‹ Manuel opératoire de l'exothyropexieChapitre 3 sur 7 · SUITE DE LA DISCUSSION SUR LES PLAIES PÉNÉTRANTES DU CRANE · texte numérisé non relu

SUITE DE LA DISCUSSION SUR LES PLAIES PÉNÉTRANTES DU CRANE

m. polaillon rappelle que M. Poirier, alors qu'il le remplaçait à l'Hôtel-Dieu, a extrait avec succès une balle de revolver logée dans le cerveau. M. Polaillon imita cette conduite dans les deux cas suivants ;

Un jeune homme de seize ans reçoit une balle de revolver dans la tempe droite. Après quelques jours apparurent des signes de méningo-encéphalite. M. Polaillon trépane, recherche la balle, ne la trouve pas et le malade succombe.

GAZETTE DES HOPITAUX

A l'autopsie, il constate qu'il a fait une fausse route et que la balle siège en dehors du trajet d’exploration.

Dans le second cas, il s’agit d'un homme qui reçoit une balle de revolver dans la région frontale. Comme il est dans le coma, M. Polaillon trépane, introduit, avec les plus grandes précautions, une sonde flexible, traverse toute la masse du cerveau sans trouver la balle. Le malade meurt. À l’autopsie, on constate qu’on a fait une fausse route, et il est impossible de retrouver la balle.

Ces deux faits prouvent, de nouveau, les difficultés qu’on éprouve pour trouver et retirer les projectiles ayant pénétré dans le cerveau.

m. monod apporte de nouveaux faits à ajouter à ceux qu’il a déjà communiqués. En voici le résumé :

Dans deux cas, il s’agissait de plaies pénétrantes de la région temporale droite, suivies de coma. Chez le premier de ces malades, M. Monod incise la plaie superficielle, la désinfecte et ne va pas plus loin. Le malade meurt. Chez le second, il n’y eut aucune espèce d’intervention et le malade succomba. Dans un troisième cas, plaie pénétrante de l’orbite, cécité, pas de symptômes cérébraux, antisepsie de la plaie extérieure, pas d’autre intervention, guérison.

m. quénu, à propos des faits de M. Polaillon, estime, contrairement à lui, que le coma est non pas une indication mais bien une contre-indication d’intervention. Dans les cas cités par M. Polaillon, il se serait donc abstenu.

m. reclus fait observer que le coma peut être causé par une hémorragie. Dans ces cas, en intervenant, on vide le foyer et on peut faire cesser le coma, celui-ci ne saurait donc être toujours considéré comme une contre-indication.

m. polaillon se rattache à l’opinion de M. Reclus. Il n’a pas dit, d’ailleurs, que le coma fût toujours, pour lui, une indication formelle d’intervenir.

m. delorme fait observer que les hémorragies sont généralement plus rares dans les plaies pénétrantes par coup de feu que dans les fractures. Le coma peut être dû aussi à un abcès intra-cérébral. Dans ces cas, l’intervention peut rendre les plus grands services. La théorie de M. Quénu ne doit donc pas être appliquée d’une façon générale.

m. verneuil pense que le coma ne doit pas être considéré comme une contre-indication pour les interventionnistes. Il n’a pas, d’ailleurs, toujours la gravité qu’on lui prête. Dans un cas, il l’a vu persister pendant deux jours et le malade a guéri sans aucune intervention.

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