CLASSE CINQUIEME
Parmi les affeclions qui portent atteinte à la struC“ ture intime des parties ou la dénaturent entièrement^ il en est qui appartiennent à la nosographie chirurgicale : tels sont les plaies, les ulcères, différentes maladies des voies urinaires ou de la génération, plusieurs altérations des organes des sens, les fractures , etc. Celles de ces lésions qui appartiennent à la nosographie interne sont par cela même renfermées dans des limites circonscrites. — Ces lésions se divisent naturellement en deux ordres: l’un comprend les altérations qui peuvent s’étendre indirectement à toutes les parties; l’autre renferme les maladies qui consistent dans l’altération de quelque système, de quelque organe et de quelque tissu.
ORDRE PREMIER
LÉSIONS ORGANIQUES GÊN ÉRA LES,
Les maladies de cet Ordre peuvent , lorsqu’elles sont invétérées , infecter toute la constitution et dénaturer en entier le tissu et la structure organique des parties où elles portent spécialement leur action. On ne sauroit, par exemple, déterminer dans certains cas de scorbut , si les muscles, les vaisseaux sanguins, la peau , le tissu cellulaire, le fluide lymphatique sont plus affectés les uns que les autres. La gangrène et
cancer peuvent aussi s’étendre l’un et l’autre à toutes ces parties. La phthisie finit par entraîner le dépérissement de tous les organes; enfin la syphilis n’étend-elle point ses ravages sur les membranes muqueuses , les glandes , la peau , le tissu des viscères y etc. ?
GENRE Lr. SjpM/s,
Synonÿmie. Sjphilis f Sauvages, Linnæus, Vogel , CuLLEN , Sagar ; Lues venerea y Boerhaave, Hoefmanîn' , JuNCKER, Astruc ; Mal vénérien, Maladie vénérienne. Vérole.
Prédisp. et causes occas. Le virus vénérien se communique par un contact immédiat aux parties génitales^ à l’anus, à la bouche, aux mamelles des nourrices , ou par inoculation au dessous de l’épiderme ; ou de père en fils par la vole de la génération.
Sjmptômes. — Première période. Développement soit aux parties génitales , soit aux amygdales , à la bouche, à la langue, etc. , d’ulcérations dont le centre est d’un blanc sale et les bords élevés , durs , épais , • avec suintement d’un liquide ichoreux. — La syphilis peut se manifester à la peau et y produire ou des taches, des pustules transparentes, puis couvertes de croûtes écailleuses ; ou des ulcérations semblables à celles dont nous venons de parler, ou des espèces de végétations qui, en raison de leurs formés trèsvariées, reçoivent les noms de crêtes ^ de condj^ lomes , de verrues ^ de poireaux ^ de choux-fleurs* — Les glandes lymphatiques de l’aîne , de l’aisselle ou des coudes peuvent être le siège d’un engorgement inflainmatoire susceptible de résolution ou de suppu-
ration. Deuxième période. On peut la rapporter aux affections des parties plus profondément situées, comme des os, du périoste, des aponévroses, des tendons, des ligamens : telles sont des exostoses , des périostoses , des douleurs ostéocopes plus ou moins vives, avec des exacerbations nocturnes, des douleurs musculaires ou articulaires , qui ressemblent à celles des rhumatismes chroniques. Hunter a vu la maladie se porter dans l’oreille interne et déterminer la surdité avec des douleurs plus ou moins vives. Troisième période. Les douleurs ostéocopes ne font que s’exaspérer; les os deviennent le siège de caries, ou se ramollissent , se fracturent pour les causes les plus légères , deviennent spongieux , développent des fongosités comme dansles affectionsscrophuleuses.— Quand la syphilis constitutionnelle a duré long-teflnps, souvent la fièvre hectique se déclare avec les symptômes propres au viscère affecté , et il en résulte ledépérissenient, le marasme, le dévoiement colliquaftifetla mort»
La maladie syphilitique peut se compliquer avec les scrophules , le scorbut , la goutte , l’hypochondrie , les dartres , la gale , etc.
Traitement. Les moyens les plus efficaces sont les mercuriaux et les sudorifiques. Les préparations mercurielles les plus employées sont le protoxyde de mercure ( oxyde de mercure noir ) , le sous-chlorure de mercure (muriate de mercure doux) et le chlorure de mercure ( muriate de mercure au maximum d’oxydation ) ( Voyez ^ pour les doses, la 2^ section de la 2® partie de cet ouvi’age, V Usage et des Doses des médicamens ). Les meilleurs sudorifiques sont la salsepareille, smilax sarsaparilla ^ L. ; le gÿisic ^ guaj a-
cum officinale ^ L. ; le carex arenaria , L. ; Vastra^ gains exscapus ^ L. On les donne en décoction très-^ concentrée et en sirop ; ils sont surtout indiqués dans les maladies syphilitiques invétérées, et dans celles qui ont résisté aux mercuriaux.
• GENRE II. Scorbut.
Synonymie. Scùrbutus, Sauvages, Linnæus , Vogel,
CuLLEN , BoERHAAVE , SaGAR , HoFFMANN , LiND , MilMAN.
Prédisp. et causes occas. La cause occasionnelle la plus active réside dans l’humidité de l’air, et surtout dans une humidité froide. Les autres circonstances qui disposent au scorbut sont une nourriture grossière ou fermentée, l’usage des viandes salées et fumées , la disette , l’usage d’alimens altérés ou peu propres à réparer les pertes, la foiblesse , suite de maladies antécédentes, de fatigues excessives ou d’une inaction trop prolongée; désaffections tristes, la malpropreté , etc.
Symptômes* — Première période. Pâleur de la face avec une teinte d’une couleur livide plus ou moins marquée , lassitude générale et débilité au moindre mouvement , douleurs vagues , gencives rouges, gonflées et disposées à saigner au moindre frottement ; taches rouges , bleuâtres et livides sur les membres , etc. Deuxième période. Impossibilité de marcher, souvent contracture des muscles fléchis-^ seurs delà jambe, ou enflure quelquefois monstrueuse des mêmes extrémités , avec de grandes ecchymoses plus ou moins livides ; syncopes fréquentes au moindre mouvement et quelquefois par une simple exposition à l’air frais; tendance à des hémorrhagies copieuses
pàr le nez , les gencives , les intestins ou les poumons 5 gencives fongueuses , avec de vives dotileurs , une couleur livide et une odeur très-fétide; ulcérations plus ou moins douloureuses aux jambes ou au^e pieds ; ou bien simple induraiion du tissu cellulaire de ces parties. Troisième période. Ulcères sordides , fongueux aux membres abdominaux; quelquefois Sorte de fièvre adynamique avec des sueurs fétides , des pétéchies , des hémorrhagies copieuses par les selles, Turine , les poumons, le nez; toutes les horreurs de Fhypochondrie et le plus profond abattement; oppression extrême, hydrothorax ou ascite. Lors de l’autopsie cadavérique , on a trouvé , en gé-* néral , un liquide séreux , jaunâtre , plus ou moins épais et infiltré , du sang en caillots épanché dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans celui qui occupe les interstices des muscles , quelquefois dans le tissu même de ces organes. On a vu un liquide épais et comme gélatineux épanché dans l’articulation du genou. Dans le plus grand nombre de cas , les poumons Ont été trouvés durs et gorgés de sang. Lorsque la maladie avoit atteint sa dernière période , le tissu des muscles fléchisseurs de la jambe étoit mollasse , facile à déchirer en fîlamens , ou même réduit , par une sorte de décomposition, en une espèce de liquide mêlé de sang.
Traitement. Les moyens curatifs sont tirés en grande partie de l’hygiène : tels sont les soins de propreté , l’habitation dans des lieux secs, éclairés parles rayons solaires ; l’usage d’alimens végétaux ou animaux de bonne qualité , celui de bon vin , un exercice modéré , désaffections morales agréables , la dis-
traction. Les végétaux âcres de la famille des cruci-fères paroi^ent devoir être employés de préférence dans le premier et le second degré de la maladie , et les fruits sucrés et acides dans le troisième.
. Le traitement local (ioit varier selon les symptômes. On louche les ulcères de la bouche avec l’acide hydrochlorique ( muriatique) étendu; on frotte les ulcères cutanés avec du vin , de l’alcool ou du vinaigre aromatiques et camphrés ; on combat les hémorrhagies passives avec l’acide sulfurique , l’alun , etc.
GENRE ni. Gangrené.
Synonymie. Gangræna, Sauvages , Linnæi/s , Yogel , CüLLEN , SaGAR , BoERHAAVE.
Prédîsp. et causes occas. Ligatuie des veines ou leur compression par une tumeur ; froid intense , action de répercussifs sur une tumeur , phlegmasie violente externe ôu interne; plaies ^ fractures , luxations , application de bandes trop serrées , contusions fortes exercées sur de grands nerfs, sur l’épine du dos, la moelle épinière; pression long-temps exercée sur certaines parties, surtout durant des lièvres délétères; scorbut , variole confluente , âge trèsavancé, débilité extrême.
Sjmptômes. Si la gangrène succède â une inflammation violente , les phénomènes inflammatoires se calment subitement avant quelamaladie ait parcouru ses périodes; le sentiment de la partie devient obtus; sa couleur, plus pâle, devient successivement cendrée, livide, noire ; la partie est dans un étal de relâchement ; il s’y forme des vésicules remplies d’une sérosité ichoreuse ou légèrement teinte en rouge. Si la gangrène provient
GENERALÉS.
d’un froid intense , quelquefois l’extreniité du nez ^ les lobes des oreilles, les doigts des pieds ou des mains deviennent pâles , puis d’un rouge pourpre et enfin noirs. Le sphacèle semble être le dernier degré de la gangrène ; il est marqué par une odeur cadavéreuse. Ses effets a l’intérieur sont l’insouciance, le délire, des syncopes , des spasmes , une sueur froide , une affection comateuse et la mort.-— La gangrène sénile ou sèche commence par les extrémités les plus éloignées du centre de la circulation ; elle affecte les or-» teils, où souvent elle se borne ; quelquefois cependant elle envahit les régions voisines. Elle peut être presque locale et seulement accompagnée d’une foiblesse générale ; mais elle se complique aussi fréquemment avec les fièvres adynamiques.
Traitement, Si la gangrène menace de succéder à une inflammation violente , il faut tâcher de la pré-^ venir en calmant les symptômes de cette dernière. Si un membre est frappé d’un froid intense qui y a suspendu la circulation et la vie, on le plonge dans l’eau froide , qu’on échauffe graduellement , tandis qu’on donne à l’intérieur quelques cordiaux pour rétablir la circulation du centre à la circonférence. Les détails ultérieurs appartiennent à la chirurgie.
GENRE ÎV. Cancer.
Synonymie. Cancer, Sauvages, Vogel, Cullen, Sa-
GAR, BoERHAAVE. - ^
Prédisp. et causes occas. Cessation des menstrues , irritations locales, suppression d’évacuations habituelles.
Symptômes. Le cancer peut être précédé d’une
éruption particulière , d’une ulcération ou d’un état squirrheux. La douleur est lancinante et la chaleur brûlante. Les bords de l’ ulcération , quelle soit primitive ou secondaire , sont durs , ridés , gonflés , inégaux , douloureux , renversés ou tournés en dedans; le fond inégal, fongueux, de couleur cendrée, livide , noire ; il s’en écoule un sang fétide ou une sanie noire , fétide , âcre, qui excorie et même détruit les parties contiguës ; les veines sont variqueuses, l’affection ne tarde pas à devenir générale. Alors tuméfaction des glandes lymphatiques du voisinage, lièvre hectique, trouble dans les digestions , amaigrissement , sécheresse et couleur jaune plombée de la peau, friabilité des os.
Espèce Cancer de V'estomac.
Prédisp, et causes occas. Usage immodéré des boissons fermentées , surtout pendant qu’on est à jeun ; compression habituelle exercée sur l’épigastre ; affections morales vives.
Symptômes* Douleur plus ou moins vive et lan-.cinante dans Pestomac ; tuméfaction de la partie affectée , quelquefois perceptible à la région épigastrique, â travers les parois abdominales ; anxiétés , rapports acides , vomissement de matières alimentaires et de substances d’abord visqueuses, puis brunâtres, noires et fétides , lequel survient ordinairement plusieurs heures après le repas; amaigrissement progressif, fièvre lente , décoloration particulière de la peau.
Espèce ii. Cancer des intestins*
Prédisp. et causes occas. En grande partie les mêmes que celles du cancer de l’estomac.
CÉÈ’E IiALES. 22^
Symptômes. D'abord serivsibilité, douleur sourde
gravative en quelque point de l’abdomen , dont les retours plus ou moins fréquens tiennent particulièrement k des affections morales , à la quantité de nourriture prise , etc* ; ensuite douleurs gravatives constantes ; tuméfaction quelquefois perceptible au toucher dans un des points de l’abdomen ; constipa# tion ou diarrhée , vomissement ou déjections alvines de matières noirâtres; fièvre lente , amaigrissement;) couleur jaune de la peau*
Espèce iii. Cancer de ï utérus*
Prédisp. et causes occas. Epoque de la cessation des menstrues, irritation locale, abus des plaisirs vénériens, manœuvres imprudentes pendant Taccou-* chement , métrite , affections syphilitiques , etc.
Symptômes. Gonflement et rénitence de l’orifice . utérin , d’abord indolent , puis douloureux au toucher ; sentiment de pesanteur dans la matrice; douleurs lancinantes qui se renouvellent à des époques plus ou moins rapprochées , et deviennent ensuite constantes ; irrégularité ou suppression de la menstruation ; écoulement d’une sérosité sanieuse , et quelquefois de sang plus ou moins fétide par le vagin $ difficulté des déjections avec douleur et sentiment d’une sorte de poids qui comprime le rectum ; excrétion douloureuse de l’urine; fièvre hectique, dé-périssement progressif.
Symptômes de Vaffection cancéreuse devenue
générale.
Cet état , que MM. Bayle et Cayol ( Dictionnaire des Sciences médicales ) appellent Cacheocle cancé-^
reuse y consiste dans les caractères suivans : il stir-^ vient ordinairement , mais en général fort tard , une fièvre hectique qui manque quelquefois entièrement. Le plus souvent cette fièvre, au lieu d’être continue avec un ou deux paroxysmes chaque jour , comme celle qui accompagne la cachexie tuberculeuse , se présente sous la forme d’une fièvre intermittente erratique sans frissons : elle^ est, pour l’ordinaire, accompagnée de douleurs vagues dans les membres, et quelquefois de véritables douleurs ostéocopes. La peau des cancéreux a une couleur jaune terne qui se distingue également du teint blême des phthisiques et de la couleur jaune pain d’épice qu’on remarque chez les sujets affoiblis par une fièvre ancienne. La maigreur et le dessèchement des chairs ne sont jamais portés aussi loin' que dans la cachexie tuberculeuse , à l’exception^ des cas où les malades meurent d’inanition , comme dans le cancer de l’œsophage et dans certains squirrhesde restornac. Les tissus sont mous, flasques , et tendent à l’œdème plutôt qu'au dessèchement ; le système nerveux est fréquemment affecté y de la le malaise général , les douleurs vagues , l’insomnie et quelquefois les convulsions : beaucoup de cancéreux meurent de fièvre ataxique. La perte de l’odorat , l’ophthalmie chronique et la toux , désignées .par la plupart des auteurs comme des symptômes caractéristiques de la diathèse cancéreuse consécutis^Q ou cachexie cancéreuse ^ sont des épiphénomènes assez rares.
Traitement du cancer.
Le cancer peut être extirpé lorsqu’il est à Textérieur, récent, isolé, sans adhérence, surtout avec
îes grands vaisseaux ; qu il provient d’une cause externe 5 et que l’état général du malade est sain ; mais on ne doit jamais affirmer que l’opération sera suivie de guérison. Le cancer de l’utérus , celui de l’arrièrebouche , du palais , des glandes axillaires et inguinales ne sont pas susceptibles d’opération. Lorsque celle-ci n’est pas praticable , on se borne à calmer les symptômes et à retarder les progrès du mal : ou obtient ces effets par les narcotiques , les boissons niucilagineuses , le lait , une nourriture végétale , l’usage de quelque léger purgatif administré de temps en temps. Les saignées, soit générales, soit locales, souvent répétées, sont quelquefois utiles , comme le prouvent les exemples rapportés dans le Traité de M. Féaron sur le cancer.
La ciguë a été préconisée par Storch , et Ton ne peut révoquer en doute les succès qu’il a obtenus dans beaucoup de circonstances ; mais il est proba^ ble que la maladie n’étoit pas alors de nature cancéreuse. Le cancer des voies digestives ne peut être rendu stationnaire que par l’usage des substances mueilagineuses ou sucrées prises en petite quantité , et souvent répétées à titre d’alimens , par de légers caïmans et des bains tempérés. Dans le cancer de l’utérus , on fait faire des injections sédatives avec l’infusion de morelle , d’opium , de belladone , etc.
35o lisions organiques
GEIXRE V. Phthisie tuberculeuse (i).
Synonymie. Phthisis scrophulosa. Sauvages , Portal j Phthisis tuberculosa , Cullen , etc.
Prédisp^ et causes occas. Vice originaire de con-^ formation , application très-forte et long-temps continuée à Fétude , chagrins profonds ; abus des liqueurs alcooliques , hémorrhagies ou autres évacuations excessives ; épuisement par l’allaitement ; suppression de quelques exutoires anciens , d’un ulcère d’une leucorrhée, etc.
Symptômes, La disposition prochaine a la phthisie (première période) peut présenter trois formes dlffé^ rentes : engourdissement, inertie générale , dou¬
leur gravative de la tête , avec des retours plus ou moins fréquens d’une affection catarrhale de la mem^ brane pituitaire, somnolence , relâchement des muscles du thorax avec expectoration difficile, douleurs gravatives de la poitrine , quintes violentes de toux
(i) Les dégénérescences tuberculeuses peuvent , d’après les recherches de M. Bayle ( Journal de Médecine, Chirurgie et Pharmacie), attaquer la plupart des systèmes organiques, mais surtout les poumons, le mésentère , les glandes lymphatiques, le foie, la rate, les reins , la prostate , l’épididyme, le tissu cellulaire sous-péritonéal , etc. Elles peuvent être enkystées , noH enkystées ou accumulées ; elles ont des caractères communs , quel que soit leur siège, et des caraclères particuliers dans chaque organe ^ mais nous nous bornons ici , avec M. Pinel, à la description des deux maladies tuberculeuses les plus connues et les plus fréquentes, celle des poumons et celle du mésentère, connues sous les noms de phthisie tuberculeuse et de carreau.
GE NERALES. 2^ ï
qüî augmentent par Texercice, par les boissons froides ; djspnëe ; 2® habitude du corps délicate ^ membres grêles, constitution irritable et spasmodique, conformation vicieuse du thorax, soit d’origine, soit par accident; perte d’haleine au moindre mouvement , mélancolie , disposition aux emportemens de colère , ardeur pour les plaisirs de l’amour, excès d’intempérance, hémoptysie, chaleur chronique et incommode, surtout à la plante des pieds ou à la paume des mains; oppression de la poitrine, excès dans l’étude et les travaux du cabinet, etc.| 5® habitude du corps opposée à la précédente, c’està-dire , sensibilité obtuse et difficile à exciter, quelquefois avec un vice scorbutique ou scrophuîeux, une mauvaise conformation du thorax. Matière expectorée le matin, abondante et visqueuse avec un goût salé ; perte graduée de l’appétit , abattement de l’anie, quelquefois induration des glandes du cou, toux incommode; soulagement passager par une sorte de transport de la matière morbifique dans quelques articulations ou à la surface du corps Deuxième période ou phthisie déclarée. Toux particulière très-incommode, augmentant surtout la nûit, avec titillation au larynx ; gêne de la respiration augmentée par le moindre mouvement; changement de la voix , qui devient rauque , grêle ou beaucoup moins sonore; soif, inappétence; après le repas, douleur gravative de l’estomac , et exaspération de la toux , quelquefois au point de faire rejeter les aîimens qu’on a pris. C’est cette disposition à vomir^ jointe à la soif, qui , suivant Morton , est le signe le plus certain d’une phthisie déclarée... Expectoration quelque-
p52 LESIONS organiques
fois épaisse et blanche, d’autres fois transparente, d’une couleur cendrée ou verdâtre , d’une odeur fétide 5 d’un goût salé ou doux , etc. Petite fièvre qui paroit surtout le soir, avec ou sans frissonnement , avec chaleur aiguë et rougeur des pommettes ; insomnies qui augmentent graduellement le mouvement fébrile ; dépérissement , marasme. Troisième période» La fièvre hectique devient continue avec un pouls petit , dur, fréquent, et chaleur .âcre et mordicante qui se fait sentir au doigt de celui qui le louche. Durant l’exacerbation fébrile, la toux, la dyspnée, l’oppression, sont au plus haut point ; quand elle cesse, le malade dort d’un sommeil tranquille, reprend des forces et l’espoir de guérir. Il retombe dans l’abattement quand la fièvre se rallume. Il survient des sueurs colliquatives| un dévoiement opiniâtre s’établit; il y a expectoration purulente, ardeur brûlante vers les amygdales et les organes de la déglutition, fétidité de l’haleine, foiblesse extrême, marasme , œdématié des extrémités ; la face devient hippocratique et le malade succombe.
Traitement. Dans la première période de la maladie, la méthode curative doit varier d’après les distinctions établies ci-dessus, L’individu disposé à la phlhise est-il doué d’une constitution irritable et spasmodique, on doit lui faire habiter des vallées, des lieux bas et humides , le mettre à l’usage des boissons émvilsionnées , des fruits doux bien mûrs, des farineux , du lait coupé avec de l’eau d’orge ou le gruau d’avoine; lui donner des bains tièdes, lui faire éviter les passions vives, etc. Est-il d’un tempérament lymjphatique et disposé aux affections catarrhales , l’ha-
liHaiion dans un lieu ëleve , la respiration d’un air pur, les voyages, la navigation, l’equitalion lui con« viennent. Il se fera établir un exutoire, évitera un sommeil prolonge, usera avec sobriété d’un vin généreux, d’une nourriture succulente et tonique , etc. Dans les seconde et troisième périodes , on ne peut que modérer les symptômes les plus fatigans. Les plantes crucifères, le quinquina, le polypode amer,* i’ipécacuanba et les antimoniaux à dose nauséabonde, les térébeçitlîines , les baumes , la myrrhe , la digitale pourprée, les semences du fhellandrium aquaticum^ l’acétate de plomb , l’opium , qui ont été tour-àtour préconisés , n’ont pu être réellement efficaces que dans les catarrhes chroniques , qui très-souvent en imposent popr la phthisie pulmonaire développée.
GENRE VI. Carreau,
Stnonymie. Atrophia inf antilis , S crophula mesenierica , Sauvages , Cullen ^ Tabes infantum^ Sydenham^ Conlahes^ cenda i nf antilis , Juch^ Chartre, etc.
Prédisp, et causes occas. Erreurs de régime dans F enfance , répercussion de quelques maladies cutanées ; toutes les causes des scrophules.
Symptômes, Première période ^ ou dispositions qui doivent faire craindre la maladie. Mauvaises digestions, flatuosités , dévoiement avec des intermissions, bouffissure du ventre , surtout le soir 5 urine lactescente, odeur acide de la transpiration, respiration inégale , douleurs gravatives des lombes , crampes des extrémités, débilité habituelle. Deuxième période. Intumescence gravative de Fabdomen, avec des indurations isolées sensibles au toucher ; perte de Fappétit
OU extrême voracité ; malaise et distension du ventre après le repas, évacuations alvines irrégulières avec des intervalles de constipation ; déjections d’une couleur cendrée ou blanchâtre , souvent avec complication de vers ; induration des glandes lymphatiques du cou. Troisième période. Dégénérescence tuberculeuse des glandes lymphatiques du mésentère et perte de leurs fonctions ; déjections de matières blanchâtres et d’alimens à demi-digérés; fièvre lente, marasme, dévoiement colliquatif; quelquefois hydropisie ascite.
Traitement. On a recours aux moyens propres à ranimer l’activité du système lymphatique : tels sont les bains froids et surtout ceux de mer , les frictions sèches; on administre les amers a l’intérieur. On a préconisé la rhubarbe, l’acétate de plomb, les oxydes de mercure. On doit suivre surtout les principes de ï’hygiène ; mais c’est dès le début de la maladie qu’il faut agir pour la combattre; car le carreau au troisième degré est incurable , et son traitement échoue souvent a la seconde période.
GENRE VII. Scrophules.
Synonymie^ Scraphula, Sauvages, Vogel, Cullen, Sagar ; Struma , Linivæus; Écrouelles, Humeurs froides, etc.
Prédisp. et causes occas. Enfance; tempérament lymphatique, habitation des lieux humides^ mauvaise nourriture, vie indolente, affections morales tristes. — Cette maladie est héréditaire , mais ne naroît pas susceptible de se développer par contagion. Les signes extérieurs d’une constitution écrouelleuse
dès l’enfance 'sont, le gonflement delà lèvre supé-
rieiire , le nez rouge et douloureux , la chassie des veux ou un suintement des oreilles , la blancheur de la peau , etc.
Sjmptômes, Première période» Tuméfactions dures, irrégulières, indolentes des glandes lympha-* tiques du cou , sans changement de couleur à la peau ; fréquence du pouls, augmentation de la chaleur générale , symptômes d’excitation auxquels succède bientôt l’atonie. Deuxième période. Augmentation progressive des tumeurs glanduleuses , qui s’amollissent ensuite par degrés. La peau qui les recouvre s’altère , devient d’un rouge bleuâtre, s'ouvre dans divers points , et donne issue â une matière puriforme délayée avec quelques concrétions blanchâtres éparses. Les plaies dégénèrent en ulcères qui durent plus ou moins long-temps, ou se renouvellent après s’être cicatrisées ; les glandes sous-clavières , sousscapulaires , axillaires , etc. , peuvent présenter une altération analogue. Troisième période. Le vice scro^ phuleux peut, en se portant suivies poumons, donner lieu a la phthisie ; s’il attaque les glandes mésentériques , il peut donner lieu au carreau. Dans ces deux cas , le malade passe par tous les degrés du ma-? rasme et de la fièvre hectique avant de succomber» Cette affection peut s’associer â la syphilis , au rachilis , au scorbut , et offrir alors des symptômes variés»
Traitement. Dans la première et la seconde périodes, les toniques sont avantageux: tels sont les oxydes de fer combinés avec le muriate d’ammoniaque ou le carbonate de potasse ; les amers , comme l’élixir anli-scrophuleux de Périlhe , le quinquina avec la noix muscade , suivant la prescription de Fothergill , une
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forte décoction de houblon : on a aussi reconnu Tuli-* lilë de fusage de l’eau de mer et du muriatè de chaux. On a préconisé la digitale pourprée, les fleurs d’arnica, la douce-amère, les antimoniaux, les mercuriaux , etc. Le muriate de baryte a été employé avec succès; mais il agit lentement, et c’est un remède dangereux. L^effetdes médicamens doit être secondé par les moyens de l’hygiène , tels qu’une habitation salubre , le changement de climat , les frictions sèches , l’exercice en plein air , l’insolation , l’usage des alimens nourrissans et de facile digestion.
GENRE Vin. Rachitis,
Synon YMiE, Kachitîs , Sauvages , Linnæus , Vogel, CuLLEN, Sagar, Boerhaave , HoFFMANN ; Racliitisme , Portal; Ostéomalacie, Dungan.
Prédisp. et causes occas. Enfance^ principalement depuis six mois jusqu’à sept ans ; habitation dans des iieux humides ; affection syphilitique , scorbutique , scrophuîeuse , arthritique ; suppression de maladies cutanées, masturbation, castration.
Symptômes. Maigreur du corps , aridité delà peau, gonflement du ventre, foiblesse des membres, lésion de la digestion , raccourcissement et ramollissement des os longs ; gonflement de leurs extrémités ; déviation du rachis, difformité du thorax et du bassin. Intelligence très-grande ou état de stupidité. — Atro-* phie, fièvre lente , dévoiement colliquatif , hydropisies crânienne, thoracique et abdominale, etc.
Traitement. Ali mens légers et faciles à digérer , vin pur, bière de bonne qualité , vêtemens chauds , couchette composée avec des plantes aromatiques
GÉNÉRALES.' âS/
desséchées; habitation dans la partie la plus élevée de la maison , exercices suivant les forces et les pro-« grès de Fâge ; frictions sèches avec de la flanelle impi'égnée dé parfums arofnatiques , surtout le long de l’épine ; moxa, cautère , vésicatoires. Usage du sirop de Belet et du sirop anti-scorbutique. Les immersions dans l’eau froide ont eu du succès en Angleterre.
GENRE IX. JEléphantiasis des Grecs.
Synonymie. Élepliantiasis des Grecs, Yogel, Sauvages; Lèpre tuberculeuse , Lèpre.
Prédlspé et causes occas. Une disposition héréditaire ; la contagion , la malpropreté , l’usage d’alimens de mauvaise qualité etc.
Symptômes. Diminution progressive des fonctions des sens , foiblesses , lassitudes spontanées ; chute des poils et des cheveux ; voix foible et enrouée , haleine fétide, respiration difficile ; front ridé , face difforme ; peau recouverte de tubercules durs, inégaux, plus ou moins volumineux, passant par degré a un état d’ulcération qui ronge les ongles et fait tomber les doigts ; urine jumenteuse , inappétence , etc.
Traitement. Régime humectant et propre à favoriser l’excrétion cutanée; usage des légumes, et des bouillons faits avec les viandes les plus saines.* Les exercices du corps sont d’autant plus utiles que les malades sont enclins a l’inaction. — Sucs épurés des plantes; bouillons aux herbes avec des sels neutres; bains médicamenteux avec de^ plantes émollientes et un peu aromatiques, ensuite avec l’eau de mer ou des eaux thermales bains de yapeurSé^ Usage interne de
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la décoction des bois sudorifiques, etc. Application de topiques excitans et toniques.
GENRE X. Êléphantiasîs des Arabes*
Synonybîie, Lèpre des Arabes, Maladie glanduleuse, Maladie glandulaire de Barbade , parHEwoY, etc. ^
Prédisp* et causes occas* Peu connues. Cette maladie n’est ni contagieuse ni héréditaire. On voit dans îe Traité que M. Alard en a publié , qu’il n’est pas rare de l’observer en Europe.
Symptômes* Cette affection peut se porter sur toutes les parties indistinctemen^t ; niais elle se fixe de préférence sur les membres; elle revient par accès. On ressent d’abord une douleur plus ou moins vive dans une glande ou sur le trajet des principaux troncs des lymphatiques ; presque toujours une corde dure , noueuse et tendue, ressemblant tantôt à un amas de petites phlyctènes , tantôt à un chapelet de petites glandes tuméfiées, suit la même direction que les douleurs. La partie affectée rougit , se gonfle , prend une apparence érysipélateuse, et , dans certains cas, phlegmoneuse ; l’articulation voisine est maintenue roide , et fléchie par la contraction des muscles fléchisseurs ; et si le bas-ventre est le siège du mal, cette contraction produit un sentiment d’étouffement. Il existe une fièvre concomitante , surtout remarquable par un frissotï prolongé qui a le singulier caractère de redoubler au moindre mouvement : il est accom-^ pagné de nausées et de vomissemens , surtout quand l’accès est un peu maifjué : ces symptômes* fatiguent beaucoup les malades. Après les vomissemens , qui cependant ne rejettent que les liquides avalés , le ma-
laise elFanxieté diminuent; la soif.est grande et quelquefois inextinguible; la chaleur qui succède aux frissons est intense , les sueurs sont copieuses. Si le malade se remue dans le second stade de Taccès , le frisson, le vomissement , les douleurs se renouvellent aussitôt , et ces symptômes sont alors réunis à la chaleur et à la sueur. Cette fièvre , après une durée trèsvariable, cesse, et laisse dans la partie affectée du gonflement et de rinflammatlon. Celle-ci se dissipe au bout de quelques jours; mais le gonflement, quoiqu’il diminue d’abord avec elle , augmente bientôt de jour en jour dans les deux ou trois premiers mois qui suivent. Au commencement de la maladie, la tumeur paroît œdémateuse ; mais dans la suite elle devient très-dure, et ne cède pas à l’impression du doigt. Lorsqu’une glande lymphatique a été engorgée, elle reste quelquefois comme squirrheuse, ou bien tombe en suppuration , qui peut amener la gangrène ou donner lieu à d#s ulcères rebelles. Lorsque la maladie attaque l’extérieur de la tête, l’engorgement se dissipe plus facilement que dans les membres inférieurs , et il arrive alors un écoulement par le nez , par les yeux ou par la bouche ou bien il paroît sur la poitrine une éruption de boutons d’une nature particulière, d’où sort, sans douleur, un' liquide séreux ; quelquefois l’engorgement devient permanent, et alors il rend la figure plus ou moins difforme. Quand la maladie se fixe au scrotum , les douleurs sont très-vives ; l’inflammation peut se propager au testicule et le rendre squirrheux; mais sa suite la plus ordinaire est un épanchement qui donne à la ^partie un volume monstrueux. Lorsque la maladie se
.'&4o LESIONS ORGANIQUES
porte aux membres , et surtout aux membres înfe-^ rieurs , ce qui est le plus fréquent , elle leur donne une forme plus ou moins bizarre et des dimensions énormes*
TraitemenU Dans la période inflammatoire^ la saignée peut modérer les symptômes; mais elle a été quelquefois dangereuse : toute application locale est inutile; des mouchetures peuvent convenir. Le spasme de Festomac exige les sédatifs. ÏADrsque le gonflement est devenu très-considérable, un bandage serré devient nécessaire; on en seconde l’effet par l’acétate de plomb, le sulfate de zinc, etc.; on recommande le quinquina seul ou mêlé avec l’opium ; on cherche à détruire la tendance de la maladie aux retours périodiques ; l’amputation n’est d’aucune utilité.
GENRE XI. Yaws.
Synonymie. Framhœsîa , Sauvâges, Cullen.
Pi'édisp. et causes occas. La jeunesse, l’enfance. Cette maladie attaque particulièrement les nègres; elle est contagieuse et sujette à des récidives.
Symptômes. Apparition de taches d’abord petites et isolées, qui s’étendent ensuite peu à peu, s’élèvent en pointe et se changent en phlyctènesou en pustules, sur lesquelles il se forme une sorte d’escarre furfuracée , dont la chute fait voir un fongus rougeâtre qui pullule comme une fraise ; son siège peut avoir lieu dans toute Fhabitude du corps ; mais il affecte surtout la face, les aines , les aisselles. Plusieurs de ces fongus prennent le volume d’une mûre et paroissent compo-
ses de petits lobes ; les poils des parties affecte'es de*^ viennent blancs ou diaphanes. Le yaws peut aussi se porter sur les membranes muqueuses, dëgenërer en ulcères phagëdëniques , produire des ëcoulemens de matière puriforme par les yeux, le nez, les oreilles; affecter les os, causer des douleurs très-vives, donner lieu a des exostoses , des caries. Les caractères distinctifs du yaws sont faciles à saisir, par la simple inspection , dans les deux premières périodes ; mais après la formation des ulcères, on peut d’autant plus facilement le confondre avec la maladie vënërienne, que ces deux affections se contractent de la même manière et cèdent aux mêmes remèdes.
Traitement, Il est purement empirique, Lorsqu’il n’y a que de simples taches , on administre des bols de fleurs de soufre et de camphre jusqu’à la maturité des pustules; 2® on donne l’hydroclorate de mercure ( muriate de mercure doux) dans la vue d’exciter et de soutenir une salivation modérée pendant quelque temps, et de faire ainsi tomber les fongosités en écailles furfuracées; 5° on emploie un électuaire où entrent l’oxyde de mercure sulfuré noir , le gaïac , la thériaque, etc.; et si le fongus de»vient rebelle, on l’attaque avec urf escarotique mercuriel. Il est sans doute inutile, comme l’ont remarqué Lorry et M. Pinel , de pousser l’usage du mercure doux jusqu’à la salivation, et on pourroit tirer peutêtre un plus grand avantage de la décoction des bois sudorifiques, des eaux sulfureuses , etc»
ORDRE II
zisiONS ORGANIQUE PART ICULlèRES^
Sous-Ordre. Lésions organiques du cœur et des 'vaisseaux.
GENRE Anévrysme du Cœur,
Symptômes, La dilatation du cœur est , ainsi qu^l résulte des observations de M. Corvisart , ou active ou passive : dans la dilatation active , les parois du cœur sont épaissies, la force de son action est augmentée ; le contraire a lieu dans la dilatation passive. Les symptômes communs à ces deux espèces d’anévrysme sont les suivans :
Premier degré, Étourdissemens ; sentiment de vapeurs cbaudes qui semblent monter de la poitrine vers la tête ; céphalalgie ordinairement fréquente et opiniâtre j tristesse , impatience , irascibilité. Son également bon par la percussion des différentes régions du thorax ; souvent un sentiment douloureux à la région du cœur; palpitations plus ou moins vives et fréquentes ; battemens du cœur qui ne se font sentir que dans une petite étendue; pouls ordinairement très-développé , mais souvent fort ou foible , dur ou mou , suivant l’espèce d’^anévrysme ; régulier si la maladie est simple, irrégulier dans certaines com- “ plications ; respiration haute , courte , difficile y essoufflée au moindre exercice, et forçant le malade â suspendre sa marche , surtout quand il! monte un escalier; disposition singulière à contUac-
ter des rhumes , avec une toux vive et sèche qui revient par accès; presque constamment sêntiment de constriction vers la gorge ; fonctions digestives souvent plus actives que dans i’ètat naturel ; sll survient une indigestion , elle est ordinairement produite par la violence ou la continuité de la toux. L’état le plus ordinaire du ventre est la constipation ; urines rouges, briquetées , sédimenteuses , mais sécrétées en quantité naturelle.
Deuxième degré. Figure bouffie, joues et lèvres colorées en rouge vif ou tirant sur le violet ; pendant la station, tuméfaction de^ pieds et du bas des jambes, laquelle se dissipe pendant la nuit. Son rendu par la percussion des diverses régions de la poitrine également clair, excepté à la région du cœur, où il est ordinairement obscur. — Étourdissemens plus fréquens , quelquefois suivis de lipothymies. Sentiment de constriction violente vers la gorge , que l’on peut comparer à la boule hystérique ; sommeil interrompu par des rêves effrayans qui occasionnent des réveils en sursaut; mécontentement; impatience a la moindre contrariété. — Palpitations plus fortes, plus fréquentes ; battemens du cœur se faisant sentir dans un espace plus étendu , souvent même vers le côté droit de la poitrine et dans la région épigastrique ; pouls dur , vibrant, fréquent , quelquefois serré dans l’anévrysme avec épaississement; mou, assez fréquent, foible, facile à étouffer dans la dilatation passive ; assez souvent hémorrhagies nasales. — Respiration extrêmement gênée , impossible dans la position horizontale ; inspirations longues , souvent renouvelées , parce que les poumons engorgés et com-
244 l:êsions organiques
primés ne peuvent admettre qu’un très-petit volümér d’air» Le malade est obligé , pour rendre la respira-^ tiou un peu moins difficile ^ de se mettre sur son séant, de courber son corps en avant,' en appuyant y pour ainsi dire , sa poitrine sur ses genoux. Il ne peut monter trois ou quatre degrés de suite sans éprouver un essoufflement extrême qui le force à s’arrêter promptement. Toux forte , fréquente ÿ expectoration peu ou très-abondante , ordinairement visqueuse ^ souvent sanguinolente. Digestion pénible si le malade satisfait son besoin de manger; quelquefois même vomissement excité par la toux , douleur d’estomac , augmentation de la dyspnéé : quelquefois cependant soulagement par la plénitude de l’estomac ; assez ordinairement dévoiement plus ou moins abondant. — Urines rares par intei^valles , ce qui rend l’état du malade plus pénible. Extrémités inférieures inffltréeSy surtout après la station ou la progression ; mollesse , flaccidité des parois abdominales qui annoncent l’épancbement prochain d’un liquide; bouffissure du visage, pâleur , flaccidité de toute l’habitude du corps,^ signes précurseurs d’une infiltration générale.
Troisième degré. Augmentation de la bouffissure du visage, qui disparoît quelquefois pour faire place à une maigreur extrême ; la peau est alors flasque et tremblotante au moindre mouvement àe la tête ou au plus léger attouchement ; souvent vergetures violettes sur les parties latérales de la poitrine et sur les tégumens de l’abdomen ; la percussion fait rendre un son obscur aux parois de la cavité thoracique ; mais cet examen exige une attention particulière , parce qu’^il est contrarié par Tépaississement et l’infiltration
destégumens de cette partie. - — Quelquefois délire, surtout la nuit ; abattement inexprimable ; sens émoussés ; insomnies ; réveil en sursaut aussitôt que îe malade s’endort ; anxiété continuelle ; souvent désespoir furieux qui porte à desirer et a demander la mort. — Quelquefois disparition presque complète des battemens du cœur , qui sont alors réduits à un bruissement étendu ^ à un tumulte obscur et profond ; ou s’ils conservent encore de la force, ils se font avec une précipitation extraordinaire; pouls, dans presque tous les cas , petit , fréquent , inégal , intermittent , insensible et souvent vermiculaire ; veines gonflées, surtout au cou ; suffocation à chaque instant plus imminente ; inspirations forcées qui sont vaines, et d’autant plus difficiles que le malade n’a pas la force de prendre les positions qui , dans la seconde période, en facilitent l’acte. Toux sèche, comme convulsive ; matière de l’expectoration quelquefois très-abondante, souvent sanguinolente, ou même formée de sang pur, caillé , noir et comme charbonné ; d’autres fois muqueuse et puriforme , ce qui ne doit pas en imposer pour une affection des poumons. Appétit nul , facultés digestives anéanties , ou digestions extrêmement lentes. Déjections alvines fréquentes et séreuses , ou constipation qui ne cède ni aux lavemens ni aux laxatifs. — Urines épaisses , sédimenteuses et en très-petite quantité; quelquefois cependant augmentées parle traitement , ce qui soulage îe malade et lui donne un vain espoir. Infiltration de toute l’habitude du corps, des muscles , etc. ; quelquefois formation de crevasses qui donnent issue à beaucoup de sérosité, d’où résulte aussi unsoula-
gement momentané. Il n’est pas rare de voir l’intumescence extérieui^e disparoître en partie dans les derniers jours , et alors la sérosité s’amasse en quantité plus remarquable dans les grandes cavités, et particulièrement dans la poitrine. — Quand la maladie parcourt tous ses degrés, le malade s’éteint souvent insensiblement, ou la mort est précédée de légers mouvemens convulsifs. Lorsque la mort survient dans le second degré , elle est presque toujours prompte, subite, inopinée.
Espèce i^e. /[né^>rjsme actiJovias>ec épaississement des parois,
Prédisp, et causes occas. Tempérament sanguin , constitution robuste, vigueur del’age , caractère violent ; effort, ou exercice immodéré long-temps continué; course, lutte, danse forcée, contusion extérieure, acte vénérien , équitation , port des fardeaux ; usage des instrumens à vent , chant , cris ; toux , rhumes violens, pleurésie , pneumonie , etc. ; alimens succulens , usage et abus du vin, des liqueurs alcooliques ; affections morales vives , etc.
Sjmptômes, Figure rouge, vul tueuse (i), yeux injectés; battemens du coeur brusques , secs , violens , sensibles à la vue , soulevant la main appliquée
(i) M. Corvisart entend j ace vultueuse\-à. rougeur du
visage avec son augmentation de volume , comme on l’observe dans les maladies inflammatoires en general ; il regarde cette espèce de coloration comme provenant de l’afflux du sang dans les capillaires artériels , tandis que celle qui constitue la face injectée y telle qu’on la remarque dans diverses maladies chroniques, lui paroît tenir à l’engorgement du sang dans les vaisseaux capillaires veineux.
sur la région du cœur , et même les couvertures, si on observe le malade au lit. Pouls fréquent , fort , dur , vibrant , et tel que la pression du doigt ne peut effacer le calibre de lartère ; pulsations des carotides et des artères des membres souvent très-sensibles à la vue. La percussion du thorax fait entendre un son obscur dans un espace peu étendu.
Espece Anévrysme passif ou a^ec aminci sse-^ ment des parois,
Prédisp. et causes occas. Tempérament lymphatique 5 constitution foible , cacochymie , caractère sans .énergie ; maladies chroniques , telles qu’un engorgement , une débilité ; toutes les affections morales tristes , et par conséquent débilitantes , telles que les chagrins profonds , cachés , long-temps soufferts , surtout chez les sujets sensibles , délicats , nerveux ; enfin , état contre nature , avec foiblesse deforgane pulmonaire ou un obstacle quelconque qui se forme lentement dans le cours de la circulation ; rétrécissement de Tune des ouvertures du cœur.
Symptômes. Figure ordinairement pâle , fatiguée , quelquefois injectée et violette ; palpitations foibles , quelquefois plus rares , plus lentes , plus sourdes. En appliquant la main sur la région précordiale, on ressent l’impression d’un corps mou qui vient soulever les côtes et non les frapper d’un coup vif et sec , comme il arrive dans l’anévrysme actif ; il sem-» ble qu’on affoiblit lesbattemens par une forte pression ; tandis que , dans la dilatation avec épaississement des parois , le cœur semble s’irriter contre la pression et réagir plus fortement encore. —Le pouls
24S LESIONS ORGANIQUES
est foible , plus ou moins fréquent , mou , souvent peu sensible , facile à étouffer par la moindre pression ; mais il présente , comme dans la dilatation active , diverses irrégularités suivant les complications de rétrécissement , d’ossification , etc. La poitrine^ du côté gauche, ne résonne pas du tout dans un grand espace, parce que, dans ce cas , la dilatation , soit partielle , soit totale du cœur, est toujours trèsremarquable , et que le plus souvent la diathèse séreuse prédominant , il y a plus ou moins d’eau dans la cavité thoracique gauche , et spécialement dans le péricarde.
Signes cT après lesquels on peut juger quelle est la cavité du cœur qui se trouve affectée dané-^ vrjsme.
Ces signes sont incertains, La pulsation* de la veine jugulaire , regardée par Lancisi comme un signe certain de la dilatation du ventricule droit , a été observée sur des sujets dans lesquels les cavités gauches ont été trouvées dilatées ; d’ailleurs , cette pulsation peut être confondue avec celle des carotides; cependant elle peut, quand elle est réunie a plusieurs autres signes^ faire raisonnablement soupçonner quel est le côté du cœur qui se trouve malade.
Les battemens du cœur qui se manifestent plus sensiblement du côté droit de la poitrine, peuvent indiquer avec d’autres signes , la dilatation du ventricule droit ; mais ce signe isolé n’a aucune valeur.
La régularité constante du pouls , réunie d’ailleurs aux signes généraux de l’anévrysme du cœur , peut être donnée comme un indice de la dilatation de^
cavités droites ; mais ce signe est de même incertain, puisque la dilatation des cavités droites est assez souvent accompagnée d’un rétrécissement à l’orifice du ventricule gauche ou à celui de l’aorte , lésion qui occasionne toujours une irrégularité du pouls proportionnée au degré de ce rétrécissement : d’ailleurs, la régularité constante du pouls est excessivement rare dans les dilatations confirmées, actives ou passives du cœur.
C’est dans les organes qui sont sous la dépendance des deux circulations qu’on observe les phénomènes les plus propres à faire connoître quelles sont celles des cavités du cœur qui se trouvent dilatées. La circulation et l’organe pulmonaires semblent plus affectés dans l’anévrysme du ventricule droit ; l’essoufflement est, en général , plus considérable , l’hémoptysie plus fréquente ; la figure est violette , presque noire , eu raison de la stase du sang plus prompte à paroître dans la veine cave supérieure , dans les ju'^ gulaires , dans les faciales , qui ne peuvent se dégorger facilement dans l’oreillette droite.
Dans l’anévrysme des cavités gauches , au contraire , les phénomènes de la maladie paroissentplus marqués dans les parties soumises à l’influence de la grande circulation ; la figure est d’un rouge vif , surtout quand la dilatation est active : cette différence de coloration s’explique assez bien par la différence de couleur du sang veineux et du sang artériel.
Dans l’anévrysme des cavités droites , la peau du visage paroît comme ecchymosée ; dans l’anévrysme des cavités gauches, elle est seulement injectée en un rouge vif et très-intense.
LESIONS ORGANIQUES
Quand la maladie est arrivée à la fin de la seconde' période,, la bouffissure générale survient toujours, quelle que soit Fespèce de l’anévrysme ; mais elle est plus tardive lorsque les cavités gauches sont le siège de la maladie. Le développement plus prompt de la diathèse séreuse dans les dilatations des cavités droites , paroît dû à Fengorgement pulmonaire qui les accompagne toujours , et ne permet point au sang d’être dans le poumon exactement et pleinement soumis à l’influence réparatrice de la respiration ; de manière que le sang sort du poumon et rentre dans la grande circulation sans avoir perdu ce qu’il doit perdre , ni acquis tout ce qu’il doit acquérir.
^rraitement des Anévrysmes du cœur.
Les moyens curatifs ne sont pas indifféremment applicables aux anévrysmes actifs et aux dllatation{| passives , et ils ne sont guère efficaces que dans la première période de ces affections. Les deux autres périodes ne sont susceptibles que d’un traitement palliatif. Enfin la curation d’un anévrysme actif, dans la première période de la formation, paroît, toutes choses égales, moins difficile à obtenir que celle d’une dilatation passive. En effet, la méthode débilitante dont les indications sont très-faciles à remplir, fait la base du traitement de la première lésion; tandis que, pour guérir la seconde, il faudroit ajouter à l’organe des forces inhérentes à son organisation, et qu’il a perdues, ce qui est, pour ainsi dire , impossible.
On doit , dans l’une et dans l’autre espèce d’anévrysme , attaquer la cause de la maladie. Ainsi, un
PARTICULIÈRES- 25 î
flux quelconque a-t-il été supprimé, il faut y suppléer le plus promptement et le plus complètement possible. 'Une humeur dartreuse, psoriqiie, goutteuse, rhumatisante, s’est-elle portée sur le cœur ou sur ses annexes, on doit chercher à la rappeler dans “le lieu qu’elle occupoit. Il est impossible au médecin d’empêcher certaines affections morales vives, et de s’opposer à leur action sur le développement des anévrysmes du cœur. Mais lorsque la cause de la maladie existe dans la profession du malade ( telles sont les professions de tailleur, de tanneur, etc. ) , les conseils du médecin peuvent contribuer à faire avorter la maladie naissante. Quoique les anévrysmes actifs et passifs paroissent également survenir a la suite d’un état pléthorique constant, la méthode d’Albertini et de Valsalva, qui consiste a réduire le malade par des sajgnées multipliées et une diète rigoureuse et prolongée, à un état d’exténuation considérable, ne convient que dans les dilatations actives : encore cette méthode n’est applicable qu’à la première période de la maladie. On peut rapprocher de la méthode de Valsalva celle que Morgagni dit avoir employée avec quelque succès, et qui consiste à dériver une certaine quantité de sang de l’organe central de la circulation, en plongeant souvent les membres , et particulièrement les supérieurs , dans un bain chaud. Dans l’anévrysme passif, on a recours aux toniques sagement administrés. Dans l’une et l’autre espèce, lorsque la maladie est parvenue au deuxième ou au troisième degré , on cherche à combattre l’hydropisie en employant des diurétiques et des purgatifs alternativement avec des toniques , etc.
GENRE IL Rétrécissement des orifices du cœur,
Prédisp, et causes occas. Peu connues; La syphilis paroît produire quelquefois les végétations qu’on observe sur les valvules.
Le rétrécissement de l’une des ouvertures du cœur est presque toujours compliqué de l’anévrysme , qui en est le principal résultat.
Symptômes, Ceux des anévrysmes en général. Lorsque le rétrécissement a lieu dans les orifices des cavités droites , on sent par l’application de la main sur la région du cœur^ un bruissement particulier, difficile à décrire ; le même bruissement se remarque dans le pouls, qui n’est ni régulier, ni fort, ni plein, ni dur. — L’irrégularité du pouls est moins marquée quand le rétrécissement a lieu dans l’ouverture auriculo - ventriculaire droite qu’à l’embouchure de l’aorte : ce dernier cas est souvent accompagné de palpitations fortes et fréquentes. Mais le rétrécissement n’est pas toujours permanent ; il peut être aussi momentané et dépendre alors d’une excroissance ou d\me concrétion polypiforme qui vient se présenter à l’ouverture. Quand cet état a lieu aux valvules mitrales, les signes sont les mêmes, si ce n’est qu’ils peuvent disparoître pendant un temps plus ou moins long pour reparoître ensuite. Si ces végétations flottent à l’ouverture aortique et abaissent les valvules, elles l’oblitèrent entièrement, et occasionnent des lipothymies fréquentes et incomplètes, des battemens réitérés, des palpitations violentes et momentanées, l’insensibilité et l’irrégularité du pouls.
TraitemenU Cette maladie est au-dessus des res-^
Î>A'RT1CULIERES. â55
sources de Tari ; les aperçus de M. Corvisart el de quelques autres praticiens relativement à la nature syphilitique des excroissances des orifices du cœur^, font espérer que dans certains cas les mercuriaux pourroient être utiles#
GENRE IIL Anévrysme de V aorte»
Prédisp» et causes occas. Les mêmes que celles des anévrysmes du cœur ,* mais surtout raugmentatiou de la force impülsive de cet organe ; un obstacle au cours du sang au-delà du point dilaté ; tout ce qui peut déterminer ou favoriser une désorganisation ou un affolblissement des parois de l’aorte : tels sont les efforts violens , les coups portés sur Fextérieur de la poitrine , la suppression de la gale , d’une dartre , etc.
Symptômes, SI l’anévrysme ne fait pas saillie audehors , on sent par le toucher , outre les battemens du cœur ^ un bruissement un peu au-dessus du siège de ce dernier. Le son qui résulte de la percussion du côté gauche de la poitrine est mat ; le pouls est trèsirrégulier, et souvent il n’est pas le même aux deux bras. — La tumeur est-elle perceptible au toucher ou à la vue , on y sent des pulsations qui sont isochrones à celles des artères. Les signes sont en général trèsdouteux lorsque l’anévrysme s’étend vers la colonne vertébrale. La tumeur peut comprimer la trachée, l’œsophage , les vaisseaux qui se portent au cerveau ou qui en viennent ; de là un sifflement qu’on fai^ entendre en respirant , la dysphagie , la tendance à l’apoplexie : elle peut aussi se rompre dans la trachée ou l’œsophage , et faire périr le malade des suites de Fhémorrhagie.
254 LÉSIONS GRGA]?ri QU ES
Trditement. Si le malade , dans le début de l’affection , vouloit se soumellre à la méthode de Valsalva^ elle pourroit être avantageuse. — Lorsque la maladie est avancée, on se borne aux moyens palliatifs , qui consistent dans un régime sévère , et l’usage des saignées , des bains chauds des pieds et des bras. Lorsque l’anévrysme fait saillie au-dehors , on peut en retarder la marche par des applications froides ou astringentes.
GENRE IV. Tumeurs hémorrhoïdales,
Prédisp. et causes occas. Tempérament sanguin bilieux ou mélancolique ^ disposition héréditaire. Irritation ou compression fortement et long -temps exercée sur le rectum et l’anus , comme par une constipation opiniâtre , la chute fréquente et permanente > de l’anus , une équitation fréquente et long-temps prolongée , la gestation , le calcul ou des tumeurs de la vessie , de l’utérus et du vagin , etc. Affections morales tristes ; usage trop répété des purgatifs âcres.
Symptômes, Les tumeurs hémorrhoïdales sont des tubercules arrondis, lisses, rénitens, d’un rouge violet , plus ou moins douloureux , qui ont leur siège à la circonférence de l’anus ou dans la partie inférieure du rectum , et constituent dans le premier cas les hémorrhoïdes externes , et dans le second les hémorrhoïdes internes. Ces tubercules commencent quelquefois par être mous et vésiculeux , mais finissent toujours par être rénitens et durs. Lorsqu’ils sont internes , l’introduction du doigt dans le rectum y fait reconnoître une sorte de
î>artïcülière^. 255
bourrelet formé d'éminences séparées les unes des autres par des sillons dans lesquels on peut placer le doigt , mais en déterminant de tives douleurs : ces tumeurs se montrent souvent au dehors par les efforts qu’on fait pour aller à la selle. -- Les hémorrhoïdes , soit externes , soit internes , peuvent être fluentes ou non fluentes : dans le premier cas, il succède à leur formation un écoulement plus ou moins considérable de sang, assez souvent précédé ou suivi et rarement accompagné par une excrétion de mucosité blanche. Lorsqu’elles ne sont point fluentes ( hémorrhoides a^eu^les ) , elles sont assez souvent sujettes à des attaques périodiques d’irritation inflammatoire.
Les hémorrhoides peuvent être purement locales ou bien constitutionnelles : dans ce dernier cas, elles sont précédées de lassitudes, de pesanteur de tête, de tristesse, de flatuosités, de maux d’estomac, de constipation , d’un peu de prurit ou de chaleur à l’anus ; d’autres fois d’horripilations légères , de douleurs gravatives du dos et des lombes , de l’engourdissement des membres inférieurs, etc. L’éruption des hémorrhoides a lieu ensuite, et elle est suivie d’un écoulement de sang pur ou mêlé de mucosité. Peu a peu les douleurs diminuent ainsi que l’écoulement ; les tumeurs hémorrhoidales se flétrissent , et elles restent plus ou moins long-temps indolentes, jusqu’à ce que la même série de symptômes se reproduise dans une nouvelle attaque. La suppression subite du flux hémorrhoidal peut occasionner divers accidens , tels qu’un resserrement spasmodique de la poitrine , des coliques fréquentes , des vertiges.
Î256 LÉSIONS OR (5^ AlVïQUES
Traitement. L’observation exacte des règles aie-» tétîques peut retarder la maladie et même la rendre presque insensible , lorsqu’elle est he'réditaire ; et dans quelques cas , le re'gime seul a guéri radicale-» ' ment j lorsque la maladie n’étoit pas trop invétérée- La nourriture doit spécialement se composer de plantes potagères , de fruits acidulés- Les boissons échauffantes , telles que le café , les liqueurs spiritueuses J les vins nouveaux ou acerbes ne conviennent pas. On prend un exercice modéré; on évite les sièges échauffans , on éloigne toutes les affections vives de l’ame. Si la tuméfaction des hémorrhoïdes est due à un état de débilité locale ou générale , on conseille des topiques astringens. La douleur est-elle très-vive ^ il est souvent nécessaire d’y appliquer des sédatifs, tels que le camphre , le safran , l’onguent populéum , l’huile de jusquiame , etc. Si le flux hémorrhoïdal s’arrête subitement , on le rappelle à l’aide de bains de vapeurs locaux et de sangsues appliquées a l’anus , etc. S’il est excessif, il faut éviter de trop affoiblîr et de trop exciter.
Il® Sous -Ordre. Lésions organiques par-ticulières du système lymphatique ^ ou hydropisies ( hydropes ).
GENRE V. Anas arque.
Synonymie. Anasarca ^ Boerhaave , Hoffmann, Sauvages , Linnæus , Yogel, Cüllen , Sagar ; Hydropisie* cellulaire.
Prédisp. et causes occas. Constitution délicate, molle et lymphatique; séjour prolongé dans une at-
> t»ARTlGUi:.IERE&.
mosphère înimide avec privation de rinfluence de la lumière; vie se'dentaire , mauvaise nourriture, jeûne prolonge ; évacuations abondantes , suppression ou dérangement des menstrues , des lochies , des hémorrhoïdes , des sueurs , etc. ; abus des médicamens dans les maladies aigues ou chroniques , dans les fièvres intermittentes ; répercussion (f un exanthème ; usage des astringens dans une diarrhée séreuse ; rétention d’urine; hystérie ; lésion de quelques-uns des viscères abdominaux ; affections morales tristes.
Sjmptômes, La maladie commence ordinairement par les membres abdominaux : d’abord gonflement des pieds , qui devient moins sensible quand on est couché; l’enflure s’élève ensuite par degré aux cuisses, aux lombes , au ventre ; elle gagne le thorax , les bras, les mains et la face. La peau est d’un blanc laiteux, et souvent plus froide que dans l’état naturel; elle n’est pas douloureuse au toucher et conserve l’impression du doigt. Le pouls est petit , mou et lent.
Cette description appartient à l’anasarque passive ; celle qui est active est particulière, comme l^a observé M. Breschet , au tempérament sanguin et musculaire, aux constitutions robustes. Elle est occasionnée par les exercices violens , les intempéries de l’air, l’action de l’air froid , les irritations extérieures, les écarts de régime , les affections morales vives et subites , un rhumatisme aigu , etc. — L’invasion de cette espèce d’anasarque est brusque. Tout le corps ou quelques parties seulement sont tuméfiés, tendus, rénitens, plus ou moins luisans : la peau est
LESIONS ORCANiQtJES
chaude, d’une teinte rouge ou rosee, quelquefois de’ couleur: naturelle^ mais avec un peu de sensibilité au toucher; elle cède sous le doigt qui la presse, mais en offrant plus de résistance que dans l’anasarque passive^ et Timpression disparoît très-promptement* •Le pouls est plein, dur, fort, parfois vibrant , tantôt plus fréquent, tantôt plus lent que dans Fétat de •^anté. Le visage est rouge , tuméfié ; les yeux sont ' brillans , les selles rares ; Furine est rendue en petite quantité et d’une couleur rosée , quelquefois briquetée. Il y a fièvre locale ou générale, mais continue. La langue est rouge , sèche, la soif vive; Fappétit est perdu. La fièvre présente le soir ou la nuit dit redoublement. Si Fon saigne le malade , le sang se recouvre promptement d’une couenne inflammatoire. Ges symptômes sont augmentés par les purgatifs drastiques et les diurétiques irritans.
Traitements II doit être subordonné aux causes. Dans Fanasarque passive , on a recours aux purgatifs bydragogues èt aux diurétiques, qu'on fait alterner avec les stimulans et les toniques. L’usage précipité des hydragogues pourroit produire Finflammalion des intestins, ou accroître un état de débilité nuisible. On échoue dans le traitement de Fanasarque qui tient à un vice organique du cœur. L’anasarque active a été traitée avec succès par les antiphlogistiques et la saignée.
GENRE VL HjdrocépJiale.
S r NON T MIE, Hj'drocephalus , Boerhaave , Sauvages, Linnæüs, Cüllen, Sagar; Hjdrocephalum , Vogel.
Prédisp, et causes occas. En général, l’enfance
PARTICULIERE.^. tt,.
. oi
depuis râge de deux ans jusqu’à celui de dix ; des coups sur la tête ; la suppression de la scarlatine, de la variole , de la rougeole, etc. La maladie suit une marche chronique ou aiguèà
: Symptômes de T hjdrocéphcde chronique. Volume extraordinaire de la tête de l’enfant avec une sorte de transparence , surtout à l’endroit des fontanelles ^ écartement des sutures ; hébêtement^ affoiblissement des sens , convulsions , vertiges , exténuation gra-^ duée de l’entendement ; souvent paralysie des membres abdominaux et thoraciques.
Symptômes de l’hydrocéphale aiguë. Première pénWe. Nulle augmentation du volume de la tête; céphalalgie, nausées, vomissemens; fièvre qui paroitsouvent avec les caractères gastriques; douleurs dans les bras, les jambes ou la nuque; sommeil inquiet, morosité, agitation , grincement des dents, réveil en sursaut; prurit dans le nez, face pâle et abattement; yeux égarés , très-sensibles à la lumière et affectés en même temps de strabisme et de mouvemens convulsifs^ peu d’appétit , urine déposant un sédiment muqueux , blanchâtre. Deuxième période. Pouls lent et irrégulier, augmentation de la céphalalgie, des nausées et des vomissemens ; angoisses , inquiétude continuelle ; sueurs partielles ou générales très-abondantes ; strabisme ; mouvemens convulsifs et irréguliers des yeux ; regard fixe ou égaré ; pupille immobile à la lumière , mais se contractant et se dilatant alternativement d’une manière spontanée ; assoupissement; sommeil léger; gémissenjens; augmentation du grincement des dents , de la démangeaison dU nez; pâleur et rougeur alternatives du visage; lé-’
LÉSIONS organiques
gères convulsions de differentes parties du corps* Troisième période^ Pouls fréquent et foible; augmentation de tous les symptômes; assez souvent paralysie d'une moitié du corps et convulsions du côté opposé; palpitations , respiration convulsive , interrompue par des hoquets. La mort ^ terminaison la plus constante de cette maladie , survient ordinairement vers la fin du premier septénaire ou dans le courant du second.
Traitement, Lliydrocéphale chronique ou avec dilatation du crâne est au-dessus des ressources de Fart. On peut porter un bonnet de cuir afin d’éviter des compressions inégales du cerveau. Le traitement le plus convenable dans l’hydrocéphale aigue consiste dans l’usage des vésicatoires , des diurétiques, et surtout des scilli tiques jetdanslesexcitans , tels que le vin et l’ammoniaque. On a préconisé les mercuriauxet surtout le sous-chlorure de mercure ( muriale de mercure doux ). On doit mettre ces moyens en usage dès l’apparition des premiers symptômes.
GENRE VIL Hjdrorachis.
Synonymie. Hydromchitis , Morgagni , Sauvages ^ CuLLEN , Sagar; Spinosa ^ Linnæüs ; Spinabfjïda, Yogel.
Prédisp. et causes occas. Peu connues; l’épan^chement paroii généralement commencer, comme dans Fhydrocéphale, par les ventricules du cerveau, et se former secondairement dans le conduit du rachis par la communication qui règne entre ces cavités.
Sjmptômes. Tumeur molle et transparente qui occupe quelqu’une des régions du rachis ou co-
lonne verlÆrale , et présente de la fluctuation. Quelquefois il existe deux tumeurs sëpare'es qui communiquent entre elles. Elles sont formées par un amas de sérosité qui distend les enveloppes de la moelle épinière ; il y a écartement ou destruction d’une partie des vertèbres , et quelquefois paralysie des membres abdominaux.
Traitement, On se borne à appliquer un bandage avec une sorte de paume concave propre à contenir , la tumeur et à prévenir sa rupture. La ponction est , en général , funeste.
GENRE VIII. Hjdrothoraæ,
Synonymie. Hydrothorax , Sauvages, Vogel, CuLLEPf , Sagar Hydropisie de poitrine.
Prédisp. et causes occas. Débilité produite par une hémorrhagie excessive ou l’abus des saignées ; chagrins profonds ; atmosphère humide ; vie sédentaire ; abus des liqueurs alcoolisées; fièvres intermittentes; phlegmasie aiguë ou chronique ; asthme ; lésions organiques du cœur et de l’aorte.
Symptômes» Face pâle, fatiguée, amaigrie; yeux ternes et languissans; lèvres pâles ; respiration courte, génée, tranquille, avec possibilité de se coucher sur les côtés et même sur le dos. Le côté de la poitrine qui est le siège de l’épanchement, rend, lorsqu’on le percute , un son mat ; ce côté est bombé et affecté d’œdème ; battemens du cœur mous , foibles , tranquilles , réguliers ; point de palpitations; pouls plein , mou, tranquille, régulier ; point de réveil en sursaut.
Moyens de distinguer les lésions organiques du cœur
déavec ïhjdrothorax.
Dans FLydrolhorax essentiei, confirmé et simple^ la figure est .pâle ^ fatiguée, amaigrie, sans bouffissure; les yeux sont ternes, languissans; les lèvres pâles et comme amincies. Dans toutes les maladies du cœur, la face est rouge , violette , bouffie , souvent même infiltrée ; les yeux sont rouges , vifs , larmoyans, les lèvres gonflées, violettes, noirâtres. — Dans l’hydrolhorax, la poitrine, du côté de Fépanciiement, est ordinairement plus bombée; les espaces intercostaux sont Constamment, sur la fin de la maladie , élargis par Fécartement des côtes. Rien de semblable dans les maladies du cœur et des gros vaisseaux : on voit quelquefois une tumeur anévrysmale soulever les parois thoraciques 5 mais la tuméfaction qu’elle produit n’occupe jamais tout un côté de la poitrine , comme dans le premier cas. — Dans Fhydrothorax, les tégumens de la poitrine du côté malade sont, sur la fin de la maladie, œdémateux, infiltrés; et cette infiltration, réunie dans un petit nombre de cas à celle du bras du même côté, est isolée de celle des membres abdominaux et de la diathèse séreuse générale. Dans les maladies du cœur, les parois de la poitrine ne sont Infiltrées qu’autant que la maladie, par son ancienneté, a déterminé la leucophlegmatle générale. — Dans Fhydrolhorax, le défaut de résonnance qu’on observe , en percutant la poitrine , le malade étant sur son séant ou dans une position horizontale, a lieu sur le seul côté malade; jet, Quand la cavité thoracique n’est qu’en partie rem-
' PARTICULIKRES. 203
plie, 1 ’absence du son ne s’observe , le malade ëlant sur son séant , que jusqu’au niveau du liquide épanché. Dans les maladies du cœur^ la poitrine ne résonne pas en devant vers la région du cœur, dans une étendue plus ou moins considérable ; mais sur tout le reste des parois de la poitrine , même à gauche et en arrière , le son est ordinairement natu^ rel. — Dans l’hydrothorax, les malades se couchent toujours horizontalement, quelques-uns sur le côté sain , le plus grand nombre sur le dos. Dans les maladies du cœur, jamais le coucher n’est horizontal > les malades , étendus sur le dos , élèvent leur poitrine et leur tête de manière à être, pour ainsi dire, assis dans leur lit; d’autres fois, ils restent tout-à-fait sur leur séant, souvent encore courbés en avant. — Dans l’hydrothorax , le malade jouit, jusqu’à la mort, de tous ses sens , de toutes ses facultés intellectuelles. Dans les maladies du cœur, surtout vers la fin, il survient assez souvent des rêvasseries et même un léger délire. — Dans l’hydrothorax, on sent à la région du cœur des battemens mous, foibles , tran-^ quilles, réguliers, quelquefois lents ou un peu fré^ quens : il n’y a jamais de palpitations. Dans les maladies du cœur, ces battemens sont secs, vibrans , étendus, fréquens, irréguliers , intermittens , bruissans , variables comme les lésions elles-mêmes; il y a toujours des palpitations plus ou moins fortes et plus ou moins fréquentes, — Dans l’hydrothorax , pouls est le plus souvent plein, un peu mou, lent, tranquille et régulier. Dans les maladies du cœur, le pouls est dur, vibrant, fréquent, irrégulier, trèsintermittent , ondulant , etc, •— Dans Fhydrothoi’ax,
264 LESIONS ORGANIQUES
la respiration , quoique courte et gênée , se fait ce* pendant assez tranquillement ; la toux est peu considérable , sèche ou avec peu d’expectoration ; il n’y a jamais de réveil en sursaut; les urines sont presque toujours naturelles. Dans les maladies du cœur, la respiration est toujours difficile , entrecoupée et très- .agitée ; la toux est souvent violente, opiniâtre, trèsfatigante ; l’expectoration abondante , muqueuse , visqueuse , quelquefois sanguinolente. Le sommeil est troublé par des réveils en sursaut. Les urines sont souvent presque complètement supprimées ; leur sécrétion se fait toujours très-irrégulièrement ; elles sont troubles, jumenteuses, sédimenteuses , briquetées. — Dans l’hydrothorax, il n’y a pas d’alternatives bien marquées de bien et de mal ; le malade arrive à sa fin, comme par degrés, sans agitation, sans anxiété, sans angoisses très-considérables. Dans les maladies du cœur, le malade est tantôt bien , tantôt mal ; il y a des intermittences même très-longues dans la gravité des symptômes ; la mort survient après une effrayante et pénible agonie , quelquefois accompagnée d’un état subapoplectique.
Traitement de ï H jdroihorax.
Il est le même que celui de l’anasarque. Les pilules toniques de Bâcher ont eu des succès marqués. La paracentèse ne peut s’exécuter sans danger que lorsque l’hydrothorax est une maladie locale , ce qui , est rare. On a quelquefois retiré des effets avantageux de l’insolation, des frictions sèches et aromatiques sur la poitrine, de la position verticale des jambes et de l’application des rubélîans aux pieds. Le traite-
ment ne peut être que palliatif lorsque Thydro- Ihorax est symptomatique.
GENRE IX. Hjdropéricarde,
Prédisp. et causes occas* Celles des hydropisies en gênerai ; les affections du cœur , du médiastin^ de la plèvre et du poumon en particulier.
Symptômes» Anxiété douloureuse y poids incommode sur la région du cœur ; difficulté de respirer qui menace de suffocation dans la position horizontale ; souvent syncopes , plus rarement palpitations ; battemens tumultueux , obscurs du cœur, qui se font sentir tantôt à droite , tantôt à gauche , et comme à travers un liquide placé entre cet organe et les parois thoraciques ; pouls petit , fréquent , concentré et irrégulier; face violette , lèvres noires et livides. Le son rendu par la percussion de la poitrine , le malade étant placé sur son séant ou horizontalement , est obscur et même nul antérieurement et à gauche dans une étendue proportionnée à la dilatation que le liquiderait éprouver au péricarde; le côté gauche de la poitrine est quelquefois plus arrondi que le droit. Quand la maladie est ancienne , il y a foiblesse très-grande, œdématié des extrémités inférieures.
Traitement» Celui des autres hydropisies. GENRE X. Ascite»
Synonymie. Boerha ave , Hoffmann, Juncker,
Sauvages , Linnæus , Yogel , Cullen , Sagar.
Prédisp» et causes occas» Boissons abondantes prises pendant que le corps est échauffé ou dans la
chaleur de la fièvre ; suppression des fièvres inter^ mittentes , des maladies cutanées, de la sueur, etc.; hémorrhagies excessives , diarrhée invétérée ; inflammation lente du péritoine, affections particulières du ,foie et de la rate.
Sjmptômes. Tuméfaction élastique qui commence au-dessus du pubis et s’accroît d’une manière égale et uniforme , de sorte que le ventre conserve une forme régulière; fluctuation facile à sentir lorsqu’on applique une main sur un des côtés de l’abdomen , et que de l’autre on percute légèrement le côté opposé. Infiltration des membres inférieurs et des parties externes de la génération; lésions plus ou moins grandes de la digestion , de la respiration , etc. ; urine rare, épaisse et brûlante. — Lorsque l’ascite est enkystée , on la reconnoît à une tuméfaction d’abord partielle et graduée qui commence dans l’un des hypochondres ; avec un sentiment de tension et de douleur obtuse dans la partie , qui donne une forme inégale et irrégulière aux régions du ventre quelle occupe; ses progrès sont plus lents que ceux de l’ascite ordinaire ; la respiration est moins affectée que dans l’ascite ; il y a peu d’altération dans l’appétit ; la face n’est ni pâle ni bouffie , excepté dans les derniers temps de la maladie.
Traitement, Les purgatifs drastiques , les sudorifiques , les diurétiques, les toniques. L’emploi de ces moyens est subordonné aux causes de la maladie. La ponction a été quelquefois suivie de succès. L’ascite symptomatique d’une lésion organique est audessus des ressources de l’art.
211^ SouS“OaDRE. Lésions organiques particulières du tissu cellulaire.
GENRE XI. Endurcissement du tissu cellulaire?
Synony^he. OEdématie concrète de quelques médecins.
Prédisp. et causes occas* Peu connues. Refroidissement du nouveau -né. Cette maladie ne se déclare que depuis le moment de la naissance jusqu’au septième ou neuvième jour.
Symptômes. Le tissu cellulaire est engorgé et dui% surtout aux membres, aux joues , à la région du pubis et à l’abdomen. La plante des pieds est quelquefois d’un rouge pourpre et convexe au lieu d’être concave. La rougeur s’étend assez souvent sur les jambes , les cuisses et le bas-veutre ; les parties affectées sont froides , et leur dureté est telle qu’elle ne cède pas à la pression du doigt.
Traitement. Vésicatoires sur les parties affectées; bains chauds de décoction de feuilles de sauge ^ d’après les expériences de M. Andry. Hulme recommande le vomitif , un purgatif, et ensuite l’usage journalier d’un grain de sous-chlorure de mercure (.muriate de mercure doux ).
IV® Sous-Ob-dre. Lésions organiques particulières du cerveau.
Leurs signes ne sont pas assez connus pour qu’oa puisse en établir les différens genres.
V® Sous-Orpre. Lésions organiques particulières du poumon*
Leurs signes sont encore trop peu dëtermine's pour qu on puisse les distinguer les unes des autres pendant la vie.
VI® Sous* Ordre. Lésions organiques particulières du Joie*
GENRE XII. Ictère des nous>eau-‘nés.
Prédisp. et causes occas» Changement de la circulation qui a lieu au moment de la naissance; embarras gastrique causé parla rétention du méconium , le lait d’une nourrice anciennement accouchée, l’abus des huileux ou des spiritueux; une maladie antérieure de la mère pendant la grossesse ; quelquefois un vice organique du foie du fœtus.
Symptômes. Teinte jaune de toute l’habitude du corps , souvent avec tension des hjpochondres ; vomissemens, cris aigus, sécheresse de la peau.
Traitement. Quand la maladie n’est accompagnée ni de la tension abdominale ni d’aucun autre accident , on se borne aux légers laxatifs ; on donne les anti-spasmodiques quand ils sont indiqués,
GENRE XIÎL Concrétions biliaires.
Symptômes. Ces concrétions ne donnent souvent lieu à aucun symptôme remarquable ; quelquefois elles produisent un sentiment de pression dans la région épigastrique , des coliques , des éructations
acides , des vomissemens , des chaleurs passagères dans l’estomac , la constipation ou la diarrhée.
Traitement, On a recommandé les sucs récens et les extraits de saponaire , de chicorée , de chiendent. M. Durande a préconisé un mélange de trois parties d’éther sulfurique et de deux parties d’essence de térébenthine y mais le diagnostic de ces concrétions étant très-incertain , il est probable que les effets de ce traitement se bornent à calmer les accidens qu’on attribue à leur présence , et qui sont dus à un état nerveux ou à d’autres causes.
GENRE XIV. Hjdropisie enkystée du foie,
Symptômes, Pesanteur et douleur sourde à la région du foie f où l’on sent une tumeur rénitente , quelquefois inégale ; souvent ictère , teint pâle , émaciation progressive. Le kyste se forme ordinairement aux dépens de la membrane extérieure du foie , et contient quelquefois des hydatides qui nagent dans un liquide séreux.
Traitement, On ralentit, parles diurétiques et les légers apéritifs , la marche de cette maladie , qui est incurable.
VII® Sous-Ordre. Lésions organiques particulières de la rate.
Les signes de ces lésions sont trop obscurs pour permettre de les distinguer les unes des autres.
270 LÉSIONS OIIGANIQÜES
VIII® Soüs-Ordre. Lésions organiques particulières des voies urinaires^
GENRE XV. Diahétès sucré,
Prédisp, et causes occas, Gonstitution déteriorëe par de grandes hémorrhagies, des saignées fréquentes, des suppurations abondantes , des maladies longues qui ont exigé une diète sévère ; abus des liqueurs alcooliques ou bien de boissons aqueuses chaudes ou tièdes ; habitation humide et froide , vie sédentaire nourriture peu saine ou peu succulente ; mélancolie ; chagrins profonds.
Symptômes précurseurs. Besoin fréquent d’uriner, sentiment de chaleur ou de froid qui se propage da ventre dans la vessie ; excrétion progressivement augmentée de l’urine, • gravité dans la région précordiale , soif peu vive. Première période^ Débilité , abattement sans fièvre , point de douleurs dans la région des reins ni vers la vessie ; urine limpide y inodore , presque sans saveur et sans sédiment ; soif augmentée. Deuxième période. Dessèchement de' toute l’habitude du corps, maigreur, débilité extrême, sentiment d’une chalevn\peu vive , mais mordicante à l’intérieur ; urine plus abondante que la boisson , douceâtre, tântèt blanchâtre, tantôt jaunâtre , déposant un sédiment abondant, composée en grande partie d une matière peu sucrée , mais qui se transforme , comme le sucre , en alcool et en acide carbonique par la férmentation ; appétit vorace, soif très-grande , digestions pénibles ; fièvre , peau sèche et l’ougeur. Troisième période. Marasme complet |
PARTICULIERES, S-JÎ
pouls petit, irrégulier et intermittent, coiisomptiouj mort plus ou moins prompte.
Traitements Exercice modéré , éloignement des idées tristes et mélancoliques ; usage modéré d’uu vin généreux nourriture animale.
GENRE XVI. Concrétions urinaires.
Prédisp. et causes occas. Enfance et vieillesse | tempérament lymphatique ; habitation dans les climats tempérés , dans les lieux dont l’air est ordinairement humide, stagnant , et dans le voisinage des marais ; affection arthritique , etc.
Symptômes. Ils varient suivant que les calculs ont leur siège dans les reins , dans les uretères , la vessie urinaire ou l’urètre. Lorsqu’ils ont leur siège dans les reins : douleur très-vive, qui se déclare brusquement dans la région lombaire ; nausées , vomissemens ; urine rendue goutte k goutte et avec un sentiment d’ardeur. Rémission des symptômes par intervalle ; leur renouvellement suivant la position ou l’irritation produite par la présence du calcul. Si celui-ci est porté dans les uretères : mouvemens convulsifs sympathiques del’estomac, du diaphragme, des muscles abdominaux. S’il est volumineux ou raboteux , et qu’il ne puisse être expulsé des reins : douleurs vives et profondes avec un sentiment de constriction , de compression , d’une sorte de vrille qui semble percer la substance même du rein. L’urine est visqueuse , quelquefois sanguinolente. — Lorsque les calculs ont leur siège dans la vessie : pesanteur douloureuse au périnée, stupeur et engourdissement des cuisses ; rétraction et quelquefois
272 LlêsiONS ORGAPfîQUES
atrophie des testicules, érections involontaires, de'^ mangeaison insupportable vers le gland. Ténesme, émission difficile de Turine ; orifice de l’urètre quelquefois enflammé. On reconnoît la présence d’un corps étranger dans la vessie à l’aidg-du cathétérisme. ■
Traitement. On conseille l’usage des boissons alcalines lorsque les calculs sont composés d’acide urique oud’urate d’ammoniaque, et celui de l’acide hydroclorique étendu lorsque les calculs sont composés de phosphate de chaux et de phosphate ammoïiiaco-magnésien. L’opération de la lithotomie.
IX® Sous - Ordre. Lésions organiques particulières de P utérus*
] GENRE XVII. Corps fibreux de la matrice.
Sj^mptômes. Sentiment de pesanteur dans la région de l’utérus, douleur dans les lombes , tiraillement dans les aînés. Les symptômes connus de cette affection se confondent avec ceux des autres maladies du meme organe.
X® Sous-Ordre. Lésions organiques par^ ticulières du conduit alimentaire*
GENRE ANNEXE. Vers intestinaux.
Prédisp. et causes occas. Peu connues. L’enfance pour les ascarides lombricoïdes.
Symptômes. Sentiment d’irritation et de douleur dans une partie quelconque du conduit alimentaire; trouble varié dans les digestions et dans la plupart
PARTICULIERES, 2y5
des autres fonctions , accompagne de la sortie des vers 5 soit par le vomissement. , soit par les selles.
Espece i Ascarides lombricoïdes. Prurit et douleur pongitive dans un ou plusieurs points du conduit alimentaire ^ et particulièrement vers l’ombilic ; sortie des lombrics par le vomissement ou par les selles.
Espèce ije. Ascarides vermiculaires. Sentiment d’irritation sourde ou piquante, et prurit insupportable au rectum ; sortie d’ascarides avec les excrèmens.
Espece iii®. Tœnia. Sentiment de tournoiement et de pesanteur dans, l’abdomen, de piqûre ou de morsure dans le voisinage de l’estomac ; gonflement et affaissement ondulatoire du bas-ventre; appétit très-grand ; sortie de tœnia entiers ou de fragmens de tœnia par le vomissement ou par les selles. — ■ Ptyalisme , lipothymies frequentes , amaigrissement.
Traitement des ajf 'eetions vermineuses.
On empêche le développement des vers en donnant du ressort aux fibres du canal intestinal à l’aide de légers toniques. On les expulse par un grand nombre de moyens dont les principaux vont être passés en revue.
On emploie contre les ascarides lombricoïdes *et vermiculaires , ﮫde l’eau que l’on a fait bouillir sur du mercure : on la donne par verre; 2° la mousse de Corse et la coralline officinale ; 5^ les semences de ï artemisia santonica (^seinen contra ou cina') ; 4° le sous-chlorure de mercure (muriatede mercure doux) à doses purgatives; l’hydrochlorate (murial©)
^^^4 LESIONS ORCANIQT^ES PARTICULIERES:
d’ammoniaque, surtout mêlé avec la rhubarbe ers poudre ou le jalap ; 6^ l’huile de ricin; 7® la tanaisie {^tanacetuni vulgare)*^ Ïq cheiiopodium antlieU minticum.
On a recours contre le tænia aux purgatifs drastiques, à la racine de fougère mâle Çpoljpodium fdix mas) ^ â la poudre d’etain , à la méthode curative de Noufïer, à celle d’Alston , à celle de M. le professeur Bourdter. Nous ferons connoître ces méthodes dans la dernière section de la seconde partie de cet ouvrage , à laquelle appartiennent aussi l’indication des doses des vermifuges cités plus haut , et celle des medicamens des autres classes.