‹ Manuel phonétique du français parléChapitre 7 sur 81 · TABLEAU DES CONSONNES · texte numérisé non relu

TABLEAU DES CONSONNES

LiEU

LÈVRE conlre

Langue

LÈVRE ET LANGUE tonl«

levn

mili«!

do pilai.

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du p.l.i>

du pabis

lèvntt ■rritre

p>lL

sonores

sourdes

sourdes

sonores

sourdes

sourd«

sourdes

JE

Labiales

Linguales

Ubio-

linguales

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pas très agréables et rappellent en petit les secousses du parler des bègues, mais sur ce point ta langue française sacrifie résolument l'esthétique à la clarté. On voit que l'emploi du terme «momentanées» nous entraînerait à des expressions absurdes telles que «momentanées longues». Rappelons enfin que les grammairiens latins avaient donné aux consonnes fermées le nom de muettes {mutae); ce terme est surtout juste quand il s'agit des sourdes [k, t, p]: en effet, si la mise en contact et la rupture du contact sont accompagnées d'un bruit, le contact luimême, autrement dit l'arrêt consonantique, est complètement silencieux. Mais dans la prononciation rapide des sonores [b, d, g], on peut entendre pendant le court instant du contact la vibration des cordes vocales (§ 28).

27. Il faut se garder de confondre les consonnes fermées françaises, qui sont pures, avec les aspirées correspondantes [tenues aspiraUe) que nous trouvons dans plusieurs dialectes allemands, en suédois et en danois. Ainsi dans la prononciation danoise de jeg kan [jaj khan] (je peux), on entend un souffle expiratoire qui vient s'interposer comme une sorte de coussin entre la consonne k et la voyelle a. Comparez encore la prononciation du mot thé dans les diverses langues. Par une ironie de l'orthographe, le français, où ce mot s'écrit avec une h, est précisément la langue où l'on n'entend aucune aspiration, tandis que le t aspiré ou fricatif est assez sensible dans l'anglais tea, et encore davantage dans le suédois et danois te, etc., lesquels s'écrivent sans b. En français on passe immédiatement de la consonne à la voyelle suivante; dans des combinaisons comme [pa|, [ta], [ka], la voyelle a est étroitement rattachée aux consonnes p, t, k; autrement dit, en même temps que se produit l'explosion et que le courant d'air brise l'obstacle.

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la glotte se referme, et le son vocal arrive aussitôt après. Dans les tenues aspiratae, au contraire, le courant d'air continue à passer un certain temps après l'explosion, tandis que les cordes vocales restent assez éloignées l'une de l'autre pour produire quelque chose comme une h, et l'on obtient ainsi un son qu'on pourrait noter approximativement par ;;*, f", A*. — Les étrangers devront donc s'habituer a émettre des consonnes fortes aussi pures que possible, en les prononçant avec énergie, militairement pour ainsi dire, de façon à les débarrasser des bruits parasites. C'est une observation que nous aurons à répéter plus tard à propos des voyelles (Chap. III): les sons français ont quelque chose de net et d'incisif; ils ne laissent traîner après eux aucune queue de sons accessoires. Pour se rendre maître de la prononciation du t on pourra s'exercer à débiter des phrases comme: Ton thé fa-t-il ôté ta toux (tôtetatilotetatu]? Le riz tenta le rat, le rat tenté tâta le riz; tantôt le riz tenta le rat, tantôt le rat tâta le riz.

Remarque i . L^s Danois sont souvent tentés d'assimiler aux fortes non aspirées du français leurs phonèmes indigènes *, 4, g, lesquels sont eux aussi non aspirés et non sonores. Et il est certain en effet que les Français entendant parler danois confondent souvent les phonèmes en question avec leurs p, t, k, de même que les Danois entendant parler français prennent souvent un p pour un b. Mais il est faux de prétendre, comme on le fait parfois, que pour bien prononcer U thé, il suffit de substituer le d danois au t français: de ces deux phonèmes, le second parah s'articuler avec une tension musculaire bien plus forte que le premier.

Remarque î. En danois, — et spécialement dans le dialecte copenhagois, — la prononciation fortement aspirée du ( donne naissance â un bruit fricatif très caractéristique que les étrangers sont toujours tentés de prendre pour Is (ail. z)\ Tivoli leur apparaît presque comme Tsivoli. Le mot tarj ainsi prononcé sonnerait i peu près comme le mot tsar aux oreilles d'un Français, l^ consonne fermée tend à dégager une spirante

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ayant le mcme point d'articulation. Ce phénomène que nous pouvons observer dans le parler vivant nous aide à comprendre l'un des traits principaux du développement historique de la phonétique allemande: c'est ce même phénomène que nous apercevons dans la deuxième mutation de ! ('zweite Lautverschiebungt) et qui nous explique pourquoi s 2ahn en face du gothique tanpa-s. Comparez encore les mots

a)l. iunge

angl. longue — timber

dan. tange — tømmei

— zåhlen

- tell

- taU

- pfund

- pfÆ

— pound lat. palu^

— pavo

- pund

- pal

- pà(HO

28. On ne doit pas confondre non plus les fermées sonores du français [b, d, g] avec les sons qui s'écrivent de la même manière en allemand et en danois. Lorsque les Français veulent caricaturer la prononciation allemande, la première chose qu'ils font, c'est de substituer les fortes aux douces et vice versa: "le pateau de mon bère», pour: «le bateau de mon père». — Lorsque, la glotte étant fermée, on commence l'articulation des sonores françaises [b, d, g], on peut entendre le bourdonnement des cordes vocales pendant un court moment, — le temps qu'il faut pour que le courant d'air remplisse la cavité buccale fermée; quand celle-ci est pleine et que l'air cesse d'arriver, le son s'arrête naturellement, et la consonne devient «muette»; on peut faire l'expérience avec les groupes [ab], [ad], [ag].' En danois, il est possible parfois d'entendre un [bj sonore analogue à celui du français dans des onomatopées enfantines telles que b<g, bô, bu. destinées à reproduire le bêlement du mouton ou le mugissement de la vache.

Comme procédé pratique pour arriver à la prononciation juste de [b, d, g], on peut recommander de faire

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précéder chacune de ces consonnes. du son nasal correspondant: par exemple on prononcera très rapidement un m avant le b (mbeau = beau), un n avant le d [ndos = dos), un {[ avant le g (T\gant ■= gant). Il va sans dire que c'est là un simple artifice provisoire, car au point de vue physiologique, — si non au point de vue acoustique, — il y a une différence très grande entre les groupes mb et le b sonore. Les élèves pourront encore s'exercer à débiter des enfilades de sons comme: Didon dîna, dit-on, des os d'un dos d'un dodu dindon [didàdinaditô dezodœdodœdodydëdo). Gros gras grain d'orge, quand te dégrogragraindorgeriseras-la? [grogrogrëdDirs kàtadegrogragrèdDrjarizraty].

Remarque i. On voit que les tsonores» fermées ne sont vraiment des sonores que pendant la première partie de leur formation, savoir au momenl de la mise en contact (Passy: l'arrivée), et pendant la troisième partie (rupture du contact, détente). Pendant le deuxième temps (arrêt, tenue), elles sont muettes, tout aussi muettes que les fortes correspondantes. C'est ce dont il est facile de se rendre compte en articulant avec ^n peu d'exagération des sonores longues (Atbm, gibbeux, Edda, etc.): on remarque alors que le deuxième temps, qu'on fait durer, est une pause complète, vide de son, comme dans le cas des fortes longues. La sonorité, autrement dit le bourdonnement laryngal, reprend avec l'explosion.

Remarque 2. La confusion des douces et des fortes est un trait traditionnel dans la prononciation germanique des langues romanes. Déjà l'auteur, probablement bavarois, des Gloses de Casse) (Vin° siècle?) remplace g par c et i par p; il écrit ainsi: caUas, uncla, parba, pirpici pour gaUus, uagla, barba, birbici. Au XVI' siècle, Théodore de Bèze ajoute â sa description du b l'observation suivante: t. . . quo magis cavendum est Germanis, ne hanc cum p sicciore etiam litera suo quodam more confundant, ut qtium pro scribere et bibere pronuntiant, et quidem non sine densiore quoque llalu scrippere et pipperet (De franctea lingaa recta pronantiatione. Genevæ, i;84).

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