OMBRIENS
la même tradition, mais en l'attribuant à M. Antonius, sans doute M. Antonius Gnipho, écrivain du premier siècle avant notre ère. On la trouve aussi chez Isidore (i). Des écrivains modernes (a) ont cru fortifier cette allégation en comparant au nom des Ombriens, Umbri, en grec "Ouppot, une variante du nom des Insubres , peuple celtique de la Gaule cisalpine, établi sur la rive gauche du Pô ; cette variante y I<youppg; pourrait, en effet, prêter à un rapprochement d ailleurs peu étroit avec "Ouôpoi ; mais nous n'avons aucune raison de la préférer à la leçon *fv<joSpsç, Insubres. Si les Ombriens étaient une branche de la famille celtique, leur langue serait plus prochement apparentée au celtique que celui-ci ne Test au latin ou au grec. Or il n'en est rien ; l'ombrien se distingue nettement du celtique et les ressemblances grammaticales que présentent les deux langues leur sont communes avec le latin qui n'a jamais été regardé comme une langue celtique. Tout au plus, pourrait on remarquer que le celtique, l'ombrien et le latin ont en commun certaines formations, comme celles du passif et du déponent, du subjonctif, du futur des verbes dérivés, et quç cette parenté du langage ne peut guère s'expliquer que par des relations intimes et prolongées entre les Celtes et les Italiotes. Si les Ombriens sont d'origine celtique., il faudrait qu'ils eusseut renoncé à leur langue pour adopter une langue italique (3).
(i) Origines, ix, a, 87.
(2) Par exemple, A. Thierry, Histoire des Gaulois, t. 1, p. xliij.
(3) H. d'Arbois de Jubainville, Les premiers habitants de l'Europe, t. 11, p. a4a-a5i. Bréal, Les Tables Eugubines (Paris, 1875) p. xxvii. On trouvera les principaux textes relatifs aux Ombrier , cbez Bertrand et 9. Reinach, Les Celtes dans les vallées du Pô et du Danube, p. 73-76.
Faut-il cherchera retrouver les Celtes de Grande-] tagne dans les Lestrygons anthropophages de la lége homérique? Les Lestrygons habitent un pays où un ] ger ramenant son troupeau appelle un autre berger sort à son tour; là un homme qui ne dormirait pas g*j rait deux salaires, l'un à garder les bœufs, l'autre à 1 paître les moutons blancs, car les chemins du jour : proches des chemins de la nuit (i). Or on peut rappro* ce texte de remarques de Pline et de Tacite. En Grai Bretagne, d'après Pline (2), il y a en été des journée: dix-sept heures et même des nuits claires, tandis qui plus longs jours en Italie ne durent pas plus de qu heures. Tacite (3) dit que dans le nord de la Grandetagne, certains jours, la nuit est si claire qu'il n'y a très peu de différence entre le commencement et la fi la journée. César (4) avait remarqué que dans le su< la Grande-Bretagne les nuits étaient plus courtes que le continent. D'autre part, on pourrait comparer aux irygons mangeurs d'hommes les Irlandais que Slrabo nous représente comme de voraces anthropophages croyaient faire bien en mangeant les cadavres de 1 pères , et les Atticoti de Grande-Bretagne qui , d'à saint Jérôme (6), se repaissaient avec délices de certs parties du corps des bergers et des femmes. Au temr. César (7), les Gaulois rappelaient encore que leurs ancê
<i) Odyssée, x, 83-86.
(a) Histoire naturel 'e, 11, 77, i36.
(3) Âgricola, 12.
(4) I>e bello gallico, v, i3.
<ô) Géographie, iv, 5, 4.
<&) Adversus Jovinum, n, 7.
(7) De bello gallico, vu, 77.