VI. Métaux malléables et difficilement oxydables
Ce sont l’argent , l’or , le platine , et quelques métaux qui se trouvent dans le platine du commerce^ savoir : l’osmium , le palladium, le rhodium et l’iridium. Les deux premiers sont les seuls employés.
Argent.
Ce métal nest employé qu’à l’état de nitrate.
Nitrate d! argent.
Préparation. On traite l’argent métallique par l’acide nitrique pur, qui l’attaque vivement en dégageant beaucoup de gaz nitreux.
Caractères. Il cristallise en lames carrées : il est très-caustique ; se dissout dans son poids d’eau , forme avec les hydro-chlorates un précipité insoluble dans l’acide nitrique ; colore les substances animales en noir ; détonne et reprend l’état d’argent métallique sur les charbons ardens : fondu et coulé dans une lingotière cylindrique, il constitue la pierre infernale. Celle-ci est de couleur gris-d’ardoise , d’une saveur très-âcre , et présente dans sa surface des aiguilles ou rayons qui vont du centre à la circonférence. Le nitrate d’argent est composé de 69 à 70 oxyde d’ar-
gent, et de 5 1 à 5o acide nitrique li ne cOxitient que très-peu d’eau de cristallisation.
Usages, Le nitrate d’argent fondu est le cathérélique le plus employé. Depuis quelque temps il est employé à l’intérieur , à très-petites doses, dans l’épilepsie.
Or. *
M. Chrestien (^Méthode iatraleptique) emploie depuis quelque temps ce métal, à l’étal pulvérulent et à celui d’oxyde.
Or dwisé.
Préparation. On triture dans un mortier de verre ou de porcelaine une partie d’or fin en feuilles avec six parties de mercure. L’amalgamation étant opérée , on en sépare le mercure par la chaleur ou par l’acide nitrique pur ; ou bien on triture des feuilles d’or avec du miel ou de la gomme arabique ; on dissout ensuite l’excipient par l’eau chaude , et on recueille l’or en poudre sur un filtre.
Usages. M. Chrestien le donne en frictions sur la langue et les gencives , comme anti-syphilitique , et comme altérant dans certains engorgemens du système lymphatique.
Oxyde d'or.
Préparation. On le précipite par l’étain laminé de la dissolution nitro-hydrochlorique d’or neutre , évaporée jusqu’à la consistance d’un sirop clair et étendu de vingt fois son poids d’eau distillée. Au lieu d’étain on peut employer une solution de sous-
carbonate de potasse , en évitant d'en mettre en excès.
Caractères* Poudre de couleur pourpre.
Usages. Les mêmes que ceux de Tor divisé.
Eaux minérales.
On les distingue en acidulés, salines , ferrugineuses et sulfureuses. Quelle que soit leur composition , elles sont appelées froides ou thermales^ suivant que leur température est égale ou. supérieure à celle de l'atmosphère. Toutes peuvent être imitées par l'art, comme le prouve le bel établissement de MM. Triajre et Jurine.
Eaux minérales acidulés.
Elles contiennent quelques substances salines, surtout des carbonates , et sont acidulées par l'acide carbonique avec excès.
Caractères. Elles ont une saveur piquante , dégagent beaucoup de gaz par leur exposition à l'air, surtout quand on les agite ; rougissent les couléurs bleues végétales, précipitent la chaux de sa dissolution.
Usages. Elles sont rafraîchissantes, diurétiques, altérantes.
Les espèces principales , parmi les froides , sont :
1^. Celles de Bar, près de la petite ville de Saint- Germain ( Puy-de-Dôme) ;
2°. De Chateldon, à 3 lieues de Vichy (Puy-de- Dôme ) ;
3<^. De Saint-Myon, à 2 lieues de Riom (Puy-» de Dôme ) ;
4^. Du Mont-d’Or, à 7 lieues de Clermont ( Puyde-Dôme ) ;
De Langeac, à 4 lieues de Brioude (Haute- Loire ) ;
6'’. De Seltz, a 9 lieues de Strasbourg (Bas- Rhin ) ;
7®. De Sultz-Matt (Haut-Rhin),
Parmi les thermales, les seules qui méritent d’être citées comme ayant une activité qui ne peut être uniquement attribuée a leur température , sont celles du Mont-d’Or, qui vont dé 55 à 5 y degrés.
Æau de Seltz artijîcielîe^
Pr. Carbonate de chaux, . . 4 grains.
Magnésie,. . 2 grains.
Carbonate de soude. ... 4 grains.
Hydro-chlorate de soude. 22 grains.
Eau . 20 onces.
Acide carbonique, 6 fois le volume de Teau.
( M. Paid, )
Pau alcaline gazeuse.
Pr. Carbonate de potasse 2 gros.
Eau . 20 onces.
Acide carbonique, 6 fois le volume de Feau.
( M. Paul )
Elle est plus active que les eaux acidulés naturelles qu elle remplace avantageusement dans beaucoup de circonstances.
Nota. On charge les eaux minérales factices d’acide carbonique , au moyen de la compression*
Eaux salines.
Elles contiennent beaucoup plus de substances sa-» Unes que les eaux acidulés.
Caractères, Elles ont une saveur salée et plus ou moins amère , suivant les sels qui y prédominent ; elles sont souvent acidulés : elles précipitent par les alcalis fixes ^ par l’ammoniaque , par l’eau de chaux, l’hydrO'Chlorate de baryte, le nitrate d’argent, l’acide oxalique ; et donnent par 1 évaporation des proportions variées de sulfates de chaux et de magnésie ; d hydro-chlorates et de carbonates de soude, de chaux et de magnésie.
Usages, On les emploie comme purgatifs, toniques et altérans.
Les espèces principales sont , parmi les froides ,
I®. Celles de Sedlitz et de Seidschutz en Bohême, celles d’Epsom , dans le comté de Surry en Angleterre. Elles sont principalement minéralisées par le sulfate de magnésie.
Eau de Sedlitz factice,
Pr. Sulfate de magnésie , 2 gros.
Eau . . 20 onces.
Acide carbonique , 5 fois le volume de Teau.
2^^. Parmi les thermales, celles de Balaruc, à trois quarts de lieue de Frontignan (Hérault), et celles de Bourbonne- les -Bains, à 7 lieues de Langres (Haute-Marne); les unes et les autres principalement minéralisées par Fhydro-chlorate de soude.
DES PREPARATIONS
Eau de B al aruc factice.
Pr. Hydro-clilorate de soucie. , 12 grains.
Cai'bonale de cbaux . 4 grains.
de* potasse . 4 grains.
. . 20 onces.
Acide carbonique, 2 fois le volume de l’eau.
( M. Paul. )
Nota. Les eaux de Plombières , qui sont thermales , et celles de Luxeuil, qui sont froides et thermales , contiennent les unes et les autres, outre diverses substances salines dont les proportions sont peu considérables, une matière végéto-animale tenue en dissolution à la faveur du carbonate de soude, et qui leur a fait donner le nom à' eaux sablonneuses.
Eau de Flomblere factice.
Pr. Carbonate de soude . 2 ^ grains.
Sulfate de soude . .’ . i -J grains.
Hjdro-clilorate de soude . i grain.
Carbonate de chaux . i \ grains.
Matière végéto-animale , telle qu’un
mucilage ou de l’albumine . i grain.
Eau . . 2 livres.
( D’après V analyse de M. Nauquelin. )
On pourroit augmenter la proportion de la matière végéto-animale.
Eaux Jerrugineuses.
Celles qui sont actives comme ferrugineuses sont toutes froides ou employées froides : elles sont minéralisées par le carbonate ou par le sulfate de fer.
Caractères. Elles ont une saveur atramentaire, qui est plus forte et en même temps très-acerbe dans
DES MEDlCA.MENSe 555
celles qui sont sulfatées : elles se recouvrent à Fair d\ine pellicule irisée;* elles donnent un précipité noirâtre avec Fintasion de noix de galle , et bleuâtre avec les prussiates alcalins. Elles contiennent, outre les sels ferrugineux,, diverses -autres substances sa-» lines qu elles donnent; à Fanaljse.
Usages. Les carbonatées et les sulfatées sont em- > ployées comme toniques , astringens , altérans ; mais les sulfatées sont beaucoup plus astringentes que toniques, et sont aussi quelquefois employées comme antheîmintiques. ♦ •- ‘ ’
Les espèces principales, parmi les carbonatées, sont :
U. Celles de Spa, h. 7 lieues de Liège;
2°. De Bussang (Vosges ) ;
5®. De Forges, à 5 lieueS de INeufchâtel (Seine-» Inférieure ) ;
4^’* De Vichy, à 6 lieues de Moulins ('Allier) ;
5°. De Pyrmont ( Allemagne ).
Les espèces principales , parmi les sulfatées, sont :
Celles de Passy, à une lieue de Paris (Seine) ;
2®. De Provins ( Seioe-et- Marne ) ;
5^. De Vais ( Ardèche) , qui sont en même temps carbonatées.
Eau de Spa factice.
Pr. Carbonate de fer . grain.
de chaux . 2 grains.
Magnésie . 4 grains.
Carbonate de soude . 2 grains.
Hydro-chlorate de soude . ^ grain.
Eau . 20 onces.
Acide carbonique, 5 fois le volume de Feaii.
• ( M. Paul. )
Eau de Bussang factice.
Pr, CaiLonate de fer. . . ^ grain.
de soude, 6 grains.
Eau . 20 onces.
Acide carbonique, 5 fois le volume de Teau.
M. Parmentier prend par deux livres d’eau 2 grains de carbonate de fer et 6 grains de carbonate de soude.
Eau de J^ichy factice.
Pr. Carbonate de fer . » grain ^
de chaux . 2 grains.
de magnésie. . . ^ grain.
de soude . 6 grains.
Hydro-chlorate de soude. 4 grains.
Eau . 20 onces.
Acide carbonique* 2 fois le volume de l’eau.
( M. Paul. )
Eaxt^e J^als factice.
Pr. Carbonate de fer . ^ grain.
Sulfate de fer. . . ^ grain.
Hydro-chlorate de soude. i5 grains.
Sulfate d’alumine . . ^ grain.
Eau . 20 onces.
Acide carbonique , 5 fois le volume de l’eau ^
Eaux sulfureuses.
Caractères. Elles ont une odeur fétide , analogue à celle des œufs pourris; déposent du soufre par le contact de l’air^ et par le chlore , les acides sulfureux^ nitreux etc. ; noircissent l’argent ; forment un précipité noir avec le nitrate de mercure et les dissolutions de plomb ; et un précipité orangé avec le chlo-
DES mÊdicamens. 55y
rure de mercure. Elles contiennent du sulfure hydroge'né, de l’acide liydro-^sulfurique , et plusieurs substances salines.
Usages. On les emploie pour exciter la transpiration cutanée, modifier l’action de la peau , diminuer les irritations chroniques de la poitrine , etc.
Excepté celles d’Enguien ou de Montmorency (Seine-et-Oise ) , qui sont froides , les plus accréditées sont thermales : telles sont :
î®. Celles de Bagnères de Luchon (Hautes-Pyrénées) : température , de 26 à 5o degrés de Réaumur;
2®. De Barèges (même département ) , de 55 à 45 degrés ;
5®. De Cauterets, à 7 lieues de Barèges , de 18 à 54 degrés ;
4®. De Bonnes, à 7 lieues de Pau (Basses-Pyrénées), de 22 a 5o degrés;
5^. De Cambo, à 5 lieues de Bayonne, de 18 degrés ;
6"^. De Bains, près d’Arles (Pyrénées-Orientales), de 55 à 56 degrés ;
7^. D’Aix, à 2 lieues de Chambéry (Mont-Blanc)^ de 52 à 5o degrés;
8°. D’Aix-la-Chapelle, de 28 a 60 degrés.
Quelques-unes de ces eaux , telles que celles de Barèges et celles d’Aix ( Mont-Blanc) , contiennent une matière végéto-animale qui les rend onctueuses, et contribue beaucoup aux avantages qu’on retire des bains de ces eaux dans les affections cutanées. Mais l’art peut très-bien remplacer cette substance par une matière analogue, par exemple, la gélatine animale.
ÎDES PRÉPARATIONS
Kau sulfureuse factice , pour être principalement administrée
à r intérieur.
Pr. Sulfure de soude . 5 parties.
•Carbonate de soude . 2 5o parties.
Hydro-chlorate de soude . 3o parties.
Huile de pétrole , quelques gouttes.
Eau . 1000 parties.
JVlêlez.
On verse lo à 12 gouttes de cette liqueur dans une bouteille pleine d’eau.
{M. Paul, )
Ou
Pt. Sulfure' de soude . 5 grains.
Hydro-chlorate de soude . 6 grains.
Sulfure de chaux . 5 grains.
Eau . 2 livres.
Mêlez.
( M. Parmentier. )
Eau sulfureuse et gazeuse factice de Naples ^ pour être admi-
nistrée à V intérieur.
Fr. Carbonate de soude, ... 10 grains.
de magnésie, 6 grains.
Eau . 20 onces.
Gaz acide hydro-sulfurique , 1^ volume de l’eau.
Gaz acide carbonique , 5 fois le volume de l’eau.
{^Attinnonelli J Mémoire sur les eaux minérales de Naples. )
Eau sulfureuse factice pour les bains et douches , imitant
celles de Bareges.
On compose d’abord une solution saline gélati¬
neuse avec
Sulfate de soude .
Hydro-chlorate de soude.
ana
ros.
Carbonate de soude,
, . . -, o,na
Gelaline animale. . *
Pétrole rectifié . .
Eau distillée. . . .
once.
gouttes.