‹ Manuel pour servir à l'étude de l'antiquité celtique (volume 2)Chapitre 62 sur 129 · ARMES DE JET · texte numérisé non relu

ARMES DE JET

légende. La caieia est vraisemblablement une hache de jet comparable à la francisque des Germains. La cateia serait représentée sur la plaque de ceinturon de Watsch (i ).

Parmi les armes de jet des Celtes, on peut encore citer :

i° La matara, mater U ou ui&xpict sorte de trait dont nous ne connaissons que le nom (a).

a* Les javelots désignés sous le nom grec de orcomov ; ils avaient, d'après Diodore (3), la pointe plus grande que les épées ; les uns étaient droits, d'autres recourbés, en sorte que non seulement ils coupent, mais encore déchirent les chairs et qu'en retirant le javelot on agrandit la plaie. Dans un autre passage de Diodore (4), on voit que le saunion est lancé, comme le gaesum, du haut du char de guerre par les Gaulois.

3° Un javelot en bois (EoXov), semblable à -celui des vélites romains (Yfwrpo;), qu'ils lancent sans amentum ou courroie et rien qu'avec la main plus loin qu'une flèche ; aussi s'en servent-ils de préférence même pour chasser à l'oiseau (5). De même, on voit, dans l'épopée irlandaise intitulée : « La maladie de Gûchulainn », le héros dUlster atteindre un oiseau d'un coup de javelot (6).

On appelait en langue celtique petrinos une façon particulière de lancer le javelot ; un autre coup s'appelait xunêma ; un autre toloutegon ou stoloutegon (7).

(1) Revue archéologique, t. ni (i884), pi. ni.

(2) Sisenna chez Nonius Marcellus, xvm, 26. Strabon, iv, 4, 3. Cé- •ar, De bello gallico, 1, a6.

(3) Bibliothèque, v, 3o.

(4) Ibid., v, 29.

(5) Strabon, iv, 4, 3.

(6) H. d'Arbois de Jubainville, L'épopée celtique en Irlande, Cours de littérature celtique, t. v, p. 178.

(7) Arrien, Tactique, 37 ; 4a ; 43.

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Outre les armes de jet, les Celtes connaissent aussi les piques qu'ils appellent lanciae ; le fer a une coudée (o, 44) de longueur et un peu moins de deux palmes (o, 074) de largeur ; le fût a plus d'une coudée de long (1) ; au temps de l'empereur Sévère, chez les Caledonii, la pique, 8d*pu, est courte ; elle se termine à l'extrémité inférieure par une pomme d'airain qui fait, quand on l'agite, un bruit effrayant. Les Caledonii ont aussi des poignards (cyx«ptëia (aï.

On a trouvé dans les sépultures et dans les oppida de nombreux fers de lances et de javelots. Ceux de la station de la Tène sont à douille et k arrête médiane, en forme de feuilles de saule ; quelques-uns présentent des découpures en forme de croissant (3).

Les Celtes employaient à la guerre, comme à la chasse, les arcs et les frondes. La profession d'archer était très répandue en Gaule (4) ; mais les Yenètes ne se servaient point de flèches pour combattre (5). Des carquois remplis de flèches sont figurés sur le sarcophage de la Vigne Àmmendola (6).

Dans la bataille livrée par Ambiorix à Sabinus, L. Cotta, légat, fut blessé au visage d'un coup de fronde (7). Des balles de fronde en argile rougies au feu sont jetées par

(1) Diodore, v, 3o. Cf. Tite Li?e, xxn, 6, 4. Cétar, vin, 48. Sisenna (voir ci-dessus, noie).

(2) Dion Cassius, lxxvi, ia.

(3) Revue cC anthropologie, t. m (1888), p. 734 ; Gross, La Tène, p. a/i-25, pi. v, VI.

(4) César, vn,3i, 4; 36, 4;4i, 3; 80, 3; 80, 7; 8i v a. Strabon, rv, 4, 3.

(5) Dion Cassius, xxxix, 43.

(6) S. Heinach, Revue archéologique , t. xui, (1889), p. 33o.

(7) De bello gallico, v, 35.

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