ÉPILOGUE
Diibuisson, qui avaient établi depuis longtemps une salle d'asile pour les enfants des ouvriers de la fabrique, prirent a-.issi un jeune maître pour donner l'instmclion élémentaire aux ouvriers qui en seraient dépourvus. M. Raymond put ainsi s'occuper davantage de l'enseignement complémentaire qu'il s'agissait d'organiser.
Cependant la haute intel'igence qui caractérisai! M. Dupré et sa profonde connaissance du cœui" humain lui firent reconnaître que cet enseignement ne suffirait pas, malgré son utilité, pour retenir la jeunesse, à qui il sentait la nécessité de procurer des distractions après le travail de la journée. Il fut donc décidé que les leçons proprement dites, de deux heures chacune, auraient lieu deux fois par semaine; deux jours étaient laissés aux ouvriers pour vaquer à des occupations particulières dans leur famille ; et on arrêta que les deux autres soirées seraient consacrées à des lectures, non-seulement utiles, maisen même temps intéressantes et recréatives. On devait lire des livres d'histoire, de littérature, des voyages, quelques nouvelles bien choisies , des tiagédies et des comédies de nos bons auteurs, et(|uelques morceaux de poésie, afin de développer le sentiment du beau dans la population.
Des conférences devaient en outre continuer à avoir lieu tous les quinze jours, le dimanche. Ces couféiences étaient destinées à des notions d'économie domestique et h des instructions sur toutes sortes de sujets à l'ordre du jour. M, Dupré, qui voulait assister fréquemment aux leçons de la classe d'adultes et même y donner quelquefois des avis, se proposait aussi de prendre souvent la parole dans les conférences de quinzaine.
Tous ce.s projets étant préparés depuis longtemps, il ne restait que quelques mesures à prendre- Elles occupèrent les derniers jours de l'année 1847, de sorte que tout fut prêt pour entrer en activité au commencement de l'année suivante.
Malheureusement 1848 survint. Mirebeau ne pouvait échapper complètement à l'influence des événements que cette année vit s'accomplir. Cependant, grâce à tout ce que nous avons rapporté, cette infiuences'y fit sentir moins qu'ailleurs. La bonne intelligence qui rt'gnait entre les patrons et les ouvriers épargna bien des malheurs à la commune. Le travail subit un ralentissement considérable, mais sans cesser tout à fait, et les ouvriers purent