FORTERESSES
lançait des javelots {gaesa). Son collier arrondi tombe de sa tête tranchée ; son sang tache ses braies rayées (i). En i58 avant Jésus-Christ, Scipion Emilien luttant contre les Celtibères vainquit en combat singulier un barbare d'Intercatia armé de belles armes et qui s'avançait en prenant des poses de danseur entre les deux armées (a).
Dans la littérature épique de l'Irlande, il y a quelques exemples de combats singuliers en bataille rangée. Le plus célèbre est contenu dans l'épopée intitulée L'Enlèvement des Vaches de Cnalngé. Pendant que les guerriers de l'Ulster sont réduits à l'impuissance par l'effet d'une malédiction qu'ils ont encourue, Gùchulainn est seul à soutenir le choc de l'armée de Connacht qui a envahi l'Ulster. On lui propose un arrangement ; chaque matin on enverra un guerrier se battre en duel avec lui, et pendant ce temps l'armée de Connacht restera sans poursuivre sa marche en avant. Cûchulainn lutte ainsi contre onze guerriers ; après le septième, il prend trois jours et trois nuits de repos et le onzième combat dure trois jours entiers (3).
Les forteresses gauloises que César appelle oppida occupaient des étendues de terrain assez considérables ; Murcens occupait i5o hectares; Bibracte, i35; Besançon, i5o; Alise, 97 ; Gergovie, 70 (4) Elles étaient établies dans des lieux naturellement fortifiés ; tantôt entourées de rivières et d'un marais, comme Avaricum (5), tantôt situées sur une
(1) Propercf, iv, 10, 39-43. Cf. Plutarque, MarceUui, 7.
(2) Appien, vi, 53.
(3) H. d Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. vi, p. 27-34.
(4» Bulliot, Fouilles du Mont-Beuvray, p. ni. (5) De bello gallico l vn, i5.
L'ÉTAT
montagne comme Gergovie ou Alise (i). Les traits à la mode gauloise (a), étaient d'une é variait de 5" à 10 mètres ; à Noviodunum, ils < et précédés d'un large fossé (3). Sur les mi dressé à Avaricum des tours en bois recouvei
Les Gaulois assiégés se portaient sur les remparts et de là lançaient sur les travaux d' ennemis du bois sec, des torches allumées, d suif et d'autres matières inflammables (5). A à Alise, ils avaient construit au milieu d sommet duquel était située la forteresse un n pierres, haut de six pieds, pour briser l'élan des
Pour assiéger une place, les Gaulois, comn commencent par l'investir avec toutes leurs toute part, ils lancent des pierres et des trait part ; quand les ennemis l'ont abandonné, i jusqu'aux portes en formant la tortue et sa raille (7). Ils ignoraient d'abord les divers siège, les mantelets, les tours, les terrasses (î quèrent les premières fois qu'ils virent les employer contre eux (9). Mais ils ne tarder* emprunter à leurs ennemis (10*.
(1) De bello gatlico, vn, 36 ; 6g.
(2) Voir ci-dessus, p. iaa.
(3) Ibid., n, 12.
(4) De bello gallico, vu, 22 ; 2k ; 26.
(5) Ibid., vu, 24 ; 20.
(6) IWd.,vn, 46; 69.
(7) Ibid., n, 6.
l8) lbid. n, 12. Cf. vu, 29.
(9) Ibid. n, 3o.
(10) Ibid. v, 42 ; 52. Sur les fortifications gaulois Noë, Principes de la fortification antique, Paris, il