‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 13 sur 129 · PEUPLES CELTIQUES · texte numérisé non relu

PEUPLES CELTIQUES

renfermés dans leurs places-fortes lors de l'invasion des Gimbres et des Teutons, et pressés par la faim, avaient soutenu leur existence avec les corps de ceux d'entre eux que leur âge rendait inutiles à la guerre. Des Celtes qui envahirent 1 Etolie buvaient, d'après Pausanias (i), le sang des petits enfants et goûtaient à leur chair. Toutes ces vagues coïncidences sont loin de permettre une assimila* tion des Lestrygons (a) aux Celtes.

Des noms généraux des Celtes, passons aux désignations particulières.

Les noms des peuplades celtiques qui nous ont été transmis par les anciens sont très nombreux. On en compte plus de cent cinquante. Une énumération complète (3) n'offrirait que peu d'intérêt. Aussi ne mentionnerons- nous ici que quelques noms curieux à divers titres, et, en premier lieu, ceux qui servent à désigner à la fois plusieurs peuplades et qui témoignent soit de migrations diverses, soit de l'unité de la langue des anciens Celtes au point de vue des dénominations ethnographiques.

Parmi ces noms, quelques-uns s'appliquent à plusieurs tribus qui sont distinguées chacune par un nom particulier.

Les Votcae sont partagés en deux branches : les Areco-

(i) Description de la Grèce, x, aa, 3.

(a) D'après Bérard, Les Phéniciens et l'Odyssée, t. h, p. ,a5o, te pays des Lestrygons serait situé en Sardaigne.

(S) Cf. Forbiger, Handbuch der alten Géographie aus den Quellen bearbeitet, a 9 éd., Hamburg, 1877, 1. 111. E. Desjardins, Géographie historique et administrative de la Gaule Romaine, Paris, 1878, t. 11. Longnon, Allas historique de la France, i M livraison, Paris, i885.

Pour les peuplades citées, je donne l'indication du plus ancien texte où apparaît leur nom. On trouvera les autres références chez HoJder > Altceltischer Sprachschalz.

mici établis entre le Rhône et la Garonne ; les Tectosages dans la région de la haute Garonne. Le nom des Volcae est devenu chez les Allemands Walah puis Walck, d'où est dérivé Welsch qui désigne les peuples de langue romane, Italiens et Français; chez les Anglo-Saxons, Wealh, d'où le dérivé Welsh qui désigne les Gallois (i).

LesBitariges Cubi au centre de la Gaule ; les Bituriges Vivisci, sut la rive gauche près de l'embouchure de la Garonne (2).

Les Aulerci se divisent en quatre peuples : les Eburovices, dans le pays d'Evreux ; les Cenomani, sur les rives de la Sarthe et de la Mayenne ; les Diablintes, sur la rive gauche de la Mayenne; les Brannovices, entre la Saône et la Loire (3).

D'autres peuples ont des établissements en des régions différentes du monde celtique, sans que leurs diverses fractions soient distinguées par des noms différents.

Il y a des Tectosages au sud de la Gaule ; en Germanie près de la forêt Hercynienne et d'autres Tectosages en Asie Mineure (4).

Les Menapii de Gaule sur les bords delà Meuse sont peutêtre le même peuple que les Manapii d'Irlande (5). Il est singulier que les voisins des Menapii soient des Chaud et les voisins des Manapii, des Cauci.

On trouve des Parisii en Gaule et des Ilaptaoi en Grande Bretagne (6).

(1) De bello gallico, vu, 7, 4; Strabon, iv, 1, 12. H. d'Arbois de Jubainville, Les premiers habitants de VEurope, a e éd., t. ii, p. 420..

(2) Strabon, iv, 2, 1 ; 2.

(3) De bello gallico, vu, 75, 2 ; 3 ; Ptolémée, n, 8, 7 ; 8, 9,

(4) César, De bello gallico, vi, 24, 2 ; Strabon, iv, 1, 12.

(5) César, De bello gallico, iv, 4, 2 ; Ptolémée, 11, 9, 5 ; 11, 2, 8.

(6) César, ibid., vi, 3, 3; 4 ; Ptolémée, li, 8, 10 ; 11, 3, 10.

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