‹ Manuel médicalChapitre 34 sur 51 · DES FONCTIONS NUTRITIVES · texte numérisé non relu

DES FONCTIONS NUTRITIVES

froide que l’accident arrive , et lorsque l’asphyxié n’a pu être rappelé à la vie , les vaisseaux du cerveau ne sont pas gorgés de sang , et on n’aperçoit pas d’extravasation sanguine dans sa substance. Ainsi la mort des noyés ne ressemble pas à celle des apoplectiques. ^

Dans l’asphyxie par strangulation , le corps , au lieu d’être froid comme dans fasphyxie par submersion, présente a-peu-près sa chaleur naturelle, et la conserve long-temps. Le visage est gonflé , les yeux saillans , la langue tuméfiée ; il existe un engorgement manifeste des vaisseaux du cerveau, et les ouvertures cadavériques ont quelquefois fait voir un épanchement sanguin ou séreux a l’intérieur du crâne.

Les corps des personnes asphyxiées par la vapeur du charbon ( gaz oxyde de charbon et hydrogène carburé ) et par plusieurs autres gaz , conservent aussi leur chaleur pendant long-temps.

Il est essentiel de ^isûngnerï asphjxie des nouveaunés de ï ctpoplexie de naissance. Dans l’une et l’autre de ces affections, l’enfant ne donne,* en venant au monde, aucun signe de vie; il est insensible et sans mouvement : mais dans l’asphyxie, l’enfant est sanguin , pâle et flasque , tandis que dans l’apoplexie son visage est d’un rouge noirâti^ et plus ou moins gonflé; ses membres , au lieu d’être flasques, ont encore une certaine élasticité, et l’habitude géné*» raie présente en conséquence beaucoup moins l’apparence de la mort.

2o4 névroses

Traitement des Névroses de la respiration*

Asthme convulsif. On a obtenu en Angleterre des effets heureux de la respiration d'un mélange de gaz oxygène et d'air atmosphérique, et même de gaz oxygène pur. L’héther sulfurique et fopium sont l’un et l’autre employés avec avantage. Les vésicatoires et les cautères sont le plus souvent sans succès. Les boissons rafraîchissantes conviennent; les liqueurs susceptibles de fermenter et les alcooliques sont nuisibles. Le régime doit être ^ en général , léger, modéré et rafraîchissant , surtout si le malade est jeune et pléthorique ; il doit être plus nourrissant si l’asthme existe déjà depuis quelques ailnées. Il convient de recommander un exercice modéré , féquitation, la navigation et la promenade dans une voiture bien suspendue et sur un terrain uni.

Coqueluche* On emploie la saignée dans les cas de pléthore et d’imminence de la péripneumonie. On combat la constipation à l’aide de doux laxatifs ; un vésicatoire appliqué sur le côté a quelquefois été utile; mais les émétiques , administrés à doses vomitives et nauséabondes , sont les moyens les plus efficaces. Le musc a réussi à plusieurs médecins. Miller recommande presque exclusivement l’assa-foetida; Butter la ciguë; d’autres les cantharides jusqu’à irriter la vessie urinaire ; d’autres le quinquina , etc.

Asphyxie. On réveille faction des organes respiratoires par des odeurs plus ou moins fortes , f aspersion d’eau froide sur la face et sur la poitrine , l’introduction d’un corps sapide dans la bouche, des lavemens irritans,des frictions sèches et aromatiques.

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de petites commotions électriques on galvaniques dansla direction des muscles qui servent à la respiration . On expose l’asphyxié au grand air; on insuffle de l’air atmosphérique ou du gaz oxygène dans ses poumons.

Dans Yasphjæie par submersion , on doit , se garder de suspendre le noyé par les pieds , dans la vue de lui faire rendre le liquide qui pourroit s’être introduit dans la poitrine. La position horizontale ou un peu inclinée suffit pour permettre à l’eau qui est encore dansla trachée-artère de s’écouler; et il seroit a craindre , en tenant la tête trop basse surtout pendant un certain temps , de déterminer une congestion cérébrale. Le noyé étant couché sur le côté^ on. se hâte de le transporter dans un endroit commode ; on ôte ou plutôt on coupe ses vêtemens humides , et on le réchauffe par ceux des moyens que l’on peut employer le plus promptement. Le bain de sable , l’étuve sèche , et même l’étuve humide seroient trêsconvenables. A défaut de ces moyens , on place le ' noyé dans un lit , on l’enveloppe d’une couverture ; on peut conduire de la vapeur chaude sur son corps ^ appliquer des briques chauffées aux pieds ; promener une vessie remplie d’eau chaude , ou des sachets de cendre chaude sur les diverses régions , ou même appliquer immédiatement la cendre chaude sur la peau. On fait des frictions d’abord avec une brosse^ ou une flanelle sèche et ensuite imbibée, d’une liqueur excitante y telle que l’eau-de-vie camphrée y l’ammo^» Iliaque étendue d’eau y le vinaigre. On approche du nez des substances analogues , ou la vapeur du tabac, celle du soufre ou du chlore. On chatouille les lèvres et riatérieurdes narines avec une plume. On admi-

NÉVROSES

nistre des lavemens irritans , soit avec une de'cocUon de tabac 5 soit avec une dissolution de sel marin ou dè l’eau et du vinaigre. On peut insuffler de Tair dans les poumons, soit en soufflant avec la bouche appliquée sur celle du malade , ou , ce qui vaut mieux , à l’aide d’un soufflet , dont on insinue un tuyau dans une des narines , en ayant soin* de tenir l’autre fermée. On pratique une saignée si la face est rouge , violette , le corps très-chaud et souple. Dès que fasphyxié commence à respirer , et qu’en conséquence la déglutition peut se faire , on donne quelques cuillerées de vin chaud , d’eau-de-vie affoiblie , d’alcool de mélisse , etc.

Dans Y Asphyxie par strangulation , les excitans dont nous venons de parler réussissent quelquefois ; mais il n’est pas nécessaire de réchauffer le corps , à moins qu’il n’ait été exposé en plein air et par un temps très-froid , puisque la chaleur s’éteint lentement , comme nous venons de le dire , chez les personnes asphyxiées de cette manière. D’une autre part , l’engorgement des vaisseaux du cerveau réclame la saignée soit locale , soit générale; et on doit la proportionner a la constitution de l’individu et à i’état où il se trouve. — U asphyxie par les gaz trèsirritans , comme le chlore ou l’ammoniaque, est audessus des ressources de l’art, c’est-à-dire que, si une personne avoit -respiré une assez grande quantité de l’un de ces gaz purs pour déterminer la mort apparente , ce seroit en vain qu’on tâcheroit de rap« peler l’asphyxié à la vie : mais si l’action du gaz respiré n’avoit fait qu’irriter plus ou moins vivement la muqueuse des organes respiratoires , comme

DES BONCTIONS NUTRITIVES.

loi'sqiie le gaz est mêlé de beaucoup d’air atmosphérique , alors on emploieroit les mêmes moyens ' que dans un catarrhe pulmonaire très-aigu; et si l’inflammation est très-violente , iis n’empêcheront pas la maladie de devenir promptement funeste , comme dans l’exemple que j’ai rapporté, pag. 171 , en traitant de l’Epilepsie. — Dans V ^sphj'æie par les gaz oU émanations délétères on expose l'asphyxié au grand air ; on lui ôle ses vêtemens ; on fait sur le corps des aspersions d’eau froide ; on tâche de faire avaler de l’eau froide acidulée avec du vinaigre; on donne des lavemens excitans ; on irrite la muqueuse nasale et on injecte de l’air dans les poumons. L’injection du gaz oxygène ou du chlore très-étendu peut être utile dans l’asphyxie par le gaz hydrogène sulfuré : c’est au moins ce que font espérer les expériences tentées par MM. Dupuylren et Thénard. On peut aussi recourir aux commotions électriques ou galvaniques dirigées à travers le thorax. — Dans \ Asphyxie des nouveau-nés ^ on place l’enfant sur le côté et de manière que la partie inférieure du tronc soit un peu plus élevée que la tête , afin de favoriser îa sortie des mucosités qui peuvent embarrasser les bronches; on irrite l’intérieur du nez avec une plume ; on fait respirer le vinaigre radical; on introduit quelques gouttes d’eau alcoolisée dans la bouche ; on met i’enfant dans un vase rempli devin tiède animé même avec de l’eau-de-vie ; on fait, par intervalles , de légères frictions sur son corps ; on a recours a l’insufflation de l’air dans les poumons ; on enlève les mucosités qui peuvent se rencontrer dans l’arrierebouche avec les doigts trempés dans le vin ou le vi-

NEVROSES

naigre; on fait des frictions sur differentes parties du corps avec de la flanelle péne'trëe d’une liqueur alcoolique ; enfin on ne néglige aucun stimulant.

iii^ Sous-O K D RE . Névroses de la circu lation c

Ces névroses sont, ainsi que celles de la circulation, moins diversifiées que celles de la digestion. Les principales sont les palpitations nerveuses , la lipothymie ou la syncope. Ce seroit une erreur de réunir avec Sauvages, sous un titre générique, et les palpitations convulsives, et celles qui sont occasionnées par une lésion organique du cœur, etc.

GENRE XIV. Palpitations nerveuses.

Synonymie, Sydenham , Sauvages;

Palpitalio ner\>osa , swe spasmodica.

Prédisp* et causes occas. Tempérament nerveux, sexe féminin, enfance, hérhorrhagies excessives, affections morales , etc.

Sjmptômes, Les mouvemens du cœur sont précipités, irréguliers et plus forts que dans l’état naturel. Cet état n’est pas continu; il cesse promptement, mais se renouvelle très-facilement par les moindres afïèctions morales.

GENRE XV. Sjncope.

Synonymie. Syncope , S ^ Yogel, Cüllen, Sagar; Lipothymia, Lïnnæus.

Prédisp, et causes occas. Tempérament nerveux, affoiblissement par de longues maladies, par des hémorrhagies excessives , affections morales vives } as-

Î3ES FONCTIONS NUTRITIVES. ^og

pect d’un objet dégoûtant ou efFrayant, antipathie^ évacuation prompte de grands abcès ou d’une coilection séreuse dans l’hydropisie ; effort considérable , douleur vive, inanition ; présence de vers dans les intestins. — La syncope est souvent le symptôme d’une lésion organique du cœur ou de Faorte.*

Symptômes. Diminution ou suspension des battemens du cœur et du pouls , puis de la respiration , des sensations , de l’entendement , de la voix, de la locomotion et de toutes les autres fonctions. — Cet état 'est souvent précédé d’un sentiment de malaise dans la région du cœur, d’une petitesse très-grande du pouls , de la pâleur de la face , de vertiges , de tintement d’oreille, du refroidissement des extrémités, et d’une grande foiblesse» Lorsque le malade revient a lui , il éprouve un sentiment d’anxiété dans la région du cœur, quelquefois des vomissemens et même des convulsions.

Traitement des JYeWoses de la circulation^

On s’occupe , durant les intermissions , d’éloigner les causes occasionnelles et de changer la mobilité nerveuse. Durant les accès , on combat l’intensité des symptômes. Dans les palpitations ners^euses , de légers sédatifs et les moyens hygiéniques doivent être mis en usage. Dans la syncope , on emploie les mêmes moyens que dans l’asphyxie : la simple exposition au grand air suffit souvent pour faire revenir le malade à lui.

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I^ÉŸRàSt^

ORDRE V

N Éy ROSES DE LA G^NÉRATI Oït.

Ce n’est guère que dans les grandes villes que l’on observe ces afFections ; elles y sont occasionnées par une vie oisive et efféminée, Tabus des plaisirs, la licence des mœurs, etc. Chez les Orienlaux, elles sont dues à Finffuence du climat ^ aux excès de leur jeu-* nessè , et , à ce qu’il paroîC , à l’abus des stimulans aromatiques , mêlés avec l’opium.

Sous-Ori>re. Névroses génitales de

Vhomme.

GENRE Anaphrodisie.

StNONrMiE. Anaphrodisis , Sauva&es , Cullept, Saoar; Agenesia, Vogel.

Pfédisp* et causes occas, Attouebemens fréquens^ du pénis, surtout avant la puberté, excès d’onanisme^ imagination fortement frappée , amour trop ardent , hémorrhagies répétées, paralysie des muscles ischio-^ caverneux.

Symptômes. Foiblesse extrême ou impossibilité de F érection du pénis ; sensibilité très-vive , accompagnée le plus souvent d’une émission involontaire de sperme au moindre attouchement.

GENRE IL Dyspermatisme.

Synonymie. Djspermatismus , Sauvages^ SlerililaS'^ LiNNiEus , Sagar j Agenesia, Yogel.

©ELAGEWERATlÔIf,

Préciisp» et causes occas. Tension trop forte du. Jîënis par excès de vigueur; âgé avancé, habitude contractée de l’onanisme, trop grand relâchement dans les organes génitaux de la femme.

Sj*mptômes, Emission tardive ou empêchée du sperme dans l’acte vénérien, quoique l’homme jouisse des attributs de la virilité, et qu’il paroisse remplir les vues de la nature dans l’union des sexes.

GENRE IIL Satjriase,

Synonymie, Satjriasis , Sauvages, Linnæus, Cuulen Sagar.

Prédisp. et causes occas> Continence forcée , abus des plaisirs vénériens, puberté tardive, développement précoce des parties de la génération, crétinisme , malpropreté dans les vêtemens, affection dar-^ treuse déterminée vers l’urètre.

Symptômes* Penohant irrésistible à répéter fréquemment Pacte vénérien , et faculté de le soutenir^ sans épuisement; odeur forte exhalée par la peau; disposition à tomber dans une sorte de démence ou dans une exaltation qui conduit à la manie, si l’impulsion pour l’union des sexes est contrariée^

GENRE IV. Priapisme*

Synonymie. Priapismus , Sauvages, Linnæus, Vogel,’ Sagar.

Prédisp* et causes occas* Usage intérieur des can=^ tharides, irritation produite par un calcul dans la vessie ou une blennorrhagie*

Symptômes* Tension forte et douloureuse du pé*",

NÉVROSES

nis, avec un sentiment d’ardeur brûlante et sans aucun penchant à l’acte vénérien.

Traitement des Névroses génitales de Vliomme.

Le traitement se dirige sur les causes de l’affection. Ainsi, dans Y anaphrodisie , nécessité de la continence, d’un exercice continuel et des toniques, lorsque l’impuissance est le résultat des attouchemens trop fréquens, surtout avant la puberté. Une nourriture substantielle suffit le plus souvent pour faire cesser l’anaphrodisie déterminée par des hémorrhagies excessives , etc. — Le dyspermatisme tient-il à un excès de vigueur et de tension du pénis, on conseille les bains tièdes, l’usage du camphre à Tinté- . rieur, etc. “Dans lesatjriase^ les débilitans, tels que la saignée, les ventouses scarifiées, les bains tièdes, les cataplasmes relâehans et les fomentations de même nature, les boissons rafraîchissantes et calmantes, le camphre, sont indiqués si l’individu est jeune, fort, et s’est abstenu depuis long-temps des plaisirs vénériens. Les toniques sont au contraire employés avec avantage lorsque le satyriase est joint à un état de foiblesse produit soit par l’âge , soit par l’abus des plaisirs vénériens. Les vésicatoires , conseillés par quelques auteurs, pourroient augmenter l’irritation et occasionner le priapisme. On prévient la récidive de la maladie par les moyens de l’hygiène : tels sont l’usage modéré des plaisirs de l’amour, et une direction habituelle de la pensée sur des objets étrangers à ce sentiment; l’étude des sciences, la culture des arts, les travaux du jardinage, l’équitation, la promenade, l’habitation de la campagne. — Dans le

DEL AGENÉRATIOlV, 2 l5

priapisme occasionné par l’usage interne des cantharides ou des diurétiques âcres , on suspend l’emploi de ces substances et on a recours aux bains tièdes * aux boissons et aux lavemens mucilagineux. Cette affection est-elle entretenue par un calcul urinaire, l’extraction de ce corps étranger est le seul moyen efficace.

11^ Soüs»Ordr£. Névroses génitales de la

femme.

GENRE V. Nymphomanie ou Fureur utérine.

Synonymie, N jmphomania , S kv y ag^.s N og^i. ,, Cullew, Sagar ; Metrômania, Astruc ; Furor uterînus , Tceniap Lîî'ftvÆüS ) Melancholia uterlna , Neivter.

Prédisp. et causes occas. Epoque de la puberté, lectures lascives , contrainte sévère , état de retraite , habitude de l’onanisme, sensibilité extrême de l’utérus, affection dartreuse fixée sur les organes génitaux.

Symptômes. — Première période. Imagination obsédée par des objets lascifs et obscènes ; état de tristesse et d’inquiétude ; taciturnité, recherche de la solitude, perte du sommeil et de l’appétit, combat intérieur entre des sentimens de pudeur et l’impulsion des désirs effrénés, etc. Deuxième période. Abandon â ses penchans voluptueux , oubli des règles de la pudeur et de la bienséance , regards et propos agaçans, gestes indécens, sollicitations, instances à l’approche du premier venu, menace s’il fait de la résistance. Troisième période. Aliénation complète de Fesprit , obscénité dégoûtante , fureur aveugle avec

NEVROSES

désir de frapper et de déchirer. Chaleur brûlante sans fièvre , enfin tous les symptômes d’un état maniaque violent, ^

TraitemenU Le meme que celui du satyriase. On éloigne les causes et on donne des bains tièdes , des rafraîchissans, des caïmans, le nénuphar (^njmphcea alba , L.).

GENRE VI. Hystérie,

Synonymie. Hjsieria , Sauv’'aqes, Linnæus, Vogee , CuLLEN , Sagak ; Affectio hjslerica , Willis, Sydenham, 'SS^YYï'i'jMalumhjstericum ^ Juncker, etc.

Prédisp, et causes occas. L’époque de la puberté ; celle de la cessation de la menstruation ; un tempérament nerveux, une grande sensibilité physique et morale, des émotions vives et fréquentes; une vie sédentaire et oisive; la fréquentation des spectacles, les veilles prolongées; les conversations et les lectures voluptueuses; l’application continuelle et trop ardente à la musique; une menstruation laborieuse ou irrégulière ; la suppression de cette évacuation, de la leucorrhée ou des lochies; une continence absolue, ou l’abus des plaisirs vénériens et l’habitude de la masturbation ; une inclination amoureuse contrariée ; l’impression de certaines odeurs , telles que celles du musc , de la tubéreuse , etc. ; l’aspect d’une personne hystérique dans un accès, etc.

Symptômes, Les accès hystériques attaquent subitement ou sont annoncés par des bâillemens, des vertiges, des pleurs ou des éclats de rire sans causes, etc. ; ils peuvent être rapportés à quelqu’un des degrés suivans : Premier degré. Sentiment d’une boule qui semble partir de la matrice , roule dans la cavité ab-

domina] e en y faisant éprouver une chaleur plus ou moins vive ou un froid glacial, se porte ensuite à la gorge où elle reste quelque temps, et produit, en comprimant le larynx , un sentiment de suffocation. Respiration plus ou moins gênée, pouls petit et irrégulier ; quelquefois gonflement du cou et de la poitrine ; dépression ou tension de Tabdom en ; borbo-^ rygmes, éructations, refroidissement des membres inférieurs, tandis que des bouffées de chaleur s’élèvent au visage, qui est alternativement rouge et pâle| intégrité des fonctions intellectuelles. Deuxième t/egré. Augmentation des symptômes ci-dessus”; gonflement très-marqué de la poitrine , du cou et de la face , qui est d’un rouge violet; gêne de la respiration portée jusqu’à la suffocation; refroidissement ex^ trême des pieds , pouls presque insensible , sentiment plus ou moins obtus, et quelquefois perte de coniioissance ; mouvemens convulsifs des membres , du tronc et de la tête. Troisiènie degré. Suspension pres^ que absolue de la circulation et de la respiration; chaleur animale presque entièrement éteinte ; pâleur, insensibilité, immobilité , mort apparente et quelquefois réelle , mais dans des cas très-rares.

L’hystérie peut présenter des formes si variées, que Sydenham l’a comparée à un Pvotée. Il n’est , pour ainsi dire , aucune maladie qu’elle ne puisse simuler ; elle se manifeste tantôt sous 1^ forme d’une apoplexie, tantôt sous celle d’une paralysie, d’une néphrite, etc. Le ventre se gonfle quelquefois de manière à en imposer pour une véritable grossesse. Souvent les malades éprouvent dans un point du crâne , surtout au front ou à l’occiput , une douleuy

2i6 névroses

fixe , poignante, que Ton a désigne'e sous le nom de clou hystérique»

La durée des accès varie depuis quelques minutes jusqu’à plusieurs jours. L’état syncopal que l’on remarque dans le troisième degré a quelquefois duré assez long-temps pour être regardé comme une mort réelle. Lorsque les accès se prolongent , il y a ordinairement des momens de rémission. Dans le premier degré, dès que la boule ne se fait plus sentir, le malaise se dissipe à mesure que des flatuosités s’échappent par la bouche et le rectum , et la malade reprend promptement son état naturel. Dans les attaques plus violentes, les symptômes se dissipent par degrés ; les malades restent quelque temps dans un état de stupeur et de sommeil apparent ; elles reprennent ensuite peu à peu l’usage de leurs sens et de leurs facultés intellectuelles ; le pouls se développe, la chaleur devient uniforme; l’éréthisme général est suivi d’un relâchement qui permet aux excrétions de reprendre leurs cours. Les malades conservent pendant quelque temps un sentiment de lassitude, un air d’étonnement , et n’ont aucun souvenir de ce qui leur est arrivé pendant l’accès.

L’hystérie peut être compliquée avec l’hypochondrie , la mélancolie , et même l’épilepsie.

Différences entre ïlijstérie et rhjyochondrie» La vie sédentaire et les excès dans les travaux du cabinet sont les deux sources principales de l’hypochondrie. l’hystérie succède presque toujours au trouble des fonctions de la génération ou des fonctions exclusives au sexe. L’hystérie n’est jamais déterminée par ces altérations organiques que l’on observe souvent chez

DELAGÉNÉRATIOrf.' 2î7

les hypochondriaques. L’hystérie se développe particulièrement a l’époque de la puberté et à l’époque critique; l’hypochondrie n’arrive jamais avant l’âge adulte. L’hystérie est exclusive a la femme ; les causes qui la font naître déterminent souvent l’hypochondrie chez l’homme ; et cette maladie s’observe rarement chez les femmes. Dans l’hystérie , l’invasion est plus ou moins brusque , ou les symptômes les plus violens peuvent se manifester promptement après les symptômes précurseurs : riiypochondrie est remarquable par la lenteur de son développement, et ce n’est qu’après plusieurs années que les symptômes arrivent à leur plus haut période. Les accès hystériques sont ordinairement séparés par des intervalles d’intermittence plus ou moins longs ; tandis que l’hypochondrie est une maladie continue avec des exacerbations. Une odeur fétide , le son de la musique , la compression des carotides ont souvent fait cesser des accès hystériques ; tandis que les exacerbations de l’hpochondrie ne cèdent jamais à ces moyens. Une légère compression sur la région épigastrique apporte du soulagement dans l’hystérie et augmente l’état pénible de î’hypochondriaque. Les maux imaginaires , les terreurs paniques , la tension des hypochondres n’appartiennent qu’à l’hypochondrie. Le globe et le clou hystérique , la perte de la parole , la suspension des fonctions de l’entendement, les convulsions, le gonflement du cou, le sentiment de strangulation, le trismus , sont des symptômes exclusifs de l’hystérie. Enfin , l’hypochondrie est plus rebelle aux moyens curatifs que l’hystérie.

Différences entre Vhjstérie et répilepsie. La perte

2ï8 NEVROSES DE LA GÉnÉRATIOM.

de connoissanceet de sentiment et les convulsions^uf caractérisent l’épilepsie ^ n’ont lieu que dans les attaques très-fortes d’hystérie , et n’arrivent jamais d’une manière aussi brusque que dans l’épilepsie. Dans celle-ci , le malade tombe tout-è-coup dans quelque endroit qu’il se trouve; dans l'hystérie , la perte de connoissance n’est jamais subite , ensuite la bouche n’est pas écumeuse comme dans l’épilepsie ; dans celle-ci la respiration et la circulation ne cessent jamais , tandis que ces fonctions sont à peine sensibles dans les fortes attaques d’hystérie. Dans l’épilepsie, la face, livide et gonflée, offre constamment un aspect hideux qu’elle ne présente pas dans l’hystérie. Au reste , on est souvent forcé de recourir à l’examen des causes pour bien distinguer ces deux maladies, et l’on voit quelquefois l’hystérie dégénérer en épilepsie.

On doit combattre les causes et réunir les circonstances hygiéniques les plus propres à s’opposer au renouvellement des attaques. Celles-ci n’exigent pas des moyens particuliers lorsqu’elles sont au premier ou au deuxième degré, si ce n’est lorsqu’elles sont trop intenses : c’est ainsi qu’on emploie quelquefois avec avantage les gommes-résines fétides, surtout en lar vemens. La respiration de l’acide acétique et celle de l’ammoniaque exaspèrent ordinairement les accès. Si }a femme est forte , sanguine , que sa face soit enflée, rouge , violette , que la gène de la respiration soit considérable , il est convenable de recourir à la saignée, et l’agitation de la malade oblige de recourir de préférence aux sangsues. Dans le troisième degré, il faut réunir les moyens les plus propres à rap-: peler la malade à la vie.

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