‹ Manuel opératoire de l'exothyropexieChapitre 1 sur 7 · REVUE DE LA PRESSE · texte numérisé non relu

REVUE DE LA PRESSE

Pelade récidivante. — M. J. D. Tsakiris a publié dans la Médecine moderne une observation intéressante de pelade récidivante, traitée et guérie par les scarifications, et la calotte : deux procédés fort usités en Turquie, où ils rendent des services quotidiens; le premier est employé contre la pelade.

Voici en quoi il consiste : après avoir rasé soigneusement la place malade et les parties environnantes, on pratique avec le même rasoir, et sans lavage préalable, cela va sans dire, des scarifications superficielles distantes les unes des autres de quelques millimètres; lorsque la région scarifiée est encore saignante, le patient subit l’épreuve de 1’ « ail » : on le frictionne vigoureusement avec un topique, où se combine l’ail de cuisine avec la poudre de guerre, le tout broyé ensemble et renfermé dans une toile solide et mince; au moment de la friction, un liquide noirâtre suinte à travers la toile, et produit sur la place avivée une douleur cuisante; pour rendre plus énergique encore ce topique, que l'on pourrait qualifier de martial, certains ajoutent du sel, voire même du po’vre. Les douleurs du reste ne tardent pas à se calmer, et l’on recommence cette médication locale après la chute de l’eschare superficielle. On se borne parfois à appliquer sur la plaque pendant quelques heures, en cataplasme, des gousses d’ail broyées. Il est rare qu’une plaque de pelade ne cède, et cela sans accidents, à ce traitement aussi énergique que primitif.

Le second procédé est réservé à la teigne. La calotte est une spécialité de bonne femme dont la technique nécessite une initiation. Le cuir chevelu tout entier est rasé; sur toute sa surface on étend une ou plusieurs couches de poix de Thasos ramollie, la consistance a ici une grande importance, la poix doit subir avant l’emploi certaines manipulations, dont les vieilles gardent professionnellement le secret. Aucun poil ne devra échapper au moment de l’arrachement. Sur la poix une forte toile; garderie tout sans ôter un mois durant, puis arracher.

Cette médication héroïque reste maîtresse des teignes les plus rebelles..., sinon après la première, du moins après la seconde ou la troisième application. On éprouve pendant les dix derniers jours des démangeaisons très vives, le cuir chevelu est fortement congestionné et laisse suinter des liquides empreints d’une odeur goudronneuse très prononcée; le jour de l’arrachement arrive enfin. On conçoit sans peine que c’est là l’épreuve la plus dure à subir. Malgré cela les patients s’y prêtent volontiers, et M. Tsakiris dit avoir vu des jeunes filles fort pusillanimes se soumettre sans répugnance à ce mode de traitement à deux et trois reprises. Il est vrai de dire qu’ici comme ailleurs c’est le premier pas qui coûte, ét les douleurs que l’on éprouve au premier arrachement sont très atténuées aux autres. Règle générale, après la cessation du traitement les cheveux repoussent fins d’abord, puis luisants, épais, et plus foncés qu’auparavant.

De douze cas de guérison observés en Turquie, M. Tsakiris a tiré les conclusions suivantes :

lü Les scarifications suivies de frottements avec une substance irritante constituent un traitement efficace contre les pelades récentes et de peu d’étendue. La repousse a lieu

du 30' au GO'jour. Ce traitement, très usité en Turquie, parait agir surtout par révulsion ;

2° Le meilleur traitement des pelades multiples et anciennes nous paraît être la calotte. Elle agit comme obstruant, comme révulsif, comme épilant, et peut-être aussi comme antiseptique ;

3° Dans les pelades récentes, mais surtout dans les pelades anciennes, une bonne hygiène, une nourriture substantielle, un séjour au bord de la mer, ou dans une station thermale, constituent souvent la moitié du traitement. Le professeur Hardy et d’autres encore y ont insisté bien avant nous ;

4° L’épilation, très utile dans des cas peu graves, peut suppléer à la calotte;

5° Tous les topiques sont bons, à la condition qu’ils soient appliqués sur une surface scarifiée, épilée, rasée ou amincie par un vésicatoire;

6° On voit apparaître une pelade guérie depuis longtemps, sous l’influence d’une nourriture insuffisante, et des fatigues prolongées;

7° Les pelades profitent largement pour s’étendre de la malpropreté et de toutes* les affections générales débilitantes;

8° Les corps gras appliqués comme topiques nous ont paru les moins recommandables;

9° Le siphon au chlorure de méthyle mériterait d’être expérimenté sur une plus large échelle, comme révulsif surtout.

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