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II. Consonnes ouvertes

29. Ce qu'il y a de particulier aux consonnes ouvertes, par opposition aux précédentes, c'est qu'elles sont

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produites non plus par une fermeture complète de la voie buccale, mais par un simple rétrécissement qui barre plus ou moins la route au courant expiratoire sans l'entraver tout à fait. Cependant ce rétrécissement doit être assez fort pour donner lieu à un bruit spécial- Comme les consonnes ouvertes. — à la différence des consonnes fermées, — peuvent se prolonger sans qu'il se produise une pause, on leur applique encore souvent la dénomination latine de continua [continues; angl. continuous; ail. Dauertaute ou continuirliche Laute).

Les consonnes ouvertes sont beaucoup plus nombreuses que les consonnes fermées, lesquelles, — on vient de le voir, — se réduisent à six [p, t, k, b, d, g). Les consonnes ouvertes peuvent se diviser en trois catégories: les spirantes, les vibrantes et les latérales.

30. Les Bplrantes, sont les consonnes ouvertes par excellence; elles sont caractérisées par la formation, à te! ou tel point du conduit buccal, d'un étranglement ou «détroits (ail. Engé) par lequel le courant d'air ne peut passer sans produire un bruit de frottement: d'où le nom de fticatives qu'on donne aussi à ces consonnes (lat. fricativœ; ail. Reibelaute, Engetaute). Les spirantes sont [v, f, z, s, 3, X, j, l n, ^, w, w],

31. Les vibrantes sont caractérisées par le mouvement vibratoire rapide d'un organe élastique {luette, lèvres, langue) fermant et ouvrant alternativement le passage au courant d'air; de sorte qu'en fait une vibrante n'est pas un son unique, mais une série de sons interrompus. Comme les fermetures et les explosions se succèdent avec une très grande rapidité, la série est interprétée par l'oreille comme un seul son ouvert. Les vibrantes sont aussi dites roulées ou trémulantes (ail. Zi'tlerlaute; angl. trill, vibrant; suéd. dallrande Ijud; dan. snarrelyd).

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Le français connaît deux vibrantes (R) et [r], produites l'une par la vibration de la luette, l'autre par la vibration de l'extrémité de la langue. — Il n'y a pas de vibrante labiale en français, — pas plus d'ailleurs que dans le langage articulé en général. Pourtant il n'est pas difficile de réaliser un pareil son: nous entendons parfois une vibrante bilabiale dans l'onomatopée (notée en fr. prr ou brrf) exprimant le dégoût, le froid, etc., ou encore dans l'interjection brr que les cochers danois adressent à leurs chevaux pour les arrêter. . '

32. Les latérales (iat. marginales) sont caractérisées par ce fait que le passage de l'air est intercepté au milieu par la pointe de la langue collée contre les dents ou les gencives, mais reste libre sur les bords, de sorte que le courant s'échappe des deux côtés (ou d'un seul côté) de la langue. Le français ne connaît qu'une latérale, [1].

33. Les phonèmes consonantiques dont nous avons parlé jusqu'ici, sont tous oraux (cf. § 1 5); cependant plusieurs d'entre eux peuvent aussi se prononcer avec le voile du palais abaissé, autrement dit avec résonance nasale; on peut essayer par ex. de nasaliser le i- ou le /. Mais il est assez rare que les consonnes ouvertes citées plus haut s'articulent de cette manière; en revanche les consonnes fermées [b, dj sont souvent accompagnées de résonance nasale.

34. Les nasales sont [m] et [n]. Définition: à un endroit déterminé de la bouche se produit une occlusion complète comme pour les consonnes fermées; mais en même temps que la voie buccale se ferme, le voile du palais s'abaisse, de sorte que le courant d'air peut passer librement par le nez. Ces consonnes nasales ne répondent donc pas tout à fait à la définition générale des consonnes (§ 21), puisque l'air s'écoule par les fosses

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nasales sans y rencontrer le moindre obstacle; mais en revanche il y a fermeture de la voie buccale. Nous avons donc ici un mélange curieux d'articulation ouverte et d'articulation fermée; mais d'après notre système nous devons ranger les nasales parmi |ies consonnes «ouvertes». Sur les passages possibles de (b) et [d] aux nasales correspondantes [m] et [n], voir plus loin Chap. VIII.

B. Point d'articulation.

35. Après avoir tla^sé les consonnes d'après le mode d'articulation, c'est-à-dire d'après la manière dont se forme l'obstacle, cause du phonème, il nous reste maintenant à examiner sur quels points de la voie buccale et entre quelles parties de la bouche se forment les obstacles: il en résultera un nouveau classement, pour ainsi dire «topographique*, des consonnes d'après le point d'articulation

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