PEUPLES CELTIQUES
comme d'ailleurs les A«p£&viot dont le nom évoque, lui aussi, le souvenir de la Troade (i).
De même, il serait imprudent de confondre les Taurisic avec les Taurini. Les deux peuples sont établis dans deux régions différentes ; les Taurisci, entre le Birnbaumervvald et la Save, les Taurini, autour de Turin. Et tandis que les Taurisci sont expressément qualifiés de Celtes par Strabon (a), les Taurini sont pour le même Strabon (3) une nation ligure (4).
Certaines peuplades celtiques sont isolées au milieu de populations de race et de langue différentes et il impoile de les signaler. Tels sont :
Les Gothini, tributaires à la fois des Quadi et des Sarmates et qui parlaient gaulois au temps de Tacite (5); ils étaient établis sur la rive gauche de la haute Vistule.
Les Scordisci que Strabon, d'après Poseidônios, qualité de r<xXxrai (6) et qui habitaient entre la Save, la Drave et le Danube.
Les lapodes, peuple illyrien, mélangés de Celtes (7).
Un grand nombre de noms de peuples celtiques sont spécialement intéressants pour nous parce qu'ils ont subsisté jusqu'à nos jours, soit comme noms de pays ou dans des noms de pays :
Car/ii de Pannonie (d'où Carniole), Taurisci du Nprique
(1) Géographie, vu, 5, G. Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Les premiers habitants de V Europe, a* éd., 1. 1, p. ?oi-3oa.
(2) Géographie, vu, 2, a ; 5, a.
(3) Jbid., iv, 6, G, {k) xxi, 38, ï>.
(5) Germanie* 43.
(6) Géographie, vu, a, a. cf. Athénée, v.j, 5 - y Justin, xxxu, 3».
(7) Ibid.y iv, 6, 10.
(Tauern, nom allemand d'un massif des Alpes Noriqnes) ; Veliocasses (d'où Veliocassinus Vexin), Caleti (pays de Caux), Viromandui (d'où Veromanduensis Vermandois), Andecavi (Anjou), Petrucoriï (Périgord), Meduli (d'où Medalicam Médoc), Saniones (d'où Santonia Saintonge), Pictavi (Poitou), Arverni (d'où Arvernia Auvergne), Vertacomacori (Vercors), Candi (Kent en Grande Bretagne), Darotriges (Dorset), Dumnoniï (Devon), Demetae (Dyvet, forme ancienne dij nom gallois du pays situé entre laTeivietla Tywy; Boiï (d'où Boiohaemum Bohême),
Soit comme noms de villes :
Ambiani (Amiens), Bellovaci (Beauvais), Suessiones (Soissons), Rémi (Reims), Atrebates (Arras), Tricasses Troyes), Senones (Sens), Parisii (Paris), Meldi (Meaux), Eburovices (Evreux), Durocasses (Dreux), Diablintes (Jublains, Mayenne), Cenomani (Le Mans), Seduni (Sion en Suisse), Lingones (Langres), Cataellauni (Châlons-sur- Marne), Treveri (Trêves), Carnuies (Chartres), Turoneï fTours), Namnetes (Nantes), Veneti (Vannes), Curiosolites (Corseult, Côtes-du-Nord), Redones (Rennes), Abrincalni (Avranches) Baiocasses (Bayeux), Viducasses (Vieux, Calvados), Lexovii (Lisieux), Cadurci (Cahors) , Gabali (Javols, Lozère). Saniones (Saintes), Lemovices (Limoges), Bituriges (Bourges), Catariges (Chorges, Hautes Alpes).
On connaît donc assez bien les noms des peuples celtiques, mais on peut se demander si la qualité celtique d'un nom de peuplade est suffisamment établie par le témoignage des anciens.
Quelles raisons conduisaient un auteur grec ou latin à reconnaître pour celtiques un peuple ou une tribu? A quel» caractères distinguait il un Celte? Quand il s'agit