CHARS DE GUERRE
On a découvert en Champagne des squelettes de guerriers ensevelis dans leur char dont on a retrouvé les bandes de roues en fer et les essieux en bronze. Ces sépultures sont antérieures à la conquête de la Gaule et appartiennent au peuple qui a précédé les Belges de César. En Grande Bretagne, des restes de ferrures de chars de guerre étaient contenus dans des tumuli du Yorkshire (i).
Les roues semblent avoir eu de 0,90 à i,3o de diamètre. Les frettes des moyeux ont 0,1 5 de diamètre. On a recueilli aussi diverses parties du char dont on ne peut préciser l'emploi : des tiges inégales réunies par un anneau, articulées, ou isolées ; des garnitures de fer repliées sur elles-mêmes et ayant 0,07 d'ouverture. Des ornements en bronze découpé semblent avoir appartenu aux harnais. Les mors sont brisés et terminés par des anneaux ou des montants latéraux munis d'ouvertures. Certaines pièces du joug et la clavette étaient parfois émaillées (2). A Somme- Tourbe, on a trouvé des pièces de bronze qui d'après M. Flouest étaient fixées à l'extrémité du timon. Ce sont deux plaques triangulaires ajourées de façon à ce que les parties pleines figurent des S alternativement adossés ou affrontés ; les deux plaques étaient réunies bout à bout et appliquées à l'aide d'un clou à tête de corail. L'armure pleine de l'extrémité du timon était ornée d'un fleuron, de pointillés et de cercles tracés au burin (3).
(1) Archaeologia cambrensis, t. xm (1896), p. 221-339.
(2) H. A. Mazard, Essai sur les chars gaulois de la Marne, Revue archéologique ; t. xxxm (1877), p. 1 54-173, pi. vu et fiff. ; p. 217-229. H. Hubert, Sépulture à char de Nanterre, V Anthropologie, t. xm, 1903, p. 66-73. Cf. Revue celtique, t. ix, p. 4a3-434.
(3) E. Flouest, Le char de la sépulture gauloise de la Bouvandau t Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France* t. xlvi, p. 99.
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Un denier de Jules César porte un essedum breton, très rudimentaire, composé d'une plate-forme et dont les côtés sont munis de deux ridelles circulaires (i). Au revers d'un denier de L. Hostilius Saserna est représenté un guerrier combattant sur un char de guerre (a) ; et un guerrier debout sur un char à deux roues, quelquefois. casqué, lançant un javelot et tenant le carnyx figure sur des monnaies de plusieurs familles romaines (3). Sur les trophées de Pergame, on remarque des roues de char de guerre (4).
La littérature épique de l'Irlande nous atteste que les Irlandais combattaient encore en char aux premiers siècles après l'ère chrétienne. L'équitation est exceptionnelle dans les textes les plus anciens du cycle d'Ulster ; le combat à cheval remplace le combat en char dans le cycle de Leinster. Le char de guerre irlandais était à deux places : celle de gauche est occupée par le guerrier ; celle de droite par le cocher ; c'est un char à deux roues traîné par deux chevaux. Une seule fois il est question d'un char armé de faux; c'est le cath-charpat serda du héros d'Ulster, Cûchulainn ; il était garni de pointes de fer, de tranchants minces, de crocs, et avait les essieux hérissés de pointes (5).
Nous savons par César que l'infanterie gauloise prit à Avaricumla formation en coin, cuneatim (6), et par Yégèce
(j) Babel on, Description historique et chronologique des mon' naiesde la république romaine, Paris, 1885-1887, t. n, p. ia.
(2) Keproduit chez H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. vi, p. 33o.
(3) Reproduction dans la Revue archéologique, t x (1887), p. i35, pi. xiv.
(4) S. Reinach, Revue archéologique, t. xin, (1889), p. 199.
(5) H. d'Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. vi, p. 33a-333, 34o.
(6) De bello gallicOy vu, 38 .
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et Tite Live se contredit en essayant d'en déterminer la date (i). L'adversaire de T. Manlius est un r 1 ~'~ armé d'un bouclier et de deux épées, compléter™ et paie d'un collier et de bracelets ; sa longue ép< chante, mais sans pointe, ne peut riposter avec à la pointe aiguë de l'épée espagnole de T. Manl En l'an 349 avant Jésus-Christ, les historiens (3) oi un autre duel entre Romain et Gaulois. Un Gau grande taille, aux armes remarquables, demande lence en frappant son bouclier de sa lance et pr par interprète un Romain pour croiser le fer avec tribun M. Valerius accepte le défi. On sait qu'un c vint se percher sur le casque du Romain et attaq Gaulois à coups de bec et de griffes assura la vi< M. Valerius qui reçut alors lesurnom deCorvus. Cic qui parle de M. Valerius Corvus ne fait aucune a à ce combat. D'autres récits de combats analogue ont été conservés sans que nous ayons des rais< rieuses de suspecter leur authenticité. L'un est de M. Glaudius Marcellus avec le roi des Gésate domaros (ou Britomaros), en l'an aaa avant Jésus- L'allusion qu'y fait le poète Properce est pleine de intéressants : « Claudius écarta les ennemis qui passé l'Eridan et rapporta le bouclier belge de Vil rus au grand corps. Il se vantait de sa noblesse et la remonter au Rhin lui-même ; du haut de son
(i) Tite Live, vu, 9-10. Cf. vi, 4a. H. d'Arbois de Jubainvill de littérature celtique, t. vi, p. 9-10.
(2) Claudius Quadrigarius chez Aulu-Gelle, ix, i3.
(3) Tite Live, vu, 36 ; Denys d'Halicarnasse, Antiquités ro xv, 1 ; Aulu-Gelle, ix, 11.
(4) De senectute, 17.