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III. Métaux malléables et facilement oxydables

Ce sont le nickel , le mercure, le zinc, le cuivre, le fer, i’étain, le plomb. Le nickel n’est pas em-

ployé.

554 PREPARATIOI^S

Mercure-

On remploie à Fetat métallique , à Fêtai de suî^ fure , à Fétat d’oxyde , à celui de chlorure et de souschlorure , enfin à celui de nitrate.

Mercure métallique.

Extraction. On le retire en grand de ses mines ^ et notamment du cinnabre ou sulfure rouge de mer» cure; on le broie avec de la chaux , qui s’empare du soufre 5 et on distille.

Caractères. Ce métal est d^un blanc très-éclatant^

' d’une saveur et d’une odeur particulières , fluide jusqu’à la température de — 52 degrés de Réauniur, et cristallisant à cette tenlpérature ; d’une pesanteur spécifique de i5558i ; très-bon conducteur du calorique , de l’électricité et du galvanisme ; très-volatil ; s’oxydant assez facilement à l’aide de la chaleur; se combinant au soufre et à Foxygène en diverses proportions; formant, meme à froid, avec plusieurs métaux , des amalgames qui cristallisent ; se dissol» 'vant facilement dans l’acide nitrique, et formant du nitrate à difïérens degrés d’oxydation , suivant que Facide a agi à la température atmosphérique ou à une chaleur plus élevée ; précipité de ses dissolutions par le cuivre qui se couvre d’une lame de mercure métallique.

Usages. Il n’est employé à l’intérieur que dans le volvulus. Sa décoction dans l’eau est quelquefois administrée comme anthelmintique.

BES mÉdïcamews. 355

Sulfure noir de mercure.

Préparation. Cette combinaison, qui constitue Yéthiops minéral des anciens , se fait en triturant à froid du mercure avec du soufre , ou en faisant passer du mercure à travers une peau de cliamois pour le faire tomber en pluie dans du soufre fondu que l’on agite.

Caractères. Il est en poudre noire ; il est volatil ; se convertit par la calcination et la sublimation en sulfure rouge , en dégageant des vapeurs sulfureuses, et perdant ainsi l’excès de soufre qui le constituoit sulfure noir.

Usages. Excitant de la transpiration cutanée. Aujourd’hui presqu’inusité.

Sulfure rouge de mercure.

Préparation. Quoiqu’il forme la plus abondante des mines de mercure , on le fait toujours artificiellement pour les arts et pour la médecine, en faisant calciner et ensuite sublimer le sulfure noir de mercure. ^

Caractères. Il est en masses ou en pains solides , de plusieurs pouces d’épaisseur, très-pesant, d’un rouge vif, et formé de stries aiguillées, serrées les unes contre les autres. Pulvérisé , il forme le vermillon^ Traité à la cornue avec de la chaux , il lui cède son soufre , et passe à l’état métallique.

Usages. Il a été employé en fumigations , comme altérant , dans certains ulcères vénériens. Il entre dans la poudre tempérante de Stahl et dans quelques préparations officinales.

Protoxyde de mercure ( oxyde de mercure noir ou au

minimum d’ oxydation ),

Préparation. Les anciens, qui Tappeloient ethiops per se ^ le faisoient en agitant continuellement et pendant long-temps une petite quantité de mercure dans une bouteille dont ils renouveloient l’air par intervalle ^aujourd’hui on le précipite, au moyen de la potasse, du nitrate acidulé de mercure au minimum d’oxydation. La trituration du mercure dans un mortier avec un corps gras, le fait aussi passer à l’état d’oxyde au minimum.

Caractères. 11 est sous forme de poudre noire, d’une odeur particulière; d’une saveur âpre; insoluble dans l’eau; réductible a l’état métallique par la chaleur seule, et par l’action prolongée de la lumière; soluble dans les acides nitrique et acétique étendus. Composé de 0,96 mercure et de 0,04 oxygène.

Usages. Anlhelmintique , altérant, anti-syphilitique.

Peroxyde de mercure (^oxyde de mercure rouge ou au

maximum d’ oxydaüon ).

Préparation. On le prépare ordinairement aujourd’hui en calcinant dans un matras le nitrate acidulé de mercure.

Caractères. Il est sous forme de paillettes rouges , d’une saveur très-âcre, volatil; passe à l’état d’oxyde au minimum par l’action prolongée de la lumière; dégage du gaz oxygène très-pur, et reprend l’état métallique par Faction d’une forte chaleur et à

t)ES M É D î C A M E N S. 5^7

yaîsseajüL fermé. Il est composé de 0^92 mercure, et de 0,08 oxygène.

Usages, On ne l’emploie guère qu’à l’extérieur comme excitant et escarro tique.

Chlorure de mercure ( muriate de mercure au maximum d’oxydation , sublimé corrosif).

Préparation. Le procédé le plus usité consiste à sublimer un mélanome de sulfate de mercure au ma-

ocimum d’oxydation et d’Iiydro-chlorate de soude décrépité.

Caractères. Il est en masses dures, transparentes, composées de petites aiguilles prismatiques ; il a une saveur très-âcre, métallique; il est inaltérable à Fair^ plus volatil que le chlorure de mer(5ure ; il se dissout dans 16 à 17 parties d’eau froide et dans 2 parties d’eau bouillante ; il est soluble dans l’alcool bouillant , et cristallise par le refroidissement ; il forme un précipité jaune avec les alcalis : celui qu’il forme avec l’eau de chaux , suspendu dans le liquide , constitue Y eau phagédénique.

Usages. Anti-syphilitique , altérant : à l’extérieur anti-psorique. U eau phagédénique est employée à l’extérieur comme excitant dans certains ulcères.

Sous-chlorure de mercure ( muriate de mercure au

minimum d’ oxydation ^ mercure doux ).

Préparation. On peut faire cette combinaison en précipitant le nitrate de protoxyde de mercure par Fhydro-chlorate de soude ; maisfon la prépare ordinairement en sublimant un mélange^ de mercure et de chlorure de mercure* On le lave à l’eau pour

lui enlever le chlorure de mercure qu il peut contenir.

Caractères. Il est cristallisé en prismes tétraèdres, d’un blanc opaque, sans saveur, insoluble dansTeau et dans l’alcool,* il noircit au bout de quelque temps à sa surface par son exposition au soleil ; il devient un peu jaunâtre par la porphyrisation ; il est volatil , devient phosphorescent lorsqu’on le frotte dans l’obscurité ; se convertit en oxyde de mercure noir par la potasse , la soude , l’eau de chaux , etc.

Usages. Purgatif, vermifuge , anti-syphilitique , altérant.

Nitrates de mercure.

Préparation. Si l’on traite â froid du mercure en excès par l’acide nitrique à i8 degrés , on forme du nitrate de protoxyde de mercure ( nitrate de mercure au minimum d’oxydatiori ) : si l’on fait chauffer pendant long-temps du mercure avec l’acide nitrique concentré, on a du nitrate de peroxyde de mercure ( nitrate de mercure au maximum d’oxydation ).

Caractères. La dissolution nitrique de protoxyde de mercure ne précipite pas par l’eau : elle donne par l’évaporation des cristaux transpa rens formés de deux pyramides tétraèdres, appliquées base à base. Ce sel est très-soluble dans l’eau : il précipite en noir par les alcalis ; il forme avec l’acide bydro-chlorique un précipité blanc qui ne se redissout pas dans l’eau : il fait une tache noire sur la peau , et même sur les substances animales mortes. La dissolution nitrique de protoxyde de mercure ne cristallise pas ; elle précipite en blanc par l’eau froide , et en jaune par

feau chaude; elle précipite en jaune par les alcalis ; elle forme par Facide hydro-chlorique un précipité blanc qui se dissout complètement dans Feau.

Usages. Caustiques. La dissolution nitrique de protoxyde de mercure , étendue d’un peu d’eau , constitue \eau mercurielle des pharmaciens ^ qu’on emploie comme caustique. Le nitrate de protoxyde de mercure entre dans la composition du sirop mercuriel dit de Belet. Si l’on verse peu à peu de l’ammoniaque liquide dans une dissolution nitrique de protoxyde de mercure , et qu’on lave ensuite dans Feau distillée le précipité noirâtre qui s’est formé, on a le mercure soluble du docteur Hahnemann , médicament aujourd’hui très-employé en Allemagne dans les affections syphilitiques , et qui n’est , comme on le conçoit , que du protoxyde de mercure. On Fa nommé mercure soluble ^2iVQe qu’il se dissout dans tous les acides.

Zinc.

Il est employé à l’état de peroxyde et à Fétat de sulfate.

Peroxyde de zinc (oxyde de zinc au maximum

d'oxydation ).

Préparation. On fait ordinairement cet oxyde,' qu’on appeloit anciennement fleurs de zinc , en portant au rouge du zinc dans un creuset, et l’agitant dès qu’il est fondu , ou en le précipitant du sulfate ou du nitrate de zinc par la potasse.

Caractères. Il est en poudre blanche , inodore , insipide, insoluble dans Feau , soluble dans la plupart

34o DES PREPARATIONS

des acides : il est fixe au feu , laisse dégager du ga^ oxygène a une haute température , et se convertit en oxyde au minimum. Chauffé avec la poussière du charbon , il se réduit à l’état métallique.

Usages. Anti-spasmodique.

Sulfate de zinc.

Préparation. On traite du zinc par l’acide sulfurique étendu d’eau, et on fait cristalliser la dissolution. On le fabrique aussi en grand , en grillant et lessivant les mines de sulfure de zinc.

CaracteT es . 11 cristallise en prismes quadrilatères terminés par des pyramides a quatre faces ; il a une saveur astringente , acide et âcre ; s’effleurit un peu à l’air ; se dissout dans deux à trois paisties d’eau froide et dans partie égale d’eau bouillante; forme avecFhydro-chlorate de baryte un précipité insoluble dans l’acide liydro-chloîique, et avec la potasse et la soude un précipité blanc qui se dissout dans un excès de l’alcali employé; il forme aussi un précipité blanc par l’ammoniaque et la chaux , et un précipité jaunâtre par l’acide hydro-sulfurique et les sulfures hydrogénés. Il n’est précipité par aucun métal. 11 est composé de 0,40 acide, de 0,20 oxyde de zinc et de 0,40 eau.

Usages. On l’emploie quelquefois â l’intérieur comme vomitif; â l’extérieur, il est d’un fréquent usage comme excitant et astringent.

Cuivre.

11 est employé à l’état d’oxyde et à celui de sulfate.

Oxydes de cuwre.

Préparation* Il y en a deux : le protoxyde (oxyde au niinimuni) et le deutoxyde (oxyde au d'oæjdation). On obtient le premier en précipitant par un alcali Fhydro-chlorate brun de cuivre ; et le se» cond, en précipitant egalement par un alcali le sulfate^ le nitrate ou l’hydro-chlorate vert du même métal.

Caractères * Le protoxyde est d’un jaune oranger lorsqu’il a été fait par l’art ; natif , il est rouge : il est composé de 88^5 cuivre et de 11,5 oxygène. Il passe ^ facilement, à l’aide de rhumidité,à l’état de deutoxyde, au moins à sa surface , qui prend une couleur vertbleuâtre; mais lorsqu’il est bien sec, il conserve sa couleur. Le deutoxyde, précipité du liquide qui le tenoit en dissolution, est vert, et doit, comme l’a prouvé Proust, cette couleur â l’eau. Il devient noirâtre par la calcination : il contient 80 parties de cuivre et 20 d’oxygène. Ces deux oxydes se dissolvent l’un et l’autre dans Tammoniaque liquide, et donnent à la liqueur une belle couleur bleue. Ils sont un peu solubles dans les corps gras : iis se réduisent facilement à l’état métallique , en les chauffant avec du charbon. L’un et l’autre ont des qualités vénéneuses.

Usages. Ils ne sont l’un et l’autre employés qu’à l’extérieur, et seulement comme cathérétiques : ils entrent dans la composition de dilférens composés onguentacés.

DES PRÉPABATIONS

Sulfate dè cuwre.

Préparation. L^acide sulfurique n’ayaut aucune action sur le cuivre à froid , il faut le faire chauffer avec ce métal pour obtenir le sulfate de cuivre ; mais on obtient ce sel en grand , en réduisant le sulfure de cuivre en sulfate , par sa calcination , son exposition à l’air, et le lessivage. Dans l’un et l’autre cas, le cuivre s’unit à l’acide à l’état de deutoxyde, et constitue le deuto-sulfate de cuivre de M# Thénard.

Chractères. Il est cristallisé en rhomboïdes , d’un beau bleu; d’une saveur âcre, styptique. Il s’efïleurit légèrement â l’air, se dissout dans 4 parties d’eau froide et dans 2 d’eau bouillante. Il forme, avec l’hydro-chlorate de baryte, un précipité blanc ; un précipité bleu avec les alcalis fixes , et brun avec les prussiates alcalins L’ammoniaque lui donne une couleur bleue plus foncée , sans former de précipité. Il est composé de 0,55 acide sulfurique, de 0,52 deutoxyde de cuivre et de o,55 eau.

Usages. Astringent , excitant, calhérétique.

^ Sulfate de cuivre et d’ ammoniague.

Préparation, On verse’ de l’ammoniaque liquide dans une dissolution de sulfate de cuivre, et on fait cristalliser par l’évaporation spontanée.

Caractères, Cristaux d’un beau bleu velouté , présentant , outre les propriétés du sulfate , celle de dégager une odeur ammoniacale par la potasse, la soude ou la chaux.

Usages, Anti-spasmodique.

T) ES MEDICAMENS.

Fer*

On emploie le fer à l’élat métallique^ à l’état d’o« xyde , à l’état de sulfate, d’hydrochlorate, de carbonate.

Fer métallique.

Extraction, On extrait ce métal en grand de ses mines, dans lesquelles il se trouve toujours con)biné avec l’oxygène , quelquefois avec l’acide carbonique, l’acide phosphorique et divers métaux. Les opérations consistent ordinairement dans le grillage, le bocardage et la fusion avec du charbon.

Caractères* Le fer est d’un blanc bleuâtre, d’une grande dureté, d’une pesanteur spécifique de 7,600, d’une saveur et d’une odeur particulières ; très-ductile ; attirable à l’aimant j acquérant lui-méme la propriété magnétique par le contact avec un aimant naturel ; se ramollissant au feu ; fusible à i58 degrés du pyromèlre de Wedwood , s’oxydant par l’air humide et par l’eau , qu’il décompose ; décomposant surtout avec rapidité ce liquide, et dégageant une grande quantité d’hydrogène, à l’aide d’un acide dans lequel son oxyde se dissout; précipité de ses dissolutions en noir par la noix de gale, et en bleu par le prussiate de potasse.

Usages, Tonique, altérant.

# Oxyde de jer noir , ou déutoxyde de fer.

Préparation. Cet oxyde, qui est Xéthiops martial des anciens , s’obtient en précipitant le sulfate de fer du commerce par la potasse.

544 » ES PRÉî* ARATI ONS

Caractères. Il est en poudre noire , inodore , d’une saveur un peu atramentaire ; attirable à l’aimant; insoluble dans l’eau, qu’il ne décomposé pas, même à l’aide de l’acide sulfurique ; soluble dans les acides Sulfurique, nitrique et bydro-chlorique ; composé de 0,74 fer et de 0,26 oxygène.

Usages. Les mêmes que ceux du fer.

Oxyde de fer rovge ou trit oxyde de fer ( oxyde de fer au

maximum d' oxydation).

Préparation. On calcine le sulfate de fer du commerce , et on lave le résidu de la calcination. Ce résidu est le tritoxyde de fer ou le safran de mars astringent des anciens.

Caractères. Il est en poudre, d’un rouge foncé; inodore, d’une saveur atramentaire; n’est pas attirable à l’aimant; n’est soluble dans l’acide sulfurique qu’à l’aide d’un excès d’acide. Il contient o,55 fer et 0,45 oxygène.

Usages. Les mêmes que ceux du fer.

Sulfate de fer vert (proto^sulfate de fer de M. Thénard).

Préparation. On le fait en grand , en traitant à froid de l’acide sulfurique étendu avec du fer ; ou en faisant calciner, effleurir et lessiver la mine de sulfure de fer ou pyrite martiale.

Caractères. Il cristallise en rhomboïdes, de couleur vert- bouteille ; ‘il a une saveur acide, acerbe et styptique ; il s’efïleurit et jaunit à sa surface à l’air en se suroxydant; il est soluble dans deux parties d’eau froide et dans trois quarts d’eau bouillante. Sa dissolution se convertit à l’air en sulfate au maximum

©ES MÉDICAMEIVS.

( IritO'Sulfate de fer de M. Thénard) ^ dont unepaï'tie se précipité à l’ëtat neutre en poudre rouge , tandis que l’autre prend un excès d’acide qui lui fait conserver l’ëtat liquide. Il précipite en vert par les alcalis , et ce précipité , qui est composé de protoxyde de fer et d'eau , devient noir par la dessiccation dans un vaisseau fermé : il forme avec l’hydro-chlorate de baryte un précipité blanc, et avec les prussiates alcalins un précipité bleu verdâtre. Il est composé de 0,59 acide, de 0,25 protoxyde de fer, et de o,58 eau.

Astringent , altérant, fébrifuge. ^

Hjdro^chlorate d’ammoniaque et de fer.

Préparation, Ce sel, qu’on appeloit autrefois fleurs de sel ammoniacal martiales y s’obtient par la sublimation d’un mélange d’hydro-chlorate d’ammoniaque et de fer rouillé.

Caractères. Il est solide , cristallisé, d’un jaune rougeâtre , d’une saveur piquante , amère et atramentaire ; il a les propriétés chimiques de l’hydro-chlorate d’ammoniaque et des sels ferrugineux.

Usages. Excitant ; peu usité.

Carbonate de fer,

Pï éparation. On le fait en exposant de la limaille de fer pure à la rosée, et surtout à celle du mois de mai.

Caractères, Poudre d’un brun pâle , sans saveur, insoluble dans l’eau , soluble avec effervescence dans l’acide hydro-chlorique; précipitant alors en bleu par les prussiates alcalins.

Us^iges* Tonique. On l’employolt, anciennement

comme apéritif, et de là son nom de safran de mars apéritif.

Êtain.

On remploie à Fétat métallique et à celui d’oxyde.

Étain métallique.

Extraction. L’étain se retire en grand de ses mines , dans lesquelles il ne se trouve qu’à l’élat d’oxyde.

Caractères. Il est d’une couleur blanche, tirant sur %elle de l’argent : il est très-mou ; mais il est plus dur et en même temps plus ductile et plus éclatant que le plomb : il fait entendre un cri particulier quand on le plie en difFérens sens ; il ne perd que son éclat à l’air, et n’est pas altérable à l’eau. C’est le plus fusible des métaux malléables : il se recouvre en fondant d’une pellicule grise , qui est de l’oxyde au minimum^ et qui devient blanc en passant au maximum par la chaleur rouge, et se dissout dans l’acide hydro-chlorique, qui est son véritable dissolvant.

Usages. Anthelmintique.

Oxydes détàin.

Préparation. Il y a trois oxydes d’étain : le protoxyde (oxyde au minimum)^ le deutoxyde (oxyde au medium) , et le tritoxyde ou peroxyde (oxyde au maximum). Le premier, appelé vulgairement potée grise d'étain , se forme en fondant l’étain à l’air et en agitant continuellement ; mais pour l’avoir pur, on le précipite par l’ammoniaque du proto-hydro-chlorate d’étain ( muriate d’étain au minimum). Le deutoxyde d’étain s’obtient en décomposant le deuto-hy-

DES médicamens. 547

dro-chlorate d’étaia (muriate d’etaiii au medium) par rammoniaque. Le tritoxyde d’ëlain se prépare en traitant l’étain en grenailles par l’acide nitrique.

Caractères. Le protoxyde d’étain est gris; il se dissout dans la potasse, sans dégager d’odeur sensible ; lise dissoutsans effervescence dans les acides nitrique^ liyd ro-chlorique et acétique , et est précipité en bleu de ses dissolutions par l’infusion de campêche. Projeté dans un creuset de platine chauffé au rouge obscur, il s’embrase et se sature d’oxygène. Il est composé de loo parties d’étain et de ï5,6 d’oxygène. Le deutoxyde est blanc, fusible ; absorbe, à l’aide de la chaleur, l’oxygène de l’air, et passe à l’état de peroxyde. Il est co,mposé d’environ loo parties d’étain et de 20 d’oxygène. Le tritoxyde ou peroxyde est blanc , fusible , indécomposable à une haute température, sans action sur le gaz oxygène, et il se dissout promptement dans la potasse et dans l’acide hydrochlorique. Il contient loo parties d’étain et 27,2 d’oxygène.

Usages, Le protoxyde et le deutoxyde ne sont pas employés. Le peroxyde fait partie de Yanti-hec-tique de PotériuSy qu’on obtenoit en faisant déflagrer dans un creuset un alliage d’antimoine et d'étain avec du nitrate de potasse. Ce médicament n’étoit en conséquence qu’un mélange de peroxyde d’étain et d’antimoine. Il est aujourd’hui inusité.

Plomb,

On ne s’en sert qu’à l’état d’oxyde et de carbonate.

Oxydes de plomb.

Préparation, Il y en a trois : le protoxyde

( oxyde au minimum) : il se fait en fondant du plomb et Fagitant jusqu’à ce qu’il soit entièrement converti en pellicules grisâtres , que l’on réduit en poudre , et que l’on calcine de nouveau en remuant continuellement jusqu’à ce que la poudre ait pris une couleur jaune : c’est le massicot. Fondu, il constitue la litharge ou l’oxyde de plomb demi - vitreux , qui confient 00,5 plomb , et 0,5 oxygène. 2°. Le deutoxyde ( oxyde au medium ) : c’est le minium du commerce, qu’on obtient en chauffant le massicot dans un fourneau de réverbère , et en le remuant continuellement. Il contient 0,88 plomb et 0,12 oxygène. 5®. Le tritoxyde ou peroxyde ( oxyde au maximum ) , qu’on fait en traitant le minium avec l’acide nitrique , une partie du minium étant ramenée à l’état de protoxyde , et se dissolvant dans l’acide , tandis que l’autre passe à l’état de peroxyde, et reste sous forme de poudre brune.

Usages. Les oxydes de plomb entrent dans la préparation de quelques composés emplastiques et de quelques onguens.

Carbonate de plomb.

Préparation, On le fait en exposant des lames de plomb minces à l’action simultanée des vapeurs du vinaigre et du gaz provenant de la fermentation des substances végétales et animales.

Caractères, Il est en masses , d’un blanc opaque , d’une saveur âpre; insoluble dans l’eau; fusible et passant à l’état d’oxyde demi-vitreux à une haute

DES mÉdICAMEHS. ^49

température ; noircissant par les sulfures hydrogénés ; soluble avec effervescence dans l’acide nitrique 5 et donnant alors un précipité blanc par l’acide sulfurique , et un précipité noir par l’acide hydrosulfurique.

Usages. Astringent , altérant.

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