MOYENS D AMÉLIORATION ET DE BIEN-ETRE
sants, par les prêts qu’ils font aux déposants. Ces prêts ne s’élèvent pas à moins de 42 millions par année.
Les bureaux de bienfaisance, comme celui que nous avons à Mirebeau, secourent à domicile les personnes âgées et celles qui sont temporairement dans le besoin, en leur fournissant .soit de l’argent pour les aider à vivre et nourrir leur famille, soit des aliments, des vêtements ou du combustible. Ces bureaux sont aujourd’hui au nombre de 9,336 en France, et ils distribuent annuellement pour plus de 18 millions de secours. Ils ne soulagent pas seulement les familles pauvres , chargées d’enfanls et dont les chefs, à cause de leur âge ou pour d'autres motifs, ne peuvent pas soutenir leur famille ; ils donnent encore des secours et des médicaments aux malades qui n’ont pas les moyens de se faire soigner chez eux et qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas aller à l’hôpital.
— Ceux-là ont bien raison, dit Honoré. On est toiijours mieux soigné par sa famille que par des étrangers. J’aime mieux mon grabat que le meilleur lit de l’hôpital .
— Tu as raison , Honoré, et tu as tort. Tu as toit en ayant l’air de déprécier les soins que les malades trouvent à l’hôpital. Ils yiont des sœurs dont la charité n’a rien d’égal sur la terre, et des commodités qu’ils ue pourraient pas rencontrer dans les ménages pauvres et môme dans beaucoup de ménages aisés. Tu as raison pourtant en préférant les soins de la famille à tous les autres; il est si doux, quand on souffre, de se voir entouré des êtres (jui nous sont les plus chers ! 11 y a d’ailleurs plus de dignité à se suffire à soi-même dans toutes les positions delà vie. L’hôpital a en outre l’inconvénient de relâcher les liens de famille et de décharger du soin des malades ceux à qui ce soin doit revenir. Aussi la société cherche-t-elle aujourd’hui autant qu’elle peut à faire soigner les malades à domicile, au lieu de les engager à aller à l’hôpilal Elle a, en outre, organisé récemment, comme vous l’avez vu dans ce département, l’institution des médecins cantonaux , chargés de soigner gratuitement les malades qui ne sont pas en état de payer des secours.
— Et c’est un fameux bienfait, dit Benoît, quoique nous n’en ayons pas besoin ici, grâce à vous, M. Dupré. Mais si j’avais pu consulter tout de suite un médecin quand j’étais au Mesnil, je
Vl.VGT-SEPTIÉME ENTRETIEN.
n'aui-ais pas fait celte mala.lie qui m'a lenu un an sans travailler et qui nous a mis pour si longtemps dans la gêne. ’
- Les médocius canlouaiu, reprit ,M, Dupré, einpfrhoroni à laieun bien des main de ce geiiin, et ils rendront les hiipiiniv moiMs necessaires Cependant les hùpiiaiix n'en sont pas rnôïns
s’d e'i ini'niejcar,
pviri I ■ ‘ ''""Wiie de n’y recourir qu’à la dernière
evhunite, on y ost pourtant forcé r|ndqucfois
Outre res hopilaiu destinés à soigner les personnes atteintes de maladies temporaires, il y a dans tous les déparlen e hospices qui ont pour objet de recueillir les vieillards les 010^ mes, les eiilanis, les orplielins, les aveugles les aliénés et toutes pei sonnes ipie leur âge ou des iiilirinités |)erinaiieiiles ioiii'es au defaut de ressources siiflisaiiles, inelleiit dans l’impos ibilité de pourvoir par le travail à l'entretien de leur vie 11 n e s 1 d impusMblo de vous f.nre connaître, même en v consacrant 'toute «ne seance, l’inlinie variété d’institutions que' la cli | a "In ç es pour le soulagement des mairv qui peuvent afilige, l’ilmà nite, depuis ces asiles des enfants abandonnés dont lii fondalion remonte a ,,aint Vincent de t-ani, jusqu’aux asiles pour liroul" ici" nvaluscents que la miiniticencc du gouvci iieinent vient d’on vrir aux portes de Paris, Qu'il ,„e suftise de vous ,111^11 la Fiame possédé en ce moment I,,’i24 hôpitaux ou hospices dont es leveniis s elevenl a plus de millions do francs Ces établis senieiits renferment 1 25 mille lits gratuits qui haqu" ; ‘
reçoivent au delà de 400,000 malades, soiU ^
vants ou mOrmieiset plus de 2,000 médecins ou chirin mls
- tomment, aulaiit que cela! dirent beaucoup d’assistants
iag:m:nTr;im',::,'
- Ce n’est pas tout cependant , car je ne vous ai parlé nue des hôpitaux et des hospices. En y ajoutant les hureaiix de Lmfii
ce doni je vous entretenais tout à l’heure, et une , dl ' ahlissomenls créés pour des misères ou des hesoin née x ,,n' trouve en France tl,f,!)| élahirssemenis publics de bi éiifais licc"
Autant que cela! s’écria-t-on. Qui l’aurait dit ?
MOYENS d’aMÉLIOIJATION ET DE BIEN-ÊTRE. 419
Et \oiis ne savez pas tout encore. A ces établissements publics, il faut ajouter une foule d’institutions pai ticulières que la charité, dans son ingénieuse et inépuisable fécondité, a fondées dans les villes, pour venir au secours de nos frères qui .souflVent, de SOI le (ju il n y a pas un des inau.\ dont l’homme puisse être affligé qui netrou\e un soulagement préparé Ce n est pas trop dire que daffirmer que la nation distribue chaque année deu,v cents millions en secours de toutes sortes. Voilà le budget de la charité dans notre beai1‘et bon pays de France.
— Et on peut dire qu’il lui fait honneur, celui-là, s’écria André.
— Et pourtant, mes amis, ce n’est là qu’une partie de ce que fait la charité chez nous. Si à ces secours nous ajoutons tous ceu.v quelle répand en dehors de ces institutions, ceu.v qu’elle donne de la main à la main, ceu.v qu’elle distribue par l’intermédiaire des curés, et vous en savez quelque chose à Mirebeau, il faudrait plus que doubler la somme. Vous avez par là une idée de ce que font les riches ; loin de pouvoir dire qu’ils ne font pas assez, on pourrait presque dire qu’ils font trop.
— Oh ! M. Dupré.
— Oui, ils font trop quelquefois, car en faisant mal la charité , ils perpel lient la misère, parfois même ils Taccroissent,
— Comment! dit M. Kavaïul ; la charité pourrait accroître et perpétuer la misère?
— Certainement. L’aumône au mendiant qu’on ne connaît pas a souvent le tort d’encourager la fainéantise et le vagabondage; elle a surtout le grand défaut de corrompre les populations dès le bas âge ;on voit, en eflét, des parents élever leurs enfants pour la mendicité, et, au lieu de leur enseigner à travailler leur apprendre, a tendre la main aux passants. ’
ÎNos bureaux de bienfaisance, hôpitaux et hospices, malgré les immenses services (jii’ils rendent, ne sont pas sans avoir’de grands luconvéïiients lis ne .soulagent plus seliiemeiit la misèi'e, ils la créent et la provo jneiit; ils favorisent en particulier l’irnprevoyance. La taedité avec laquelle on obtient des secours fait que Ion compte dessus on quelque sorte. Au lieu de faire des eüorts pour sortir d’une position difiieile , on s’engouidit, on
s’abandonne à la paresse, persuadé qu’on aura toujours la \'essoiirce de la charité
VINGT- SEPTIÈME ENTRETIEN
— Ci‘la se comprend, dit M. Kavand, pour les bureaux debienliiisance et pour les aumônes doniiées aux mendiants, mais cela ne saurait être des hôpitaux et des hospices. On ne tombe pas volontairement malade, et on ne devient pas intirme à plaisir ; on ne peut pas non plus empèclier la vieillesse de venir.
— Non, M. Ravaud, mais on compte sur l’hôpital en cas de maladie, et sur l’hospice pour y trouver un refuge dans la vieillesse ou en cas d'infirmité. Et, avec cette idée qu’on a un abri assuré, on ne prend pas de précautions, on vit au jour le jour, sans pi évoyance, sans économie, sans se ménager des ressources pour les maladies à venir. On répijnd même aux bons conseils en répétant cette phrase banale : Ah bah ! riiôpital n’est pas fait pour les chiens.
A ces moyens de soulager la misère , je pourj'ais ajouter les ateliers de charité établis temporairement quand des calamités , comme la disette de cette année, privent tout à coup de travail une grande quantité d’ouvriers.
— Ceux-là, du moins, n’ont pas d’inconvénients, dit André.
— C’est ce qui te trompe. Ces ateliers ont l’inconvénient de gâter les ouvriers qui y prennent des habitudes de paresse, et travaillent, comme on dit, pour l’amour de Dieu, parce qu’ils savent que c’est par charité qu’on les occupe. Vous en avez vu un exemple à .Mirebeau ; vous savez ce que la commune a dépensé pour occuper les habitants les plus pauvres qui se trouvaient sans occupation, et vous connaissez le ti-avail qu’on a fait. Vaut-il la inoilié du temps et de l’argent qu’on y a consacrés?
— Non pas, certes, dirent les ouvriers qui s’y connaissaient.
— 11 en est toujours ainsi, mes amis, quand on n’a pas un intérêt direct à travailler. Quoi qu’il en soit, vous avez dans ce que je viens devons dire un échantillon de ce que la société a fait pour soulager la misère. Ce qu’elle a imaginé pour la prévenir est bien plus important encore. (]ar, s’il est beau de venir en aide à ceux qui sont dans le malheur, il est bien plus utile de les empêcher d’y tomber.
Les institutions qui ont pour objet de prévenir la misère portent en général le nom d’institutions de prévoyance^ parce que la prévoyance en est le fondement. Malheureusement, mes amis, la prévoyance est ce qui manque le plus souvent aux hommes,
MOYENS d’amélioration ET DE BIEN-ÊTRE.
Quand on a du travail et du pain, on ne pense pas qu’il puisse venir un jour où l’on en manquera ; quand on est bien portant, on ne songe pas à la maladie ; quand on est jeune, on oublie la vieillesse. On vit au jour le jour, dépensant tout ce qu’on gagne, et
les chômages, la disette, les maladies, les infirmités et la vieillesse viennent quand on s’y attend le moins.
C’est qu’il faut songera l’avenir sérieusement et toujours. Or il en coûte d’y penser ainsi, parce que, pour être conséquent, il faudrait se corriger de ses défauts, se défaire de ses habitudes de paresse, d’intempérance et de désordre , être prudent, labolieux, économe; il faudrait savoir renoncer au cabaret, à l’eaude-vie, à la bière, au café, à la pipe, et à toutes ces habitudes qui deviennent des besoins, et qui font une nécessité de ce qui n’est
un plaisir permis que lorsqu’on sait en user modérément et surtout en famille,
— Mais, M. Dupre, savez-vous qu’à ce compte, la vie ne serait
pas pie? dit noire ancienne connaissance, Paul Boitard. Ce ne
seiait pas la peine de vivre s’il fallait se priv’er de tout.
— Je te l’ai déjà dit, reprit M. Dupré ; si tu ne sais pas te pi iver étant jeune, il faudra te priver quand lu seras vieux ; choisis. Tu sais le proverbe ; comme on fait son lit, on se couc’he. Si tu veux être bien couebé, fais ton lit le matin. Persuadons-nous bien, une fois pour toutes, que la jeunesse est le temps des semailles et du labeur; la vieillesse est celui de la moisson et du repos. Quand vous êtes jeune, pensez à l’avenir; faites des économies, et sachez vous former un petit capital pour vous établir
un jour ou afin de vous ménager des ressources pour toutes les circonstances possibles.
Autiefois les ouvriers étaient embarrassés pour placer leurs économies; ne sachant qu’en faire, ils dépensaient tout ce qu’ils gagnaient. Quelques-uns ayant de petites sommes et ne pouvant en faire un placement solide chez des gens aisés et solvables, les plaçaient chez des personnes besogneuses qui les alléchaient par l’appcàt d’un gros intérêt, et le plus souvent ils finissaient par perdre leur avoir ; c’est ce qui poussait les gens de la campagne à enfouir leur argent sans le faire fructifier. Aujourd’hui vous n avez plus d excuse depuis la création des caisses d’épargne, qui sont en ce moment au nombre de 459, car la bienfaisance pùbli-
VINGT-SEPTIÈMi: ENTRETIEN ,
que, voulant les mettre à la portée des travailleurs , en a établi dans les moindres villes.
Les ouvriei-s ne savent pas tout ce qu’ils doivent à cette précieuse inslilulion, run des grands bienfaits de ce siècle. En recevant des dépôts depuis la somme d’un franc , elle fait disparaître tout pi'étexte de dépenser ce qu’on a pu économiser. Avec la caisse d’épargne, rien ne se perd, tout profite ; les moindres économies finissent par faire des sommes. La caisse d’épargne est ce que le génie de la bienfaisance pouvait imaginer de rnieu.x poui' faciliter à l’ouvrier le moyen de s’élever à une condition meilleure, pour passer du prolétariat à la propriété, delà condition d’oinrier à cellede patron. .Mes amis, profitez donc de cette admirable institution, encoi'e plus que vous n’avez fait par le passé. Vous qui êtes jeunes et sans famille, nous pouvez économiser di.\ sous, quinze sous par jour, d’autres vingt sous, (luelques-nns même davantage. Or, dix sous par joui-, je vous l’ai dtqà dit, c’est 180 fr. par an, et, avec l’intérêt, idus de 2,200 fr. on di.xans, et pj’ès de 4,000 fr en quinze ans. Avec ce petit capital , vous pouvez vous établir , acheter une maison, un jardin, un champ. Je vous en supplie dans votre intéi-êt, mes amis, faites-le : votre bien-être à venir est dans vos mains , ne le laissez pas échapper.
— Ne craignez rien , ,M. Dupré , nous suivrons vos cemseils , crièrent un grand nombre de jeunes gens dans l’auditoire.
— Et vous qui êtes mariés, qui avez plus de besoins et plus de charges, économisez encore, vous le pouvez; car, si vous ne le pouvez pas quand nous avez du travail, comment faites-vous pour vivre quand vous n’en avez pas ? Voyez Honoré, voyez Michel ! Y a-t-il (les gens (pii se soient trouvés dans des p(asition.s plus difficiles ? Ils ont élevé une nombreuse famille, et pourtant, dans toutes les circonstances, ils ont économisé. Iinitez-les, et vous en l'ecueillerez le fruit comme eux.
Aujourd’hui plus que jamais, il est p ).ssible à chacun, même au père de famille le plus pauvre, de devenir {.ro[iriélaire d’une ma. son où il (tourra se reposer dans sa Nieilles.se. La bienfaisance, dans .sa léc.ondiléinépuisable, a imaginé une combinai.son à 1 aide de Lupielle l’ouvrier le plus dénué peut, en un certain nombre d’années, devenir propriétaire u’une maison sulfisante pour loger une famille. Des associations de personnes charitables ont con-
MOYENS d’a.VÉLIORATION ET DE BIEN-ÊTRE.
struit en différents lieu.x des maisons de grandeur variable, mais pouvant chacune loger une famille. Ces maisons sont généralement entourées d’un jardin et pourvues de ce qui peut rendre une habitation agréable et commode. Elles ne se louent pas plus cher que les logements infiniment moins salubresqn’occupeiit aujourd’hui les ouvriers ; mais Noici ce qu’il y a d’ingénieux dans la combmaison. Au moNen d’une très légère addition au prix du loyer, chaque locataire dcNient possesseur de la maison au bout de quinze ou seize ans, et cela d’une manière pi’esque impcj’ceptible pour lui. au moyen de l’intérêt composé dont je vous ai déjà fait connaître la puissance. Cet ingénieux moyen est déjà mis en pratique dans différentes villes ou localités manufacturières de la France et de l’Angleterre. A Mulhouse, par exemple, unesociété industiâelle, qui a pris l’initiative d’une foule d’inslitutions utiles, a construit à elle seule GIS de ces maisons entourées de petits jardins, et déjà 538 d’entre elles ont été achetées par les ouvriers, qui ont promptement compris les av^anlages que leur offrait ce système.
— C est admirable ! s écria Honoré; s’il y avait en pareille chose ici. je n aurais pas eu autant de peine à acheter ma maison. Mais cela ne peut se faire que dans les grandes villes et là où il existe beaucoup d’ouvriers.
Tu te trompes, llonoi’é ; cela peut se faire pour quelques maisons seulement comme pour des centaines, et dans le moindre village comme dans une gi’ande ville. Je puis même vous dire dès a pi-.'sent que M.\L Valcour, Lenoir, Dubuis.son et Blondeau ont conçu un projet semblable, et qu’ils ont arrêté entre eux de faire construire trè.s-prochainement un certain nombre de maisons de ce genre ; ils les loueront aux ouviiers et aux journaliers
qui voudront en devenir pi’opriétaires de la manière que je vous ai indiquée.
— Et nous en profiterons certainement, crièrent beaucoup de voix dans l auditoiie.
Vous voyez la, mes amis, reprit .M. Dupré, un nouveau moyen pourles plus pauvres d’arriver à la propriété 11 n’y a rien qui .soit impossible aujourd’hui avec du travail, de l’ordre et de l’économie, non, pas môme de se trouver un jour à la tête d’une belle manufacture, je vais vous en donner lu preuve. On se plaint au-
VINGT-SEPTIÈME ENTRETIEN
jourd'hui qu’avec le système de la grande industrie, qui tend de plus en plus à prévaloir, il devient impossible aux ouvriers de s établir. Rien n est moins exact. S’il est un pays au monde où ce système existe surtout, c’est l’Angleterre. Eh bien, dans une des grandes villes manufacturières de ce pavs, à Bradford, on a voulu savoir ce qu’il en est et l'on a fait une enquête sur l’une des plus importantes industries de lalocalité, celle de la filature et du tissage. Or on a constaté que sur 137 manufactures de la ville consacrées à cette industrie, il y en a 74 appartenant à des propiiétaires qui ont commencé par être ouvriers.
Ainsi, vous le voyez, dans le pays où les choses se font le plus en gland, et dans une industrie qui semble le moins à la poi tée des ouvriers, voilà cependant plus delà moitié des manufactures qui sont entre les mains d’hommes qui, en commençant, étaient de simples ouvriei-s. Mais qu ont-ils fait ? l'ar l’activité, l’habileté,
1 intelligence, ils se sont élevés au plus haut degré dans la fabrique; ils sont devenus contre-maîtres, gérants, associés, propriétaires. Tout le monde n’y arrive pas sans doute, mais ceux qui le veulent sérieusement y parviennent plus ou moins.
11 est vrai que des maladies ou des accidents viennent souvent déranger les calculs de l’économie la plus prudente. Mais, pour prévenir ou affaiblii- ce que ces maux ont de plus fâcheux dans leurs suites, la bienfaisance publique a imaginé de nouvelles institutions de prévoyance, dont il me reste à vous parler. Parmi ces institutions. Tune de celles qui se sont le plus répandues en France depuis quelques années, à cause des services qu’elles rendent aux classes pauvi-es, est Tinslitution des sociétés de secours mutuels.
Ces sociétés, que la plupart d’enti c vous ne connaissent pas parce qu’il n’en existe pas encore à Mirebeau, sont cependant déjà au nombre de 4,410 en France, comprenant 603,346 membres, dont 68,991 membres honoraires ou bienfaiteurs et 80,866 femmes. Leur capital de réserve atteint déjà le chifl’re considérable de 27,903,337 fr. 73 cent. Ce sont des associations établies entre les ouvriers d’une même industrie ou entre les habitants d une même localité pour s’entr’aider mutuellement. Au moven d’une légère cotisation mensuelle, tous ceux qui font partie d’une société de ce genre s assui ent, en cas de maladie, les soins gratuits
MOYENS d’amélioration ET DE BIEN-ÊTRE. 425
d’un médecin et les médicaments nécessaires. Bien plus, pendant que dure la maladie ou l’incapacité de ti'availquipoui'rait mettre leui famille dans le dénûment, ils reçoivent chaque jour une indemnité déterminée par le règlement et à peu près équivalente à leur gain quotidien, de sorte que la maladie même du chef de
la famille n’est plus une cause de misère, comme cela arrivait si souvent.
— Mais c’est précieux, dit Maurice, qui Tannée précédente avait été obéré pour longtemps par une grave maladie.
— Tuas raison, Maurice, c’est une institution précieuse, et comme il n’y a pas encore une société semblable à Mirebeau, nous devons nous occuper sans délai d’en créer une. Je vous dirai même que j’en ai déjà piéparé les statuts avec M. le Maire, et que nous espérons pouvoir la metti e en activité dès Tannée prochaine. Je compte que vous vous empresserez d’en faire partie.
Cei taiiiement, M. Dupré. Combien nous vous avons d’obligations !
Et cela ne vous empêchera pas, à l’occasion, de rendre service aux amis, comme vous Tavez fait en cultivant le jardin de la veuve Morand, et en moissonnant le champ de Gaspard, quand il est tombé malade au moment de la récolte.
— Non certainement, répondit-on de tous côtés.
— A ces moyens de prévenir les suites des maladies, continua M. Dupré, je dois ajouter ceux que nous avons pour combattre les fâcheuses conséquences des accidents qui peuvent nous frapper dans nos biens : je veux parler des différentes espèces d’assurances contre Tincendie, contre la grêle, contre les épidémies qm attaquent les bestiaux, etc. Autrefois, quand un de ces accidents frappait un homme, il était le plus souvent ruiné pour la vie. A présent, au moyen d’une somme très minime payéechaque année, on peut mettre ce qu’on possède à Tabri de tous les sinisti es. Quand on pense que pour une bagatelle on peut d(>rmir tranquille et s’assurer la conservation de tout ce qu’on possède, on ne comprend pas que tant de gens hésitent encore à se procurer la tranquillité en se mettant à Tabri des fléaux.
— Mais, dit M. Jarland, qui, faute d’avoir fait assurer sa maison, avait été depuis son incendie dans une gêne extrême,— qui vous garantit que vous serez payé exactement en câs^de sinistre,
V1.\GT-SEPTIÉME EXTRETIES.
Ai »
et que les compagnies d’assurance ne manqueront pas h leurs engagements ?
— Ce qui le garantit, cVst d'ahord la vigilance du gouvernement qui ne permet pas à ces compagnies de s’étahür lins capitaux sulfisants pour tenir leurs engagements, et qui les surveille avec soin ; c'est l’uitcivt des compagnies elles-mêmes, qui perdraient leurs fonds si elles ne géraient pas bien leur entreprise ; enfin cest le soin qu’ont les diflerentes compagnies d’assurance d’un même pays et même cel'es de tous les pays du monde, de sassuiet entieelles, afin de se mcltrea l’abri des risques excessifs qu elles auraient à courir si un incendie dévorait tout un quartier ou même une ville entière, ou si la grêle ravageait toute une province.
C est admirable, dit .Mauiice, et je n’aurais jamais cru que la prévoyance humaine put aller si loin ! Mais ce n’est utile qu’à ceux qui ont quebiue chose cà faire assurer.
— Est-ce que tu n’as pas un mobilier, Maurice? Or, comme les compagnies assurent les mobiliers et les marchandises, tu peux, comme les autres, sauver ce (jue tu as. La prévoyance n’a rien négligé, il y en a pour tout le monde.
— Tout cela, c’est très-bien, dit Léonard; mais, voyez-vous, monsieur Dupré, il faudi aitaux ouvriers quelque chose de mieux. Ce qui fait la grande douleur de notre \ic. ce n’est ni le poids du travail, ni la modicité de notre gain, ni même le mécontenteinent que provoque involonlairement dans 1 àme le spectacle de l’inégalité. Non, ce qui nous affecte le plus, ce qui nous décourage, ce qui nous déchire et nous torture, c’est 1 incertitude de l’avenir.
— C’est cela, Léonard, tu l'as très-bien dit, s’écrièrent les ouvriers [iresque d’une seule voix.
— Voyez-\ous, M. Dupré, reprit Léonard, ce qu’il nous faut, c’est une caisse de ivtraite pour la vieillesse; voilà le désir universel et ardent de tous lesoim iers.
— Eh! mes amis, dit le docteur, que je suis heureux de vous entendre parler ainsi! Cela me donne l'espoir que la loi &ur la Caissedes retraites, qui vient d’être volée, aura du succès parmi
vous.
Comment, elle est votée! s’écria -t-on dans l’auditoire.
MOYENS d’amélioration ET DE BIEN-ÊTRE. 427
Oui, mes amis ! elle est votée, et elle doit fonctionner à partir de l’année prochaine.
— Vivat! s’écrièrent les ouvriers, en se levant cette fois et en agitant leurs chapeaux. Vivat! il ne nous fallait plus que cela
poui bien finir 1 année. Merci, ,M. Dupré, mille fois merci pour la bonne nouvelle.
— Pourriez-vous, dit Léonard, nous donner quelques détails
sur cette institution que les ouvriers attendaient avec tant d impatience?
Certainement, mes amis, je suis trop heureux de pouvoir vous faire connaître dès à présent une institution si bien faite pour mettre désormais à l’abi i du besoin, sui- leurs vieux jours, tous les ouvj-iers qui auront l’esprit d’en profiter. Voici donc les pn'ncipales dispositions de la loi.
Elle offre aux ouvriers la faculté de s’assurer une rente jusqu’au maximum de 1,000 francs par pei-sonne, à partir de l’àge de 50 a 05 ans, à volonté, au moyen de versemenis faits à la caisse. Il est bien entendu que la rente est proportionnelle aux veisements que 1 ou a faits pendant sa vie, et que, pour en jouii* des l’âge de^50 ans , il faut verser plus que pour n’en jouir qu a 60 ou 65 ans. On peut s assurer la rente de deux manières, soit à l’aide d’un seul versement, nécessaii-ement assez considérable, mais d’autant moins élevé qu’on le fait à un âge peu avancé; soit, ce qui est beaucoup plus facile pour les ouvriers, à laide de versements annuels, qui sont d’autant moindres qu’on commence plus jeune. En faisant les versements, on peut, à vo- 1 abandon du capital vei’sé, ou le réserver pour ses héiilius. l.a jcnle est naturellement moins- élevée quand on fait réserve du capital.
Ainsi, un ouvrier qui commencerait à verser à l’àge de 18 ans, s assurerait, à partir de 60 ans, une rente viagère de 100 francs, au moyen d’un versement annuel de 7 fr. 20 c., s’il fait ré.serve du capital, et de 5 francs seulement, s’il en fait l’abandon. Multipliez ces sommes par 2, 3, 4, 5, 6, S ou 10. selon que vous voudriez avoir une rente de 200, 300, 400, 500, 600, 800 ou 1 ,000 fj-ancs, et vous trouverez la somme que vous avez à x'erser annuellement. Comme la femme peut avoir une rente é^ale de son côté, vous voyez combien il est facile maintenant, non^pas
VINGT-SEPTIÈME ENTRETIEN
seulement de se mettre à l’abri du besoin, mais encore de s’assul er du bien-être sur ses vieux jours. Désormais, il n’y aui-a plus que ceux qui ne le voudront pas, qui n’en auront point.
Vous avez bien raison, dit Léonard.
Voyez encoie, reprit M. Dupré : un père qui voudra assurer 1 avenir de chacun de ses enfants, [)oun a de môme leur garantir une lente de tOO francs à partir de GO ans, en commençant à verseï-, dès leur troisième année, un somme de 2 fr. 80 c., ou même de 2 fr. 10c., s il fait l’abandon du capital. Multipliez comme je vous lai dit tout à l’heure, et vous a errez ce qu’il aurait à verser pour leur assurer une rente de 200 à 1,000 francs.
L est prodigieux ! dit Honoré. Que je regrette donc qu’une semblable institution n’ait pas existé quand j’étais jeune ! je n aurais pas été autant touj’inenté pour l’avenir de mes enfants. Mais il n y a encore rien de perdu. Je puis toujours commencer à xeiser pour eux, en attendant qu’ils soient en état de continuer les versements eux-mêmes (1).
Maintenant, reprit M. Dupré, dites-moi, mes amis, si j’avais raison de vous affirmer que, plus la civilisation marche, plus elle détruit les causes naturelles d’inégalité qui existent sur la terre; plus aussi elle met de ressoui ces à la portée de tous ses membres pour se faire un sort doux et paisible ici-bas.
— Non, monsieur Dupré, vous ne nous avez pas trompés, vous ne nous avez l ien affirmé qui ne soit parfaitement vrai.
Eh bien, mes amis, au-dessus de toutes les ressources que je vous ai fait connaitre, il en est une autre de laquelle vous devez attendre encore plus pour l’amélioration de votre condition sociale ; c’est l'instruction.
La société a sans contredit fait beaucoup en créant toutes les institutions dont je viens de vous parlei-. Cependant elle a fait plus encore en répandant partout l’instruction, en ouvrant des écoles dans le moindre village. L’instruction, mes amis, c'est à la fois la base et le couronnement de l'édifice.
Grâce à ladifl’usion de l’instruction dans les l’angs les plus humbles de la société, l’égalité devant la loi n’est plus un vain mot.
(t) Les sommes que la Caisse des retraites pour la vieillesse avait à employer en rente» au l«r janvier 1863 s’élevaient à la somme de 78,063,089 francs.
MOYENS d’amélioration ET DE BIEN-ÊTRE.
Tout individu, s il est vraiment capable, peut prétendre à tout, peut s élever atout. Que lui faut-il pour cela? Delà volonté et delà persévérance. 11 faut vouloir, mais vouloir d’une volonté foi te, éneigique, qui, lorsqu elle a entrevu le but, ne recule devant aucun des moyens légitimes de l’atteindre. Vouloir de cette manière fait pouvoir.
Les avantages de l’instruction ne consistent pas seulement à pouvoir lire, écrire et compter, ce qui pourtant est beaucoup; elle développe l’intelligence, elle ouvre l’esprit, elle exerce toutes les facultés, elle forme le raisonnement ; elle apprend à observer, à juger, à comparer, à .se rendre compte des choses, à faire enfin’ dans toutes les circonstances de la vie, une juste application du savoir qu’on possède.
^ Voilà, mes amis, les effets d’une instruction bien entendue, dune instruction comme vous l’a donnée M. Ravmond, votre excellent instituteur, en qui je me félicite d’avoir tiouvé, 'depuis vmgt-cmq ans, un collaborateur infatigable et si dévoué dans 1 œuvre d amélioration que j’avais entrepi ise à Mirebeau. Si, dans le cours des entretiens que nous avons eus ensemble depuis près de quinze mois, j’ai réussi à faire pénétrer la lumière dans vos esprits, je me plais à reconnaître que c’est en grande partie à lui que je le dois ; car, par l'instruction qu’il a donnée à la plupart d’entre vous, il vous a préparés admii-ablement à comprendre les vérités que j’avais à vous exposer. Soyez-en donc reconnaissants, et, pour cela, mettez à profit les nouvelles leçons qu’il veut bien vous donner encore.
Vous le savez, mes amis, l’industrie se transforme sans cesse de nouveaux progrès s’accomplissent chaque jour. Tout marche: il faut marcher du même pas que les autres, si l’on ne veut pas etre écrasé en restant en arrière. Maintenant, il n’y a plus à se récrier contre l’invasion des machines; elles font un bien immense, c’est acquis, pour un léger mal qu’elles peuvent d abord causer à quelques-uns. Mais, quand une macbine est decouverte, quand un nouveau procédé est inventé, il devient un droit pour la société, et c’est un devoir pour tout fabricant de 1 adopter a l’instant, parce que nul n’a le droit de vendre ses services plus qu’ils ne valent. L’industrie, en outre, se déplace souvent dans sa course impétueuse , semblable à un fleuve qui
il'
VIXGT-SEPTIÉME ENTRETIEN.
abandonne une live pour se porter snr une autre. 11 faut donc être prêt pour la suivre dans ses déplacrments et scs transformations; il faut dexenir capable de passer du jour au lendemain d-une induslrie à une autre. C’est ainsi que nous ne sommes jamais einhanassés; notre eNislence ne dépend plus d’une usine, elle n’esl [>as subordonnée aux .succès d’un fabricant; nous nous rions de riiislabililé des goûts et des caprices de la mode, parce que nous sommes prêts à tout et que nous axons en nous des ressources pour changer i-apidement notre genre d’occupation.
Et ces re.ssources, qu’est-ce qiu nous les piocurera? l’instiaiction, qui développe rintelligence et donne à l’homme de nouvelles forces, des forces bien supéri(>.ures à celles de ses bras, parce qu’elles ne redonlent ni les fatigues ni les années. .Mes ainis, un homme célèbre dont votre instituteur vénère la mémoire, et dont tous les ouvriers devraient pl-ononcer le nom avec i-espect, parce qu’il sera à jamais leur bienfaiteur, l’illnstre Pestalozzi, qui fut instituteur aussi, et qui consacra cinquante ans de sa \ieii l’éilncation du peuple, qu’il aimait par dessus tout et dont il connaissait parfadement la position et les besoins, Pestalozzi. qui brûlait d’un ardent désir d’améliorer la condition du peuple, voulait le mettre en état de s’aider lui-même sans avoir besoin que les autres lui vinssent toujours en aide. Ce but si désirable, il axait comjiris que c’est par l’instruction seule (|u’on peut l’atteindre. Par l’instruction, en effet, vous vous mettrez en état de gagner de meilleurs salaires, vous serez divantage à l’abri de l’inconstance delà fortune, et vous vous rendrez moins dépendants de ceux qui vous emploient.
Instruisons nous donc, mes amis, et surtout instruisons et faisons instruire nos enfants Par là nous aurons plus fait pour leur succès dans le monde, que par les biens que nous pourrions leur laisser. Nous leur aurons créé des ressoui ces im;;éi i.ssables , des ressources qui les accompagneront partout, et qui seront itidépendantes des temps et de la fortune. Mais, en leur donnant cette iusiructiou, donnez-leur l’éducation qui la féconde et qui en prévient les écarts; donnez leui- de bonne heure ces excellentes habitudes que je vous recommandais aujourd’hui à vous-mêmes,
et qui seront pour eux comme pour vous la plus puissante garantie de succès.
MOYENS d’.XMÉLIORATION ET DE BIEN-ÊTRE.
Pour leur faire contracter sûrement ces habitudes, n’oublions pas que la piemière condition est l’exemple. Sovons des hommes xeitueux, si nous xoulons ax’oir des fils vertueux , et rappelonsnous que Dieu , qui punit sur les cu!ants les fautes des pères jusqu’à la troisième et la quatrième génération, lécompeuserales vôtres, dans les générations successixes, de tous les efforts que vous aurez faits ici-bas. Si xous n’obtenez [>as dans ce monde tout le bien-être que vous y espérez, soxez certains du moins qu’il ne
xous échappiera pas tout à fait et que vous aurez pi éparé celui de vos enfants.
Enfin permettez-moi de vous donner un deruiei- avis. Efforcezvous d’acquérir et de faire prendre à vos enfants les habitudes de bon ton et les bonnes manières qui, à première vue et au premier mot, font reconuaitre les gens bien élevés. J’ai entendu souvent lesouvi'iers se plaindredu dédain avec lequel les traitent les per sonnes dàme autre condition, (|ui les considèrent, dirait-on, connues ils étaient d’une race différente. Ehl mes amis, ne proxoquez-vous pas vous-mêmes ce dédain par votre obstination à vous conduire d une manière différente des personnes des classes aisées? On dirait parfois que vous affectez la rudesse et la grossièreté dans le ton , dans l’accent, dans le langage, dans les gestes, dans tonies les rnanièi-es enfin. Vous cherchez, ce semble, à vous montrer en tout différents des autres hommes Peut-on s’étonner apres cela s ils vous traitent autremeul? Comprenez donc mieux
vos mlerels, et repi'cnez voti'e dignité d’homme que vous semblez oublier.
Aujourd’hui plus que jamais, l’instruction et l’éducation tendent à élablii' seules une ligne de démarcation entre les hommes de tous les rangs de la société. Efi’orcez-xons de la faire, disparaiîre, cela dépend de vous, el la société vous en otfre les movens. Vous êtes de nos jours en contact conlinnel axee les hommes de foutes les cla.sscs; vous les coudoyez [lartmil, dans les rues, dans es promenades, dans les musées, les galeries, dans les lieux piil)hcs, <jm vous soûl ouvei ts commeà tout le monde ; à l’école même vos enfants preuueut place sur les mêmes haucs avec ceux de la bourgeoisie. Imitez doue les hommes des condilioiis plus élevées au heu dadecter la rudesse eu leur présence; rixalisez avec eux par la noblesse et la distinction des manières, par la politesse et
VINGT-SEPTIÈME ENTRETIEN
par l’urbanité du langage, et, croyez-m’en, mes amis, vous aurez achevé de renverser la barrière que vous croyez exister entre vous et les hommes des classes aisées , barrière que vous seuls maintenez encore.
En terminant aujourd’hui ces entretiens, je veux vous remercier de votre attention et de la bienveillance avec laquelle vous m’avez écouté. Cependant je ne vous dis pas adieu. Afin de vous offrir les moyens d’étendre vos connaissances , M. Raymond veut bien commencer pour vous de nouvelles séries de leçons et de lectures dans la classedu soir et dans les conférences du dimanche. D’ici à la tin de l’année, nous vous ferons connaître la nature et le but de ces leçons et de ces lectures , ainsi que les heures et les jours où elles auront lieu. Je me propose d’y venir aussi fréquemment moi-même, pour me retrouver avec vous et vous donner quelques-uns de ces enseignements que vous avez du plaisir à entendre. Ainsi, mes amis, je ne vous dis pas adieu, mais au revoir.
Tout l’auditoire se leva en disant aussi : — Au revoir, monsieur Dupré.