‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 49 sur 129 · ESCLAVES · texte numérisé non relu

ESCLAVES

armes en leur promettant la liberté (i). Pline (a) nous apprend que l'airelle (vaccinium myrtilus) sert en Gaule à teindre les vêtements des esclaves. Les deux serviteurs qui accompagnaient, lors de l'expédition en Grèce, chaque cavalier gaulois sont appelés par Pausanias (3) tantôt oixfrat, tantôt ôouXot.

Il est probable que le jeune garçon que les Gaulois échangeaient contre une mesure devin était un esclave (4). Rien ne prouve que les enfants de l'un et l'autre sexe qui servaient à table dans les festins (5) fussent des esclaves. Mais il n'est pas douteux que les Celtes n'eussent ramené de leurs expéditions de nombreuses esclaves. Parthénios (6), a raconté l'histoire d'une Milésienne, Hêrippê, emmenée comme esclave en Gaule et que son mari Xanthos alla racheter. Le Celte qu'Aristodème nomme Cavaras, fut hospitalier et généreux et ne voulut accepter qu'une rançon modique. La femme fit avouer à son mari qu'il avait apporté beaucoup plus d'argent qu'il n'en avait offert à Cavaras et conseilla à ce dernier de tuer Xanthos que, disait-elle, elle détestait, pour s'emparer de sa fortune. Lorsque Xanthos, après avoir payé la rançon, partit avec Hêrippê, Cavaras l'accompagna ; mais, le moment de la séparation venue, sous prétexte d'offrir un sacrifice, H fit tenir la victime par Hêrippê et au lieu de décapiter la victime, ce fut à la femme qu'il coupa la tête. Puis il ra-

(i) De bello gallico, vin, 3o.

(a) Histoire naturelle, xvi, 3t, 77.

(3) Description de la' Grèce, x, 19, 9 ; 10.

(4) Diodore, v, a6,

(5) Diodore, v, a8.

(6) Parthénios, Erotiques, 8. Fragmenta historicorum grxcorum, t. m, p. 307.

LETAT

conta au mari la perfidie d'Hêrippâ et lui rei rançon.

Si Ton veut résumer eu quelques lignes ce q savons de la société gauloise, on peut s'en tenii générale qu'en donne Fustel de Goulanges : béai paysans et très peu die classe urbaine, beaucoup d attachés au sol et très peu de propriétaires ; beat serviteurs et peu de maîtres ; une plèbe qui ne pas, des druides très vénérés, une aristocratie £ très puissante (i).

Il est difficile d'évaluer la population de la Ga anciens affirment que le pays d'où partirent le était très peuplé. César (2), Tite Live (3), Justin (4 Trogue Pompée, Plu tarque (5), sans doute d'après ur commune, prétendent même que l'excès depopul la cause des migrations gauloises.

. En tout cas, cette population était très dive répartie entre les différentes cwitates. Diodore marque l'inégalité des cités gauloises ; d'après plus fortes sont d'environ 300.000 hommes et faibles de 5o. 000. Les Hèlvetii étaient au noi 263.000, les Tùtingi 36. 000, les Boii 3a.ooo, les a3.ooô, les Latobrigi t4.ooo (7). Le nombre des I

(1) La Gaule romaine, p. 34.

(2) De bello gallico, vi, a4.

(4) Histoires philippiques , xxiv, 4.

(5) Camille, i5. Gf. Appien, iv, a.

(6) Bibliothèque, v, a5.

(7) De bello gallico, 1, 29.

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