‹ Manuel Opératoire de l'Urano-StaphylorraphieChapitre 12 sur 45 · RER, SO · texte numérisé non relu

RER, SO

« D'une manière générale, dit Rouge (de Lausanne), il ne faut pas anesthésier; si toutefois le patient craintif rérlame le chloroforme, on l’accordera, ce ne sera gênant ou ennuyeux que pour le chirurgien. »

Langenbeck partage la même opinion et ne consentirait même à chloroformer ses malades qu'après la suppression de l’hémorrhagie de l’incision latérale ; deux fois, il aurait eu recours aux anesthéciques et, dans ces deux cas, l'opération aurait été horriblement difficile (Méinoire de Langenbeck). M. Lannelongue, d’après la thèse de M. Ghrétien, en serait peu partisan. « L’anesthésie par l'éther comme par le chloroforime, doit être rejetee, car il faut que l’opéré puisse souvent cracher le sang qui s’accumule vers le pharynx et souvent aussi se gargariser, »

Sédillotest d’un avis absolument semblable ; quant à Simon, Billroth, Erhmann, sans recommander particulièrement l’anesthésie, ils n’y seraient pas oppcsés et consentiraient volontiers à bénéficier des avantages qu'elle peut offrir.

M. Verneuil sur 9 opérations d’uranoplastie ou de Miss. rhaphie n’a eu recours au chloroforme qu’une seule fois (Chirurgie réparairice, page 17). Cependant les bénéfices sont considérables, non seulement pour le malade auquel il supprime la douleur, mais aussi pour l'opérateur auquel il livre une région d’action insensible ; il pourra librement y introduire etmanœuvrer ses instruments sans craindre de déterminer des efforts ou des vomissements qui viendraient encore augmente: des difficultés déjà très nombreuses.

Ea lisant la description des opérations de l'uranoplastie dans la plupart des auteurs, on comprend, il est vrai, qu'ils aient préféré imposer à leurs patients la somme totale des souffrances opératoires. Ils ne veuient pas ajouter à d'aussi pénibles manœuvres les inquiétudes d'une chloroformisation dont les accidents se ma-

— 24 — R pifesteraient sur le même terrain que les actes chirurgicaux et dans un espace aussi limité que la bouche.

Mais aujourd’hui ces craintes ne sont plus fondées, grâce aux progrès de la mécanique chirurgicale et surtout grâce à la position couchée, la tête renversée et débordant la table ; position que l’on donne maintenant aux malades sans que nous sachions à qui revient l'honneur de cette heureuse innovation.

Suivant les Ages et les cas particuliers, on peut avoir recours à plusieurs espèces d'agents anesthésiques, Dans toutes les observations qui figurent dans ce travail, M. Trélat a toujours employé le chloroforme et plusieurs fois le chloroforme uni au chloral et à la morphine.

Notre très bon ami M. le D' Choquet a donné dans son excellente thèse inaugurale les détails les pluscirconstanciés surle mode d'administration du chloral « comme agent d’anesthésie chirurgicale », et nous ne saurions mieux faire pour donner une idée générale de cette méthode que de résumer ici les conclusions mêmes de M. Choquei.

« Cette méthode, qui convient particulièrement aux opérations sur la bouche, peut être appliquée à toutes les périodes de l’âge adulte et spécialement aux sujets alcooliques ou nerveux. Elle abrège la durée de la chloroformisation, en atténuant et en supprimant le plus souvent la période d’excitation. D'un emploi facile, elle permet, jusqu’à un certain point, de régler le degré d’anes-thésie à obtenir sur la nature et la longueur de l’opération à pratiquer. »

Les bénéfices de ce procédé, comme le fait très bien remarquer notre ami, sont nombreux, surtout pour des opérations de la nature de celles qui nous occupent.

Lé patient endormi dans son lit, arrive à l’amphithéâtre sans

avoir traversé les pénibles moments de l’appréhension. Là, in-

WI conscient et sans résistance, il est entièrement à la discrétion du chirurgien, et, si l’adjonction du chloroforme est jugée nécessaire, une très faible quantité, sans produire de période d’excitation, suffit pour amener le malade à la résolution la plus complète. De plus, la suppression d’une compresse continuellement maintenue dans la bouche de l’opéré est une considération qui gagnerait à elle seule la cause du chloral.

Enfin, l’opéré replacé dans son lit continue à reposer paisiblement et ce sommeil qui supprime pour lui encore la douleur, assure en oulre un calme si désirable à la suite d’une opération de cette délicatesse.!

Pour compléter Le bref exposé de cette méthode, nous sommes encore obligé d'emprunter à la thèse déjà citée les deux tableaux suivants dans lesquels l’auteur indique les doses de chloral à pren-

dre selon les âges et les sexes, administré soit pur, soit avec chloroforme.

Anesthésie chloralique complétée de chloroforme.

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