore ou état d’épuisement, refroidissement subit^ excès de débauche, coït immodéré^ inaction; affections morales ; diverses maladies.
Symptômes. Absence, diminution ou irrégularité très-grande de la menstruation. Cet état peut entraîner quelqu’une des fièvres primitives ou des phlegmasies , produire des névroses , des hémorrhagies supplémentaires par la suture sagittale, l’angle de l’œil, les narines, l’oreille, les dents, les poumons ^ le conduit alimentaire, la vessie urinaire, les extrémités des doigts , etc. L’aménorrhée varie à l’infini quant à sa durée ; elle résiste aux moyens de l’art lés plus multipliés.
3®. Accidens de V âge critique»
Prédisp. et causes occas. Irrégularité dans les pé-^ riodes antérieures de la menstruation , couches labo»
ï5Ç HEMORRHAGIES
rieuses, abus ou privation des plaisirs de Famourj écarts de régime, vie sédentaire , etc.
Accidens, Ils peuvent être locaux ou generaux. Les premiers sont la mêtrite aiguë ou chronique, des lu^meurs fibreuses, des polypes, la leucorrhée, la menorrhagie, le cancer, etc. Les seconds consistent dans des maladies très-variées , telles que l’hystérie , l’hy^ pochondrie, la mélancolie, la manie, les convulsions, l’apoplexie, la paralysie, la goutte , le rhumar tisme, des catarrhes, l’érysipèle, le psydracia, les dartres, les fièvres intermittentes, etc.
Traitement des hémorrhagies utérines.
La ménorrhagie active, spontanée , que nous supposons être indépendante de la grossesse , de l’accouchement et de tout vice de la matrice, n’est presque jamais dangereuse. Le traitement consiste à éloignei’ les causes occasionnelles, à prescrire une position horizontale, un repos absolu, le calme moral , rab=îstinence de tout excès ^ des boissons mucilagineuses. On combat la constipation à l’aide de minoratifs. Si la ménorrhagie continue d’être excessive ou qu’elle soit passive , on a recours aux applications froides sur la région hypogastrique, au périnée, à la partie in-r terne des cuisses ; on fait même des injections astringentes dans le vagin , et on donqe a l’intérieur l’acide sulfurique alcoolisé , l’alun , le kino.
Le traitement de l’aménorrhée varie selon les causes occasionnelles , selon la constitution indivi-^ duelle , selon que la suppression est subite ou lente, De là vient que les sédatifs, les toniques et les débiîitans peuvent également ramener l’évacuai ion mens-*
DES TISSUS CUT. CELL. SEREUX ET SYNOV, l5^
truelle , suivant les circonstances. On doit éviter de supprimer les hémorrhagies supplémentaires avant d’avoir rappelé les menstrues.
Les accidens qui peuvent survenir à Fâge critique sont J pour ainsi dire^ autant de maladies particulières qui exigent des moyens différens^ suivant la nature de chacune d’elles.
ORDRE II