‹ Manuel médicalChapitre 46 sur 51 · DEUXIEME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIEME SECTION

Z>ES USAGESET ÜESDOSES DESMÈdICAMENS ,

rangés diaprés leur action sur V économie animale.

Les médicamens agissent, les uns sur toute l’ecoiiomie , les autres sur un système d’organes ou sur une partie de ce système : j’appelle les premiers médicamens généraux; les derniers médicamens spé^' ciaux ; je range dans une troisième division tes spécifiques,

Médicamens généraux.

Ils comprennent les stimulans, les toniques, les aslringens , les relàchans , les rafraîcliissans , les dëlayans.

Stimulans,

Mëdicamens qui ont la faculté d’exciter plus oit moins promptement , et d’une manière apparente aux yeux de l’observateur , l’action organique des divers systèmes de l’ëconomie ; d’oii résulté l’augmentation de la chaleuir animale. Ils sont diffusibles ou persistans.

Les diffusibles ont une action prompte , mais de peu de duree : ils sont volatils. L’action des persistans commence moins promptement; ou, si elle est prompte , elle se propage difficilement à toute 1 économie ; elle est plus locale et plus durable. La plupart ne sont ^volatils qu’en partie ; quelques-uns sont entièrement fixes : telles sont les résines.

Stimulans diffusibles»

En même temps qu ils excitent la plupart des systèmes, ils semblent agir comme sédatifs du système nerveux.

ZTsages» On les emploie spécialement dans la troisième période des fièvres essentielles graves; dans les phîegmasies cutanées, lorsque l’éruption est contrariée par une débilité générale , ou lorsqu’elle tend a la gangrène ; dans les gangrènes locales , dans l’hystérie et autres maladies convulsives , dans Fapoplexie , dans les paralysfes locales , dans la syncope , dans les douleurs nerveuses et rhumatismales chroniques ; quelquefois dans les fièvres intermittentes , etc.

Camphre ( p. SyS ). Très-employé comme excitant dans les fièvres graves , et comme sédatif du système nerveux. — Doses l’intérieur un à 5 grains que l’on réitère à des intervalles rapprochés , soit en poudre soit en pilules , soit suspendus dans^l’eau à l’aide d’un mucilage ou d’un jaune d’œuf, ou dissous dans un peu d’acide acétique ou d’alcool , ou même d’éther , et étendus dans une potion. — A l’extérieur , à l'etat d’alcool camphré ou dissous dans l’huile ( liniment camphré , p. 45^ ) soit en fomentations , soit en frictions.

Ethers (p. 582). On emploie surtout l’éther sulfurique. Doses , 8 à 10 gouttes et plus sur du sucre ; le plus souvent dans une potion, dans les proportions de un scrupule à un gros sur quatre onces de véhicule. — On fait depuis quelque temps un sirop d éther qui se donne dans les potions à la quai.lilé de une demi-

DES MEDICAMEI^S.

once aune once pour quatre onces de vëhicuîe.^ — On fait respirer Fether en vapeur.— On l’applique extérieurement h des doses indéterminées.

Ammoniaque ( p. 569). Très-rarement employée à rintérieur , comme pouvant déterminer des accidens; mais très-ulile à rexlérieur, et pour exciter la muqueuse nasale et ranimer ainsi la respiration dans les syncopes et les asplipxies. Doses ^ à Fintétérieur , 8 à 10 gouttes d’ammoniaque liquide, trèsétendue dans un véhicule quelconque. — Mêlée avec 2 parties d’alcool ( alcool amrnoniacé , ou esprit de sel ammoniac dulcifié ) ^ 16 à 20 gouttes sur du sucre. — Dans les asphyxies et les syncopes , on approche du nez un flacon d’ammoniaque liquide. — A Fextéi Leur , àFétat savonneux (liaiinent ammoniacal , p. 47Ô ). Pour produire la vésication , ou arrêter les effets des morsures venimeuses , application d’ammoniaque liquide non étendue.

Sous-carbonate d’ammoniaque ( p. 32i ). Plus employé à rintérieuî' que Fammoniaque , comme moins actif: on le donne comme diaphorétique dans les rhumatismes clironiques. — Doses , quelques grains dissous dans un liquide approprié j i5 grains dans une potion de 4 onces.

Acétate d’ ammoniaque ( p. 567 ). Beaucoup moins actif que le carbonate ; employé spécialement dans les fièvres adynamiques et ataxiques. — Doses , ordinairement de un à 4 dans 4 à 6 onces de potion. D'après M. Masuyer , on peut le donner peu étendu et en faire prendre de 4 h G onces dans les vingt-quatre heures.

Phosphore (p. 284}. Très - rarement employé ,

comme dangereux dans son administration : Ôn Fa donné a l’intérieur à la dose de - m’ain dans un in-

lermède mucilagineux ou huileux, ou à l’état d’éther phosphoré.

Huiles volatiles Syy). Doses ^ a l’intérieur,' 4 a lo gouttes sur du sucre ou dans un véhicule quelconque. Dissoutes dans une grande quantité d’eau distillée ( eaux distillées aromatiques) , elles forment les excipiens des potions stimulantes et antispasmodiques. Dissoutes dans l’alcool au moyen de la distillation ( eaux spiritueuses ) , on les fait entrer a la dose de un a 2 gros dans une potion de 4 onces. Dissoutes dans une huile fixe , on les donne en linimens.

Stimulans persistans.

Leur action est d’autant plus durable qu’ils contiennent des principes plus fixes, tels qu’une résine.

Usages. On les emploie dans plusieurs des mêmes circonstances que les stimulans diffusibles; mais plus spécialement pour exciter les différentes parties du système muqueux; par exemple , i®. la muqueuse gutturale , dans les angines atoniques et gangreneuses ; 2®. la muqueuse bronchique , dans les catarrhes chroniques; 5°. la muqueuse gastrique et intestinale, dans les débilités gastriques , dans les coliques nerveuses et flatulentes , à la fin des diarrhées et des dysenteries ; 4°* muqueuse des organes génitaux, dans certaines aménorrhées , dans la blennorrhée et îa leucorrhée accidentelle , etc. Quelques-uns de ces niédicamens se donnent spécialement dans les affections scorbutiques.

DES mÉdicamens. ^6^

Semences de plantes onibelUJères . Ou les emploie spécialement pour exciter la mucpieuse gastrique et intestinale dans les flatuosités, etc. Les plus usitées sont celles de coriandre ( coriandrum satwum) ^ d’angélique ( angelica archangelica J; les quatre semences chaudes majeures des anciens ; savoir , celles d’anis ( pimpinella anisum ) , de fenouil ( ane-ihum fœniculum ) , de cumin ( cuminum cjminum ) , de carvi i^carum cariai)» On emploie moins les semences que les anciens appeloïeni chaudes mineures savoir , celles d’ache ( apium gra^eolens ) , de persil ( apium petroselinurn ) , d’ammi ( sison amnii) , de carotte ( daucusxarota ). — Doses , en poudre, 18 à 56 grains ; en infusion , un à 2 gros pour une livre d’eau. On confît les semences d’anis , de fenouil , de coriandre*

Sommités de labiées aromatiques. Les plus employées sont , I® différentes espèces de menthe , notamment la menthe poivrée ( inentha piperita ), la menthe crépue ( mentha crispa) , la menthepouliol (jnentha pulegium) ; 2^ la mé\hse{melissa officia nalis); 5^ le romarin Çrosmarinus officinalis); 4"^ le basilic ( ocjmum basilkum ) ; 5^ la sauge (^salvia qfficinalis) ; 6^ la \dxd,nà.e{^kwandulaspicd). Comme ces plantes contiennent une huile volatile camphrée, elles se rapprochent des stimulans diffusibles , et sont quelquefois employées comme anti-spasmodiques. — Doses y un à 2 gros pour une livre d’infusion aqueuse.

Plantes dites anti-- scorbutiques. Tels sont le cochléaria officinal ( cochlearia qfficinalis J y \q cresson de fontaine ( sisjmbrium nasturtiiim J y

cresson alënois ou passerage cuitivëe ( Icpidium sci^ twum ) , la cardamine des prés ou cresson élégant {cardaininepraiensis) , Vd\\\:nYe(^erjsimitm alliaria) y le raifort sauvage ( cochlearia armoracia ) , dont on n’ emploie que la racine ; la moutarde noire ( sinapis nigra ) , dont on n’emploie que les semences. On administre spécialement ces plantes dans le scorbut et dans les affections scrophuieuses. Elles perdent leur activité par la dessiccation : voilà pourquoi on les emploie à l’état frais ; ou on les fait entrer en cet état dans des préparations officinales qui n’altèrcnt pas leurs propriétés : tels sont le sirop et le vin anti-scorbutiques , et l’esprit ardent de cocbléaria. Doses y 4^6 onces de leur suc frais, tous les matins. Le sirop anti-scorbutique se donne aux enfans de quelques années , à la dose de un à 4 gros et plus, matin et soir ; le vin spécialement aux adultes , à la dose d’une^à 2 onces. — L’esprit ardent de cochléaria se donne aussi particulièrement aux adultes, à la dose de un scrupule à un gros dans un véhicule approprié : on le fait entrer dans des gargarismes , en l’étendanl dans 6 à 8 parties de véhicule.

Racine du roseau aromatique ( calamus aroma^ liens ). Peu usitée en France. Doses y en poudre , de un à 2 scrupules ; en infusion aqueiise ou vineuse , de 4 ^ once pour une livre de liquide. On

la prend , à des doses indéterminées , à l’état de condit.

Carmelle o\x écorce du laurus cinnarnomum. On l’emploie spécialement comme excitant des organes digestifs. Doses , en poudre , de 9 à 56 grains ; en

teinture ,2^4 gros sur 5 à 6 onces de véliicule ; en infusion , doses variables.

Fausse cannelle ou écorce du lauriis càssia. — Cannelle blanche ou écorce du canella alba, — Ecorce de JVinter o\\ du TVintera aj^omatlca, Willd. { drjmis FFinteri ^ drjrnis Forsteri). Succédanés de îa cannelle ^ employés aux mêmes doses.

doux de gérojle ou fleurs non épanouies du c/2nophyllus aromaticus, , en potidi’e , de 5 à i8

grains.

Noix muscade et macis (drupe etarille du drupe du mjristica moschala ou oJficincdis).Ve\iuû\.és comme médicamens. L’huile fixe de anuscade ( beurre de muscade ) s’emploie quelquefois en Uniment dans les vomissemens spasmodiques et certaiqes coliques. Rozen en faisoit usage dans la lienterie des enfans. Son traducteur recommande le liniment suivant.

ïluile fixe de muscade.

Huiie de gerofle .

Espril de geeicvie . 2 onces.

anæ, ^ gros.

Fanille ( silique de V epidendrum 'vanilla ). Recommandée dans les fièvres graves. Doses ^ en substance , 2 à 5 £^rains.

y KJ

Se/peniaire de Virginie ( racine de Y caistolochia serpeniaria ). Un des stimuîans les plus employés dans les fièvres adynamiques et ataxiques , et dans les angines gangreneuses ; également recommandé dans les dysenteries , les fièvres intermittentes , etc. Doses y en poudre, de 12 à 56 grains; en infusion, un à 2 gros pour une livre d’eau , à prendre en trois ou quatre fois , ou à employer en gargarismes.

Ecorces dorante ( citrus medica J et de citron ( citrus aurantium Employées spe'cialement pour exciter les organes digestifs. Doses, en poudre, 12 à 56 grains; en infusion et à l’ëtat de condit , doses variables ; en sirop , une once pour 4 à 6 onces de potion , ou une once par livre de liquide pour édulcorer la boisson ordinaire. ' ,

Fleurs et racines d^ arnica montana. Très-actives et très-employées , surtout les fleurs , pour déterminer Féternuement, pour exciter d’une manière générale 5 etc. La propriété quelles ont de provoquer des nausées et même des vomissemens, les font employer avec avantage comme révulsifs dans les lésions de l’organe cérébral. On les emploie aussi dans les fièvres intermittentes, à la fin des dysenteries, dans la coqueiuclie, etc. Doses , en infusion , un demigros à un gros de fleurs pour une livre d’eau , un à 2 gros de racine pour la même quantité de liquide. Pour provoquer l’éternuement , on fait prendre , comme le tabac , des quantités inappréciables de la fleur en poudre. Dans les fièvres intermittentes et les dysenteries putrides, on peut faire prendre 2 à 5 gros de la racine en poudre dans les vingt-quatre heures , soit sous forme de pilules , soit sous celle d’électuaire.

Noiæ vomique ( fruit du strjehnos nuæ vomica ). Elle a été employée dans les fièvres intermittentes. Doses , en substance , de quelques grains que l’on peut augmenter progressivement jusqu’à 20 et plus. ' — Son extrait, de 2 à 10 grains, en augmentant par degrés : de 5 à i5 grains en poudre.

Térébenthines ( p. 578 ). Spécialement recom-»

DES' MÉDïC AMENS.' '4?^

mandées dans les calarrhes puîmonaires et les diar* rliées chroniques , dans les inflammations chroniques des reins , de la vessie et de l’urètre^ dans les blennorrhées , etc. On a ordinairement recours à celle de Copahu. Doses , de 6 à 24 grains j que l’on réitère plusieurs fois dans les vingt-quatre heures^ 011 l’incorpore dans du sucre ou on lui donne la forme de bols , d’électuaire , ou on la fait entrer dans une potion Voy, p. 434)* lavemens ^on peut donner un gros de térébenthine incorporé dans un jaune d’œuf pour chaque lavement. La térébenthine ordinaire ou celle de Venise entre dans les préparations onguentacées (Voy. Onguent digestij ^ p. qSS).

Goudron, Recommandé clans les mêmes circonstances que les térébenthines : on préfère le goudron de Norwège. On ne fait guère usage que de la partie qui se dissout dans l’eau. On prépare l’eau de goudron en agitant une à deux onces de goudron dans c|uatre livres d’eau ^ et laissant reposer pendant cpiarantehuit heures. On décante le liquide et on le conserve pour l’usage. Doses y un ou deux verres par jour , quelquefois coupé avec un liquide mucilagineux ou autre.

Mjrrhe* Comme elle contient beaucoup de matière, extractive amère , elle se rapproche des toniques ; on l’emploie spécialement comme excitant des organes digestifs y comme emménagogue y et dans les mêmes circonstances que les térébenthines. Doses y en substance , 6 à 24 grains; en teinture y de un scrupule à un gros dans une potion de quatre onces.

Résines, On n’en emploie aucune isolément pour exciter d’une manière générale. ^

Stimulans composés officinaux.

Solutions acj lieuses réduites à Vêlât siru peux .

Sirop de siœchas composé. Doses , 2 gros à une once et demie.

Sirop d'armoise composé. Doses^ 2 à 4 g«'os.

Solutions d'huiles essen- ■ iielles dans V alcool plus ou moins étendu.

Eau de menthe composée. Doses , 1 à 4 gros , dans un verre de tisane.

Eau vulnéraire spirilueuse ou éé arquebiisade. Doses , i à 4 gros.

Esprit caiininatif de Sjdviits. Doses ^ 12 gouttes à 2 gros.

Solutions déhidles essentielles ^ de matière extractive amere , et de maliete résineuse dans V alcool .

Elixîrde Garus. Doses , de 2 gros à une once, dans une potion de 4 à 5 onces.

Elixir stomachique. Doses f idem.

Baume du Commandeur. Doses y idem.

Solutions de résine, de

camphre J etc.-, dans

diverses huiles essen- %

tielles .

'' Baume de Lectoiire. On en fait brûler pour purifier Tair ^ on en I respire Todeur. On le donne à î rinterieur, à la dose de (Quelques gouttes sur du sucre.

Baume apoplectique. On en respire Fodeur. On le donne quelquefois ^ à rinte'rieur, comme le precedent.

Solutions de diverses substances stimulantes dans le vinaigre . .

Vinaigre prophylactique , dit dés quatre voleurs{ Voyez p.

On s^en sert spécialement pour se laver et pour en respirer Todeur dans les épidémies des ma- ♦ ladies contagieuses.

Electuaires

! Confection d’}ijacînLlie> Doses , de un scrupule à un tçros.

Confection alkermes. Doses , id.

Opiat de Salomon. Doses

Toniques»

Médicamens qui ont la faculté d’exciter lentement et par des degrés insensibles Faction organique des divers systèmes de l’économie, et d’augmenter leur force d’une manière durable.

Je range dans les toniques, i®. les substances végétales amères qui ne sont pas associées à un principe âcre , narcotique , etc. ; 2°. les préparations ferrugineuses ; 5®. l’eau froide. ^

I Substances végétales amères.

Usages. On les emploie spécialement dans le cours des fièvres muqueuses , dans les convalescences des fièvres bilieuses , des fièvres adjnamiques et ataxiques ; dans la chlorose , dans les scrophules , dans le carreau , dans beaucoup d’afieciions cutanées chroniques , dans la dyspepsie , dans la cardialgie , dans les acidités des premières voies, dans les vomissemens atoniques ou spasmodiques, dans les coliques spasmodiques et les flatuosités intestinales , dans lés diarrhées et les dysenteries , à la fin de la période inflammatoire , dans les affections vermineuses, dans les fièvres intermittentes , dans les obstructions atomques des viscères abdominaux , dans les hydropisies idiopathiques , dans la goutte , etc.

Amers aromatiques.

Fleurs de camomille romaine ( anthémis nohïlis)^ , dans les fièvres intermittentes, nn serupule à un gros en poudre ; dans les autres circonstances, en infusion, à la dose d’environ un scrupule pour une livre d’eau.

Fleurs de camomille commune ( matricaria cliamomilia J. Doses y les mêmes que "celles de lapre-cèdente.

Absinthe commune f artemisia absinthiurn J. — - Petite absinthe ( artemisia pontica J, — Doses , idem. '

Cônes de houblon (humulus lupulus ), — Doses ^ en infusion , un à 2 gros par livre d’eau.

Feuilles de charnædrjs ou petit chêne ( teiicrium chamædrjs J.— Feuilles de petite irette ( teucrium chamœpitjs ). — Doses , un demi-gros à un gros eu poudre. En infusion , doses variables, par pincées.

Racines de plusieurs espèces d’aristoloches : savoir , la ronde ( arisiolochia rotunda ) , la longue ( aristolochia longa J cîe'matite f arisiolochia de-

matitis J. — Doses , en poudre , un scrupule à un demi-gros. En infusion , n gros à 4 pour une livre d’ eau ou de vin.

Amers peu ou poiut aromatiques.

Fiacine de gentiane jaune f geniiana lutea J. — Doses , en poudre, un scrupule à un gros ; en décoction , un à 2 gros pour une livre d’eau. En digestion vineuse , 2 à 4 gros par livre de vin , à prendre par cuillerées. — Teinture alcoolique (p. 427), par

DES MÉdîCAMENS. 47-5

cuillerëes à cafë ; ëlixir amer ou anti-scrophuleux de Peyrilhe (p. 4^^)* Extrait, 12 grains à un scrupule»

Sommités fleuries de petite centaurée ( gentiana centaurium )• -r- Doses , en poudre , un scrupule à un gros. En infusion , 2 scrupules à 2 gros pour une livre d’eau.

Poudre du duc de Portlande contre la goutte.

Fr. Aristoloche ronde .

Gentiane jaune .

Sommités de cliamædrys.

declianiæpitjs.

Doses , un gros tous les matins a jeun dans un verre de vin : on en continue i’iisage pendant trèslong-temps. Cette poudre est , pour ainsi dire , inusitée de nos jours, parce qu'on peut la remplacer par les autres amers.

Racine de Colombo. Très -utile pour arrêter les vomissemens spasmodiques ; ceux du cholera-morbus ; les diarrhées et dysenteries bilieuses. Doses ^ en poudre, de 6 grains à un scrupule. En décoction, un demi à un gros pour une livre d eau, a prendre par tasses. En digestion dansr le vin , 2 à 4 livre de liquide , à prendre par cuillerées.

Ecorce de simarouba ( quassla simarouba ). Elle est émétique a une dose un peu forte. Spécialement préconisée dans la dysenterie , quand les symptômes inflammatoires sont en partie calmés. Doses , en poudre , de 12 grains jusqu’à un demi-gros. En décoction , un à deux gros pour une livre d’eau.

Bois de Surinam ( quassia amara J. Préconisé dans les fièvres rémittentes ataxiques , endémiques

par lies égales.

à Surinam , etc. Doses , en décoction , un ^ros pour une livre d^eau ; en infusion dans le via , 2 gros par livre de vin ; en teinture , 5o à 60 gouttes dans un véhicuîe ; en extrait, quelques grains.

Café ou semences du coffea arabica. — Doses , ordinairement torréfié et en infusion faite dans les proportions de une à deux onces par livre d’eau , à prendi’e par tasse.

2^^. Préparations ferrugineuses . •

Usages. On les emploie spécialement dans la chlorose et les maladies chlorotiques , telles que celle que M. Hallé a décrite dans le 6® volume de la Bibliothèque médicale , sous le nom ééanœmie ; dans les affections vermineuses , dans les cachexies séreu-

ses , dans les flatuosités intestinales et les embarras aioniques des viscères abdominaux qui accompagnent i’hypochondrie.

Limaille de fer ^ à l’état métallique ( p. 545). Doses y en poudre ou en pilules , 12 à i5 grains et plus , que l’on réitère plusieurs fois dans les vingtquatre heures. •

Deutoxjde de fer ( oxyde de fer noir , éthiops martial , p. 545 ). — Doses , idem.

Tritoxjde de fer ( oxyde de fer rouge , safran de mars astringent , p. 544 )• — Doses , idem.

Carbonate de fer {safran de mars apéritifs, p. 345). — Doses y 12 à 24 grains.

Tartrate de potasse et de fer cristallisé {tartre cludjhéy p. 564). — Doses , de unscEupule à un gros.

Tartre martial soluble (p. Vof). ^ Doses ^ idem.

DES MÉdICAMENS.

Teinture de mars tariarisé ( p. 564 ). — Doses ^ tin scrupule à un gros.

Tin chaljbé ou martial ( page 4^0 ). — Doses ^ une à deux onces.

Eaux minérales feîTugineus es carbonatées ( p. 355 ). . — Doses y par verres.

5°. Eau froide.

L’eau froide peut être utile, i°. comme tonique; 32°. comme ébranlant le système nerveux , et devenant par là anti-spasmodique , ou agent perturbateur ; 5°. comme modérant f intensité de la fièvre par la soustraction de la chaleur animale; comme

déterminant rastriction , etc.

Boissons froides de zéro à 1 5 degrés. R.

1 Applications générales ou très--étendues. — Bains. Température, i 4 à i5 degrés R. Séjour , lo à 5o minutes. — Immersions..

Température de o à i5 degrés..

On ne les emploie que pour agir sur îe système nerveux.

Applications circonscrites. Elles peuvent agir sur le système nerveux, occasionnel’ la répercussion , rastriction et la résolution de certains engorgemens , etc. — Application de la glace par simple apposition. — Lotions et affusions. — * Douches,

r exté rieur.

jistringens.

Les astringens sont des mëdicamens qui agissent plutôt sur la texture des solides que sur leurs propriétés vitales , produisent dans les fibres un mouvement de rétraction qui les rapproche les unes des autres , augmente leur densitë et leur force de cohésion.

Usages. Beaucoup d’astringens , tires du règne végétal, sont en même temps toniques, et conviennent dans les mêmes circonstances que les toniques. On les administre dans les cachexies séreuses et dans les hjdropisies commençantes, ils sont spécialement utiles , par leur action astringente , dans les hémorrhagies passives , dans les diarrhées et dysenteries atoniques , à la fin des ophihalmies aiguës , etc. Us agissent quelquefois comme répercussifs. 11 y en a qui s’emploient avec avantage pour modérer les douleurs occasionnées par la présence de petits graviers dans les, reins et les voies urinaires, et qui favorisent la sortie de ces concrétions avec les urines.

U existe un grand nombre de végétaux qui ne sont astringens qu’à un folble degré, et qu’on donne à des doses indéterminées , principalement en décoction : tels sont le plantain {plantago major), îe piedde-lion {alchemillavulgaris ) , l’argentine anserino),\di quintefeuilie (gpotentïllarcptans) ^ l’aigremoine {agrimonia eupatorla), la salicaire ( Ijthruin salicaria ) , l’ortie romaine ( urtica piluUJera ) , la petite saxifrage ou petit boucage ( plmpineLla saxi^ Jraga), la pervenche (^vinca pennnea^ , la sanicls

X^anicula europæa), la verveine {yerbena pfficmalis)^ le caiile-lait jaune [gallimn luteuiii) ^ etc.

Les substances suivantes sont des astringens plus actifs.

Bois de Campèche (Jiæmatoxylum campechiarmin) . Plus employé en Angleterre qu’en France. Doses ^ de un gros à une once en décoction dans une livre d’eau.

Racme de garance (ruhia tinctoriun). Elle paroit diurétique , et entre dans la tisane apéritive majeure de r hôpital de la Charité. Doses , en poudre ^ de un demi-gros à un gros ; en décoction , de 2 gros à 4 gros et plus , pour une livre d’eau.

Pétales de roses rouges ou T^oses de Provins ( rosa gallica) — Doses^ de 2 à 4 g^’os et plus ^ en décoction dans une livre d'eau ^ ou en digestion dans la même quantité de vin. On injecte ce vin dans la tunique vaginale dans le traitement de l’hydrocèle par injection. — Conserve de roses* Elle s’administre à Fintérieurà la dose de 2 à 4 gros, que l’on réitère plusieurs fois dans les vingt -quatre heures. — 3Iiel rosat ( page 4^9 )• l’emploie , en gargarisme , étendu de 5 ou 4 parties d’eau. — Vinaigre rosat (p. 42 5 ), On l’applique à l’extérieur, en fomentation , comme répercussif.

Fleurs de grenadiers ou balaustes ( punica gra-^ jiatuîn). — Doses , 2 a 4 gï’os et plus en décoction dans une livre d’eau, ou en digestion dans une livre de vin , plutôt pour des applications extérieures que pour l’administrer intérieurement. On peut employer îe vin de balauste , comme celui de roses rouges , en injection dans le traitement de l’hydrocèle.

48o DES USAGES ET DES DOSES

Écorce de grenade. Employëeà i’inlërieiir comme astringenl, comme tonique et comme fébrifuge. Doses y en substance , 12 grains à un gros , que ron réitère par intervalles.

Ecorce de chêne ( quercus robur ). Employée comme fébrifuge. Doses ^ en substance ^ un scrupule à un demi-gros, que l’on réitère par intervalles^ dans l’intermission de la fièvre.

CoingyOxx fruit du coignassier (pjrus cjdonia). On en donne le suc à l’état de sirop et de robe. Doses : on se sert du sirop pour édulcorer la tisane , à la dose d’une once par livre de liquide. On donne le rob ou gelée de coing à des doses indéterminées ; on peut en faire prendre de une à deux onces dans les vingt-quatre heures.

Racines de tormentille {tormentilla erecta ) et de historié ( poljgonum bistorta), Astringens actifs , quelquefois utiles comme fél)rifuges. Doses, en substance , de un scrupule à un gros ; en décoction , de un à 4 gros pour une livre d’eau; en extrait, 12 grains à un scrupule et plus.

Feuilles de busserole ou raisins d’ours {arhutus wca Spécialement recommandées dans les affections calculeuses des reins. Doses , en poudre, de i5 grains à 2 scrupules , rarement jusqu’à un gros ; en décoction , un à 2 gros pour une livre d’eau.

Noix de galle {cftiips quercii ^). Très-astringentes , mais presque exciusivement employées extérieurement soit en décoction à des doses variables , soit en les incorporant en poudre^dans i’axonge.

Cachou, extrait du mimosa catechu. Médicament très^actif et très-employé à l’intérieur, sur-

DES ME D IC AME]>fS.

tout dans les diarrhées et les dysenteries chroniques , et dans les hémorrhagies passives. Doses ; en poudre ,

4 à 6 grains , que Ton réitère plusieurs fois dans les vingt-quatre heures; en décoction, un scrupule à un gros dans une livre d'eau. On peut donner cette décoction en lavement, en doublant la dose du cachou.

Kino. Substance assez rare , plus employée en Angleterre qu en France. Doses : en poudre, de i8 à 56 grains. En teinture alcoolique , quelques gros.

Acide sulfurique 298). — Doses : à l’inté-'

rieur , 26 à 5o gouttes dans une livre de véhicule. A l’état d’acide sulfurique alcoolisé ( eau de rabel , • page 299) , on peut*en verser 10 à i5 gouttes et plus dans chaque verre de boisson. A l’extérieur, comme caustique, on l’emploie concentré ; comme rubéfiant , on en mêle une partie avec 8 ou 10 d’axonge.

Acide nitrique ( page29i). — ; à l’intérieur,

un demi-gros à un gros d’acide à 5o degrés par livre d’eau. Acide nitrique alcoolisé ( page 298) , un à 2 gros dans une potion de 4 onces ou par livre de tisane. A l’extérieur , comme caustique , concentré à 5o degrés.

Acide hjdro-chlorique ou muriatique (page 5o4}.

- — Doses : à l’intérieur , étendu d’eau jusqu’à agréable acidité. A l’extérieur, comme rubéfiant , 4 onces d’acide étendu de suffisante quantité d’eau pour un pédiluve ( page 5o5 ).

Chlore ( acide muriatique oxygéné , page 887 ). Astringent très-énergique , quoique peu employé. Doses ^ peu déterminées. Nous parlerons à la fin de cet ouvrage de son emploi comme moyen désinfectant,

Sulfate acide dû alumine et de potasse (pag. 5i5}. — Doses : à l’intërieur, comme astringent , 5 à 6 grains, soit en poudre, soit en solution : on augmente progressivement jusqu’à un scrupule : on réitéré la dose plusieurs fois dans les vingt-quatre heures. Comme fébrifuge , au moins un scrupule à chaque dose. En gargarisme , un demi-gros par livre d’une décoction astringente. En collyre, 2 à 5 grains par once de véhicule. Comme cathérélique , on l’emploie calciné, et on en saupoudre la surface spongieuse et blafarde des ulcères.

Suljatede fer vert ( proto-sulfate de fer de M. Thé- 'iiard , page 544)* — Doses :5k i5 grains soit en poudre , soit dissous. Comme fébrifuge , un gros par jour , en quatre doses , dissous dans une à 2 livres d’eau.

Sulfate de cuivre ( page 54^ ). Tous les sels de cuivre étant vénéneux , on ne doit l’employer à l’intérieur qu’avec beaucoup de prudence. Quelques praticiens le donnent dans l’épilepsie. Doses : un quart à un demi-grain dans un intermède mucilagineux. En injection urétrale , dans les blennorrhées , un à 2 scrupules par livre d’eau. •

Sulfate de zinc ( page 840 ). — Doses : à l’intérieur, un à 2 grains dissous : à la dose de 5 à 20 grains, il est émétique. Dans les collyres résolutifs , un à 4 grains par once de liquide. En injection , dans les blennorrhées , un demi-gros à un gros par livre de liquide. En frictions , comme excitant de l’organe cutané , incorporé dans au moins dix fois son poids d’axonge ou de cérat.

Acétate de plomb liquide ( extrait de saturne ,

page 368 ). Exclusivement employé a lextérieur. Doses : dans les collyres , 6 à 8 gouttes par once de véhicule. En fomentations , en pédiluves , etc. , :2 gros par livre de liquide ( eau végéto-minérale^eau de Goulard ) ; on y ajoute quelquefois un peu d’eaude-vie. Comme dessiccatif, 9 gouttes incorporées dans une once de cérat ( cérat de Saturne ).

Acétate de plomb cristallisé neutre (pag. 368 ).

Doses : dans les collyres , un à 2 grains par once de liquide. Conseillé à l’intérieur , à la dose d’un à 2 grains.

Eaux minérales ferrugineuses sulfatées {p, 355). — Doses , par verres.

Reldchans , Émolliens , Adoucissans,

Médicamens qui , en diminuant la tensibn et la densité des solides , augmentent leur souplesse et leur flexibilité.

Usages, On les emploie spécialement dans tous les cas d’irritation , soit locale , soit générale ; dans les lièvres inflammatoires ; dans la période inflammatoire des diarrhées , des dysenteries et de toutes les phlegmasies aiguës; dans les empoisonnemens par les poisons irritans ; dans les hémorrhagies actives, etc.

Eau tiède, ou à la chaleur de 25 a 29 degrés R. ^ en bains , en fomentations , etc.

Racine de guimauve ( altliœa of- Jîcinalis) , de grande consoude {sj^mpliitiim majus ). — Semences de plantago - psjllium. — Gommes arabique , adragant (p. 372) , etc. Doses : a l’intërieur; en décoction, i à4 gros par livre d"eau : en lavement et en fomentation , on peut doubler la dose. — Les sirops de guimauve, de consoude , de gomme servent à ëdulcorer les tisanes, à la dose d’une once et plus par livre de liquide.

Décoction hlanciie de Sydenham , dont la gomme arabique fait la base ( Voyez page 4*2 ). Doses , par verre.

^Racine de chiendent {tritîcum repens). — Doses : à l’intérieur* en décoction , de 1 à 2 gros par livre d’eau.

Substances mucilagineuses .

Substances crées,. . .

Racine de réglisse ( glycirrhiza

mucoso - su

glabra). On l’emploie spécialement pour édulcorer les tisanes.

Doses : un demi-gros de cette ra¬

cine sulilt pour l’infusion d’une livre de liquide — La poudre sert d excipient pour les bols , les pi" Iules , etc. — L’extrait se donne a 1 intérieur par petites doses qu’on ne détermine pas.

DESMÉDICAMENS. ^ - 48^

Suite des Substances mucoso~siicrées .

Substances amilacêes.

Substances huileuses.

Sebestes (fruits du cardia mjxa') , jujubes ( fruits du rhamnus zizjpJius) , dattes ( fruits du phœnix dactylifera) .) Jigiies (fruits 'àu ficus ca rica ) . — I Is se d onn en t à rinteVieur, principalement dans les irritations de la muqueuse pulmonaire. Doses : 4 gf'os à une once par livre de tisane. — Les figues se donnent aussi en gargarisme, en décoction dans du lait.

Graines céréales. Le gruau d’avoine ( avenasati^a) , le riz [oriza satiua) l’orge {liordeum disticJium, ) se donnent à rintérieur ,

■ en décoction , dans l’eau, dans le lait et dans du bouillon, à des doses qu’il est inutile de déterminer.

Sagou (pag. 574)* Doses : en décoction , 2 à 4 par livre de tisane ou de bouillon.

Salcp (pag. 574)* Se donne spécialement dans du bouillon.

Doses : 2 gros de salep au plus donnent la consistance gélatineuse à une livre de liquide.

Les solides , telles que le beurre de cacao , le beurre ordinaire et V axonge , ne sont guère employées que comme excipiens de médicarnens, soit externes, soit internes.

Les licjuides , comme riiuile d’ o- /me , V huile d^ amandes douces f, r huile de pavot blanc y s’emploient dans les loochs , dans les laveiuens et dans les embrocations.

Semences émulsives ^ savoir, celles des cucurbitacées , les pignons doux ( fruits du pinus pinea ) , les pistaches (fruits du lerebinthus pistacia) , les amandes douces ( fruits de V amjgdalus commit^ nis)^ la graine de lin (semences du linumusitaiissimum). Doses :

4 gros pour environ une livre d’e'mulsion , qu’on édulcore avec du sucre ou du sirop , et qu’on fait prendre en trois ou quatre fois.

Jaune (Jœuf, délayé dans un verre d’eau et édulcoré ( lait de poule ).

Lait. Celui d’ânesse est regardé comme plus adoucissant que les autres. Doses : une lasse le matin et autant le soir.

Petit-lait. — Doses : par verres, I à 2 livres dans les vingt-quatre heures.

Substances gélatineuses C pau ou bouillon de poulet ou de et gélatineuses extrac- / veau. — Doses , par tasses. tives . . I Bouillon de tortue ( page 4 1 o ).

Rafraîchis S ans . ’

Médicamens qui ont la propriété d’apaiser la soif , et qui tendent à diminuer la température du corps j surtout lorsqu’elle est plus élevée que dans l’état na- ' turel. Tous contiennent un acide.

Usages. On les emploie spécialement dans les grandes chaleurs comme prophylactiques des affections bilieuses ; dans toutes les fièvres aigues non inflammatoires 5 et notamment dans les fièvres bilieu-

Substances oléo-mucllagineuses , ou oléo-albumineuses . .

DES MÉDIGAMEWS. 4^7

ses , adynaniiqiies et ataxiques, ils suffisent souvent seuls dans les embarras gastriques peu intenses. On les donne aussi contre les vomissemens sp^asmodiques , dans le scorbut , etc. ^

^OselUes^ Le riimex acetosa ^ le rumex s^cutntus et Voxalis acetoseîla.^ Doses : on en exprime le jus que Ton donne à la dose de 4 ^ ^ onces. On les donne en tisane à la dose d’une demi-poignée par livre d’eau. — L’oseille cuite et pilée s’applique quelquefois en cataplasme.

Fruits acides. Les groseilles ( fruits du ribes ruhrum ) , les framboises ( fruits du *vaccinium a)itis idæa ) , les mûres ( fruits du morus nigra ) , etc. — Doses : on emploie leur jus étendu dans l’eau jusqu’à agréable acidité. On s’en sert en sirop pour édulcorer les tisanes , à la dose de une à 2 onces par livre de liquide. On emploie dans îeâ aphthes le sirop de mûres en gargarisme 5 étendu dans un véhicule.

Oxalat^ acidulé de potasse ( sel d'oseille , p. 566 ).

■ — Doses 5 en tisane , de un scrupule à un demi-gros par livre d’eau.

Limonade sèche de Fasçio.

Pr, Oxalate acidulé de potasse , 5 gros.

Sucre blanc . i livre.

Huile essentielle de citron . . 8 gouttes.

Mêlez.

On délaye une once de cette poudre dans une chopine

d’eau .

Jcide oxalique ( p. 565 ) , Jcide tartarique ( p. 56i ). On emploie plutôt ce dernier , qui est plus commun. — - Doses 9à 12 grains par livre d’eau don?

tient au liquide une agre'able acidité. On fait des pastilles rafraîchissantes qui portent le nom de pas^ ûlles de citron , avec 5 gros d’acide tarlarique en poudre , une livre de sucre et huit gouttes d’huile essentielle de citron.

Acide acétique (page 366). — on le donne à l’intérieur très-étendu d’eau ; mais on a spécialement recours au sirop de vinaigre et à l’oxymel , avec lesquels on édulcore les tisanes. En gargarisme ^ on donne le vinaigre étendu de 3 à 4 parties de véhicule , ou même plus concentré , dans les angines gangréneuses. On l’emploie à l’extérieur ^ en fomentation j comme résolutif.

Suc de citron et d orange. — Doses : on étend ce suc dansTeau jusqu’à agréable acidité , pour le prendre comme boisson ordinaire; ou on se sert du sirop de limon à la dose d’une once par livre de liquide , pour édulcorer la tisane.

Suc des cucurbitacées» Peu employé à l’intérieur; mais quelquefois en lotion , pour faire disparoître certaines éruptions herpétiques.

Délayans.

Médicamens qui augmentent la liquidité du sang et des humeurs , en augmentant leur volume aux dépens de leur masse : telles sont toutes les boissons aqueuses prises en abondance.

Médicamens spéciaux.

On en dirige l’action, i°sur le système dermoïde; 2® sur le système nerveux et ses dépendances ; 5° sur les organes respiratoires; 4^ sur le système san-

guîn ; 5^ sur le système lymphatique ; 6° sur les organes digestifs ; 7® sur les organes urinaires ; 8® sur les organes générateurs ; 9® sur les organes mammaires.

Médicamens du système dermoïde et des tissus

dénudés*

Ils peuvent, agir sur l’exhalation cutanée; 2® ex» citer le système capillaire sanguin, et produire une inflammation plus ou moins vive ( riihéfians ) ^ ou déterminer le détachement de l’épiderme (vésicans)*, 5° provoquer ou entretenir la suppuration du derme ou des tissus soujacens (suppuratifs); 4° empêcher cette suppuration lorsqu’elle n’est pas encore formée , et la tarir lorsqu’elle existe depuis quelque temps; 5® déterminer la cautérisation (^caustiques)*

I®. Médicamens de V exhalation cutanée.

On les emploie pour augmenter cette exhalation ou la diminuer.

Excitans de V exhalation cutanée,.

- Ils sont connus sous les noms de diaphoréùqiies et Ae sudorifiques. On les emploie spécialement, dans certaines maladies aiguës^ pour les prévenir ou les supprimer dès le début : exemple, la peste , la fièvre jaune 5 le typhus contagieux, etc. ; pour empêcher la délitescence des maladies éruptives qui languissent ; pour favoriser la terminaison des fièvres qui ont une tendance à se juger par les sueurs; dans diverses maladies chroniques^ telles que les affections syphi»

4go desusagesetdesdoses ^

li tiques qui ont résisté au mercure , les rhumatismes chroniques , et la tendance des aigus a la chronicité; les gales et les dartres répercutées ; les tremblemcns nerveux occasionnes par 1 action du mercure ou quelques autres émanations métalliques , etc*

Moyens externes.

Frictions sèches.

Frictions huileuses.

Calorique pliqué. . .

Bain de sable» • • . . .

d’eau chaude .

aromatique . .

d’eaux minérales salines,

Bain de marc de raisin, d’olive, de tripes.

Etuves sèches et humides.

36 à degr. R.

Moyens internes.

Stimulans généraux aromatiques ( pag. 467).

Antimoine diaphorétique ( p. 55o ).

Poudre antimoniale de la pharmacopée de Lon^^ dres ( pag. 392 ).

Poudre de James (page 5g3 ).

Poudre de Dower ( page 392 ).

Racine de bardane ( arctium lappa J, ^ Doses : 4 gros à 2 onces , en décoction , dans 4 livres d’eau réduites à deux.

Fleurs et baies de sureau ( sambucus nigra J.-r- Doses : les fleurs en infusion théiforme , à doses variables. Les baies , sous forme de roob , à la dose de un à 2 gros et plus.

Racine daunée ( inula helenium J. — Doses : eiî

poudre , un demi à 2 gros ; en infusion vineuse , de 2 à 4 par livre de vin.

Racine de dompte-venin ( asclepias vincetoxicum — Doses: en poudre, de un scrupule à un .gros ; en infusion, de 2 à 4 gî’os par livre d’eau ou de vin.

Racine de contrajevva ( dorstenia drakena J. Autant employée comme stimulant général que comme diaphorétique. Doses : en poudre , de demi à un gros ; en infusion , de 2 à 4 gros par livre d’eau.

Pétales de coquelicot f papai^er rJiæas )* —Doses : en infusion , une pincée par livre d’eau.

FeiiÜles debourracJie( horago qfficinalis J, -^D oses: en décoction , une poignée pour une à 2 livres d’eau. Le suc s’emploie comme apéritif.

Chardon bénit ( centaurea benedicta ), Plante trèsamère , également tonique. Doses : un à 2 gros , en décoction, dans une livre d’eau. Son extrait, à la dose d’un scrupule , qu’on réitère deux a trois fois par jour ; son eau distillée , à la dose de quelques onces.

Les quatre bois sudorifiques : savoir ^ le gaiac ( guajacum officinale ) , la salsepareille ( smilax sarsaparïlla J , la squine ( smilax china ) , le sassafras (laurus sassafras J.— Doses : en forte décoction et en sirop. (Voy. Tisane et Sirop sudorifiques^ page 41 1 et 417 )»

Soufre. A l’intérieur, il excite la transpiration; à l’extérieur , il excite le système capillaire cutané. Doses : à l’intérieur, quelques grains, soit en poudre, soit en tablettes, soit en éleptuaire; h l’extérieur , spécialement employé dans la gale et les dartres , tant en friction et sous forme de pommade , que l’on fait

avec des proportions très-variables d’un intermède gras ( page 455 ) , qu^en fumigation , et à i’ètat de gaz acide sulfureux ( pag. 70 et 72 ). Uni au charbon de bois , et incorpore dans du cërat , il réussit quelquefois dans la teigne. (Voy.pag. 456).

Sulfure dépotasse (p.5 1 1 ). Avantageux surtout dans le croup, la coqueluche, certains catarrhes pulmonaires chroniques. Doses : 6 à 8 grains le matin et autant le soir. — Pour les enfans très-jeunes on le mêle avec du miel ; on trempe un doigt dans ce mélange et on l’introduit dans la bouche de l’enfant. — Employé à l’extérieur dans la gale , tant en bain qu’en frictions , comme le conseille M. Jadelot ( pag. 72, 7^ , et 455. — M. Dupuytrein l’emploie dans la même maladie , dissous dans l’eau et mêlé avec de l’acide sulfurique ; d’où résulte , comme on le conçoit, une dissolution de sulfate de potasse chargée de soufre et d’acide hydro-sulfurique ( pag. 73).

Eaux minérales sulfureuses. ( pag. 556 ). Spécialement employées en boisson et en bains dans les dartres, la gale et les irritations chroniques des organes pulmonaires ; employées en douches dans une foule d’engorgemens chroniques , sans phénomène inflammatoire.

Sulfite sulfuré de soude (pag. 5i6 ). Proposé à i’inlérieur par M. le professeur Chaussier dans certains exanthèmes chroniques. Doses: 18 à 36 grains.

Sédatifs de V exhalation cutanée.

On y a recours dans toutes les circonstances où la transpiration et les sueurs sont devenues excessives. Ils consistent dans les bains froids, les frictions alcoo-

DES MÉdICAMENS.

iiques y l’usage des diurétiques ^ les excitans de la muqueuse buccale et de la sécrétion salivaire.— Dans les pays chauds , on emploie les épices , le piment , divers masticatoires très-âcres, tels que le qui est composé de chaux vive, des feuilles du piper betel^ des feuilles de tabac et de la noix de Yareca catechu ^ L.

2®. Ruhéjians et Vésicans.

Les rubéfîans sont des médicamens qui , appliqués sur l’organe cutané , en déterminent l’inflammation ; les vésicans , appliqués sur le même organe , déterminent à la surface du derme une sécrétion séreuse qui , en détachant l’épiderme , le fait bomber et prendre la forme d’une ampoule. — La rubéfaction et la vésication ne sont que deux degrés de la même action : aussi toujours la rubéfaction précède la vésication , et ie même moyen peut être rubéfiant et vésicant.

On peut établir deux ordres de rubéfians, relativement au but de leur action.

Les uns s’emploient pour modifier l’état de l’organe cutané dans les exanthèmes chroniques , tels que la gale et les dartres. Ils se bornent souvent à exciter les parties de la peau affectées sans produire de véritable inflammation sur les parties saines de l’organe; et cette inflammation , lorsqu’elle a lieu, n’est qu’un ^ phénomène accessoire à leur action principale. Les autres ont pour objet essentiel de déterminer une inflammation sur une partie plus ou moins étendue de l’organe cutané ordinairement saine : ils méritent beaucoup mieux le nom de rubéfians que les premiers ; iis remplissent la plupart des mêmes indications que les vésicajQS, et leur usage est irès-multL

plié. On les emploie de même que les vésicans , trèssouvent pour exciter généralement , par exemple dans la prostration extrême qui accompagne la troisième période des fièvres essentielles graves , ou pour produire une dérivation , comme dans les congestions imminentes , soit au cerveau , soit au poumon ; dans les ophthalmies chroniques, dans la menace de suffocation qui accompagne le croup , dans les affections asthmatiques , dans les hydrothorax , dans les catarrhes pulmonaires chroniques , dans les névralgies , les affections goutteuses ^ etc.

ler Ordre de rubefians.

Soufre, ( J^oj. ci-dessus, page 491 )•

Pommade oxygénée ( pag. 455). Elle est employée en frictions contre la gale. Dose : environ un gros à chaque friction.

Onguent citrin du codex. En frictions contre la gale. Dose^ idem.

Pommade de soufre et de sous-carbonate de potasse de M. Helmerick (pag. 455). En frictions contre la gale. Doses : une once pour chaque friction , trois frictions par jour ( page yS ).

Pommade savonneuse hydro-suJfurée de M. Jadelot ( pag. 455 ). En frictions contre la gale et les dartres. Doses : une once pour chaque friction ; deux frictions par jour (pag. 72 ).

Pommade de soujr'e et de charbon ( p. 456 ). Employée contre la teigne , en frictions sur le cuir chevelu. Doses indéterminées.

Racine de dentawe ( plumbago europœa ), Employée contre la gale. Doses : on en fait infuser des quantités indéterminées après les avoir pilées dans

l’huile bouillante. On passe avec expression à travers un linge; onnoue ce linge^ qui contient les débris de la racine ; on se sert du nouet trempé dans l’huile préparée chaude pour faire des frictions matin et soir.

Feuilles de clématite droite ( clematis erecta J , ou de clématite des haies y vulgairement lierhe aux gueux ( clematis xitalba )., On peut les employer dans la gale de la même manière que la racine de dentaire.

Cataplasme ou pâte de poix ( calotte ). Contre la teigne. ( Voyez page 462 . )

Soude du commerce. Contre la teigne. On l’emploie pulvérisée et incorporée dans 8 à 10 parties d’axonge ; on en frotte les parties du cuir chevelu malades, après avoir fait tomber les croûtes à l’aide d’un cataplasme émollient.

Il® Ordre de rubéfians. Rubéjians proprement dits , et vésicans* — Action du calorique, i®. Pour produire la rubéfaction d’une grande surface , on a recours aux rayons solaires , à la combustion des substances propres à produire une grande flamme, au bain de sable et aux étuves sèches. 2°. Pour exciter une partie circonscrite, par exemple, certains ulcères atoniques , on emploie les rayons sola'res concentrés a l’aide d’une lentille ; on approche de la partie un charbon ardent ou même un fer rouge ( cautère objectif). 3^. Pour produire la vésication , on se sert de l’eau bouillante.

Ammoniaque liquide (page 309). Comme véslcant , à 20 degrés de l’aréomètre ; comme rubéfiant, étendue de 5 a 6 parties d’eau ou d’huile.

Voix de Bourgogne. On l’applique par apposition, étendue sur un linge ou sur de la peau blanche.

Cantharides ( ineloe vesicatoria J. Pour exciter, par la rubéfaction ^ de grandes surfaces , comme dans les paralysies locales , etc. , on emploie la teinture alcoolique en frictions , soit pure, soit étendue dans un linîment. Pour produire la vésication , on a recours à Femplâtre vésicatoire des formulaires , ou à un cataplasme saupoudré de cantharides ( pag. 462 ).

Ecorce de garou ( dapkne mezereuin J. Elle est aujourd’hui à peine usitée comme vésicant, et seulement pour agir ^ comme révulsif , sur de très-petites surfaces : on l’applique après l’avoir trempée dans le vinaigre.

Semence de moutarde ( sinapis nigra ), On l’emploie en poudre et sous forme de cataplasme comme rubéfiant : elle forme la base des sinapismes ( p.462).

Mojens exciter une exsudation séreuse à la surface de la peau, sans déterminer la vésication.

Ces moyens consistent à ramollir l’organe cutané par un cataplasme émollient , tandis qu’on excite ce même organe par quelque dissolution spiritueuse qui ne soit pas assez active pour être vésicante : telles sont les teintures alcooliques amères , aromatiques , ou même l’alcool seul. C’est ainsi qu’agit le cataplasme de M. Pradier contre la goutte ( page 460) , et les autres de ce genre que tout médecin instruit peut prescrire.

3®. Excitons de la suppuration du derme et du tissu

cellulaire.

On entretient la suppuration à la surface du derme mis à nu par un vésicatoire, i ° lorsque le vésicatoire

r)ES medicamens. 497

a pour but de remplacer une affection cutanee ou un ulcère; 2^ pour s’opposer au développement d’une maladie interne qui proviendroit , soit d’un ulcère , soit d’une maladie cutanée supprimée; 5^ pour détourner une irritation portée sur les organes pulmonaires, comme dans les catarrhes chronîC|ues, dans les hémoptysies; sur les yeux, comme dans les ophthalmies chroniques, etc. ; 4^ pour agir contre des névralgies rebelles ; 5® pour se préserver de quelque maladie épidémique ; 6*^ pour prévenir les accidens ([ui peuvent accompagner la cessation de la menstruation , etc.

On emploie ordinairement, pour entj^etenir cette suppuration, le vésicant lui-méme étendu dans un corps gras. On se sert , par exemple , de la pommade de cantharides oo de celle de garou (page 454)-

L’art provoque la suppuration du tissu cellulaire dans deux circonstances particulières , i ° lorsqu’une partie de l’organe cutané ou du tissu cellulaire , avec ou sans solution de continuité, est le siège d’une inflammation qui tend à se terminer par suppuration; 2° lorsque Torgane cutané est sain et qu’il convient d’y établir un exutoire.

Premier cas. S’il n’y a pas de solution de continuité ; et qu’on juge convenable de favoriser la suppuration, comme lorsqu’elle dépend d’un travail dépuratoire ou critique, on a recours à des topiques excitans que les anciens chirurgiens ont appelés maturatifs. On leur donne spécialement la forme de cataplasme ou d’emplâtre : on préfère la première de ces formes quand le topique doit agir sur une surface un peu étendue , comme sur une tumeur

4Q8 des usages et des doses

phlegmoneuse considérable , et à la dernière quand rapplication doit être bornée à une petite surface, par exemple , à un furoncle.

On peut faire un cataplasme maturatîf en incorporant une certaine quantité de poudre irritante , telle que celle de moutarde , dans un cataplasme fait avec la farine de graine de lin et le vinaigre; c’est-à-dire, que le sinapisme ( pag. 462 ) peut être employé à titre de maturatif. On fait souvent un cataplasme maturatif avec un ou deux oignons de lis (lilium candidum^ cuits sous la cendre et réduits à l’état pulpeux , et une poignée d'oseille cuite dans suffisante quantité de bière ou d’hydromel. On y incorpore quelquefois , pour le rendre plus actif, du vieux levain, de l’onguent hasilicum ^ etc.

On emploie à titré di emplâtres maturatijs la poix de Bourgogne , le diachylum gommé , etc. , étendus sur du linge ou sur de la peau blanche. L’emplâtre de a)igo cum mercurio , appliqué à titre de résolutif sur des tumeurs indolentes ou peu douloureuses , y provoque quelquefois la suppuration.

Lorsqu’il y a solution de continuité, on applique sur la plaie , à l’aide d’un plumasseau de charpie , un composé onguentacé , tel que le baume d’Arcæus , l’onguent basilicum , l’onguent delà mère, l’onguent de styrax; ou un digestif , soit simple, soit animé ( pag. 4^^) s’il reste de l’engorgement, on recouvre le tout d’un cataplasme émollient ou irritant, suivant les circonstances.

Deuxième cas. On provoque ordinairement la suppuration du tissu cellulaire en y établissant un exutoire artificiel , tel que le séton ou le fonticule à

DES MÉdICAMENS, 49^

pois (cautère) , pour déterminer une dérivation , et prévenir par là le développement de quelque maladie grave ^ ou en retarder les progrès.

Le séton ne s’établit guère qu’à la nuque et sur les parois thoraciques, pour combattre^ dans le premier cas , l’amaurose commençante , des ophthalmies et des otites chroniques qui ont résisté à d’autres moyens, des névralgies faciales, quelque névrose de l’ouïe ; et dans le second , des catarrhes et des péripneumonies chroniques, etc. On a recours au fonticule à pois dans les mêmes circonstances, et surtout pour suppléer à quelque évacuation supprimée ou très-abondante ; pour remplacer des ulcères devenus habituels ou quelque affection dartreuse ; pour prévenir le développement de la phthisie pulmonaire , etc. On établit le fonticule à pois au bras , à la jambe ou à la cuisse ; au bras, entre le muscle biceps et le deltoïde ; à la jambe , entre le tendon du jumeau interne et celui du couturier, c’est-à'dire à trois ou quatre travers de doigt au-dessous du genou et vers la partie antérieure ; à la cuisse , à la dépression qui existe à la partie interne de la cuisse, trèsprès du genou. On établit cet exutoire à l’aide de l’instrument tranchant ou d’un alcali caustique , et le séton toujours à l’aide de l’instrument tranchant.

On entretient la suppuration du fonticule à pois à la faveur d’un pois d’iris de Florence ou d’Orange, Lorsqu’il y a de l’irritation , un pois ordinaire suffit. On excite le séton au moyen de quelques composés onguentacés officinaux ou de quelqu’onguent digestif ( p. 455 ) ) qu’on fait préparer extemporanément.

5oo

4^. Moyens d’empêcher la suppuration ayant quelle soit établie , et de la supprimer lorsqu elle a été entretenue pendant un temps conyenahle.

Lorsque l’organe cutané ou le tissu cellulaire sont le siège d’une inflammation plus ou moins vive , l’art n’a aucun moyen efficace d’empêcher la suppuration. On se borne à appliquer sur la partie des émolliens qui ne font souvent que modérer la douleur et la tension^ sans empêcher la formation du pus; mais dans les solutions de continuité récentes^ on peut quelquefois obtenir la guérison par première mtentiony par conséquent sans suppuration , en rapprochant les bords de la division , et en les maintenant rapprochés à l’aide de bandelettes aggîutinatives. Lorsque la plaie est très-petite et superficielle , on peut se ser- ► vir du taffetas agglutinatif (taffetas d’Angleterre), Pour peu que la plaie soit étendue, on se sert d’un sparadrap fait avec un emplâtre agglutinatif, tel que le suivant :

Pr. Poix résine. . . * . 8 onces ou 8 parties.

Rosine élérai . 2 onces ou 2 parties.

Térébenthine . i once ou i partie.

Faites fondre le tout ensemble sur un feu doux ; passez, au travers d’une toile à larges mailles, pour séparer les impuretés, s’il y en a , et conservez dans un pot , pour en faire des sparadraps au besoin.

Cet emplâtre est un excellent agglutinatif. II ne diffère de celui d’André de Lacroix, qui est officinal et très-usité , qu’en ce que ce dernier contient de plus autant d’huile de laurier que de térébenthine.

On peut aussi composer un emplâtre agglutinatif

en faisant üquefier ensemble huit parties d’emplâtre diapalme ou diachyîum simple, avec trois parties de poix blanche molle.

Les sparadraps (p. 4^9) que Ton fait avec ces emplâtres ne doiven t seprépai'erqu’à mesure des besoins, parce que l’emplâtre, réduit tout en surface , se sèche avec promptitude , et se sépare souvent en écailles de la toile sur laquelle il est étendu.

On chauffe légèrement les bandelettes agglutinatives avant de les appliquer, et on enveloppe la partie d’un bandage convenable.

On se sert aussi d’un sparadrap agglutinatif pour maintenir la potasse caustique dans l’endroit où i’o4 veut établir un exutoire. Enfin on peut s’en servir pour contenir de petites compresses sur des endroits où les bandages se dérangent facilement.

Lorsque la suppuration a été entretenue pendant un temps suffisant , elle cesse ordinairement sans le secours de Fart, Lorsqu’elle cootiaue, on peut la tarir par des topiques qui , parce qu’ils semblent faire cesser l’humidité de la partie , ont reçu le nom de dessiccatifs : tels sont le cérat de Galien^ le cérat de Saturne (p. 4^4 ) :> Fonguent de blanc rhasis ou blanc raisin du codex. Si la suppuration persiste , on recherche et on combat la cause qui l’entretient. Lorsqu’elle est entretenue par le croupissement du pus , une compression méthodique suffit souvent pour la faire cesser, ou bien il faut pratiquer une contre-ouverture. Si elle est entretenue par le relâchement des chairs, on les excite; on la réprime quelquefois à l’aide des cathérétiques , tels que le nitrate d’argent fondu ou autre Voyez ci-après). Eofin si. elle est

entretenue par une cause interne , on administre à l’intërieur les médicamens convenables pour la combattre.

5°. Médicamens corrosifs ou caustiques.

Médicamens qui irritent à un degré si violent les tissus sur lesquels on les applique , que non-seulement ils les enflamment , mais y détruisent encore Forganisation et la vie. Ils donnent ainsi lieu à la formation d’une escarre superficielle ^ ou plus ou moins profonde ^ suivant leur degré d’activité.

On emploie ces médicamens pour agir localement ou pour agir par contiguïté , par sympathie ou par révulsion sur des organes plus ou moins éloignés dô leur application. — Action locale. Elle s’exerce sur la peau saine ou sur des tissus altérés ; i o sur la peau saine, pour établir un exutoire ; pour ouvrir certains dépôts indolens ou qui tendent à la gangrène , tels que les bubons vénériens indolens , les bubons pestilentiels, etc. 2^^. Sur des tissus altérés, pour consumer les chairs fongueuses des ulcères, et y ranimer l’activité vitale; pour arrêter certaines hémorrhagies; pour détruire des tumeurs développées contre le vœu de la nature ; pour détruire des tissus dont la vie est languissante ou éteinte, et ranimer les propriétés vitales dans les parties voisines, comme dans le charbon, les pustules malignes , les gangrènes humides , les caries humides; pour brûler les morsures des animaux venimeux ou enragés , etc. — Action contiguë, sympathique ou révulswe. On cherche à la déterminer dans certaines affections comateuses; dans l’épilepsie, pour arrêter ['aurci epileptica^ dans l’a-

DES MÉdICAME^'S. 5od

maurose ; dans certaines surdites accidentelles; dans les névralgies , la goutte sciatique , la gibbosité vertébrale; dans les tumeurs blanches des articulations, etc.

A eide sulfurique ( page 298).

Acides nitrique et nitreux (p.sgi et 295).

Acide hjdro-chloriqiie ou inuriatique (p. 5o4). Ammoniaque liquide (p. Sog).

Alun calciné (p. 3i5).

Baume vert de Metz du codex.

Collyre de Lanfranc du codex.

Caustique de Frère Corne, C’est une poudre composée de :

Oxyde d’arsenic . .

Sulfure de mercure rouge. .

Sang-dragon . . • . . .

i gros.

4 gros.

I once.

M. le professeur Dubois, qui fait un fréquent usage de ce caustique, surtout dans les ulcérations cancéreuses de peu d’étendue , le fait préparer dans les proportions ci-dessus, qui sont un peu différentes de celles de Frère Corne. Celui-ci y ajoittoit aussi de la cendre de peau tannée , qui a été supprimée comme inutile. Pour employer ce caustique, on en prend une petite quantité que l’on mêle avec un peu de salive pour en faire une pâte que l’on applique et qu’on laisse appliquée sur la partie qui doit être cautérisée, jusqu’à ce quelle tombe spontanément.

Trochisques de chlorure de mercure ou de sublimé corrosif du codex,

Trochisques de minium du codex.

5o4 USAGES ET ITES DOSES

Dissolution nitrique de protoxyde de mercure (eau me rcurielle , p. 558 et 559).

Nitrate d'argent fondu (pierre infernale , p. 549)*

Hjdr O- chlorate d’antimoine sublimé (beurre d’antimoine, page 552

Potasse et soude caustiques ( cautères potentiels , p. 507 et 5o8).

("Fer rouge ( cautère actuel ).

Action du calorique A

Médicamens du Système nerveux et de ses

dépendances*

Ils agissent sur le système nerveux en general ou sur les organes des. sens.

Médicamens du Système nerveux en- général.

A. Ex ci tans.

On les emploie , i® pour augmenter Tactivitè des fonctions ce'rèbrales lorsqu’elles sont affoiblies , comme dans la stupeur maniaque, dans le coma, etc.; 2® pour remédiera une paralysie complète ou incomplète des organes des sensations , de la locomotion.

Moyens directs.

Toniques (p. 475) et stimulans généraux (p. 4^5).

Tins mousseux.

Douches.

Electricité ( p. 278 et suiv. ). On y a recours, nonseulement pour exciter le système nerveux dans les paralysies et les trembleniens nerveux , dans l’amaurose et la surdité accidentelle, mais encore pour ex-

DES MEDICÂMENS.

Citer généralement , pour provoquer la menstruation , pour stimuler certaines tumeurs indolentes ^ etc.

Aimant {^magnes') , Mine de fer qui appartient au jer oxjdide amorphe de M. Haüy. On peut l’employer comme substance ferrugineuse , comme substance magnétique agissant sur le fer , comme substance magnétique agissant sur le système nerveux.

Moyens indirects.

Rubéjians et Vésicans (page 495).

B. Sédatifs,

Ils sont employés dans les maladies convulsives et dans toute espèce d’agitations nerveuses ; dans l’épilepsie y l’hystérie , la catalepsie , les coliques nerveuses , l’asthme convulsif , les palpitations^ la tendance à la syncope , etc. La plupart sont en niême temps stimulans diffusibles j et employés dans les mêmes circonstances que ces derniers : ils sont ou simplement caïmans ou narcotiques. Ceux-ci diffèrent des premiers en ce qu’ils portent spécialement leur action sur les fonctions cérébrales qu’ils engourdissent, pour ainsi dire , en provoquant l’assoupissement ou le sommeil.

I O. Caïmans ( anti-spasmodiques).

Plusieurs des stimulans diffusibles ^ surtout le camphre ( p. 578 et 484 ) , et \ éther (p. 882 et 484)*

Acide borique ou boracique (sel sédatif, p; ^94)* Peu usité. Doses :5 a. 10 grains.

Racine de valériane ( valeriana qffîcinalis J, Spécialement recommandée dans l’épilepsie. Doses: un scrupule et plus. On peut en consommer depuis 2

5o6 DES USAGES ET DES DOSES

gros jusqu’à une once et plus dans les vingt-quatre heures. — En décoction , à vaisseau fermé , de 2 gros à une once pour 2 livres d’eau , à prendre par verres. — La teinture, un à 2 gros dans 4 onces de potion; en frictions, à des doses variables. On peut en faire entrer un à 2 gros et plus dans un lavement. — L’eau distillée, comme véhicule d’une potion.

Racine de pwoine ( pæonia c^icinalis J. — Doses : en poudre, un scrupule et plus. — Rarement on la donne en décoction , à la dose de 4 g^^^s à 2 onces pour 2 livres d’eau.

Feuilles de vuUmire ( chenopodiiim vuRaria J. Peu employées en France. Doses : indéterminées; en infusion , tant par la bouche qu’en lavement.

Fleurs de tilleul ( tilia europœa J. — Doses : par pincées; en infusion théiforme. — Eau distillée, une à 3 onces dans une potion de 4 onces.

Thé ( thea bohea J. — - Doses : par pincées en infusion.

Fleurs dorante ( citrus aurantium ). — Doses : par pincées en infusion. — Eau distillée, de un à 2 gros et pluS;, soit seule, soit dans une potion. Le sirop, à la dose de une once pour 4 onces de potion.

Gommes-résines fétides : savoir, Y assa-fœtida (ferula assa-fœtida J , le galbanum (bubon galbanum J , Y opoponaæ (pastinacaopoponax) y \e sagapénuniy et la gomme ammoniaque. L’origine de ces deux dernières est encore inconnue. On emploie surtout la gomme ammoniaque et l’assa-fœtida , qui est la plus active. Doses: à l’intérieur , de 5 à 24 grains en pilules. En lavement , on peut doubler la dose. — - La teinture ' d’assa-fœlida, de 24 à 36 gouttes et plus dans une potion

DES ME Dî CAME NS. 5oj

de 4 onces. — .On fait des fumigations d’assa^fœtida contre les accès hystériques.

Pétrole y ou naplite , vulgairement huile de gabian (hitumen petroleum^ naphta peiroleij, — Doses: b. ^ Fintérieur , lo à 1 5 gouttes sur du sucre ; en frictions sur le bas-ventre , dans les atfections vermineuses des enfans.

Huile animale de DippeL — Doses ; à F intérieur ^ quelques gouttes sur du sucre, ou mieux, étendue dans un véhicule aqueux.

Castoréum (du castor Jiber), — Doses: en pilules, lo à 5o grains. — La teinture , à l’intérieur, lo à 5o gouttes sur du sucre ou dans un véhicule convenable ; en lavement, un à 2 gros. — La teinture éthérée est plus sédative et s’emploie de préférence.

Musc (du mosclius moschiferus). — Doses: en substance, 2 à 4 grains et plus. — La teinture , 6 à 1 2 gouttes , ou un à 2 scrupules dans une potion de 4 onces.

2°. Narcotiques •

Opium (à\i papayer s omniferuiîi). — Doses: à Fintérieur , en substance ou à l’état d’extrait , un cinquième de grain à un grain. — Sirop d'opium , de un à 4 gros. — Opium de Rousseau ^ 5 à 4 gouttes à chaque dose, ou 8 a i5 gouttes dans une potion de 4 onces; 6 à 5o gouttes en lavement*. — Nin d'opium composé ou laudanum liquide de Sjdenliam (p. 4^2), 8 à 10 gouttes, ou 20 à 40 gouttes dans une potion de 4 onces ; i5 à 25 gouttes en lavement. — ^ Teinture d opium (p. 427) , à Fintérieur, 4^8 gouttes et plus ; en frictions , doses indéterminées.

5o8 DES USAGES ET DES DOSES

TeÀniure théhaiqiie de la pharmacopée de Londres (page 428).

Teinture d’opium camphrée ( page 4^9 )*

Solution d' opium conseillée par M . le profjesseur Chaussier,

Pr. Opium choisi et divisé en petits morceaux, i once. Eau distillée. . . . 8 onces.

Laissez macérer à la chaleur de l’atmosphère pendant

deux à trois jours , suivant la saison • filtrez et ajoutez

Alcool à 56 degrés . 4 gi’os.

Cette addition a pour but la conservation du liquide, dont on remplit de petits flacons qu’on a vSoin de bien boucher, Doses : arinterieur, i6à 56 gouttes dans une cuilleree de sirop ou d’un autre véhiculé; en frictions , sans mélange. — On en fait entrer des doses variables dans des collyres contre les ophlhalmies chroniques, etc.

Nota. Les différentes préparations d’opium peuvent se donner graduellement , dans les maladies chroniques, a des doses de beaucoup supéricbres aux doses ordinaires.

Le trouble que* l’opium occasionne dans les fonctions cérébrales est , d’après les observations de M. Hallé , souvent diminué par l’union de ce médicament avec le camphre.

Thériaque (du codex). Doses : a l’intérieur, i8 grains à 2 gros. On l’applique a l’extérieur sans en déterminerla dose.

Jiisquiame ( hjoscramus niger) j Belladone (atropa helladona) ^ Stramonium ( daiur a stramonium ).. La prenjière de ces deux plantes est beaucoup plus employée que les deux autres, qui sont à peine usi-

DES MÉDICAMENS. 5og

tées - Doses : à rinlërieur , un à 4 grains et .plus

de leur extrait; à TexteVieur ^ une forte de'coction de ces plantes^ ou les plantes elles-mêmes^ à Fêlât pulpeux.

Aconit napel f aconitum napellum ). Préconise plutôt dans les rhumatismes chroniques et les douleurs arthritiques ^ comme excitant des fonctions de la peau, que dans les maladies nerveuses comme calmant. Doses ' on commence par un demi-grain de l’extrait , et on augmente progressivement jusqu’à 8 grains et pins , que l’on peut réitérer plusieurs fois dans les vingt*quatre heures.

Morelle noire f solarium nigrurn J. On emploie , pour ainsi dire, exclusivement sa décoction à l’extérieur, soit en fomentation , soit en injection , comme

calmant.

Tiges de douce - amère ( solanurn dulcamara J, Spécialement préconisées contre les dartres. Doses: ■ on commence par 4 gros en décoction dans 2 livres d’eau réduites à une , à prendre en deux verres , l’un le matin et l aulre le soir. On augmente progressivement la dose jusqu’à 2 onces et plus. — On administre l’extrait à la dose de 12 à i5 grains que l’on augmente progressivement jusqu’à un demi-gros et plus le niatiri et le soir.

Amandes amères ou fruits de Y amjgdalus amara. Spécialement recommandées comme fébrifuge. Doses : un gros et demi à 2 gros d’amandes amères pour quelques onces d’émulsion , ou quelques amandes en substance avant l’accès.

5io

Médicamens des organes des sens et de leurs

accessoires.

Ou n’agit que sur les organes de la vue, de l’ouïe et de l’odorat, considérés comme organes'des sens. Les médicamens qu’on applique sur les organes de la vue et de l’ouïe ont toujours pour but d’agir sur le siège même de leur application. Ceux dont on dirige l’action sur l’organe de l’odorat ont presque toujours pour but d'agir sur d’autres parties.

Médicamens de V organe de la vue.

On agit sur l’organe de la vue dans les lésions de l'organe lui-même ou dans celles des parties accessoires à l’organe. Les premières de ces lésions sont relatives à la sensibilité de l’organe ou à sa forme. On les combat dans le premier cas par des moyens variables , que nous avons fait connoître dans la première partie de cet Ouvrage ( p. i65 et suiv. ). — On corrige les vices de la forme de l’organe par l’usage des verres concaves dans la myopie, et par celui des verres convexes dans la presbytie.

Les lésions des parties accessoires à l’organe qDÎ exigent l’application des médicamens, sont surtout î’inÜammation delà conjonctive ou l’ophthalmie, et celle des glandes de Méibomius , qui accompagne presque toujours Tophthalmie chronique. On emploie dansl ophthalmie aiguë les relâchans généraux; dans l’ophtlialmie chronique , on fait des lotions avec des liquides modérément excilans et aslringens, qu’on a appelés collyres résolutifs ^ et qui déterminent

dssmédicamens. 5ïî

rëellenient la résolution : tel est le suivant , qui est très-usité.

Collyre astringent ( résolutif).

Pr, Eau de roses . . . . | de plantain , j Sulfate de zinc , de

ana , 5 onces.

12 à 24 grains.

Lorsque les glandes de Méibomius sont engorgées ^ on y applique des quantités inappréciables d’une pommade irritante, telle que celle deDesault. ( J^oj. p. 4^7.) On enduit le bord des paupières avec une quantité inappréciable de cette pommade , qui est d’une grande activité. On peut en faire une beaucoup moins active en mêlant ensemble i5 grains d’oxyde de mercure rouge et 2 onces de cérat ou d’axonge.

On insuffle quelquefois sur la conjonctive , à l’aide d’un chalumeau, de très-petites quantités de corps pulvérulens qui irritent ou d’une manière mécanique ou par leur propriété médicale, et auxquels on donne le nom de collyres secs. On y a recours dans l’albugo et dans certaines excroissances de la conjonctive, telles que le ptérjgion et Xencaniliis. On insuffle quelquefois le sucre candi seul en poudre , ou le mélange suivant , qui , quoique assez bizarre , est encore conseillé par des chirurgiens modernes d’une réputation bien méritée.

Pr. Os de sëc^e en poudre , i scrupule. Cristal de roche idem. ... 12 grains.

Alun idem..,. . grains.

Mêlez exactement.

On bassine l’œil après chaque insufflation.

Médicamens de V organe de Voiiie,

Dans les le'sions de sensibilité de l’organe, les moyens qu’on emploie sont l’électricité , le galvanisme, les cornets acoustiques, suivant les circonstances (page i6o). Lorsque la lésion est symptomatique, on agit sur la cause de la maladie. Les médicamens qui conviennent dans les catarrhes externes de l’oreille consistent, suivant que la maladie est aiguë ou chronique, dans les injections émollientes ou stimulantes', et dans les révulsifs , tels que les vésicatoires derrière l’oreille. Dans les catarrhes de l’intérieur de l’oreille, on n’emploie aucun moyen direct , à moins qu’on ne tente la perforation de la membrane du tympan. Lorsque la maladie est chronique , on a recours aux vésicatoires , aux purgatifs , etc.

Médicamens de V organe de T odorat.

Les médicamens dont on dirige l’action sur la muqueuse nasale ont bien, plus rarement pour but de modifier l’état de cette membrane que d’agir indirectement sur des organes qui ont des rapports de contiguité ou de sympathie avec cette membrane.

On cherche seulement à modifier l’état de la muqueuse nasale , i ° dans le coryza , par des émolllens ou par des toniques modérément astringens, suivant que la maladie est aiguë ou dure depuis quelque temps ; 2° dans Tozène ou ulcération de celte membrane ,que l’on combat par des injections toniques ^ astringentes, etc. ; et par des injections mercurielles^ lorsque la maladie est vénérienne.

DES MÉDICAMENS, 5ï5

On applique des mëdicamens sur la muqueuse nasale , dans la vue d’agir indirectement sur d’autres parties, pour réveiller Faction suspendue des organes essentiels à la vie, comme dans les alFec-" tions comateuses , la syncope , Fasphyxie ; et dans ce but, on stimule la muqueuse nasale par le cbatouillement avec les barbes d’une plume; par les vapeurs ammoniacales, celles d’acide acétique , d’acide bydro-chlorique , de chlore, etc. ; 2° pour remédier à la lésion de quelque organe voisin, soit en changeant le siège de l’irritation, soit en produisant une évacuation révulsive ou une secousse mécanique. Les excitans qu’on emploie dans ce but augmentent la sécrétion muqueuse nasale , et peuvent provoquer l’éternuement : on les appelle errhins et sternuta-* toires. On y a spécialement recours dans certaines céphalalgies sans cause connue , dans certaines infiltrations séreuses de la tête, dans l’otalgie, dans les ophthalmies chroniques , etc.

On peut employer comme errhins la plupart des stimulans généraux aromatiques ; mais on se sert ordinairement de quelques-unes des substances suivantes en poudre ; savoir : les feuilles de bétoine ( betonica officinalis ) ^ celles de cabaret ( asarum europœiun ) , celles de marjolaine ( origanum majorana ) , celles de tabac ( nicotiana tabacum ) ; les fleurs de muguet ( comallaria maïalis ) , Veu-^ phorbe ( gomme-re'sine de Veuphorbia officinariim ) , la racine d ellébore blanc {veratrum album). Ces deux dernières substances sont très - irritantes , et peuvent déterminer l’inflammation de la muqueuse nasale ou une hémorrhagie : on doit être circonspect

5i4 usages et des doses

dans leur administration. Les feuilles de cabaret et celles de tabac sont e'galement émëtiques et purgatives. On emploie la décoction de tabac en lavemens , à la dose de un à 2 gros dans Fapoplexie, dans l’asphyxie, les fièvres soporeuses , etc.

Poudi'e siernutatolre.

Pr. Fejuilles de marjolaine,

de bétoine. . . . \ ana p i gros.

Fleurs de muguet ... j

Feuilles ^ as arum ou cabaret, gros.

On pulvérise ces substances séparément, et on les mêle.

Poudre capitale de Saint- Ange»

Pr. Feuilles d’<25<:rrwm . i once.

Racine d’ellébore blanc, i scrupule.

On pulvérise et on mêle.

On fait usage de l’une et de l’autre de ces poudres comme du tabac râpe.

MédiCamens du sj s terne sanguim

Ils sont excitans ou sédatifs.

Excitans de la circulation»

L’excitation de la circulation coïncide avec l’augmentation de la chaleur animale. Ce n’est jamais que dans les cas où l’action du cœur est conside'rablement afi'oiblie qu’on a besoin de l’exciter. Les maladies qui présentent cette indication sont spécialement la syncope , la dernière période des fièvres graves , et de la plupart des maladies où les forces vitales sont au dernier degré de pfrostration. Dans la syncope, c’est

DES MED IG AM ENS, 5l5

tn agissant sur la respiration , par les moyens cpie nous ferons bientôt connoître, qu’on ranime l’action du cœur. Dans les fièvres graves, on administre les stimulans generaux aromatiques et spiritueux , donnes sous forme de potions qu’on appelle , dans ce cas, potions cordiales (page 455)* a egale¬

ment recours aux rubëfians et aux vësicans (page 495 ) qu’on applique sur les endroits les plus sensibles, tels que la partie interne des cuisses , la plante des pieds, etc.

Sédatifs de la circulation.

Ils sont directs ou indirects.

1^^. Moyens directs.

Ils consistent dans l’évacuation du sang^ qui peut être provoquée par la saignée, par les sangsues, par les scarifications , et quelquefois par exhalation.

On a spécialement recours à la saignée dans la pléthore , soit générale , soit locale ; dans les fièvres inflammatoires avec menace de congestion locale | dans les congestions cérébrales imminentes qui ac*compagnent l’inflammation du cerveau ou de ses membranes , et certaines fièvres graves ; dans les phlegmasies considérables ou intenses , telles que la péripneumonie, la pleurésie, la péritonite, la mé»* trite , l’angine, les rhumatismes aigus; on prescrit aussi la saignée dans les hémorrhagies actives , dans les aménorrhées et les névroses pléthoriques, dans l’anévrysme actif du cœur et des gros vaisseaux, dans les hydropisies actives, etc.

Pour les adultes , une saignée de 8 onces est modérée ; elle est forte lorsqu’elle va à 16 onces. — Chez

5l6 DES USAGES ET DES DOSES

les enfans de dix à quinze ans, on ne peut ^uère tirer que 3 à 4 onces de sang.

Comme les sangsues affoibîissent moins que la saignee , on les préfère en général chez les malades trop foibles pour supporter une saignée générale : tels sont les vieillards» On y a aussi spécialement recours dans les inflammations très -circonscrites ; on les emploie pour arrêter certaines hémorrhagies , et pour rappeler des hémorrhagies ou des évacuations sanguines périodiques supprimées. — Chaque sangsue peut évacuer 6 a j gros de sang ; on en applique six à vingt, suivant les circonstances , etc.

On fait spécialement usage des scarifications dans certaines phlegmasies chroniques , et notamment dans les douleurs rhumatismales chroniques.

Les moyens qu’on emploie pour provoquer l’évacuation du sang par exhalation ne sont rien moins que constans. On n’y a recours que pour exciter l’hémorrhagie nasale ou un flux hémorrhoïdal. Dans le premier cas , qui est indiqué lorsqu’une hémorrhagie nasale habituelle est supprimée , ou lorsque cette hémorrhagie est critique , et qu’elle n’a lieu que d’une manière incomplète , on dirige des vapeurs tièdes dans les cavités nasales; on irrite mécaniquement ces cavités; on fait faire des efforts pour se moucher; on applique des sangsues autour du nez. Dans le deuxième cas , c’est-à-dire pour provoquer un flux hémorrhoïdal , ce qui est indiqué dans la suppression de cette évacuation, le moyen le plus sûr est encore l’application des sangsues à l’anus. Lorsqu’il y a débilité locale , on a quelquefois donné avec succès l’aloès, dont nous parlerons en traitant des purgatifs»

desmédicamens. 5ï7

2®. Moyens indirects.

Ils s’emploient dans la plupart des mêmes circonstances que les moyens directs , dont ils ne font que seconder Faction.

Diminution progressive des alimens» Méthode de Valsalva, qui a quelquefois réussi dans les anévrysmes.

Relâchans et rafraîchi s s ans généraux*

Excitation de certaines sécrétions et exhalations.

Digitale pourprée. Nous en parlerons en traitant des diurétiques.

application de la glace ou de Veau très-froide.

Médicamens du système lymphatique.

Ce n’est guère que pour favoriser l’absorption^ soit dans les collections séreuses ou hydropisies , soit dans les engorgemens glanduleux ou autres, sans inflammation marquée , qu’on a besoin d’agir sur le système lymphatique. Les médicamens qu’on emploie dans ce but sont en conséquence pris en général parmi les excitans. A l’exception de quelques hydropisies acti- « ves qui s’observent chez les sujets pléthoriques , et exigent les saignées et les relâchans généraux, ces maladies sont ordinairement passives , et on les combat par des moyens indirects, tels que les diurétiques, les purgatifs, et quelquefois les vésicatoires "volans, etc. Dans l’hydropisie de la tunique vaginale ou hydrocèle , on agit directement sur la surface exhalante , dont on détermine l’inflammation par une injection stimulante, après avoir évacué par la poiic-^ lion le liquide séreux épanché.

Sï5 DES USAGES ET DES DOSES

Dans les engorgemens non inflammatoires, susceptibles de résolution, soit qu’ils aient leur siëge dans les glandes ou ganglions lymphatiques, et dépendent de l’atonie générale du système lymphatique , comme dans le cai’reau et les affections scrophuleuses , soit qu’ils aient leur siège dans quelques organes sécréteurs ou autres , et aient été ou non précédés d’inflammation , on a recours , suivant les circonstances , à quelques-uns des médicamens suivans :

P^égétaiiæ amers ^ que nous avons rangés parmi les toniques ( page 474 )•

Grande ciguë {conium maculatum). — Doses : on donne intérieurement , soit les feuilles desséchées en poudre , soit l’extrait préparé suivant le procédé de Storck (page 4^8 ), à la dose de 2 à 5 grains , que l’on augmente progressivement jusqu’à un scrupule et plus , que l’on peut réitérer une ou deux fois dans les vingt-quatre heures.

Laitue vireuse {lactuca 'virosa). — Doses : on donne spécialement Textrait à la dose de 10 à 5o grains et plus par jour.

Elixir amer ou anti- scropJiuleux de Pejrilhe (page 428).

Sous-carbonate de potasse ou de soude ( p. 020 et 521). — Doses : 2 à 3 gros dissous dans une à 2 livres d’eau , à prendre par verres.

Eau minérale alcaline gazeuse (page 352).-— Doses J par verres.

Savon médicinal. — Doses : a l’intérieur, 12 à ï5 grains et plus en pilules, que l’on peut réitérer tme ou deux fois dans les vingt-quatre heures^ à

Î>ES mÉbicamens» 619.

l’exléneur, dissous dans suffisante quantité' d’eau-devie. ^ — Emplâtre de smon du codex ^ e' tendu sur de îa peau blanche:

Hydro-chlorate d’ ammoniaque {niuriate d'ammoniaque y sel ammoniac y page 5'i5 ). — Doses : a l’intérieur , 5 à 24 grains , suivant les âges , dissous dans un véhicule ^ dose que l’on peut réitérer une ou deux fois par jour. — Comme vermifuge , il a été donné a la dose de un à 2 gros uni a la rhubarbe ou au jalap; cependant ce sel est très-irritant. — A l’extérieur , en fomentation ou en lotions, doses trèsvariables ; une a 4 onces par livre de liquide.

Hjdro 'Chlorate d ammoniaque et de fer ( fleurs de sel ammoniac martiales ). Peu employé. Doses : à l’intérieur, 2 à lo grains dans un véhicule approprié.

H) dr O- chlorate de baryte ( muriate de baryte y, page 526). Médicament dangereux. Doses : un quart a un tiers de grain, que l’on donne à l’intérieur^ dans un liquide mucilagineux.

Préparations mercurielles^ ( Eoyez ci - après les anti-syphilitiques. )

Emplâtre de vigo cum mercurio ( du codex). Oa l’applique par apposition étendu sur un morceau de peau blanche.

Médicamens des organes respiratoires.

On les dirige sur l’acte de la respiration ou sur la muqueuse bronchique.

Médicamens dont on dirige V action sur l’acte de la

respiration.

Ils sont excitans ou sédatifs.

1®. Excitans de la respiration.

Lorsque la respiration est entièrement suspendue, comme dans l’asphyxie, on cherche à ranimer Faction des poumons par divers moyens, qui sont ou directs ou indirects : on commence par ces derniers.

Moyens indirects. — Titillation de la muqueuse nasale , à l’aide de la barbe d’une plume ou par les vapeurs ammoniacales, celles de chlore, celles d’acide acétique , d’acide hydro - chlorique , celles d’acide sulfureux ou d’acide benzoïque , obtenues par la combustion du soufre ou du benjoin. — Lavemens irritans ; fumigations de tabac par le rectum. — Commotions électriques ou galvaniques. — Aspersions d’eau froide sur le corps lorsque l’asphyxie est produite par un gaz ; frictions sèches d’abord , ensuite avec des linges imbibés d’eau-de-vie camphrée, d’ammoniaque, etc. , lorsqu’elle est produite par submersion.

Moyens directs. — Insufflation de l’air pur ou du gaz oxygène dans les bronches, au moyen d’une pompe , et soustraction de l’ancien air à l’aide d’une ouverture pratiquée latéralement sur le corps de la pompe.

2®. Mojens de ralentir ou de diminuer la respiration.

Respiration du gaz azote ou du gaz hydrogène (page 282). Moyen proposé dans les cas où l’on suppose que la proportion du gaz oxygène atma-

DES MÉdICAMENS. 521

sphérique est trop considérable relativement à Fétat d’irritation pulmonaire; mais les indications de cette espèce de médication ne sont jamais qu’hypotliétiques. Si Fon vouloit au reste essayer , dans quelques circonstances, la respiration de Fun ou l’autre des gaz indiqués 5 il faudroit le mêler avec partie égale ou 2 parties d’air atmosphérique.

Respiration d’un air d’une température douce , et rendu humide par de l’eau en vapeur y ou imprégné des émanations animales. On peut y avoir recours dans certaines irritations chroniques des voies aériennes.

Médicamens dont on dirige V action sur la muqueuse

bronchique.

Je les divise en adoucissans ou sédatifs de l’irritation bronchique et en excitans : les uns et les autres n’agissent pour l’ordinaire que secondairement sur la muqueuse bronchique; et c’est avec la surface muqueuse de l’estomac qu’on les met en contact,

1®. Sédatijs de V irritation bronchique.

Il convient de calmer l’irritation de la muqueuse bronchique dans les catarrhes pulmonaires aigus , dans les péripneumonies, dans les hémoptysies actives, et meme dans les phthisies pulmonaires. On emploie dans ce but les moyens suivans.

Emolliens et adoucissans généraux.

Fleurs dites pectorales. Celles de guimawe ( althœà officinalis ) y de mauve ( malva rotundifolia ) ^ de violette ( viola odorata ) y de pavot rouge ou cqquelicot (papaver rJiæas') y de tussilage (^tussilago

Jarfara ) ^ de bouillon blanc ou inolène ( verbascum thapsus^ ^ etc. — Doses: en infusion, par pincëes pour une livre d’eau. On mêle souvent plusieurs de ces fleurs ensemble.

Feuilles de capillaire ( adianihum capillus veneris ). — Doses y en infusion , par pincées. Le sirop pour édulcorer les tisanes, à la dose d’une once par livre de liquide.

Lichen dLslande {lichen islandicus)* ■ — Doses: en décoction , 2 à 3 gros par livre de liquide. — A l’état de gelée ( page 4^9) ? cuillerées à bouche : on en fait prendre 5 à 6 dans les vingt-quatre heures.

Looch blanc du codex (page 401 )• Doses y par cuillerées.

Préparations d'opium (p. Soy). On emploie spécialement, I® l’extrait, à la dose de un sixième ou un cinquième de grain , que l’on réitère quatre à cinq fois dans les vingt-quatre heures; 2° le sirop , dont on fait entrer de 4 à une once dans une potion de 4 onces, à prendre par cuillerées.

2°. Excilans de la muqueuse bronchique.

Ils conviennent à la fin des catarrhes aigus ou qui prennent une marche chronique , surtout s’il existe une expectoration abondante sans irritation bien prononcée.

S cille et préparatiojis scillitiques. ( Voyez ci-après les diurétiques. )

Oxyde d'antimoine hydro-sulfaté brun ou hernies minéral 55i ). Doses : en poudre , un cinquième ou un sixième de grain; un à 5 grains dans le looch

T>ES MÉDICAMENS. SaS

Wa ne du codex, ou dans 4^5 onces de potion. — Comme émétique, 4 ^ ^ grains.

Oxjde d antimoine hjdro-sulfaté orangé ou soufre doré d! antimoine (page 552). — Doses: celles du kermès.

Lierre terrestre ( glecoma liedei'acea ) , ortie blanche (laniium album) ^ hjssope (hjssopus qfJL cinalis ) , véronique officinale ( veronica qfficinalis ) aigremoine { agrimonia eupatoria ) ^ seiyolet ( thymus serpjllum ) , camphrée de Montpellier ( camphorosma Monspeliaca) ^fleurs de siœchas (la<^anduIastœcJias).

— Doses : en infusion théiforme , une pincée par livre d’eau.

Racine de polygala de Virginie {poljgala senegd)».

— Doses : en infusion aqueuse, un à 2 gros par livre d’eau, éprendre par verres ; en digestion vineuse, 2 à 5 gros de cette racine par livre de vin , auquel on peut ajouter environ une once d’oxymel sciiiitique, à prendre par cuillerées a bouche , à des distances convenables.

Racine de poljgala amara. — Doses : en décoction, 4 gros à une once par livre d’eau , qu^on peut édulcorer avec le sirop d’hyssope, a prendre en deux ou trois verres dans les vingt-quatre heures.

Semences de phellandrium aquaticiim, — Doses : en poudre, quelques grains sous forme d’électuaireou de pilules, que l'on réitère deux à trois fois par Jour.

Térébenthines : celle de Copahuou celle de Venise (page 578 et 379).

Boaunes cluPérou ^ de Tolu ^ de benjoin 576 et577),etc. — Doses : un a 8 grains en poudre avec du sucre, ou sous forme de tablettes. — Sirop de

5^4 D F, s TJ S A C r. S ET DES DOSES

Tolu y une once par livre de tisane ou pour 4^6 onces de potion. Acide benzoïque ou fleurs de benjoin y plus employé que le benjoin entier. Doses ' quelques grains en poudre ou en tablettes.

Médicarnens des organes digestifs.

On peut agir, sur les glandes salivaires , la muqueuse buccale et celle de Tarrière-bouche ; 2^ sur l’estomac ; 5® sur les intestins , et par contiguïté' sur les autres viscères abdominaux.

Médicarnens des organes salwaires et de la muqueuse

buccale et gutturale.

Les moyens qu’on emploie pour agir sur ces organes ont pour objet de les exciter ou de calmer leur irritation.

1°. Excitans des organes salivaires et de la muqueuse

buccale et gutturale.

On y a spécialement recours pour agir localement ou par révulsion. — Action locale. Pour exciter une salivation critique ou autre jugée nécessaire qui languit ou est supprimée : tel est le ptyalisme dans la deuxième période de la petite-vérole confluente; pour combattre l’état de sécheresse de la langue dans les fièvres graves ; pour étancher la soif ou la tromper y lorsqu’on est privé de boisson ou qu’il seroit imprudent d’en donner beaucoup. Dans l’odontalgie^ dans le catarrhe habituel de la gorge ou du commencement des voies aériennes , dans la paralysie ou l’atonie de la langue, dans l’engorgement chronique de

DES mÉdïCAMENS. 525

la parotide , dans l’état blafard et atoniqne des gencives. — Action ré^ulswe. Dans Fotalgîe, la névralgie^ quelques céphalalgies chroniques. Pour diminuer la transpiration cutanée j pour se préserver des maladies contagieuses.

Les moyens qu’on emploie sont appelés sialago-* gués lorsqu’ils provoquent la sécrétion salivaire. Ils sont ou solides, ou mous , ou liquides, ou à l’état de vapeurs.

Co7j)S solides ou mous. — Masticatoires. Toute substance molle ou plus ou moins solide peut, à l’aide de la mastication, déterminer la salivation; la cire; 2^^ les racines depjrèthre {anthémis pjrethrum)^ deptarmique {achilleaptarmica) , d! impératoire (/mperatoria ostruthium) , d’angélique ( angelica archan^ gelica) , soit mâchées directement , soit mêlées en poudre avec de la cire ; 3® les fleurs de cresson de Sara ( spilanthus oleraceus ); 4^ pastilles de menthe.

Corps liquides. — Miel rosat , vinaigre rosat (du codex) , étendus de quelques parties d’eau. — Sousborate de soude y un à 2 gros en solution dans 8 onces d’eau, â laquelle on peut ajouter du miel rosat ou du sirop de mures , etc.

Corps à ï état de vapeurs. Fumée de tabac ; fumigations d’acide benzoïque , de succin , etc.

2.®. Sédatifs de F irritation des organes salwaires et de la muqueuse buccale et gutturale.

On combat l’irritation de ces parties dans la première période de leurs phlegmasies aiguës , et sur-

tout dans les angines. On emploie pour cela les reiâchans et adoucissans généraux.

Médicamens de V estomac»

On agit sur Testomac, pour exciter sa tonicité \ ZL^ pour déterminer le vomissement : les médicamens qui ont celte propriété sont connus sous le nom di émétiques ou de vomitifs ; 5^ pour calmer son état d’irritation ; 4® pour neutraliser les acides qui y prédominent dans quelques circonstances : les médicamens qu’on emploie dans ce but ont reçu le nom éi absovbcins.

i^.^Eoccztans de la tonicité gasliiqxie {slomacliîqiies).

On y a recours dans les débilités gastnques, soit qu’elles proviennent des écarts de régime ou d’une maladie locale ou générale plus ou moins longue.

Les médicamens qu’on emploie sont les toniques généraux 5 et spéciaiement les amers ; quelques amers astringens, comme le cachou ,1e quinquina ^ dont nous parlerons a Tarticle des fébrifuges. Quelques purgatifs amers, à petites doses, sont aussi quelquefois donnés dans le même but : tels sont la rhubarbe et l’aloès , qui sont rangés dans les purgatifs.

2®. Émétiques ou vomitifs.

Ony a recours pour agir sur l’estomac ou pour déterminer une action sympathique ou une révulsion.

Les émétiques sont donnés pour agir sur l’estomac, 1® dans les empoisonnemens , lorsque le poison n’est introduit dans l’estomac que depuis peu de temps , et même lorsqu’il est déjà absorbé , si le poison agit

Spécialement sur le système nerveux ; 2® dans les indigestions ; 5® dans les embarras gastriques.

On cherche à provoquer une action sympathique ou re'vulsive à l’aide des éme'tiques , dans les fièvres intermittentes , dans le principe des angines ^ dans le croup, dans les catarrhes pulmonaires chroniques; pour favoriser l’éruption de la petite-vérole ou de quelques exanthèmes ; dans les diarrhées devenues excessives et les dysenteries , dans les coliques métalliques; pour supprimer certaines hémorrhagies; dans les affections comateuses ^ dans les plaies de tête, dans les apoplexies, etc. Dans ces diverses circonstances, oii les émétiques n’ont pas pour principal but d’évacuer l’estomac, on les donne souvent à petites doses, et dans l’intention de ne provoquer que des nausées.

Eau tiède» En grande quantité, surtout mêlée avec un corps gras , tel que le beurre , l’huile.

Tartrate de -potasse et d'antimoine {tartre stïbié ^ p. 565 ). — Doses : suivant les âges et les constitutions individuelles, de un demi-grain h 5 grains, dissous dans environ une livre d’eau distillée, à prendre par verres de demi-heure en demi-heure ; ou dans 4 onces d’une potion adoucissante ou calmante, à prendre par cuillerées de demi-heure en demi-heure. Dès que les efforts pour vomir commencent, on fait boire beaucoup d’eau tiède. — Pour provoquer de simples nausées et la purgation , on le donne à très-petites doses, très-étendu, et à des inlêrvalles éloignés, par exemple , à la dose de un demi-grain à un grain dans 2 livres de véhicule, à prendre par verres d’heure en heure. — Ein émétique. On ne l’emploie que dans les lavemens, à la dose de 2 gros à 4 onces.

Racine d’ ipécacuanha» — Doses : comme ëmëti-- ^ que, en poudre , 12 à 24 grains en 3 doses , de demiheure en demi-heure, et dëlajë dans un véhiculé. — Aux enfans très-jeunes, on donne le sirop d^pëcacuanha à la dose de 4 gî’os à une once en deux fois. — Pour dëterminer de simples nausées , un quart de grain à un grain en poudre ou en pastilles.

Racines de violette canine {viola canina^ ^ de vio^ lette odorante ( viola odorata ) ^ de pensée saiwage {viola tri color)» Elles sont inconstantes dans leur action émétique , et déterminent souvent la purgation. Doses: 12 grains à un gros.

Scille. { Voyez les diurétiques, )

Sulfate de zinc ( page 540 ). Doses : g à 18 grains en solution dans suffisante quantité d’eau.

Je n’indique pas beaucoup d’autres substances , telles que le simarouba, dont il a été parlé à l’article des toniques^ la racine d’ellébore noir et la gratiole, que nous rangerons parmi les purgatifs drastiques, etc.

5°. Sédatifs de V irritation gastrique.

On y a spécialement recours dans la gastrite, dans les coliques d’estomac , et pour arrêter la violence des vomissemens, soit dans le choléra-morbus , soit après l’action trop violente d’un émétique ou d’une autre substance irritante , etc.

Les moyens qu’on emploie sont, suivant les circonstances , les émolliens et adoucissans généraux , les sédatifs du système nerveux , les toniques amers , et notamment la racine de Colombo (page 4?^) î potion anti-émétique de Rivière ( page 4^^

B E s M É D I C A M E N So 4®* ^hsorbans^

Ils sont moins usinés aujourd’hui qu autrefois. On les emploie lorsque les malades éprouvent des aigreurs habituelles , même hors du temps de la digestion ; dans les empoisoanemens par les acides , dans les anciens dévoieraens^ etc.

Carbonate de chaux ( craie y p. 322 ). Doses t 12 à 36 grains. — Les yeux d’écrevisses, que quelques médecins emploient encore, ne sont que du carbo* nate de chaux.

Sous-carbonate de magnésie (page 322).— Doses i 12 à 56 grains et plus.

Magnésie pure (page 5i i ). ■ — = Doses y idem^ Médicamens qui agissent sur les intestins»

On agit sur la muqueuse intestinale, î° pour exciter cette membrane, et par contiguité, l’organe biliaire et les autres viscères abdominaux , sans provoquer d’évacuation notable; 2® pour déterminer des évacuations alvines plus ou moins abondantes ; 3^^ pour expulser les vers intestinaux ; 4*^ pour calmer l’état d’irritation intestinale.

1°. Médicamens qui eûcciient la muqueuse intestinale sans

provoquer d! évacuation»

On y a recours dans les débilités intestinales et les flatuosités qui en dépendent, dans les obstructions atoniques des viscères abdominaux, etc.

Stimulans généraux» Semences de quelques ombellifères (page 4^7 )*

Préparations ferrugineuses ( page 5oo ).

55o DE Ss us AG ES ET DES DOSES

Toniques 'végétaux amers (page 474)»

Fwneterre {fumavia oJJtcinaUs ). — Doses : le suc 5 3 à 6 onces; l’extrait, un à 2 gros; lat décoction de la plante, une once et plus par 2 livres d’eau à prendre par verres.

Feuilles de chicorée sawaf^e ( cichorium intjhus ).

— Doses y idem.

Feuilles de pissenlit (^leontodon taraxacum'), — Doses ^ idem.

Trefle d’eau ( menianthes trifoliata). Cette plante paroît plus active que les préce'dentes ; cependant on peut en donner le suc, la décoction et l’extrait à-peuprès aux mêmes doses.

PuLcine de patience (rumex patientia ). — Doses , idem.

Feuilles et tiges de saponaire (saponaria ojjici-^ nalis ). — Doses , idem.

Extrait de bile de bœuj* — Doses : un scrupule à un gros et plus.

Acétate de potasse (terre foliée de tartre ^ p. 566).

— Doses ^ 2 à 4 gros dans 2 livres de tisane.

Acétate de soude ( terre foliée cristallisée y page

567 ). — Doses , idem.

Eaux minérales acidulés (page 554). Doses : par verres.

Eau minérale alcaline gazeuse (page 552). Doses: par verres.

Savon médicinal (page 5 18).

2°. Purgatifs.

On V a recours pour produire un effet local , pour produire un effet gênerai, oa déterminer une dériva-

DES MED ICA MENS* . 55 f

tlon. On détermine la purgation pour agir localement dans les embarras intestinaux , dans les consti-^ pations opiniâtres , dans certaines affections du foie , dans les obstructions des viscères abdominaux; pour préparer à une opération chirurgicale grave, telle que la taille; pour favoriser Faccouchemeot, etc. On provoque des évacuations intestinales pour produire un effet général ou une dérivation , dans les terminaisons des fièvres, dans certaines hydropisies, dans les affections mélancoliques et maniaques /dans Fa~ popiexie , dans les rhumatismes chroniques ; dans Fimminence de la fièvre puerpérale , les maladies dites laiteuses^ certaines maladies cutanées , etc.

On divise les purgatifs en laxatifs, en cathartiques et en drastiques. Pour produire une action îbcale , on a ordinairement recours aux laxatifs et aux"^ cathartiques ; pour produire un effet général ou provoquer une dérivation, on emploie souvent les drastiques.

A. Laxatifs.

Miel (p. 57 ij. — Doses : une à 4 onces dans upe livre d’eau ou plus. — On le donne souvent en îavemens à des doses variables, et fréquemment à Fétat de miel mercurial du codex.

Manne (p. 571). — Doses t à l’intérieur, une à 4 onces : rarement on la donne seule.

Tamarins (fruit du tamar indus indica'). — Doses. On en fait entrer une à 2 onces dans les potions ou dans les apozèmes purgatifs. - — La pulpe et l’extrait se donnent à la dose de une à 2 onces.

Casse du cassia fistula ). — Doses : en décoc¬

tion ,2 à 4 onces pour deux livres d’eau. — Lapulpe et Fextrait, une à 2 onces.

Pruneaux ( fruits du prunus domestica ). Eu décoction plus ou moins concentrée.

Huiles grasses non âcres ( pag. 079). Doses : par la bouche, une à 2 onces; en lavemens, 2^4 onces.

Lait de beurre. — Doses : une à 2 livres.

B. Cathartiques,

fluile de ricin,--' Doses : 2 gros à une once.

Sulfate de potasse {sel de duobus , pag. 5i5). — Doses : un à 4 gi’^s et plus dans une potion purgative ou en tisane. — En lavement , on peut doubler la dose.

Sulfate de soude {sel de Glauber y pag. 314).— Doses y idem.

Sulfate de magnésie ( sel dHpsotn , sel catharti^ que amer , pag. 3i5 ). Doses ^ idem.

Hjdro-chlorate de potasse {sel fébrifuge de Sylvius^ pag.^324)* — Doses ^ idem.

Hjdro- chlorate de soude {sel marin ^ pag. 525). — D'osés^ idem.

Sous-phosphate de soude (pag. 3i8). — Doses, On peut en donner jusqu’à une once dans deux tasses de bouillon aux herbes , etc.

Tartrate acidulé de potasse {crème de tartre ^ pag. 562 ). — Doses , idem.

Tartrate de potasse {sel a^égétaf tartre soluble , tartre tartarîsé ^ pag. 362 ) — Doses , idem.

Tartrate de potasse et de soude ( sel de Seignette , pag. 365). — Doses ^

Eaux mmérales salines (pag. 353). Doses ^ par verres.

Feuilles et follicules de séné { cas sia senna , cas sia

DES Ml^DICAMENS, 553

îanceolata , cynctnchiim oleifolium') , — ^ Doses : en poudre, un à 2 scrupules et plus; en infusion ou en de'coction, un scrupule à 3 gros dans quelques onces d’eau. — En lavement, on peut doubler la dose.

Feuilles de globulaire turbith ( globularia aljpuni). — Doses : 2 à 5 gros ; en décoction , dans un ou deux verres d’eau.

Racine de rhubarbe ( du rheum palrnatum , et du rheum undulatum'). — Doses : comme tonique , 6 à 12 grains en poudre; comme purgatif, un demigros à 2 gros en infusion ou en décoction.

Sirop de roses pâles du codex. — Doses : 4 gros à 2 onces.

Sirop de roses pâles cofnposé du codex. Doses y idem.

Sirop de fleurs de pêcher du codex. * — Doses, : 2 gros a 2 onces.

Sirop de chicorée composé du codex. Dosés : un à 4 gros aux enfans très-jeunes. •

Apozeme purgatif ( page 408).

Infusion laxative de Vienne (page 408).

Electuaire lénitif du codex. Doses : 4 g^'^ ^ une once et demie en lavement.

Electuaire catholicum double du codex. ~ Doses : 2 gros à 2 onces par la bouche.

On prépare ordinairement extemporanément les potions purgatives que l'on prescrit aux adultes, en faisant infuser un à 3 gros de séné dans 5 ou 6 onces d’eau, et faisant dissoudre dans la colature une à 2^ onces de manne choisie, et 2 à 4 gros d’un sel xieutre. Au lieu de manne ^ on peut mettre uns:

once d’un sirop purgatif^ et on ajoute souvent au sëne une a 2 onces de tamarins.

- , ‘ C. Drastiques,

Baies de nerprun (ï'hamnus catharticus) Doses :

ie rob ( p. 457 ) ^ de un scrupule à 2 gros à i’interieur ; le sirop (p. 4^7)? ^ ^ once et demie. On

îe fait souvent entrer dans les potions purgatives.

Aloes (extrait de Yaloes perfoliata et de Yaloes spicata)* — Doses : comme tonique^un à 2 grains en pilules ; comme purgatif, 10 à 20 grains.

Scatnmonce (extrait du convohulus scammonia). Doses :5a 12 grains en poudre que Ton réduit en pilules.

Racine hellébore noir (elleborus niger). — Doses : en poudre, 8 à 24 grains; en extrait ,'6 à 12 grains et plus» — Teinture d'ellébore composée du codex.

— Doses ; 2 à 4 gfos dans un véhicule approprié. — Sirop de pommes elléboré du codex. — Doses: de 2 gros h 2 onces,

Puicinede jalap ( con^olculas jalappa J, — Doses : en poudre, un scrupule à un gros; à Fétat^d’extrait alcoolique, gk 18 grains.

Giiite ^ vulgairement gomme giiite (extrait du gambogia giiita ei Ao. guttæfera ojera de Rœnig).

— Doses : 2 h. 6 grains. '

Feuilles de gratiole y vulgairement herbe à pauvre

homme ( gratiola qfficînalis ). — Doses : g à 18 grains en poudre : un scrupule à un demi-gros en décoction dans quelques onces d’eau.

Coloquinte (fruit du cucumis colocjnthis)» — Doses : 9 a 56 grains en poudre. — Sa décoction en

lavement, en doubiant ia dose. — Teinture de coloquinte. — Doses 5o à 6o gouUes en frictions sur le

ventre. ^

Pilules kjdragogues de Bontius du codex. ~ Doses : 12 à 56 grains.

Pilules ou cxirait de Riidius du codex. — Doses t 12 a 34 grains.

Electiiaire hiéra-picra du codex. — Doses : un à 6 gros.

Electiiaire confection liamec du codex. — Doses : un gros à une once.

Electiiaire carjocostin du codex. — Doses : un à 6 gros.

Opiat mésentérique du codex, — Doses : un demigros à 2 gros, etc.

On peut remplacer avantageusement Topiat mésentérique du codex par le suivant :

Pr. Résine de scammonée , i partie.

Savon amygdalin . . . . . 2 parties.

Faites dissoudre dans suffisante quantité d^aiçool filtre:? et év'aporez à siccité.

Puis , Pr. Diagrède savonneux ci-dessus /

Extrait de fiel de bœuf . .

de patience sauvage . .

Gomme ammoniaque . .

Oxyde de fer noir ou deut-

oxyde de fer . ' .

Sous-chlorure de mercure ou mercure doux .

ana^ parties égales.

Doses: 12 à 36 grains et plus en pilules , suivant îe but qu’on se propose.

3". Anthelmintiques ou J^erinifiiges,

Tous les purgatifs , et surtout les drastiques, beau^ coup de substances végétales amères , telles que Tab» sintbe , la gentiane , le coîombo.

Huile animale de Dippel (page 5oj),

Pétrole (page 607).

Étain (p, 346). — Doses ; en poudre, un à 3 gros que Ton réduit à Fétat d’électuaire ou de bois , a Faide de quelque extrait ou du miel. Suivant la méthode d’Alston ( Recueil d’ Edimbourg ^ tom. V ) , on le prescrit de la manière suivante :

Pr, Étain fin pulvérisé, i \ once.

Mélasse, r. ...... . 8 onces.

Mêlez.

On fait prendre d’abord la moitié du mélange ; le lendemain la moitié de Fautre moitié, et le surlendemain le reste; le jour suivant un purgatif.

Mousse de Corse (mélange d’un grand nombre de plantes marines , composé surtout du fucus helmin-thocorton, àn fucus cri coides y àa corallina rubens ^ du fucus barbatus y du ceramkim catenatuin ou conferoa catenata ægngropila^ du ceramium œga-gropilum ou conferva œgagropila y du ceramium albidumou conferva albida^ etc.) Très-bon vermifuge pour les lombrics. Doses : pour les enfans , ï2 à 3o grains en poudre, incorporés dans suffisante quantité de miel; en décoction, 2 à 4 gi’os et plus dans deux ou trois tasses d’eau ; on renouvelle cette dose pendant plusieurs jours-

Coralline officinale f corallina qffîcinalis J. Doses I les r^êmes que celles de la mousse de Corse.

DES MEDICÀMENS. 55 J

Racine de fougère mâle ( pof podium flîs mas Doses : en poudre, un demi-gros à un gros ; en décoction , de 4 gros à une once pour une li\u‘e d’eau , à prendre par verres.

Racine de mûrier blanc ( morus alba J. C’est l’écoroe qu on emploie. Doses : en poudre , un demi« gros à un gros ; en décoction, selon M. Andry, 5 gros dans une livre d’eau , que l’on fait réduire à une demilivre. On' repète cette dose plusieurs jours de suite.

Semen contra (semences de Y artemisia contra ou santonica'), — Doses: en poudre, un demi-gros k un gros, incorpore dans \3u sirop ou du miel ; en infusion, de 2 à 5 gros pour un ou deux verres d’eau.

Remède de la vewe Noiijfcr contre le tœnîa.

Le soir, une panade faite avec du beurre et du seL Ensuite un lavement émollient, si le malade n’a pas été à la selle ce jour-ià.

Le lendemain matin , 5 gros de racine de fougère mâle en poudre dans 4 ^ ^ onces d’eau d stillée de fougère mâle ou de tilleul. Si le remède produit des nausées, on donne au malade un peu d’écorce de citron confite. Deux heures après, le bol purgatif suivant :

Pw Sous-clilorure de mercure ou-i

mercure doux, . > ana , 12 grains.

Résine de scammoné . i

GuUe . . . . . 5 grains. - •

Incorporez dans suffisante quantité de confection d*hya» cinlhe.

On donne après ce bol un verre ou deux d’infusion de thé vert. Aussitôt que les évacuations commencmi J on continue â faire prendre du thé. Si le bol

n’est pas assez purgatif^ on donne quelques gros de

sulfate de soude.

Méthode de M. le professeur Bourdier contre le tœnia.

On fait prendre par la bouche un gros d’ëther vSub furique dans un verre de de'coction de fougère male. Quelques minutes après, on donne le meme médicament en lavement.

Au bout d’une heure, on fait prendre 2 onces d’huile de ricin.

Si le remède ne réussit pas , on le réitère le len-* demain.

M. Récamier, médecin de l’Hotel-Dieu , a plusieurs fois retiré du succès contre le taenia d’une méthode usitée aux ües de France et de Bourbon : elle consiste a faire prendre, le matin à jeun, une once et demie d’une pâte faite avec la semence de citrouille fraîche ; à faire boire par-dessus un verre d’émulsion de chenevis, et au bout de deux heures une potion purgative composée de 2 onces d’huile de ricin et de 2 onces de sirop de fleurs de pêcher.

Sédatifs de V irritation et de la sécrétion muqueuse

intestinales.

Lorsque l’irritation est spasmodique, on a recours aux sédatifs du système nerveux (page 5o5) , qu’on administre en potion et en lavemens. On combat l’irritation inflammatoire, et on diminue la sécrétion muqueuse plus ou moins abondante qui l’accompagne , à l’aide des adoucissans et des émolliens généraux (page 484)* Lorsque rinâtation est dissipée , et que la sécrétion muqueuse a pris le caractère alo^

DES MEDÏCAMENS.

Éilque, comme dans les diarrhées chroniques et a la lia des dysenteries aiguës ^ on a recours aux toniques pris parmi les amers (page 474) ) astringens

(page 478).

Médlcamens des organes urinaires*

On agit sur les organes sécréteurs de l’urine, ou sur les organes excréteurs.

Médicamens des organes sécréteurs de f urine.

On agit sur les reins pour exciter leur activité vitale, et pour calmer leur état d’irritation ; pour diminuer ia sécrétion de Furine , et pour modifier la composition de ce liquide.

1®. Excilans de V actwitê vitale des reins et de la séerétion

urinaire.

Je donne exclusivement le nom de diurétiques h. ces sortes de médicamens, quoique les substances mucilagineuses favorisent aussi la sécrétion, urinaire , mais seulement lorsqu’elle est diminuée par une cause irritante, locale ou générale.

On excite spécialement l’activité vitale des reins et la sécrétion de l’orine dans les hydropisjes passives et les cachexies séreuses.

Racines déache ( apium. gtxweolens ) , de fenouil ( anethum fœniculum J ^ de persil f apiurn petroselfnumjy de petit houx ( rumens aculeatus J, d'asperges ( asparagus qfficinalis J. Elles constituent les racines apérîtives majeures des anciens. Doses : 4 g^’^s à une once en décoction par livre d’eau. On mêle ordinaireinerit plusieurs de ces racines ensemble. —

54o DES USAGES, ET DES DOSES

Toutes enlreiit daas la composition du sir'op des cinq racines du codex , que l’on emploie pour ëdulcorer les tisanes^ à la dose d’une once par livre de liquide.

Racines d' arrête-bœuf ( ononis arvensis et ononis spinosa J, de dompte-venin f asclepias vincetoxicuni )^ de chardon roland ( erjngium campestre ) ^ de pissenlit (leontodon taraxaciun) ^ de chicorée saurage ( cichorium intjbus J. — Doses ^ idem.

Racine de garance ( rübia tinctorum J, Elle est aussi astringente (page 479)*

Feuilles de pariétaire ( parietaria offwinalis ). — • Doses : en décoction , par poignée dans une à 2 livres d’eau.

Nitrate de potasse ( page 5 1 7 ). — - Doses : 12 à 18 grains par livre de tisane.

Racine de pareira-brara ( cissampelos pareira). — 'Doses : une once en décoction dans 4 livres d’eau ^ que l’on réduit a deux.

'Bulbe de scille ( s cilla maritima). On emploie les squammes desséchées tant comme diurétiques que pour exciter la muqueuse bronchique. Doses : k Fintérieur , en poudre 5 un à 2 grains , que l’on réitère plusieurs fois par jour. — Oxjmel scillitique (p. 4^9)> une once par livre de tisane ou dans une potion de 4 a 6 onces. — Fin scillitique ( page 4^ ^ once à

une once et demie dans un véhicule convenable. On peut le réitérer une ou deux fois par Jour. — Teinture scillitique des pharmacopées un à 2 gros dans, une potion de 4 onces : on l emploie en frictions à des doses indéterminées. La scille en poudæ s’emploie aussi en frictions , incorporée dan3 6 à 8 parties d’axonge.

Baies de genièvre (juniperus commimis ) . -- Doses: 4 gros à une once en décoction dans 2 livres de tisane. — - Le rob de genièvre , un demi-gros à un gros.

Feuilles de digitale pourprée f digitalis puiyurea J, “ Doses : à l’intérieur , en poudre , 4 ^ ^ grains , que l’on réitère plusieurs fois par jour; en infusion, un gros par livre d’eau , dont on prend une à 3 onces à chaque fois. — Teinture alcoolique (page 4^7) éthérée (page 4^^) • ^ l’intérieur, 10 à i5 gouttes sur du sucre ou dans un véhicule : on réitère plusieurs fois par jour. — En frictions , doses indéterminées.

Fin diurétique et amer ( page 42 1 )•

2°. Sédatifs de l’irritation des reins.

Les adoucissans et relâcbans généraux, surtout la graine de lin , les acides foibles. On donne les sédatifs du système nerveux ( page 5o5 ) dans les coliques néphrétiques spasmodiques. La busseroîe ou raisin d’ours ( page 4^0 ) peut être utile.

5“. Moyens de diminuer la sécrétion de V urine.

Ils sont indirects, et consistent à augmenter les autres évacuations , telles que la transpiration cutanée, la sécrétion muqueuse intestinale. Il n’existe guère que le diabétès dans lequel cette médication sembleroit indiquée ; mais le traitement de cette maladie est encore peu connu.

4°. Moyens de modifier la composition de V urine.

Lorsque l’urine est altérée , on cherche à la modifier en agissant sur les organes sécréteurs de ce liquide

542 des usages et des doses

par les niucilagiaeux^ les toniques , ou d’autres moyens géne'raux , suivant les circonstances. — Les carbonates alcalins (p. 52o) semblent être utiles lorsque Furine contient trop d’acide urique.

Médicainens des organes excréteurs de ïurine,

Ils sont excitans ou sédatifs.

1®. Excitans des organes excréteurs de V urine.

Ils sont indiqués dans les paralysies de la vessie, dans les catarrhes chroniques de cet organe , dans lesblennorrhées , à la fin des blennorrhagies , et dans les hématuries passives.

Cantharides (page 49^) > surtout en frictions sur la région sus-pubienne.

Térébenthines (page 578 et 470)-

Astringens , surtout les acides minéraux (p. 481 ).

2”. Sédatifs des organes exciéteurs de V urine.

Us sont indiqués dans les catarrhes aigus de la vessie, dans les deux premières périodes de la blennorrhagie, et dans les hématuries actives.

Relâchans généraux. — Bains, boissons mucilagineuses, émulsions.

Saignées.

' Médicamens des organes génitaux.

On agit sur l’activité des organes génitaux euxmêmes, ou sur leur système muqueux, ou, chez la femme seulement , sur leur système sanguin.

Il existe des moyens qui augmentent Factivité des

organes génitaux, et il en existe qui la diminiieot. Les premiers ont été appelés spermatopées lorsqu’on a cru leur reconnoître la faculté d’augmenter la sé-crélion du sperme, et aphrodisiaques lorsqu’ils agis» sent en déterminant l’éréthisme desorganes génitaux, et par conséquent en provoquant des désirs vénériens. Mais ces deux propriétés, au moins lorsque les organes génitaux sont dans l’état sain , ne peuvent guère exister Tune sans l’autre ; et il est certain qu’elles se rencontrent dans beaucoup de substances , dont les unes sont alimentaires et les autres médicamenteuses. Les premières agissent, au moins en grande partie, par leurs principes nutritifs , qui , en même temps qu’ils servent à réparer toute l’économie, deviennent des matériaux propres à la sécrétion de la semence. Elles méritent en conséquence spécialement le nom de spermatopées , et ne sont, pour ainsi dire, aphrodisiaques que consécutivement. Les secondes n’excitent Faction des organes génitaux qu’en les irritant spécialement ; elles ne me paroissent devenir spermatopées que par leur propriété aphrodisiaque ; elles ne provoquent la sécrétion de la semence qu’au préjudice des autres sécrétions et de toute l’organisation ; elles peuvent en conséquence conduire à l’épuisement. Plusieurs d’entre elles peuvent déterminer des accidens graves.

Les alimens spermatopées sont les truffes, les champignons et surtout la morille, les artichauts, les œufs , les crustacées , le céleri , le cacao , les fruits parfumés , tels que les pêches, les ananas, les framboises. On regarde aussi comme tels les fécules amilacées, les bulbes des orchis, les sucs et les gelées

de viandes, qui sans doute n’agissent que comme simples analeptiques.

Les aphrodisiaques sont les cantharides ( p. 49^) > le phosphore ( pag. 284) j le musc , la civette , l’ambre gris, la roquette (hmssica eruca) , le ginseng ( racine du panax quinquefolium ) , la vanille ( pag. 4^9 ) 9 cannelle ( pag# 468 ) , le macis , les clous de gërofle ( pag. 469 ) , et en gëne'ial tous les stimulans aromatiques. On peut aussi exciter les parties génitales à l’aide de l’electricité, des bains locaux sinapisës et de la flagellation.

On ne doit jamais employer les cantharides ni le phosphore , en raison des accidens qu’ils peuvent déterminer. La flagellation est un artifice de la débauche, entièrement proscrit par la décence et les mœurs. Mais le médecin peut quelquefois conseiller, dans le but de la reproduction , quelques-uns des autres moyens , et surtout les substances qui contiennent un principe nutritif. On peut y recourir dans l’anaphrodisie ou impuissance , et dans l’agénésie ou stérilité , lorsque ces deux lésions dépendent d’une atonie purement locale, d’une espèce d’engourdissement des organes génitaux. On a conseillé dans ce cas , outre l’usage interne de divers excitans , des frictions sur les lombes,la région pubienne et les aînés, avec un liniment composé d’ambre gris, de miiscet de civette, incorporés dans une huile fixe. Ces frictions ou d’autres analogues peuvent être de quelque utilité, surtout a la sortie d’un bain froid de courte durée.

Les aphrodisiaques, et même toute espèce de stimulant aromatique, seroient nuisibles lorsque ï’inertie des organes génitaux ne provient pas de leur

état cT engourdissement , mais de Fépuisement general de'termine, soit par un exercice abusif de ces organes , soit par une maladie grave qui a été longue ou chronique, soit par des évacuations considérables sanguines ou autres. Dans ce cas , on doit éloigner tout ce qui pourroit donner aux organes géni- ^ taux une activité qui deviendroit dangereuse si elle ne déri voit pas du rétahl ssement de l’ensemble des fonctions. On se borne donc au\ simples analeptiques , tels que les alimens substantiels et succulans tirés du règne animal. On conseille les vins peu alcoolisés , l’abstinence des alimens âcres et des assaisonnemens ; enfin l’usage des toniques pris parmi les amers, surtout quand ils sont indiqués par l’état de l’estomac : les organes génitaux sortent alors naturellement et par degré de leur inertie, a mesure qu’ils reçoivent avec toutes les parties la réparation dont ils ont besoin.

Les aphrodisiaques ne conviennent pas non plus lorsque l’impuissance et la stérilité dt'pendent du développement imparfait des organes génitaux, â l’époque de la puberté. Ce travail apparîietit exclusivement a la nature; lorsqu’elle refuse aux organes de la génération le degré de développement nécessaire à Texercice de leurs fonciiojis, l’art né peut la remplacer. Ce principe est applicable a i’anaphrodisie qui dépend de la vieillesse.

Les aphrodisiaquesseroient nuisibles dans la stérilité qui proviendro t de l’irritation trop vive des organes génitaux. Si l’état d'impuissance ou celui de stérilité dependoit d’une cause morale ou nerveuse , il faudroit seborner à combattre celte cause. Les aphrodisiaques

seroient également au moins inutiles dans les lésions organiques des parties de la génération : enfin, si ces parties présentent un vice de conformation , c’est à la chirurgie à le corriger quand la chose est possible*.

Les moyens propres à diminuer l’activité des organes génitaux consistent dans les saignées, les relâchans généraux, les bains tièdes, le nitrate de potasse, les sédatifs du système nerveux, surtout le camphre ( p. 4^4) ? les fleurs de nénuphar {njm- 'phœa alba et lutea) ^ un exercice habituel modéré, la diète végétale, le lait, les boissons délayantes, l’éloignement des images et des souvenirs propres à exciter les désirs vénériens et a entretenir la trop grande irritation nerveuse , etc. On a recours a ces divers moyens lorsque l’activité des organes génitaux est trop exaltée , comme dans le priapisme et la nymphomanie , et on peut faire cesser par là la stérilité qui provient de cette exaltation.

On agit sur le système sanguin des organes génitaux, chez la femme seulement, pour l’exciter ou pour le calmer. On l’excite pour provoquer la menstruation dans la rétention de cette évacuation , dans sa suppression et dans sa déviation.

Dans la rétention des menstrues , on a recours aux bains tièdes , aux sédatifs du système nerveux , à la saignée , aux toniques , et surtout aux préparations ferrugineuses , suivant que la rétention dépend d’une grande susceptibilité nerveuse, de l’exaltation des propriétés vitales ou de l’atonie générale.

Dans la suppression et la déviation des menstrues , on lâche aussi d’agir sur les causes très-variables de' la maladie. — L’application des sangsues à la vulve

èi les pëdiluves sinapises sont souvent utiles. Lorsque la maladie dépend d’une foiblesse locale ou generale, on peut, outre les toniques ordinaires , em-^ ployer les mëdicamens suivans :

Sommités de rue ( ruta ^raveolens ). — Doses : eni poudre, lo à 20 grains j en infusion, une pincée où 2 par livre de liquide.

Sajran (stigmates du crocus satwus J. — Doses f en poudre, 6 à 24 grains; en infusiçn, une pincée pour une livre de liquide. — Teinture de safran^ la à 56 «outtes.

Feuilles de sàhine ( juniperus sabina )> Médicament dangereux. Doses: en poudre, 12 grains^, en infusion , environ un gros pour une livre d’eau.

On calme le système sanguin des organes génitaux, dans la ménorrliagie active, par les reîâchans généraux. Si elle dépend d’un état de spasme, on a recours aux sédatifs du système nerveux.

Médicamèns des organes mammaires»

On agit sur les organes mammaires pour augmen-^ ter la sécrétion du lait ou la diminuer.

Les moyens d’augmenter la sécrétion du lait {ga-^ lactophores ou galactopées) sont tous fournis par Fhygiène , et consistent dans des alimens très-nourrissans. On n’en connoit pas parmi les médicamèns qui aient cette propriété. Ceux qu’on emploie pour rappeler la sécrétion du lait supprimée sont subor-* donnés à la cause qui l’a produite. La succion est le moyen le plus efficace. Cette provocation convieni spécialement lorsqu’à la Suite de l’accouchement Isi sécrétion du lait languit.

54B ly'ES USAGES ET DES DOSES

Pour diminuer ou supprimer la sécrétion du lait ^ on a recours aux moyens indirects, tels que les pur- ^ï,atifs et les diapliorétiques.

La racine de canne de Provence , arundo donax , regardée comme anti-laiteuse , excite légèrement la transpiration cutanée ; et le sulfate de potasse n’agit que comme purgatif. Il en est de même du petit-lait de Weisse, dont voici la formule :

■ Petit-lait de TVeisse.

Fr, Caillelait jaune . “J

Fleurs (le sureau . î ,

S ana , i scrupule.

cFliypericum .... 1

de tilleul . *

Séné mondé . . ; . 1

T 1 ( ana, 1 eros.

Sulfate de soude . j °

On fait infuser le tout dans une cliopine de petit - lait

bouillant ; on passe au bout d’une heure.

La malade prend ce remède le matin en trois verres , à une deniL heure de distance , pendant douze à quinze jours.

Lorsque le lait est accumulé en trop grande quantité dans les mamelles , il faut avoir recours à la succion.

Lorsqu’il ne peut s’écouler par les canaux excréteurs qu’il engorge, on a recours à quelques applications excitantes. L’extrait de ciguë a été quelquefois utile.

Certaines substances introduites dans les ori^anes digestifs des nourrices communiquent au lait leurs propriétés : tels sont les purgatifs , les mercujiaux , etc.

DES MÉDÎCAMENS.

Spécifiques,

J’appelle spécifiques les mëdicamens dont les effets sur rëconomie animale ont ëtë bien constatés, et dont la manière d’agir en thérapeutique échappe à l’observation. On peut les diviser en spécifiques prophylactiques et en spécifiques curatifs.

Spécifiques prophylactiques.

Les uns agissent sur les choses extérieures avec lesquelles l’homme est en rapport / telles que l’air atmosphérique , les vêtemens,les alimens, etc.; et ils constituent les moyens désinfectans : les autres agissent directement sur l’économie animale.

I Moyens désinfectans. On les dirige contre les gaz non respirables répandus dans l’atmosphère , contre les émanations odorantes, contre les influences épidémiques et contagieuses.

Lorsque l’air n’est infecté que par de petites proportions de gaz non respirables, ou lorsque ceux-ci , s’ils sont abondans, ne sont dangereux que par leur non-respirabilité , il suffit souvent de renouveler l’air, soit par la disposition des lieux, soit par les ventilaleurs , soit au moyen des feux ; mais lorsque les gaz qui altèrent la respirabilité de l’air ont une qualité vénéneuse , comme ceux qui se dégagent dans la vidange des fosses d’aisance , on a recours aux fumigations acides.

Pour combattre les émanations odorantes et celles qui ne se manifestent que par les désordres qu’elles occasionnent d^ns l’économie animale, on a recours à quelques-uns des moyens suivans.

55o DES USAGES ET DES DOSES

Fumigations aromatiques. Elles ne font que masquer les mauvaises odeurs sans les détruire , et ne paroissent avoir aucune action sur les miasmes contagieux: mais elles excitent l’activité organique.

Déflagration de la poudre à canon. Les vapeurs qui en résultent doivent ^ de même que les fumigations aromatiques , plutôt être considérées comme des excitans de l’organisation que comme moyens désinfectans.

Feniilation. Elle est très-utile: on Fexerce, par des moyens mécaniques, tels que la manche à vent et le ventilateur de Haies : l’un et l’autre sont surtout employés dans la marine ; 2° par les feux.

Faculté absorbante du charbon. Ce corps, eu raison de la propriété qu’il a d’absorber tous les gaz, peict être utile comme moyen désinfectant. Il enlève à beau qui le traverse les matières putrides et les odeurs dont elle peut être chargée, etc.

Chaux vive. Elle retarde la putréfaction des matières animales mortes sur lesquelles on l’applique à l’état pulvérulent, etc.

Exposition au grand air. C’est un moyen efficace de désinfection , mais qui n’agit qu’à la longue.

Action des acides. Les acides sont les agens les plus efficaces de désinfection. L’acide acétique liquide est employé pour désinfecter les papiers et divers objets de vêteni*ens; mais pour détruire les émanations malfaisantes dont peut être imprégné l’air, on a recours aux vapeurs d’acides minéraux expansibles , et surtout à celles des acides nitrique (page 291 ) , hydro - chlorique (page 504), et à celles du chlore (page 287), Pour dégager les vapeurs d’acide hy-

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