‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 39 sur 129 · CHASSE · texte numérisé non relu

CHASSE

du peuple celtique qui les avait inventées, les Scordàci(i).

Les chiens celtes étaient très réputés, surtout ceux des Morins, des Bretons, des Belges (2). Les vertragi (veltres) étaient très rapides à la course (3). Pline assure que les Gaulois faisaient couvrir leurs chiennes par des loups et qu'ils donnaient pour guides à leurs meutes les métis ainsi obtenus (4). Les chiens bretons, comme ceux de leur pays, étaient utilisés pour la guerre par les Celtes du continent (5). Le roi arverne Bituitos avait une garde composée de chiens qui ne devaient faire qu'une bouchée de l'armée romaine (6). Ainsi, dans l'Irlande de l'épopée, le chien Ailbe suffisait à garder à lui seul le royaume de Laighen (7).

La chasse était, avec la guerre, la principale, occupation des Celtes. Ils y étaient fort habiles. Ceux qui considéraient la chasse, non comme un moyen d'alimentation, mais comme une distraction, ne se servaient point de filets. Les Celtes riches envoyaient dès l'aurore explorer les lieux où ils soupçonnaient la présence d'un lièvre au repos. Quand on leur avait rendu compte, ils se rendaient au lieu indiqué et lançaient leurs chiens après avoir fait lever la bête. Ils y employaient deux espèces de chiens : les nos

(1) Végèce, Mulomedicus, 11, 6o, 1. Corpus glossariorum latinorum, t. 11, p. 180, 20.

(2) Grattius Faliscus, Cynegetica, i56, 176, 203. (Poetae laiim minores* éd. Baehrens, t. 1). Silius Italicus, x, 77. Cf. Ovide, Métamorphoses, 1, 533-538; Némésien, Cyn., ia5 ; Oppien, Cyn., 1, 468.

(3) Arrien, Cynégétique, 4.

(4) Histoire naturelle, vin, 61, i48.

(5) Strabon, iv, 5, 2.

(6) Appien, iv, 12. Orose, His(oires t \, i4.

(7) H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. v, p. 66.

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cherchaient la piste, les autres étaient tenus à Tend il était vraisemblable que le lièvre dirigeât sa course se lancer sur lui à son passage. A chaque animal avaient pris, des Celtes mettaient de côté une petite : d'argent : deux oboles pour un lièvre, une drachm un renard ; quatre drachmes pour un chevreuil. A d'un an, au jour de la naissance d'Artémis, on 01 trésor ainsi constitué, et on l'emploie à faire les fra sacrifice à la déesse et d'un banquet où les chie raissent couronnés de fleurs (i).

Les Celtes atteignaient les oiseaux avec un dard < lancé à la main (a). Us empoisonnaient les flèches de à la chasse avec le suc des fruits d'un arbre assez sen à un figuier, dont les fruits ont à peu près la form chapiteau corinthien (3). Pline (4) rapporte que c sou provenait de l'ellébore blanc.

La pêche ne tenait sans doute pas dans les dive ments de Celtes la même place que la chasse. Nous vu que certain es peuplades bretonnes ne profitaient \ poissons qui pullulaient sur leurs côtes (5). A lapécl habitants des rivages de la Méditerranée emplo; prétend Pline (6), des dauphins dressés auxquels ils donnaient une part du butin et auxquels ils donnai* plus, du pain trempé dans du vin.

L'industrie gauloise trouvait de précieuses ress

(i) Àrrien, Cynégétique, 19; ai; 33. Cf. Vairon, De re \ m, 12, 2; 5; 6.

(2) Strabon, îv, 4, 3.

(3; PseuAo-Axistote, Singularités merve illeuses£§', Strabon

(4) Pline, xxv, 25, 61 ; xxvm,76, ioi.

(5) Voir ci-dessus, p. 125

(6) Histoire naturelle, lx, 9, 29, 3a.

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