‹ Manuel médicalChapitre 9 sur 51 · CLASSE SECONDE · texte numérisé non relu

CLASSE SECONDE

TH LEGMASIES.

Tension, douleur, rougeur et chaleur : tels sont les phénomènes caractéristiques des phlegmasies ; phénomènes qui présentent divers degrés d’intensité, suivant la structure, les propriétés vitales et les fonctions de la partie affectée , ses liaisons respectives avec les autres parties, et les constitutions individuelles.

Toutes les phlegmasies , tant internes qu’externes , se réduisent , i® à celles qui ont leur siège à la surface du corps; 2® aux phlegmasies des membranes muqueuses ; 5® aux phlegmasies des membranes séreuses ; 4° ^ celles des glandes et du tissu cellulaire; 5^ a celles des muscles, des tendons et des surfaces articulaires.

Les phlegmasies de tous les Ordres présentent deux périodes distinctes : celle d’irritation ou d’acrisie, et celle de déclin ou de coction. Elles peuvent se terminer par résolution, par suppuration, par gangrène, par induration , et par le passage à l’état chronique. Elles sont tantôt simples et sans caractère grave , tantôt compliquées avec quelqu’une des fièvres primitives, et accompagnées des plus grands accidens.

PHLEGMASIES CUTANEES.

ORDRE PREMIER

PHLEGMASinS CUTANÉES^

Causes occas* Une irritation locale ^ la lésiôn d\m organe plus ou moins éloigné. Ces maladies sont, d’après cela, tantôt idiopathiques, et tantôt sympathiques , et même symptomatiques et critiques.

Elles peuvent être sporadiques ou épidémiques ; quelques-unes sont contagieuses.

Symptômes. Ces phîegmasies sont ou ne sont pas précédées, suivant leur nature, d’un état fébrile qui dure deux à trois jours , et cesse ou persiste à l’époque de l’invasion des phénomènes inflammatoires. Ceuxci consistent dans la rubéfaction d’une étendue assez considérable de la peau ; ou bien ce sont des taches , des boutons ou des pustules. H y a tuméfaction , douleur , chaleur et rougeur d’une nuance variée, que la pression fait ordinairement disparoître. Leur marche est ordinairement continue; elles peuvent néanmoins s’arrêter pendant un temps plus ou moins long : elles çont ou aigues ou chroniques.

Durée. Elle est fixe dans celles qui sont aiguës , indéterminée dans celles qui sont chroniques.

Terminaisons. Les plus fréquentes sont la desquamation et la suppuration : celle-ci est suivie de la dessiccation ou de l’ulcération, et se prolonge, dans ce dernier cas, indéfiniment. Les terminaisons par gangrène >^ar métastase et par délitescence , ne s’observent guère que dans les complications avec les fièvres adynamiques ou ataxiques.

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Certaines phlegniasies cutanées n’ont lieu qu’une seule fois dans la vie: telles sont la variole , la rougeole 5 la scarlatine ; d’auti^es sont très-sujettes aux récidives, comme l’érysipèle , les dartres , etc.

Ces maladies peuvent être simples ou compliquées avec des fièvres inflammatoires, bilieuses, muqueuses, adynamiques et ataxiques.

GENRE I. Variole.

Synonymie, T^ariola , Boerhaave ^ Febris variolosa ^ Hoffmat^n^ Peliîe-Yéroîe.

Prédisp. et causes occas. La variole peut survenir dans toutes les saisons et dans tous les climats : aucun sexe, aucun âge n’en est exempt : elle u’aflecte qu’une seule fois le même individu; elle est quelquefois sporadique, mais le plus souvent elle est épidémique, et commence ordinairement à régner au printemps', continue en été , et quelquefois en automne , et disparoît en hiver. Cette maladie se communique par contact immédiat et médiat. Ses miasmes contagieux s’étendent à quelque distance dans l’atmosphère , et suivent la direction des vents. Le caractère contagieux •se développe surtout à l’époque de la suppuration des boutons, et se conserve jusqu’après leur dessiccation. Le pus d’une variole confluente peut en communiquer une qui soit discrète , et vice versa.

L’éruption de la variole est toujours précédée d’uu mouvement fébrile.

- Espèce SIMPLE, Variété. Variole discrète.

2® Variété. Variole confj^enie.

Symptômes de la variole discrète. Invasion par des horripilations vagues, des lassitudes spontanées , la

fréquence du pouls , une chaleur vive à la peau ,1a céphalalgie, des nausées, une diposition à la sueur, etc. Vers la fin du troisième ou du quatrième jour, apparition , d’abord autour des lèvres , de petits boutons rouges, qui s’étendent, au bout d’environ vingt quatre heures , au menton , à la face , aux bras , et au reste du corps. A cette époque , cessation des symptômes fébriles , qui repa'roissent de nouveau a celle de la suppuration , c’est-à-dire, vers le septième jour de l’éruption. Alors les intervalles des pustules rougissent, s’élèvent, et produisent une douleur aiguè*. Les pustules de la face, qui étoient rouges, blanchissent; et les autres suivent successivement la même marche. La^ sérosité qu’elles contiennent se convertit en matière purulente ; il survient un gonflement général de la peau, lequel est surtout remarquable à la face , aux environs des paupières et aux mains : la suppuration se termine dans trois jours ; les symptômes fébriles cessent ; les pustules se dessèchent , se convertissent en croûtes ; la tuméfaction de la face se dissipe, et toute la maladie finit vers le quatorzième jour.

Symptômes de la variole confluente. Irrégularité dans les divers stades de la maladie. Mouvement fébrile et autres symptômes de l’invasion , portés au plus haut point; cependant, moins de disposition à la sueur que dans la variole discrète. Lors de l’éruption , qui est ordinairement prématurée , les boutons sont beaucoup plus nombreux , plus rapprochés, trèspetits, et peu élevés au-dessus du niveau de la peau. Ils semblent , surtout à la face , se confondre tous par leur rapprochement , et se convertissent, par lasup-

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puration , en une espèce de pellicule commune qui couvre tout le visage, se rompt vers le huitième jour , laisse écouler une matière de couleur variée, sou^jnt fétide, et se détache en lambeaux plus ou moins éten-* dus , ce qui peut avoir lieu à une époque plus ou moins retardée , comme au quinzième , au vingtième ou vingt-cinquième jour. Deux autres symptômes trèsordinaires à la variole confluente sont la diarrhée pour les enfans , et le ptyalisme pour les adultes. Celui-ci arrive quelquefois à l’époque de l’éruption ou bien un ou deux Jours après. Indépendamment de ces symptômes, il peut se développer, dans les diverses périodes de la variole , une foule d’accidens plus ou moins graves. La complication avec la fièvre adynamique est très-commune.

Traitement de la Variole,

Traitement curatif. Lorsque la variole est bénigne, et qu’elle parcourt ses périodes avec régularité , le médecin est borné à diriger le régime. Il prescrit la diète et des boissons délayantes acidulées ou nitrées ; quelquefois il doit calmer l’intensité des symptômes inflammatoires par la saignée. La variole confluente , par sa complication la plus ordinaire avec la fièvre adynamique, exige les stimulans et les toniques , le vin de quinquina , l’application des vésicatoires, soit aux jambes , soit à la nuque , etc.

Traitement présermtij. Vaccine. Le vaccin est bon à inoculer depuis l’instant où le bouton s’argente jusqu’à celui où l’aréole commence à s’élargir; alors il est visqueux, filant : c’est ce qui a lieu du ifeixième au huitième jour delà vaccination. Il est pré-

CUTANÉES, fyj

ferable d’inoculer le vaccin de bras à bras. Pour le conserver et l’envoyer à des distances éloignées , on le dépose entre deux plaques de verre , ou mieux on l’aspire dans un tube capillaire dont on bouche les deux extrémités avec de la cire. Pour se servir du vaccin desséché, on le délaye sur une plaque de verre, et on l’inocule ensuite.

GENRE IL Faricelle.

Synonymie, Petite-Vërole volante, fausse Variole, Vérolelte; variccUa , Cüilen , etc.

Sjmptômes. Cette maladie, que l’on a souvent confondue avec la variole , consiste dans des boutons qui se développent après une fièvre de courte durée, passent à peine a l’état de suppuration, mais se dessèchent dans l’espace de peu de jours, et sans laisser de cicatrice.

Espece SIMPLE, Variété. Chîckenpox (pustules de poulet). Boutons petits , peu élevés , et contenant une humeur absolument limpide et incolore.

2® Variété. Swine pox (pustules de cochon). Boutons plus gros , plus remplis que dans la première variété , contenant une liqueur plus épaisse , qui blanchit et se rapproche davantage du pus.

Traitement de la Faricelle. Il consiste dans le" régime et les boissons acidulées.

GENRE III. Rougeole.

Synonymie. Morbilli , Sydenham j Febris morbillosa, Hoffmann) Rubeala , Sauvages , Cüllen.

Causes occas. Cette maladie se manifeste dans tous les climats ; mais certaines constitutions de

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ralmosphère sont favorables à son deVeloppement. Elle est souvent ëpidëmique , se dëclare au commencement de l’hiver 5 augmente jusqu’à l’ëquiuoxe du printemps , et disparoît entièrement vers le solstice d’ëtë. On la contracte particulièrement dans l’enfance; elle est contagieuse, et n’attaque le plus souvent qu’une fois dans la vie.

Symptômes, Invasion par un frisson auquel succède une fièvre plus ou moins vive ; coryza, ëterluiement , toux violente , assoupissement , yeux rouges et larmoyans, paupières tumëfîëes. Vers le quatrième ou cinquième jour, apparition de petites taches rouges , peu ou non ëlevëes au-dessus du niveau de la peau , qui se répandent successivement sur le visage , l’abdomen , la poitrine. Continuation des autres symptômes , et souvent augmentation delà toux. Vers le sixième ou septième jour, le rouge vif des taches s’obscurcit , et la desquamation s’opère du huitième au neuvième jour ; mais l’affection des membranes muqueuses , la toux et la difîîcultë de respirer peuvent durer plus long-temps , ou même occasionner, dans certains cas, le marasme, l’anasarque , des ophthalmies, ou des diarrhées rebelles.

La rougeole peut se compliquer avec une fièvre essentielle et avec la péripneumonie.

Traitement de la Rougeole* Le régime , une chaleur modérée , des boissons délayantes , mucilagineuses et sucrées suffisent dans la rougeole simple. On donne une boisson émélisée au début , lorsqu’elle est indiquée par l’état des premières voies ; et on a recours aux toniques , aux potions

C U T A N E E zjg

Caiiiplirées, à rapplication des vésicatoires , suivant la gravite des complications.

GENRE IV. Scarlatine.

Synonymie. Mùrbilli confluentes 'j Scarlatina^ Sauvaôes , VoGEL, Sagar, Cullen, etc.ÿ Fièvre rouge,

Prédisp. et causes occas. La scarlatine, comme ia variole et la rougeole , attaque rarement les adultes. On Tobserve dans toutes les saisons de l’année. Cependant celle qii’on connoit sous le nom dp maligne ou de maux de gorge gcingreneux ^ paroi t avoir surtout régné en automne , à la suite d’une constitution chaude et humide de Fatmo-» sphère. En général , tout ce qui , dans les localités, gêne la libre circulation de l’air , peut concourir à produire cette maladie.

Elle est quelquefois sporadique^ mais le plus souvent épidémique. Elle paroît se propager aussi par la voie de la contagion. Elle n’attaque le plus sou-^ vent qu’une seule fois dans la vie.

Symptômes* Invasion par un mouvement fébrilei et un sentiment de chaleur incommode dans la gorge,' avec rougeur , tuméfaction de la muqueuse buccale ef; gutturale , et gêne de la déglutition. Le 5^^, ou même le 2® jour , éruption de petites taches irrégulières,' d’un rouge écarlate , qui s’étendent successivement,' sont d’abord disséminées, puis se rapprochent les unes des autres , et occasionnent du prurit : elles commen» cent à paroître a la face , s’observent ensuite au cou , au thorax , aux bras, a l’abdomen et aux membres inférieurs. Tuméfaction des pieds et des mains; continuation de l’état fébrile et des autres phénomènes

So

précurseurs. Du 5® au 5® jour , augmentation de Ja rougeur des taches et du gonflement des extrémités. Vers le 6^ jour , les taches pâlissent dans l’ordre de leur éruption; les phénomènes généraux disparoissent. Vers le jour, la desquamation commence : elle est accompagnée de prurit, et se renouvelle plusieurs fois. Enfin , il survient une sueur abondante , une diarrhée , et Furine dépose un sédiment plus ou moins abondant.

La durée totale de la maladie est de neuf jours. L’inflammation de la muqueuse de la bouche et de la gorge, qui a lieu dès le début, est quelquefois accompagnée d’aphthes; elle cesse avant la desquamation , ou se prolonge au-delà ; elle se termine par résolution : néanmoins elle passe quelquefois à l’état de gangrène et d’ulcération , surtout dans le cas de complication avec la fièvre adjnamique.

Anasarque y suite de la scarlatine. Divers accidens peuvent se développer à la suite de la scarlatine ; mais celui qu’on observe le plus fréquemment est Fauasarque , qui survient lorsque la desquamation est terminée , vers le i4®ou jour de la maladie , Ou meme plus tard. La tristesse , l’abattement, la perte de l’appétit et du sommeil , ‘la fréquence du pouls , l’urine rare et sédimenteuse , en sont les signes précurseurs. La face et les paupières se tuméfient : l’œdème gagne les membres abdominaux , et l’hydropisie est générale. Cet accident est plus fréquent et plus intense parmi les enfans que parmi les adultes, pendant l’hiver que pendant l’été, surtout par l’impression d’un air froid. Il mérite l’attention du médecin.

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