‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 48 sur 129 · CLIENTS · texte numérisé non relu

CLIENTS

teurs qui étaient en grand nombre (i). Nous ayons là l'indication d'au moins trois classes sociales : les esclaves, qui formaient la plus grande partie de la familia entendue au sens large du mot, les clients et les débiteurs. La clientèle des chefs gaulois était souvent fort nombreuse. Lucterius avait eu dans sa clientèle la ville d'Uxellodunum (2).

Faut-ii regarder comme identiques aux clients les ambacti dont s'entouraient les nobles et les riches ? Bien que Festus (3), dans une citation d'Ennius, traduise ambactus par servus et que César lui-même semble employer ambacti comme synonyme de servi (4), il est probable que les ambacti étaient dans une situation supérieure à celle des servi chez les Romains.

Les clientes étaient sans doute les compagnons de guerre du chef, ces serviteurs de condition libre choisis parmi les pauvres, qui lui servaient de cochers et de porte-boucliers dans les combats (5). Les liens qui unissent le chef à ses compagnons sont qualifiés par Polybe d'lTcttp£(a, camaraderie (6). Les cavaliers d'Ambiorix sont ses compagnons et ses familiers, comités familiaresque (7). En Aquitaine, Adiatunnus, chef des Sotiates, avait autour de lui six cents hommes dévoués qu'on appelait soldarii (8) ; ces hommes partagent la bonne

(1) De bello gallico, 1, 4. Cf. vi, i3.

(a) Ibid., viii, 3a.

(3) Paul Diacre, p. 4.

(4) De bello gallico , vi, 19 ; Cf. vi, i5.

(b) Diodore, v, 29.

(6) Polybe, 11, 17.

(7) De bello gallico, vi, 3o.

(8) César, De bello gallico, ni, 22. Cf. Nicolas de Damas chez Athénée, vi, 54, qui les appelle aiXoSoupouç ou çiXoSo'Jvouç.

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comme la mauvaise fortune de ceux auxquels ils se sont donnés, et si le chef meurt, ils ne lui survivent pas. Salluste fait allusion à la même coutume et l'attribue aux Celtibères (i). De même, selon les mœurs gauloises, c'était pour les clients un crime d'abandonner leurs patrons même dans le dernier péril (a).

En Irlande comme en Gaule, il y a deux catégories de vassaux : les vassaux libres, soer-chèli, et les vassaux nonlibres, doer-chéli, et le nom qui désigne le vassal, cèle, signifie eu même temps camarade. Ces vassaux sont unis au seigneur par le contrat de cheptel (3). Les classes sociales sont au nombre de cinq : rois, nobles, hommes libres propriétaires, hommes libres sans propriété, hommes nonlibres.

César emploie le mot servus pour désigner l'esclave gaulois. Aux funérailles, on brûlait jadis les esclaves et les clients que le défunt avait aimés pendant sa vie, servi et clientes (4) ; dans ce passage de César, clientes est uni à servi comme dans un passage précédent il est uni à ambacti : ambactos clientesque (5). Pendant le siège que Q. Cicéron soutint dans son camp, un noble Nervien décida un de ses esclaves par l'espoir de la liberté et de grands présents à porter une lettre à César (6). Hirtius rapporte que dans l'insurrection de 5a avant J.-C, Drappès,chef des Senond, avait appelé les esclaves à prendre les

(1) Servais, ad Georgica, iv, a 18.

(a) César, De bello gallico, vu, 4o, 7.

(3) H. d'Arbois de Jubainville, Recherches sur Vorigine de la propriété foncière, p. 63-67.

(4) De bello gallico, vi, 19.

(5) /ôid.,vi, i5. .

(6) Ibid., v, 45.

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