COMMUNICATION
Manuel opératoire de l’exothyropexie. — m. poncet (de Lyon) fait une communication sur ce sujet.
Il est des goitres qui rétrocèdent quelquefois à la suite d’une simple incision, sur la ligne médiane, des tissus superficiels et des plans musculaires.
D’autres fois, le goitre peut diminuer après l’extraction d’un seul lobe. Mais dans bien des cas, ces moyens sont insuffisants, il faut alors recourir à l’exothyropexie. Voici le manuel opératoire :
Incision médiane allant du cartilage cricoïde à la fourchette sternale; compression des parties molles, à la partie inférieure du cou, pour faire saillir la veine jugulaire antérieure de façon à pouvoir l’éviter : on récline la veine ou on la pince. Puis on incise l’aponévrose sur la ligne médiane. On quitte alors le bistouri. Avec les doigts, on élargit l’incision médiane; on récline les muscles ; puis, toujours avec les doigts, on dénude et on isole le goitre. On arrive aux lobes latéraux ; s’ils sont trop volumineux pour être attirés au dehors par la simple incision médiane, on sectionne peau et muscles transversalement. On énuclée les lobes latéraux de leur loge, successivement l’un après l’autre, les doigts agissant sur les bords des lobes. Il faut éviter de se rapprocher, avec les doigts pendant la luxa-
tion, des cornes supérieure ou inférieure des lobes. Il ne faut pas glisser non plus les doigts derrière les lobes pour les attirer au dehors, car on risquerait de blesser des vaisseaux. Il faut simplement agir sur les bords des lobes.
Dans les cas d’hypertrophie du lobe médian, même incision des plans superficiels. Puis les doigts vont de chaque côté du lobe médian et l’attirent au dehors sans passer derrière lui.
En résumé, l’opération doit se faire à sec, sans hémorragie. Il faut toujours rester dans le tissu cellulaire préthyroïdien, en dehors de la capsule de la glande.
Grâce à la luxation du corps thyroïde, il se fait un étranglement des lobes par l’incision cutanée médiane; ils s’atrophient et se dessèchent. Le pansement se fait à la gaze stérilisée simple. On enlève les bandelettes de gaze interposées entre la peau et le corps thyroïde le quatrième jour et on ne les remet plus.
Dans les goitres kystiques anciens, l’exothyropexie ne rend pas les mêmes services que dans les goitres charnus.
Dans les goitres parenchymateux, les résultats de l’exothyropexie sont excellents; de même dans les goitres vasculaires.
Quelquefois l’exothyropexie devient une opération d’urgence ; dans les cas, par exemple, de goitres plongeants, elle supprime les accidents dyspnéiques.
m. peyrot dit qu’il est des cas de goitres parenchymateux qu’on peut facilement énucléer.
m. poncet désigne sous le nom de goitres kystiques tous les goitres encapsulés, que leur contenu soit liquide ou solide.
m. tillaux a fait, il y a très longtemps, la distinction suivante entre les différents goitres. Il existe pratiquement deux espèces de goitres : le goitre proprement dit qui est l'hypertrophie du corps thyroïde; et les tumeurs intra-thyroïdiennes, kystiques ou non, faciles à énucléer. Les vaisseaux, dans cette seconde forme, sont rejetés de côté ; et après l’énucléation du goitre, il ne survient pas de myxœdème.